Un manuscrit de la fin du XVIIe siècle sur l'entretien et la manoeuvre des vaisseaux.

(dernière révision du texte: le 8 février 2008).

Pour visualiser un mini dictionnaire avec une définition très succincte des principaux termes de marine utilisés dans ce texte, il suffit de cliquer sur l'image ci-contre pour obtenir une fenêtre séparée ou de cliquer sur le lien présent dans la barre des menus ci-dessus. Dans le texte, les mots pouvant prêter à confusion font aussi directement renvoi à ce mini dictionnaire.

Il est possible de dater précisément ce manuscrit entre les années 1693 et 1700. A la page 31, l'auteur donne en effet ses commentaires sur le comportement à la mer du vaisseau le « Prompt » en précisant qu'il s'agit du dernier vaisseau construit à Dunkerque. Le « Prompt », construit par René Le Vasseur fut mis en chantier dans ce port en septembre 1692. Il a été lancé le 25 décembre 1692 et mis en service en mars 1693. Il a été pris par les anglais le 23 octobre 1702 à Vigo. Le vaisseau qui l'a suivi au chantier de Dunkerque, « l'Amphitrite », fut mis en cale en 1699 et lancé en octobre 1700.

Le manuscrit est de format in-folio, relié de l'époque en basane brune, dos à 5 nerfs, orné, tranches jaspées avec la pagination suivante:

2 ff.n.ch. blancs, 15 pp.n.ch. (« Table des Instructions contenües en ce livre »), 1 p. + 3 ff.n.ch. blancs, 289 pp.ch. 1 à 289, suivies de 23 pp. blanches ch. 290 à 312, suivies de 17 ff.n.ch. blancs.

Ce texte très technique d’entretien et surtout de conduite des vaisseaux n’était pas pour les académiciens, même de marine, mais était probablement destiné à servir d’aide mémoire ou de base d’enseignement aux marins des vaisseaux du Roi, chargés des manœuvres. Par respect pour l’auteur et afin de préserver une certaine authenticité de l’époque, j’ai choisi l’option de conserver l’orthographe originale du texte qui est très aléatoires et parfois très changeante, même pour des termes maritimes qui étaient connus de l’auteur. Ca a été aussi, je ne le cache pas, une solution de facilité pour moi car par moment, il m’a été difficile de bien saisir ce que voulait dire l’auteur. Les spécialistes en architecture navale du XVIIe et XVIIIe siècle sauront beaucoup mieux que moi interpréter des passages assez obscurs à mes yeux.

Il faut parfois plus se fier à la phonétique qu’à l’orthographe.

La ponctuation du texte n’aide pas non plus à la bonne compréhension. Les phrases s’enchaînent le plus souvent les unes aux autres et il faut fréquemment les relire plusieurs fois pour déterminer où reprendre sa respiration. J’ai essayé d’améliorer ceci en ajoutant, là où cela me semblait être le plus approprié, des points de ponctuation que j’ai insérés dans le texte entre crochets comme ceci : [.].

Je me suis permis aussi de suggérer parfois un mot ou une idée quand cela me semblait utile pour la compréhension et sans risquer de déformer l’idée de l’auteur. J’ai alors placé entre crochets [ .....] le mot ou l’expression que je pense être le plus approprié. Les mots pas très lisibles mais que je pense être les bons sont suivis de l’indication [ ?] et enfin, certains mots sont encore pour moi mystérieux. Je compte bien les déchiffrer rapidement, mais pour l’instant, ils sont remplacés par l’indication ..[ ?]. Voir au début de cette page la date de la dernière mise à jour de ce texte.

Je ne désespère pas un jour de reprendre ce texte, le rendre plus « lisible » et y incorporer des photos d’illustrations idoines de l’époque.

Par cet avertissement, j’espère néanmoins ne pas avoir rebuté le lecteur et au contraire lui avoir donné envie de se plonger trois siècles en arrière, a tenter par exemple de participer, sous le feux de l’ennemi, à la réparation de fortune d’un hauban coupé par un boulet à deux têtes !

Le texte est divisé en 125 articles de longueurs différentes, traitant de sujets variés. On n’y parle jamais de construction neuve, mais que de conduite, de manoeuvre et d’entretien du navire en situation courante ou d’urgence, après avaries suite au mauvais temps ou à un combat. Les principaux thèmes sont les suivants :

o                   La préparation d’un carénage de navire, en utilisant les pontons et machines à mâter du port ou en utilisant des moyens de fortune.

o                   La manœuvre du vaisseau, la manière d’utiliser les ancres pour mouiller ou se déplacer, l’utilisation des voiles par mauvais temps, la manœuvre quand  le vaisseau est partiellement démâter.

o                   Les procédures d’urgence quand le navire fait de l’eau suite au mauvais temps ou au combat, qu’il a une avarie de gouvernail, y compris les mesures à prendre quand on est obligé d’abattre un ou plusieurs mâts.

o                   La manière de jeter les canons à la mer, les déplacer ou les arrimer pour sauver le vaisseau du naufrage.

o                   Le moyen de mâter complètement un vaisseau, avec ou sans machine à mâter. Comment réduire un mât dont la base est pourrie dans sa carlingue.

o                   Le moyen de couper un mât devenu inutile, de le réparer ou de l’utiliser endommagé, aussi bien que possible. L’art de remâter partiellement tant bien que mal avec les moyens du bord un vaisseau qui a été rasé au combat ou par le mauvais temps.

o                   Comment suppléer à l’avarie des principales vergues et comment rétablir la voilure.

o                   Les préparatifs au combat aussi bien pour la coque du navire, le gréement, les manœuvres du vaisseau que pour celles des canons. Le rôle de chacun des servants de pièce de canon durant le combat.

o                   Quelques astuces pour bien manœuvrer durant le combat et ce qu’il ne faut pas oublier de faire avant de virer de bord.

Voici le détail des titres des articles tel qu’ils sont indexés en début du manuscrit :

 

Table des instructions contenües en ce livre

 

La Maniere de master un Vaisseau neuf dans un port, ou il n'y a ny Pontons ny Machines a Master,

On choisit des mattereaux de grosseur et de longueur convenables pour en faire un cabre assez fort pour embarquer deux bigues qui puissent mettre un grand mast, [.] le p.er de ses mattereaux s'embarque en frapant sur le membre joignant a la rabatures de l'echelle deux palans dont le p.er ayant eté etably comme il a eté dit au platbord et frappé au tiers de la longueur du matereau du costé du gros bout et le hissant en haut jusqu'a joindre ses poulies, [.] on frappe ensuitte l'autre palant plus bas, environ a la moitié, [.] le p.er doit avoir mis le gros bout dessus le platbord entre les deux gaillards, et le second L'embarquer tout a fait, [.] on passe les matereaux de l'autre bord pour quils n'embarassent point pend.t qu'on embarque les deux de la mesme maniere ayant fait une petite cabre elle doit etre etablie en avant du grand mast par le travers de l'echelle[.]

Si c'est le grand mast qu'on veut mettre les bigues qu'on doit embarquer et dont on veut faire une grande cabre, doivent etre de longueur et de grosseur proportionnée au mast qu'on veut embarquer, et mettre, [.] Il faut deux bonnes calliornes sur le petit cabre et les bigues etant mises le long du bord une de chaque costé le petit bout en avant il faudra pour l'embarquer la premiere, frappé une des calliornes a trois ou quatre brasses du petit bout et la 2.e a 2 ou 3 pieds plus bas, et lorsque le petit bout est par dessus le plat bord, l'on saisit a membrer le mast par une retenüe et l'on raporte les calliornes plus bas de distance en distance [.] L'on embarque ainsy par plusieurs reprises une bigue de chaque bord, l'une apres l'autre, [.] on met les deux bouts en croix sur le bout a l'avant du V.au et les pieds de chaque costé par le travers de l'estambret du grand mast [.] L'on met sur leurs pieds un cordage pour fortiffier le bout [.] L'on met aussy des epontils dessous comme on pratique pour soustenir les aiguilles de carenne excepté qu'il n'en faut pas la mesme quantité, 2 ou 3 suffisent estre mises pres a pres, [.] Ayant ainsy disposé de touttes chose on amare le pied des bigues des deux costez aux aneaux et aux crocs du sabord qui se trouvent les plus proches [.] L'on mesure la hauteur de la moitié du mast affin de donner a la cabre le guindage convenable observant de faire la rosture assez haut pour qu'il soit suspendu par la moitié au dessous de la plus basse poulie, a pouvoir mettre facilement le pied dans l'estambret sans que les poulies se joignent, observant aussy de faire les rostures de la croisée aussy haut comme le mast doit etre etant masté sur la carlingue et plus haut si l'on juge que les petits bouts des bigues soient assez fortes [.] Les rostures estant faittes on frappe par dessus la grosseur une bonne caliorne qui vient du couronnement et une de chaque costé frappé sur led. couronnement qui vont aussy se rendre au dessus de la grosseur. L'on met le long des bigues plusieurs faux aubans frappez par deux demy clef, en dehors bien serrez et arrestez par des taquets, on les met de distance, environ de douze pieds l'un de l'autre a commencer depuis la grosseur jusqu'a 15 ou 16 pieds du pont, en sorte qu'on en peut mettre sur chaque bigue du grand V.au [.] Chaque auban selon la longueur et la hauteur doit etre passé et amaré dans les sabords de la seconde batterie la plus eloigné du mast tant de l'avant que de l'arriere [.] Cependant l'on transporte la petite cabre en avant du V.au le plus pres de la grosseur des bigues qu'il se peut et on se sert de deux calliornes frappez sur elle, [.] on en frappe une sur chaque bigue par dessous la grosseur qui doit etre a plomb sur la petitte cabre autant qu'il se pourra [.] L'on garnit apres les deux garens de calliournes aux deux cabestans que l'on vire jusqu'a faire joindre les deux poulies de calliornes qui mettent ainsy a demy la grande cabre. Il faut de plus frapper au dessous de la grosseur tout en bas une bonne calliorne pour luy servir d'etay lorsqu'elle sera debout venant au travers la grande cabre [.]

Etant a demy mastée, les poulies se joignant, l'on bosse les garends et on les degarny du cabestan pour y garnir le guaran de la grande calliourne qui vient du couronnement a la grosseur, par une poulie de retour que l'on frappe sur la courbe du baton d'enseigne a un autre semblable sur le pont croché a un argueneau des illouars au travers des grandes amures ou l'on passe le garend dedans que l'on rédit d'abord en virant pour soulager les deux calliournes qui sont chargées de tous les fais des bigues [.] On a dit qu'on avoit etably deux moyennes qui viennent des costés du couronnement sur la grosseur des cabres, il faut garnir le garand d'hune de ses moyennes au petit cabestan et la virer egallement a la grosse qui est au grand et la seconde moyenne sera hallées a bras.

Il faut aussy fraper de bons palans sur les deux faux haubans les plus hauts de derriere qui sont sur les bigues, frapant les poulies d'en bas desd. palans deux de chaque costé d'un V.au au travers les membres du plat bord joignant a la rabature de la dunette a travers le mast d'artimon, [.] Les ayant ainsy etablie avec chacun sa poulie de retour, l'on dispose sur tout egallement la quantité de monde necessaire, l'on fait travailler tous les palans egallement aux 3 calliournes qui sont derriere apres quoy l'on defait la petite cabre qui a soutenu la grande jusque la, et l'on vire sur les cabestans [.] on palanque sur la troisieme calliourne a bras et sur tout les palans egallement qu'il se peut, [.] Par ce moyen l'on maste avec sureté les cabres de quelle hauteur et grosseur qu'elles sont , et a mesure qu'on vire derriere, on fille la cailliourne qui vient de l'avant jusqu'a ce que le cabre soit droit a plomb sur l'estambret du grand mast, [.] apres quoy l'on tient cette cailliourne de l'avant roide, comme celle de derriere. L'on roidit ensuitte tous les faux aubans qu'on a deja etably et on les empaste sur le bord du V.au les plus loings qu'il se peut cabrer l'amoitié des bouts en avant et l'autre moitié en arriere, [.] on les roidit tous a coups de palans les faisant travailler le plus egallement qu'il se peut. On doit avoir, des que la croisure est faitte, etablir en haut des cabres deux vaviens dont on ne peut point parler auparavant que de master les cabres, [.] ces deux vaviens doivent porter en haut tout ce qui sera necessaire. On commence par y envoyer trois ou quatre bons mattelots et les poulies de fran funins a mater, que l'on amarre sur la croisure par le moyen des bonnes eguillettes d'un cordage de cinq a six pouces bien souples, [.] La quantité de tours se doit regler par la grandeur du mast [.] on amarre la premiere poulie le plus haut qu'il se peut joignant la croisure, et la seconde plus basse de la moitié de la longueur des estropes des poulies,[.] Si l'estroppe n'est pas plus loing que le p.er on l'alonge par les eguillettes qui doivent etre plus longues selon qu'on en a besoin de sorte que les poulies en virant ne se puissent toucher,[.] Si le mast etoit si haut et si gros qu'il en fallut trois on amarre la 3e plus haut sur une des bigues par dessus la croisure et elle acroche la party du mast la plus haute,[.] Et les ayant amarré l'on peut passer les garens de franc funins dans les poulies de retour qui sont sur le pont. Il faut mesurer le mast affin de fraper droit au milieu,[.] le p.er qui est le plus bas des francs funins, et les deux autres a deux pieds et demy par dessus en distance l'un de l'autre, de sorte qu'ayant frapé les trois il se trouve environ six pieds de distance entre le plus bas et le plus haut [.] Il faut garnir le plus haut au cabestan de derriere et le plus bas au petit, celuy du milieu au sep de drisse ou a bord d'un autre bastiment si il y en a portée [.] On supose que les cabres ayant beaucoup de guindage car ny en ayant pas suffisament, et que la cabre se trouve courte il faudroit garnir le franc funin d'en bas au cabestan de derriere parcequ'il fait plus de force, et le plus haut au cabestan devant,[.] On a cy devant remarqué dans le mesme article de donner aux cabres de guindage le plus qu'on peut et lorsqu'il ny aura pas tout a fait le guindage necessaire il faudra toujours joindre le franc funin au milieu du grand mast, et les autres les plus pres qu'il se pourra au dessous la p.ere[.] Il faut aussy un bon palan sur le bout des bigues au dessus de la croizure frapée sur les masts par dessus tous les francs funins, avec une poulie de retour au pied d'une des bigues pour passer le garan. Le palan fait un bon effet lorsque les poulies de franc funin se joignant et que les masts restent en balence sur les deux francs funins, [.] ayant cependant le pied du d. mast dans le V.au on hisse avec beaucoup de monde sur le palan et l'on met par ce moyen le mast droit parceque ce palan vient de beaucoup plus haut que le franc funin sans que les poulies se joignent, [.] l'on conduit le pied du mast dans son estambret et l'on fait des garans des francs funins, observant de les faire toujours travailler egallement tant en devirant qu'en virant affin que tout porte ensemble le fardeau et s'il arrivoit apres avoir devirer du pont en haut au second que le mast ne descendit pas a plomb etant saisy et en balance il faudroit devirer le franc funin d'en bas un peu plus que celuy d'en haut et par ce moyen celuy d'en haut qui est au dessus du milieu du mast droit et descend facilement dans l'estambret, [.] on le conduit avec les mesmes precautions dans sa carlingue, [.] Il faut apres l'avoir mis en place mettre les barres du long avant que de bouger les cables parcequ'on travaille avec plus de facilité de dessus les d. barres.

Voulant master le mast de mizaine on se sert des mesmes cabres les faisant courir par le pied, par le moyen des palans que l'on frappe en avant du V.au et sur le pied des cabres on le fait venir peu a peu jusqu'en avant a travers l'estambret du mast de mizaine molissant de la calliourne et des aubans de l'arriere et a mezure qu'on palanque sur les pieds des bigues on chasse les bordages qui sont dessous a coups de masses en sorte qu'ils ne sortent point de dessous lesd. pieds desd. bigues. Si le V.au a un gaillard d'avant les pieds des cabres ne pouvant aller qu'a joindre le gaillard, il faut leur donner la pente par la teste jusqu'a ce que la croizure soit a plomb sur l'estambret, apres quoy l'on amare bien les pieds et l'on roidit sur les cailliournes de derriere et celle de l'avant qui sert d'etay, faisant travailler les faux aubans comme il est dit dans l'article du grand mast, [.] Les cabres estant sollidement etablis, on frappe le plus bas des francs funins sur le milieu du mast, et l'autre a deux ou trois pieds plus haut, les garnissant au cabestan et virant sur les deux, et lorsque le tenon du mast sera a la hauteur du plasbord, il faut etablir deux vaviens dessus et s'il falloit mettre un palan sur la teste des cabres parceque le guindage se seroit trouvé juste a cause du penchant de la cabre le mast etant cependant suspendu en ballance dedans le bord il faudra l'etablir ainsy que sur celle du grand mast.

La mesme cabre peu aussy master le beaupré, l'apareil etant tout fait apres avoir mis le mast de mizaine en place on le garny de ses barres, ce qu'etant fait on ameine bas les cabres en mettant au tenon du mast de mizaine et sur la croisure des cabres, la calliourne qui a servy d'etay a la cabre, on file doucement les calliornes qui viennent de derriere et la teste des cabres en avant, [.] A mezure qu'on fille de derriere il faut mettre des palans sur les pieds des cabres pour les mener en arriere, jusqu'a ce qu'elles portent a plat sur le pont apres quoy on deffait la croizure et on met les bigues a la mer, une de chaque bord, par le moyen des masts qui sont en place [.] les deux matereaux qui ont servi a l'embarquer les bigues suffisent pour master les masts d'artimon, les establissant comme au grand mast ayant egard a la differance des masts.

 

La maniere de garnir les aubans et les etays d'un grand mast

On garnit premierement les coussins des barres avec du cuir apres quoy on frappe deux vaviens de chaque costé de la barre de travers de l'arriere et un troisiesme sur le tenon du mast, les deux qui sont sur la barre hissent les aubans tout haut frapant le bout des vaviens sur les p.ers aubans apres les avoir marquez lorsqu'on les couppe. Un homme de dessus le pont pezant [ ?] au bout du vavient l'on etably premierement les deux pentures des palans et des calliournes et l'on met ensuitte le premier auban a tribord et le second a basbord continuant ainsy a tous les autres, observant de les mettre toujours l'un d'un costé et l'autre de l'autre n'en mettant jamais deux de suittes d'un mesme costé [.] le troisieme vavient frappé comme il a eté dit en haut du tenon sert a mettre l'oeillet des haubans par dessus le tenon un homme peze dessus la barre engagant personne qui soit assez haute pour atteindre de dessus la barre au haut du tenon surtout dans les grands V.aux[.] Outre qu'il faut de la force pour porter les oeillets d'aubans on change le vavient du costé qu'on met les haubans[.] le bout du 3.e vavient est frapé sur l'amarage de l'oeüillet des haubans et luy laisser toutte la hauteur de l'oeüillet pour qu'il puisse passer facilement par dessus le mast par le moyen d'un homme qui est au haut du tenon[.] apres avoir garny le mast de tous ses aubans on le garny de son etay qu'on passe par dessus le tenon par le moyen de trois vaviens les mettant tous trois sur le tenon garnissant l'oeüillet le long du vavien de chaque costé de distance en distance avec du fil, en sorte q'il ne luy reste d'oeüillet que pour passer par dessus le tenon, apres quoy on ride l'etay et les aubans observant de mettre le mast a plomb sur la quille, [.] on met ensuite la hune en place par le moyen des trois vavients dont les poulies estropées fort court sont frappées une a tribord et l'autre a basbord au haut du tenon du mast et la troisiesme joignant les deux par derriere le mast, [.] tous les garans des vaviens sur la hune, scavoir celuy de tribord sur le costé de tribord et celuy de basbord au mesme endroit de la hune aussy a basbord, et le troisiesme qui est par derriere le mast doit estre le plus fort et prendre le derriere de la hune droit par le milieu [.] Ayant ainsy etably les vavients, on met la hune debout sur clan avec les deux autres d'estribord et basbord on amare par le milieu de la hune dans laquelle on fait des trous ou l'on passe des rabans qui prennent les vavients susd. et le serrant on garny au cabestan le gros vavient qui est par derriere le mast avec lequel on vire en haut toutte la hune les deux costez ne faisant que le gouverné et conduire la tenant droit hissant a bras, a mezure qu'on vire au cabestan [.] lorsqu'on met la hune du grand mast en haut il faut avoir deux vavients. L'amarré sur le bord de la grande hune et sert a l'eloigner des barres lorsqu'elle y est rendue, les deux vaviens ont leur retour dans deux poulies au pied du mast d'artimon, l'on vire surtout les vaviens du tenon du grand mast jusqu'a passer la hune par dessus, qui se trouvent etant droitte beaucoup au dessus du tenon, et molissant des trois vavients elle tombe a plat sur les barres ce qui etant fait on la met en place et on la cheville, [.] on se sert de la mesme maniere pour mettre la hune de mizaine en place excepté que les vavients qui sont pour eloigner la hune des barres du mast doivent venir du grand mast.

La grande hune etant en place pour hisser le mast d'hune hors de l'eau la master le long du grand mast, l'on amare deux poulies de guinderesse une de chaque costé du tenon du grand mast a la hauteur d'un homme [.] l'on passe dans une desd. poulies la guinderesse et un des bouts dans son roüet ordinaire au sep de drisse, et l'on laisse comme cela la guinderesse en simple le dormant etant passé a l'endroit du pied et amarré le long du clan du mast d'hune par une eguillette ce qui suffit pour master le mast d'hune debout le long du grand mast le virant au cabestan le chouquet n'estant pas encore en place la guinderesse etant passée en double dans les deux mortoises du mast, le dormant s'amare au tenon du mast ou autre crampe goupille, au dessus du chouquet s'il est en place joignant aux poulies et est toujours du costé du garant[.] Si cestoit le mast d'hune qu'on voulut master ainsy que cy dessus, il faudroit employer une des candelettes pour ayder a virer le pied sur le tambour en avant de fronteau apres quoy l'on degarnit la guinderesse du cabestan comme on a fait au grand mast et pour virer le mast a moitié, on acheve de la passer la mettant en double et le garend au cabestan et l'on vire le mast a moitié, le dorman de la guinderesse se trouve toujours du costé du garan et l'on l'amarre au crampon de derriere du choquet lorsqu'il est en place, parceque la poulie de guinderesse doit etre crochée au crampon le plus en avant du choquet.

Il faut mettre sur la teste du mast d'hune quand il a passé les barres un bon palan capable de mettre le chouquet en haut, [.] il faut virer ainsy le mast d'hune a la moitié haut, ce qu'etant fait on en saisit par trois ou quatre tours de cordage le pied avec le grand mast on affalle le palan qui en frappé sur la teste et dehors de la hune on le frappe sur le choquet, [.] on garni le garend dud. palan au petit cabestan, apres quoy on vire le chouquet dans la hune par l'avant avec un vavient sur le mat de mizaine pour qu'il ne rencontre point la hune et si c'est le chouquet du mast de mizaine le vavient est frappé sur le grand mast,

Les chouquets estant dans les hunes on reculle les masts d'hune jusqu'au ras des barres pour en faire passer les bouts dans les crampes des chouquets, apres quoy on revire les masts d'hune une seconde fois a demy, observant de remettre sur la teste des masts les palans qui ont mis les chouquets dans la hune affin de les mettre en leur place [.] ce qu'etant fait on soutient le petit mast d'hune par le moyen de deux candelettes frapez sur le pied pour servir de suspent, et on largue la guinderesse et on l'afalle toutte molle pour crocher les poulies desd. guinderesses au crampon du chouquet, [.] ce qu'etant fait on calle le mast d'hune le clan au ras du chouquet pour le garnir a commencer par les barres, pentures des palans et des ballancines aubans et gallaubans et etay et chouquet, [.] ayant garny le mast d'hune il faut auparavant que de le virer tout haut sur sa clef etablir une suspente comme il est dit ailleurs [.] etant tout haut on roidit les etays et aubans gallaubans et l'on fait les enflechures, [.] l'on garnit ensuitte les masts des perroquets de tous leurs agrez et on envergue les voilles des perroquets comme les autres voilles pour connoistre si elles sont proportionnées aux envergures bordures et au guindage de masts

 

Maniere de faire le charpentage pour mettre un vaisseau du p.er rang en carenne et les precautions qu'il faut prendre.

La premiere chose il faut travailler a oster l'etambret du grand mast et du mast de mizaine au second pont, au troisiesme, et au gaillard d'avant.

2.e article

Il faut pontillé a tous les ponts tant au grand mast qu'au mast de mizaine pour soutenir les aiguilles

3.e article

Il faut decloüer tous les cadres des sabords de la seconde batterie ceux du gaillard de chaque costé et y faire sa marque pour les pouvoir remettre en place lorsque le d. vaisseau sera carenné. S'il y a huit a neuf mois que le d. vaisseau n'ayt point eté carenné, il faut oster toutte la piece de sculpture et placas de la bouteille et deux barbe jean d'avant de ce qui va dans l'eau pour calfater le bon bord car il seroit a l'impossible de pouvoir tenir le dit V.au sur l'eau.

4.e article

Il faut boucher tous les sabords de la seconde batterie et du gaillard. Lorsqu'ils seront bouchés il faut les boucher encore de planche par dedans pour empescher que quand le vaisseau, vient a se mettre sur le costé, qu'il ne tombe quelque chose du dedant, et qu'il n'enfonce quelque sabord.

5.e article

Il faut faire quantité de placas et tapons pour boucher les dalots, et les incommoditez que peut avoir le d. V.au [.] Il faut faire quantité de coings et languets pour arrester le pied des aiguilles en haut et en bas.

Il faut aussy defaire le tambour et le massinant [sans doute le remplissage des jottereaux ?] entre les deux gotteraux pour calfater le bon bord et la rablure de la teste du bordage.

6.e article

Il faut deffaire la chambre du chirurgien et celle de l'ecrivain du Roy pour y placer deux pompes a la grande ecoutille de l'eau pour pomper lorsque le V.au sera en carenne.

7.e article

Il faut faire le bardis qui commence au decol..[ ?] de la dunette et s'enva jusqu'au barbe Jean d'avant.

Comme il y a tous les agrez necessaires dans tous les ports du Roy on peut y prendre touttes les suretés possible pour les carenner, [.] on suppose avoir a carenner un des plus forts V.aux [.] Il faut pour appareil trois aiguilles a chaque mast dont les deux grandes du grand mast se mettent a couple et par cet effet sont goujées et enpointées a ne tenir les deux qu'autant de place sur le mast que s'il n'y en avoit qu'une et par ce moyen comme elles sont d'egalle longueur il n'y faut qu'une rosture comme celle d'une aiguille seulle excepté qu'il y faut mettre la moitié plus de tour qu'a une aiguille seulle. La troisiesme aiguille est plus petitte et plus forte que les deux autres de cinq pieds et demy a six pieds et pour l'etablissement du pied de l'eguille sur le pont la plus courte eguille est plus en avant des deux autres et par consequent les deux grandes sont plus en arriere et distante l'une de l'autre d'un pied et demy par le pied. Il faut que la plus courte ait le pied en droite ligne vis avis le grand mast et qu'elle ne passe plus en avant et on fait le mesme appareil des eguilles au mast de mizaine [.] apres que la rosture de la petite aiguille est faite comme il faut la faire la premiere on remplit le vuide des deux costez par le moyen des coings qu'on fait apres en jumelle pointues par un bout, on en met dans les vuides autant qu'il en peut entrer a coup de masse. On couvre ensuitte le bout de l'eguille et des coings avec l'estouppe pour conserver le mast et les faux aubans que l'on met par dessus l'estouppe. Il empesche l'eguille de glisser le long du mast en haut, et par dessus ces faux aubans on met une poulie de franc funin, [.] Voila l'entiere garniture de cette eguille [.] Il faut speciffier la quantité de cordage qu'il faut pour luy servir de rosture [.] ce cordage de deux pouces et demy a trois, et celuy qui doit servir de faux aubans sera au tiers .. [ ?] affin qu'il allonge moins et sa grosseur sera pour le moins comme celle des aubans, [.] On ne parle point de sa longueur ne pouvant etre coupée tout a fait au juste en ce qu'il faut de ses deux bouts, passent en dehors par les sabords de la premiere batterie et de la s'amarent au grand mast au bas du premier pont, on ne met point de faux aubans et gallaubans du costé des eguilles.

La lieüre des poulies de franc funin se fait d'un cordage qui a un peu servy affin qu'il ne se puisse prolonger, on appele ses cordages des eguilles, il faut qu'ils ayent 28 ou 30 brasses de longueur et 5 a 6 pouces de grosseur, il faut que ce soit du meilleur cordage, et que les 30 brasses d'eguillettes fassent quinze a seize tours dans l'estrope de la poulie et autant du mast, [.] les deux aiguilles a couple qui sont les plus hautes se lient par une seule rosture apres les avoir bien adjoutées sur le mast se joignent bien par le petit bout l'un a l'autre comme cy ce n'en n'etoit qu'une seulle, [.] il faut semblablement rider [ ?] la goujure en dedans qu'on appelle le sifflet en sorte qu'il porte vivement [ ?] sur le mast. Et apres les avoir ainsy accouplez, on fait la rosture comme il est dit d'un cordage de 3 pouces faisant un nombre de tours plus qu'a la petite aiguille parce que les deux aiguilles doivent etre chargées autant une fois, comme la petite et il faut pour cet effet apres avoir finy la rosture remplir bien le vuide qui se trouve des deux costés du sifflet des eguilles par le moyen des coins comme il est dit cy devant que l'on chasse a coup de masse tant qu'il en pourra entrer. Il est deja dit a l'apareil de la premiere que les coins se mettent pour faire travailler la rosture de sorte que les eguilles ne puissent tourner ny faire aucun mouvement on met sur le bout des eguilles des coins, de l'estouppe tout autour pour conserver les faux aubans et le mast. Nous appellons les faux aubans parce qu'il en faut deux. Si l'on en mettoit qu'un comme a la premiere aiguille il y auroit a craindre qu'il ne fut pas assez fort, [.] par ce moyen la vous assuré tout en ce que si une de ses manoeuvres vous manque en virant, il faudroit devirer et dresser le vaisseau et reffaire la manoeuvre une seconde fois, et par consequent il est fort a propos de prendre touttes les seuretez. Ces faux aubans, vont s'amarer, deux bouts en avant au pied du grand mast passant par les sabords de la premiere batterie et les deux bouts de derriere passent aussy par les sabords de la p.re batterie du costé que le navire n'abat point [.] ceux de derriere au troisiesme sabord arriere du grand mast et les bouts de l'avant au premier sabord de l'avant du grand mast, de sorte qu'entre les enpatures des faux aubans, il y a quatre sabords vuides, [.] les bouts des faux aubans de la petite eguille passant par les mesmes sabords on met sur les eguilles par dessus les faux aubans deux poulies de carenne ayant chacune son eguillette separement passés egallement, [.] il faut dans l'estrope de la poulie que chacune des eguillettes ayent 28 ou 30 brasses de cinq a six pouces de grosseur et qu'ils fassent quinze a seize tours autour du mast et dans l'estrop de la poulie. Il faut apres avoir frappé sur le mast ces deux poulies de carenne faire larguer touttes les rides des grands aubans et les assembler tous a joindre au mast et leur faire une rosture au bas de la teste des aiguilles prenant les aubans, et les master avec une auciere de 4 pieds 1/2 a 5 pouces de grosseur et faire dabord, avec un des bouts de l'auciere trois tours autour du mast et des aubans, et de les amarer le bout avec lequel vous avez fait les trois tours au mast du tenon du grand mast au dessus de la hune et passer l'autre dans un des roüets des sep de drisse et le virer au cabestan jusqu'a ce que les aubans joignent bien au mast a l'endroit sur la rosture, et prendre garde en virant sur les premiers tours que les aubans ne s'avancent [ ?] point, [.] apres avoir ainsy viré les aubans bien a toucher les masts on chenoppe  ces tours la affin qu'en devirant du cabestan les premiers tours ne larguent rien [.] il faut apres avoir geloppé, garnir ce bout au cabestan et du sep de drisse le porter en haut et reffaire trois tours avec le mesme bout et le reporter et roidir ensuitte au cabestan comme le premier tour, [.] il faut ainsy faire quatre reprises de sorte que la rosture fasse douze tours a son premier rang et apres avoir geloppé douze tours, on passe le reste a bras et on les serre tour a tour autant qu'on le peut jusqu'a employer toute l'auziere qui doit faire 24 ou 25 tours autour du hauban et du mast [.] apres avoir fait la rosture l'on met encore par dessus portant sur la rosture des aubans, une poullie de cailliourne du costé desd. haubans pour passer avec une autre poulie que l'on frappe sur les sabords en embrassant deux, on passe un garand de cinq a six pouces dans les deux poulies et cela fait un franc funin que l'on met pour fortiffier les aubans, [.] il s'en peut mettre une semblable sur le bout de la petite aiguille au cas que l'on voye quelque chose a craindre au mast [.] on saisi ses poulies de cailliourne par dehors le bord, a travers les sabords de la premiere batterie vis avis du grand mast.

C'est icy la fin de la manoeuvre du grand mast par en haut, [.] il faut autant l'observer pour en faire de point en point au mast de mizaine, [.] c'est ce qui se pratique pour les plus grands vaisseaux [.] apres avoir finy les manoeuvres d'en haut on ride les aubans jusqu'a faire toucher au bau de l'estambret du costé des haubans, [.] on ride apres cela les faux aubans et on les enpatte comme nous avons dit le plus loing qu'il se peut par les sabords et apres avoir amaré les bouts on frappe des palans a foüet qui vont d'une branche de faux aubans a l'autre apres quoy on ride sur les palans autant que l'on peut et l'ayant roidy on amare le bout du garand apres avoir fait plusieurs tours sur le platbord du V.au droit vis avis des pattes des faux aubans. Il suffi de speciffier la maniere du grand mast pour qu'on prenne les mesmes precautions au mast de mizaine [.] en virant sur ces aubans on pousse des coins sous les pieds des eguilles [.] pendant que la manoeuvre de carenne se fait on deleste le vaisseau et on balaye son fond de cale, [.] il faut le saisir d'estribord sur des pontons qui vous sont destinez pour la carenne [.] il faut mettre du costé ou sont les eguilles les pontons sur lesquels vous voulez carenner, [.] il faut que chacun desd. pontons ayent trois sep de retour pour les francs funins de maniere que vous en mettez comme cela une au grand mast, et une autre au mast de mizaine et lorsque le V.au est pres a carenner vous passez vos six francs funins chacun dans son sep. L'on n'en peut virer a Brest que quatre sur les pontons parceque dans ce port les pontons n'ont que deux cabestans chacun, et l'on met un autre ponton au bout de celuy du grand mast par derriere luy faisant passer tout du long le garand du 3.e franc funin et garny a un de ses cabestans et on en met un quatriesme pareillement au bout du ponton qui est au mast de mizaine sur lequel on garnit encore a un de ses cabestans le troisiesme franc funin au mast de mizaine [.] auparavant que de virer sur les francs funins il faut garnir a travers du grand mast entre le V.au et le ponton deux ou trois grands bordages dont un des bouts desd. bordages amaré a la hauteur des portes aubans et l'autre bout a la mer entre le ponton et le bord. L'on frappe les calliournes des pontons tant du grand mast que du mast de mizaine sur les chaisnes des aubans avec des bonnes eguillettes de cordage passant dans les mailles des chaisnes et dans les estropes des poulies [.] c'est pour servir de redresse. Si le V.au est armé de tous les affuts il faut les presenter tribord et basbord chacun devant son sabord a touttes les batteries [.] il faut apres cela, commencer par derriere a prendre une auziere et la passer dans les trous des bragues de l'affut et dans les anneaux des sabords de sorte que les ayant saisis tous de la maniere qu'il est dit icy on peut sans aucune crainte carenner le V.au un bord apres l'autre. S'il y a quelque chose de mouvant dans le vaisseau il faut bien le saisir de maniere qu'il ny ait pas a craindre qu'en virant il tomba malheureusement sur son sabord quelque chose de pezant. Comme ce V.au est censé fort a carenner il faut luy garnir ses masts d'hune avec les aubans et gallaubans et vergues dans les hunes et virer le mast quand on est prest a virer le vaisseau en carenne les deux tiers haut [.] on peut apres avoir manoeuvré de point en point comme il est dit icy virer hardiment le vaisseau a la bande et s'il se trouve trop fort a virer il faut charger les pontons de canons et boullets pour qu'en virant le vaisseau ne suspende pas les pontons hors de l'eau, [.] on peut aussy lorsqu'on voit que le navire est trop fort a coucher luy aider par le moyen des boullets qu'on peut luy mettre en haut sur le ponton dans des parquets.

Ayant mis le V.au a la bande la quille hors de l'eau l'on regarde sy elle est arquée d'ou l'on juge que le V.au est tombé par les deux bouts, [.] quoy qu'il en soit il faut toujours a chaque carenne voir exactement combien le V.au tire de pieds d'eau et demy pieds et pouces affin de se servir de cette remarque lorsqu'il en est question tant pour scavoir l'eau qu'il faut pour passer a l'entrée ou a la sortie d'un port comme aussy dans les rades ou vous allez moüiller et lorsque le V.au sera droit en carenne des deux costez son fond de calle ballayé les agrés et ustancils qui ont servy a la carenne etant tous debarquez, il faut que le maistre regarde exactement une seconde fois apres avoir bien dressé le vaisseau et mis en son equilibre et avant que de mettre aucun leste dedans combien de pieds et demy pieds et pouces le V.au tire d'eau de l'arriere et de l'avant apres quoy l'on embarque le leste qui convient au V.au. Il est bon pendant qu'on l'embarque de n'embarquer rien autre chose affin de tenir le V.au dans sa tonture ou il estoit n'ayant rien dedans, de sorte qu'il faut le caller egallement devant et derriere avec tous le leste pour le plomber sur led. leste et apres l'avoir tout embarqué on le planit de niveau observant toujours par dehors a ne caller pas plus un bout du V.au que de l'autre, [.] apres avoir ainsy pris les precautions qu'il s'est dit pour le leste on peut travailler a toutte maniere a l'armement du V.au embarquer les futailles pour le vin et pour l'eau et en faire un p.er rang sur le leste contenant depuis la cloison de la fosse aux cables jusqu'a toucher la cloison des souttes, [.] on peut pendant tous se temps [?] supposé avoir des pontons et autres bastimens necessaire pour le transport embarquer le canon, cables ancres et autres agres et ustancils qui composent l'armement du V.au.

Il faut qu'un officier ou le maistre ayant la conduite de l'armement pour eviter la confusion qu'il y auroit sy plusieurs s'en melloient.

Pour l'eau, le vin et autres futailles concernant l'armement du dud. V.au et mesme les boullets grelins aussieres tournevires et autres cordages doivent etre embarqué dans le milieu du V.au autant qu'il en pourra contenir et par ce moyen vous degager l'avant et l'arriere et il est a croire que le V.au qui se trouvera assez grand de fond de calle pour observer ce qui est dit icy naviguera toujours mieux que celuy qui faudra qui soit encombré et chargé de l'avant et de l'arriere.

La construction de Provence est differente de celle du ponant en ce que les charpentiers placent leurs membres loin a loin, de maniere qu'etant placé le fond du V.au estant plus plain que vuide cela fait qu'il leur faut dans leur premiere campagne une quatriesme partie de leurs charges pour le leste,[.] apres une campagne ou deux on doit diminuer cette quantité de leste et le reduire a la cinq ou sixieme partie de leurs charges apres avoir vu comme le V.au se comporte a la mer a sa premiere et deuxiesme campagne de maniere qu'aux V.aux de 1500 tonneaux fabrique de Provence il faudra pour une premiere campagne 375 tonneaux de leste et a celuy qui sera basty a Brest et a Rochefort de mesme grandeur de 1500 tonneaux il suffira d'une huitiesme partie de la charge pour son leste qui est 190 tonneaux. On ne peut pas regulierrement regler le leste aux V.aux fait a Dunkerque en ce que les constructions sont touttes irregulieres et l'on n'y a pas encore basty deux V.aux sur un mesme gabary, cela fait qu'on ne peut rien ordonner ny regler.

Il faut en carennant le V.au de la ditte construction de Dunkerque prendre garde s'ils sont fort a virer, [.] comme ils ont tous beaucoup de platte varangue au milieu et tout en façon de l'avant et de l'arriere, cela rend les V.aux de fort peu de port, ainsy il ne leur faut guerre de leste, [.] le V.au Le prompt qui est le dernier construit a Dunkerque qui vaut 1100 tonneaux ne peut porter pour le leste qu'une douziesme partye de sa charge qui va a 75 tonneaux et trois mois de vivres simplement a 500 hommes. Il a son fort un pied et demy dans l'eau, il ne porte point bien la voille dans cet etat, [.] comme on ne peut pas le moins charger pour aller a la mer, son fort se trouve trop bas, [.] il faudroit le hausser et le conduire par un souflage des sap, jusqu'au suillet des sabords de la premiere batterie.

 

La maniere de carenner un vaisseau sur la terre a un endroit ou un navire ne peut approcher a la moitie de sa longueur ny presque a la longueur de ses masts, n'ayant ny pontons ny canons suffisamment pezant pour y etablir l'appareil

Il faut amarer le V.au par le moyen de deux ancres que vous moüillez dont une doit estre moüillée avec la chalouppe ou avec des ancres à toüé a distance l'une de l'autre de deux longueurs du V.au esloignée du V.au a la longueur du cable touttes les deux, supposé que le tems le permette, [.] et lorsque vos deux ancres seront moüillées comme il est cy devant a deux longueurs du navire de distance l'un de l'autre, il faut passer les bouts des cables venant de ses deux ancres par dessus la quille du V.au et le passer par dessus le vibord, amaré celuy de l'avant au mast de mizaine et celuy de l'arriere au mast d'artimon, [.] il reste deux grosses ancres qui ne sont pas icy employées qu'il faut mettre a terre a secq vis avis du grand mast et du mast de mizaine y faire un fossé pour entrer une ancre dans chacune dont vous fortiffiez les pattes sous terre par le moyen des pieces de bois que vous mettez devant la croisure et on charge ensuite de terre et vous remettrez par dessus cette terre du canon, si vous en avez ou autre choses pesantes, [.] et apres avoir etably vos ancres assez fortes pour resister a la force qu'il faut qu'elles fassent pour la carenne du V.au vous y etablissez vos poulies de franc funin, de plus votre appareil de carenne, et vos cabestans placés a terre vous virez sur vos franc funins qui viennent de fort loing parce qu'il ny a point d'eau, vos deux cables que vous avez deja marez comme il est dit cy devant empeschent que votre V.au n'aproche pas d'avantage et qu'il ne puisse prendre aucun mal et mesme y aider a coucher le V.au a mesure que l'on vire sur les francs funins qui viennent du haut des masts, les cables se trouvent tous deux opposés, et mesme faisant la moitié de la force a coucher le V.au.

Nous ne disons pas icy de la maniere d'establir les aiguilles ny autre appareil parcequ'il est censé que dans chaque vaisseau il doit y avoir des gens capables et expres pour cela et si en pareil cas, un navire se trouve seul il a pour servir de franc funin et poulies, tous ce qu'il luy faut par le moyen des deux poulies de drisse qu'il a pour garniture et deux autres de rechange, [.] vous mettez les deux poulies de grandes drisses pour le grand mast, et l'autre pour retour a terre, [.] il faut de surplus au grand mast les deux poulies de franc funin qu'on embarque pour le canon la poulie a trois roüets sur l'eguille et celle a deux a terre avec une poulie simple pour retour et pour garand les deux grandes drisses, et pour le mast de mizaine sy l'on voit que le V.au soit fort a carenner il luy faut les deux poulies de drisse, une sur l'eguille la plus haute et l'autre a terre pour retour, et pour second appareil au mast de mizaine les deux meilleurs poulies de caliournes qui se trouveront dans le rechange du vaisseau et pour garnir une ausiere que l'on a de rechange pour haubans et gallaubans d'hune [.] il faut comme au grand se servir au mast de mizaine de la drisse pour le gros franc funin et si les drisses se trouvent trop courtes pour garends vous avez dans tous les V.aux des pieces d'ecouttes qui sont de la mesme grosseur qu'il faut speciffier par une epissure longue et par ce moyen vous avez suffisamment de longueur de garan sans diminuer la valleur du cordage qui vous reste toujours en etat de pouvoir servir parcequ'elles sont données. Sy vous etes en doutte du costé du V.au quand vous virez il faut en le couchant mettre la grande vergue de bout au grand mast pour redresser par ce moyen d'un palan ou calliourne dont on frappe la poulie a trois roüets au bout d'en haut de la vergue et l'autre a deux sur le grand mast au dessus de la capelure des aubans, [.] on peut faire pareille manoeuvre au mast de mizaine avec sa vergue si on le juge a propos si tant est que vous soyez obligé de faire une redresse aux deux masts [.] il faut etablir au pied qui est a terre une poulie simple pour passer le garand de la calliourne de drisse affin d'etre toujours le maistre de filer vos retenües a mesure que votre vaisseau s'abat et par ce moyen il ny a du tout rien a craindre. Apres avoir carenné d'un bord il faut l'evitter avec les amares de terre laissant les deux cables du large a mesme scituation prenant celuy qui a eté amarré derriere dans le V.au au mast d'artimon le mettre au mast de mizaine et par consequent celuy qui estoit amarré au mast de mizaine, sera porté et amarré au mast d'artimon.

Il est a remarquer comme on a fait le premier appareil affin qu'apres avoir carenné le premier costé et evitté le V.au on refasse le second apareil comme le premier.

On se sert de la grande vergue pour redresser au grand mast par le moyen d'une calliourne que l'on met au bout de la vergue qui vient frapper de la au tenon du mast au ras de la capelure des aubans et l'on ne saisi le tenon du mast et la vergue ensemble que lorsque le V.au est a demy couché sur le costé [.] l'on met un racage adossé sur la vergue et sur le tenon du mast, [.] il les tient par ce moyen toujours liez ensemble, et en virant il y a un homme qui conduit le racage a drisse [.] il en faut un autre a filer la calliourne de redresse qui est frappée sur le bout de la vergue et sur le tenon du mast [.] quand il y aura a craindre qu'un V.au ne se redresse pas bien luy mesme il faut faire ce mesme appareil au mast de mizaine.

 

La maniere de carenner un vaisseau masté de ses quatre masts, n'ayant point de pontons et ne pouvant approcher d'aucune terre.

Il faut commencer par luy mettre les eguilles au grand mast et mast de mizaine comme a ceux qui ont des pontons pour servir a la carenne, [.] il faut apres avoir fait la manoeuvre des eguilles et calfaté le V.au du costé que vous voulez mettre bas comme il se fait d'ordinaire etancher l'eau tant par les sabords que par son bardy et mettre la moitié du leste dehors en lieu ou on le puisse reprendre et mettre de l'autre moitié sur le pont d'en haut au long du bord que vous abattez jusqu'a mettre le platbord du V.au a l'eau, [.] et si l'on doit avoir affaire a un V.au bien fort a coucher il faut se precautionner de deux francs funins a chaque mast et avoir un challan gabarré ou chalouppe ou batteau enfin un bastiment tel qu'on le pourra trouver au dit port.

Il faut l'elinguer par le moyen d'une elingue suffisamment forte a pouvoir suporter la charge du bastiment, [.] il faut joindre ou frapper les deux francs funins du grand mast et virer le bastiment tout vuide a la hauteur du plat bord que le navirre doit caller pour mettre la quille sur l'eau [.] on n'elingue point ny on ne vire les bastimens destinez a coucher le V.au qu'apres qu'il est a moitié couché parcequ'il ce peut faire qu'il pourroit carenner par son seul leste et apres avoir viré les gabares ou autres bastimens qui sera employé pour cet effet on amarre les garands des francs funins et on prend du leste a charger les gabarres de la premiere moitié du leste jusqu'a ce que le navirre ayt sa quille sur l'eau, [.] si le bastiment qui sera suspendu au grand mast ne suffit pour coucher le V.au il faut faire un semblable appareil au mast de mizaine, [.] et comme vous chargez les deux bastimens qui sont suspendus sur les deux masts, n'ayant point de pontons et estant bien au large de terre vous n'avez par consequent rien pour dresser le V.au en cas qu'il se couche luy mesme, il faut se servir d'un ras elingué par les deux bouts et frapper un bon pallan sur chacune des eslingues et sur le plat bord du V.au du costé qu'on n'abat point aux membres, [.] vis avis des elingues qui sont sur le ras[.] a proportion que le navirre se couche vous filez a discretion de vos deux pallans, et il en faut mettre un au milieu qui fait un troisiesme, en cas qu'il vous fallut trois pallans, [.] il faut prendre garde a charger le ras de sorte qu'il ne se suspende point hors de l'eau [.] par ce moyen, on peut carenner un V.au en toutte seureté, [.] celuy qui travaillera a cette manoeuvre en pareil cas doit prendre garde a mettre son ras de redresse droit au milieu du V.au et si il ne se trouvoit pas de ras tout a fait dans le d. port, il faut chercher des vieux masts pour en faire de la mesme maniere et de les faire comme on les pratiques dans tous les ports, et si l'on ne trouvoit ny de vieux masts ny de ras, il faut se servir des masts d'hune du V.au et vergues qui se peuvent assembler pour faire un ras sans les endommager en aucune maniere les joignant l'un contre l'autre par le moyen des bonnes rostures que l'on fait employant et se servant du plus mechant cordage qui se trouvera dans le V.au [.] et apres avoir le ras on peut le couvrir de planches, affin de pouvoir tenir tout ce que l'on voudra mettre dessus comme leste boulets, canons pierriers, futailles plaines d'eau.

On hisse les mats d'hune autant qu'il convient et on met des bariques au bout des vergues plaines d'eau et du canon au bout de quelques palans et vergues frappé au dessus des bigues et plus haut si il en est besoin.

 

La maniere de carenner un vaisseau sans aucun mast

Il faut sur le vaisseau etablir trois doubles cabres l'une a l'endroit de l'estambret du grand mast, la seconde a l'amure et la troisiesme a l'endroit de l'artimon, il faut etablir la premiere par deux masts ou bigues les plus longues qu'on pourra trouver, et faire pour amarage la mesme manoeuvre qu'il ont fait pour master, [.] apres avoir ainsy masté la cabre simple il faut la fortifier par une seconde eguille de chaque costé dont les bouts viendront se joindre sur l'amarage, les apuyant et les saisissant par plusieures rostures et en faisant des cabres doubles qui etant dressées selon le bord qu'on veut carenner. Le premier, on etablit deux francs funins sur chaque cabre avec autant de facilité que sy la manoeuvre se faisoit sur un mast [.] comme il est sur quelque cabre suivant l'effort que l'on faisoit par les cabres, il faut etablir deux moyens francs funins sur la croisure pour servir d'auban dont le retour doit estre le plus pres qu'il se pourra du pied de la cabre entrant dans le navirre par des sabords de la premiere batterie, [.] ensuitte il faut les roidir au cabestan, un apres l'autre auparavant que de virer sur les francs funins de carenne ou de ponton, [.] il faut n'onobstant les deux francs funins cy dessus qui sont pour servir de haubans plusieurs faux aubans plus haut sur la croisure des cabres de distance en distance en virant en bas et les passer par des sabords de l'avant et de l'arriere des cabres et les enpastant assez loing pour les pouvoir bien roidir avec des palans de trelingage comme on met d'ordinaire a tous les faux aubans de carenne, qui les roidissent [.] il suffit que ces palans ayent des eguillettes ainsy que les faux aubans.

Il faut pour que les cabres soient surement appuyées, mettre des faux aubans du costé des francs funins aussy bien que de l'autre pour exposer aux ellans que le V.au peut faire en virant, la moitié suffit, un sur la croizure et l'autre plus bas.

Il faut outre cela a la moitie de la hauteur des cabres mettre deux clefs de bois en maniere de solliveaux ou traverses qui joindront les deux cabres en dedans par de petittes mortoises pour les fortiffier et il faut en mesme temps par dessus au mesme endroit une rosture de cordage qui prendra les clefs par dehors pour empescher aux effors, [.] les rostures seront saisies au traversin soliveau par une eguillette, [.] il en faudra un semblable plus bas.

Il se peut mettre un troisiesme aux deux tiers en haut de sa cabre.

Il faut en pareil cas etablir les cabres aussy haut qui se pourra.

La scituation de la seconde sera entre la grande amure et le mast de mizaine, il ne la faut pas porter plus avant ou elle ne ferait pas tant d'efforts.

La cabre de derriere sera placée aussy pres qu'il se pourra de celles du milieu autant que les pontons le pouront permettre.

Il faut apres avoir fait les trois appareils faire par le pied d'estribord et basbord dans touttes les cabres une mortoise ou deux aussy grandes que peut estre la clef d'un mast d'hune pour les saisir ensuitte au pont par des aussieres qu'on passe dans les mortoises ce qu'on roidit bien contre les beaux ou plus bas.

Si dans ce cas on etoit obligé de carenner sans avoir un ponton masté pour etablir calliournes pour dresser le navirre en cas qu'il se coucha trop, il faut prendre une bigue seulle ou mast et le saisir sur croizure des cabres par le moyen d'un pallan a drosse qui ne serve que lorsqu'on le veut, et frapper une poulie a trois roüets de calliournes sur la teste de ce mast destiné a redresser le V.au et une seconde, a deux roüets sur la croizure de la cabre et passant une ausiere en calliourne etablir le retour du garan sur le ponton ou est le pied et le filer en garand a mezure qu'on vire en cas qu'on vi que le navirre se couche trop facillement, [.] encore qu'il fut dur a virer, il est bon que la manoeuvre soit toujours faitte quoy qu'elle ne serve de rien, [.] si avec tout cet appareil on ne pouvoit pas virer assez, le navire a la bande, manque de force de cabestan il faut se servir de boullets dans les parquets qu'on fait entre les sabords sur le pont d'en haut entre les deux masts, [.] si tout cela ne suffisoit pas, il faudroit charger le ponton de leste ou d'eau ou de canon [.] crainte que le V.au ne se soustenant il ne faudroit pas oublier de bien assurer le pied du mast ou bigue dans le ponton ou autre [.] sy l'on y carennoit il ne faut pas non plus oublier les trappe [probablement attrapes ou retenues] qui s'amarre a terre ou sur quelqu'autre bastiment pour retenir le navirre.

 

Maniere de faire une double bigue ou chevre.

Les bigues doivent se joindre par les rostures et n'avoir point de jour entre elles, il n'est pas besoin qu'elles soient saisies dans la rosture d'en haut il suffit que la teste d'une bigue appuye la teste de l'autre.

Il faut luy mettre en dedans trois traverses qui soient endantées dans les bigues par une mortoize, ensuitte embrasser les d. bigues par des rostures le long des traverses pour les empescher de s'ecarter et saisir le milieu de chaque rosture des bigues par une eguillette en plusieurs double.

 

Maniere de mettre le canon de la premiere batterie sur le second pont sans mast ny chevre.

Il faut etablir deux barres a servir de montant dont un des bouts est endenté par une dent et un clou au coin du bot du second pont sur le grand paneau et le bout d'en bas en arriere du paneau [.] ayant cloüé les deux montans et arresté par des taquets et clous il faut mettre un bordage entre les deux barres et en mesme scituation pour servir de solle et de fond au canon, [.] ces trois pieces formeront ce qu'on appelle un poulain de quoy on se sert pour lever de grands fardeaux [.] ensuitte on met le canon la culasse a l'entrée du poullain, [.] il faut ensuitte frapper deux pallans sur chacune des tourillons qui viennent tous deux du gaillard d'avant [.] il ne faut pas oublier qu'auparavant que la culasse tombe entre les deux montans de mettre dessus les bordages un petit roulleau en arriere dessous le canon qui roulle dessus, [.] il faut qu'ils soient justes entre deux bordages roullant sur la solle, [.] sy deux pallans ny suffisoit pas et ne faisoit pas assez de diligence, il en faut mettre un troisiesme a la vollée avec une pince dedans pour le crocher, [.] il s'en peut mettre un autre sur le bouton, et lorsqu'il est sur le deuxiesme pont on en uze comme cy dessous.

 

Le moyen de debarquer le canon de la seconde batterie a un V.au qui n'a ny mast ny chevre.

Il faut prendre deux bordages ou barraux de cabestans et les couper de longueur pour endenter et cloüer un bout sur le plat bord et l'autre a liloire etablissant les deux chantiers droit entre deux sabords en sorte que l'affut puisse entrer entre deux barres et que le canon se puisse appuyer sur elle a la vollée et a la culasse, [.] pour lors on etablit deux ausieres dont un bout est amarré a demeurer sur un des membres du plat bord et l'autre passe en retour mol sur le plat bord avec lequel trevir on prend le canon par les deux bouts et on le vire dessus jusqu'au platbord et il faut en mesme tems avoir deux autres bouts d'ausiere passez a trevir et tout mol opposé a l'autre trevir pour recevoir le canon et le filer du plat bord a bas dans un bastiment ou sur la terre ou l'on le veut mettre, [.] sy la force des hommes ne suffisoient pas on mettoit un pallan sur chaque bout.

 

Maniere de mettre une chalouppe a la mer d'un mauvais temps dans un V.au demasté de tous mast.

Il faut commencer par prendre la barre de rechange du gouvernail et le plus fort des bordages et mettre un bout de la barre et du bordage sur le plat bord sous le vent et les autres bouts presant sous la chalouppe, un autre a travers de l'amure et l'autre aux aubans de derriere [.] il faut apres se servir d'un criq a l'arriere de la chalouppe et un autre a l'avant et la monter sur les chantiers un bout apres l'autre.

Il faut des trappes a pallans sous le vent pour aider a la monter sur le chantier [.] il faut aussy des trappes simples vers le vent. Il faut si la mer est grosse pour s'opposer au tangage qui la feroit courir de l'avant ou de l'arriere si les chantiers avoient de bons palans etablis l'un sur le gaillard d'avant et l'autre sur le gaillard de l'arriere [.] si on craint que les chantiers ne rompent il faut mettre un canon dans son affut amarré par chaque milieu des chantiers [.] quand la chalouppe sera montée a la hauteur du plat bord, il faudra prendre deux vergues d'hune et les passer par dessous la chalouppe au dedans des deux chantiers et amarer les deux vergues quelles ne puissent se serrer ny s'ouvrir par le moyen d'un esparre qu'on amarre par dessous les deux bouts, [.] apres avoir ainsy etably les deux vergues on mettra un criq sous chacun des chantiers et virer la chalouppe jusques par dessus le niveau du plat bord en pallanquant toujours la chalouppe sous le vent et filer en garand les trappes du vent, [.] la chalouppe s'en ira a la mer comme sur un bord coulant sur les vergues, [.] sy dans le V.au, il ne se trouvoit point de vergues d'hune, on peut faire la mesme manoeuvre avec des jumelles et pour empescher la chalouppe de virer ou d'emplir lorsqu'elle est sur les deux vergues et en dehors du plat bord, il faut faire deux petittes saisines frappées aux vergues du coté en dedans du V.au et a la vergue qui est dessous, [.] ces deux saisinnes tiendront la chalouppe droite sur les deux vergues qui vont avec elle a la mer le bout, d'en bas est a piq le long du bord, [.] il faut que les saisinnes ne serrent point la vergue affin que la chalouppe ne soit point retenüe et coulle facilement tout le long desd. vergues.

 

Le moyen de sortir un V.au d'un port de l'endroit ou il est amarré jusqu'a l'entrée du port.

Il faut se servir des amarres de terre des deux costez du port supposé qu'il ne soit pas trop large car s'il y avoit quelqu'endroit ou il se trouve trop large il faut se servir des ancres portées de l'avant au canal pour se haller et lorsque le vaisseau est rendu a l'entrée du port il faut voir s'il ny a aucun risque de mettre a la voille sur quatre amarres, [.] et apres avoir mis les voilles et les faisant porter, on file les quatre amarres touttes a la fois, et on les fait ceüillir par des chalouppes, [.]et sy le vent ne vous permet pas d'appareiller et qu'il faille se toüer au large il faut porter deux ancres a toüé avec deux grelins sous chacune, la premiere partant du bord et portée droit au canal [.] supposé qu'il n'y ait pas de l'eau partout suffisamment il faut la porter a l'air de vent qui vous convient le mieux pour appareiller dessus. Sy l'on voit apres avoir alongé la premiere toüe, ne pouvoir pas appareiller dessus parce qu'on ne seroit pas en parage il faut auparavant de quitter les quatre amarres de terre ny virer sur celle la, porter une seconde toüée au mesme air de vent de la premiere. Il faut en passant avec la chalouppe ou est l'ancre a toüé et les deux greslins amarer le bout sur la boüée de la p.ere ancre et s'en aller de la en filant suivant l'air de vent de la premiere toüé et ayant alongé les deux greslins le mieux qu'il se pourra la chalouppe s'en retournera a bord pour desmarer les amarres de terre, et les ayant desmarez elle s'en retourne a l'avant du V.au qui vire toujours sur la premiere ancre et a mesure qu'on approche de l'ancre on donne un bout de la seconde toüée qui est amarée sur la boüée de la premiere toüée et l'autre bout est a bord dont on le roidit, [.] et d'abord que l'ajuste sera faitte, il faut virer sur les deux a la fois,[.] vous l'avez avec le navirre en passant la premiere ancre et vous vous en allez toujours sur l'autre sans que le V.au perde son air a courir de l'avant, [.] les amarres de la seconde ayant eté roidit vous virez par ce moyen deux toüées de quatre greslins deux sur chacune ancre sans perdre un moment ny arresté le V.au. S'il falloit que la toüée aist une plus grande suite qu'il falut aller plus loing pour appareiller il faut continuer comme nous avons commencé et porter toujours les ancres a l'air de vent qui vous convient le mieux pour mettre en parage d'appareiller.

 

La maniere de faire sortir un V.au d'un port ou il n'y ait pas assez de pieds d'eau a la sortie.

Il peut a un V.au armé en diligence estant bien prest de sortir et n'avoir pas a l'entrée du port tout a fait assez d'eau pour sortir tout armé quand il manquera de l'eau considerablement comme un pied ou un pied et demy que le V.au tire d'eau de plus qu'il ny a a l'embouchure du port, [.] il faut en ce cas le suspendre le V.au sur l'eau sans rien debarquer menant a bord dud. V.au supposé de 1000 tonneaux de port deux bastiment tel qu'on verra estre necessaire et les ayant abordé il faut les amarer un de chaque costé a travers du grand mast du V.au [.] apres [,] les charger d'eau qu'on prend au long du bord par le moyen des pompes qu'on met sur le bord du bastiment et l'on pompe l'eau de la mer dans le bastiment jusqu'a ce qu'il soit plein, et lorsque les deux bastiments sont chargez d'eau .. [ ?] chargé l'on regarde la hauteur des plats bords des deux bastiments et l'on prend des pieces de bois de la grosseur du bot du V.au soit de bois de chesne ou sap ou prusse ou autre bois qui se pourra trouver dans ce dit port le plus gros qu'on le pourra mettre ne le seront point trop, pourvu qu'il puisse passer par les sabords du V.au qui est l'endroit ou ils doivent etre mis pour le suspendre. L'on met une a chaque sabord qui se trouvent vis avis de toutte la longueur des bastiments de charges, les passant par les sabords du V.au de la premiere batterie comme il est cy devant, [.] il faut qu'ils portent pareillement de niveau sur les plats bords du bastiment de charge car sy le plat bord se trouve trop haut on les passe par les sabords desdits bastimens de charge de sorte que les bois qui seroient employez par cet effet doivent porter egallement sur les deux bastimens de charge affin que quand on dechargera les deux bastimens ils puissent faire l'effet pour lequel on les prepare qui est de lever le V.au d'un pied a un pied et demy qui luy manque d'eau pour sortir et pour cela on pompe les eaux que nous avons cy devant embarquez dans le bastiment de charge [.] a proportion qu'on allege les d. bastimens l'on s'appercoit que le V.au monte sur l'eau et l'on jette les eaux jusqu'a ce que l'on voye que le V.au ne tire qu'autant d'eau comme l'on verra qu'il y aura a l'entrée du port [.] sy les bastimens sont [ ?] chargez il ne faudra les ayant saisis a bord que les decharger pour soulever le navire [.] pour empescher les bigues de pompe, sur les bastimens de charge il faut a trois distances differentes du bastiment, dechargé au V.au mettre des arbouttans a commencer le plus haut du bout de la bigue a la derniere sainte du plat bord du V.au et les deux autres en dedans a egalle distance. Le bout d'en bas du p.er arbouttan est arresté sur le bout de la bigue par le moyen d'une mortoise de la grosseur du bout de l'arbouttan ayant un pouce ou deux de proffondeur [.] il faut outre cela l'apuyer d'un gros taquet on en use ainsy pour les autres.

La mesme manoeuvre se fait pareillement par le moyen de greslins et aussieres que l'on passe par dessus le plat bord des bastimens de charge et sous la quille du V.au  [.] l'on fait comme cela quatre suspentes de bons greslins ou aussieres qui se trouveront convenable [.] on ne doit se servir du cordage en pareil cas qu'apres n'avoir pas pu trouver des bois convenable pour cet effet parce que la manoeuvre faitte par du cordage allonge toujours de quelque chose faisant un aussy gros effort comme il faut qu'ils fassent [.] sy pareil cas arrivait a un V.au du premier rang il faut employer quatre bastimens de charge pour le lever sur l'eau et choisir des quatre les deux plus gros pour mettre derriere un de chaque costé comme c'est la maniere du V.au qui tire plus d'eau il luy faut le plus gros bastiment affin de le lever plus facilement et mettre le talon du V.au de niveau avec l'avant,[.] les deux petits bastimens seront saisis de l'avant comme ceux de l'arriere [.] il sera a propos en pareil cas de mettre a chaque sabord qui pouront porter sur les bastimens de charge, une bigue comme nous avons dit cy devant [.] comme le V.au est suposé du premier rang il peze pour le moins le double de celuy dont il est parlé au premier article.

Il faut pour ce dernier qui est supposé de 100 canons faire les deux appareils savoir celuy des bigues et des greslins surtout sur les deux bastimens qui sont sur l'arriere et les elinguer comme il est dit dans l'article avec des grelins qui saisissent tout au travers les bastimens de charge et passent sous la quille du V.au. Il est a remarquer qu'on ne doit les elinguer que lors qui sont chargez a morte charge [.] etant en cet estat on les elingues serrant sur chaque tour du greslin a coup de pallans et apres avoir ainsy elingué et amaré les bouts auparavant de faire porter aucun fer [ ?] aux bigues et de leur faire faire aucun effort il faut aleger un peu les deux bastimens de charge affin de faire faire de la force aux elingues apres quoy on fait apuyer touttes les bigues des deux costez sur les bastimens de charge et par ce moyen les bigues et les elingues travaillent egallement.

Il y a encore une autre maniere de soulever un V.au et l'empescher de couler bas par le moyen de tonnes vuides.

Il faut avoir des crampes de fer appellées galoches faute de quoy on se sert de gros taquets a guelle clouez sur le fond du V.au eloigné l'un de l'autre de la longueur des tonnes dont les bouts se doivent toucher etant elingué et mises en place observant de clouer les taquets en droite ligne l'un de l'autre de l'avant a l'arriere du V.au faisant les elingues d'une egalle longueur affin que etant employez sur les tonnes pour suspendre ou soustenir le V.au elles travaillent egallement par ce moyen il n'en rompra aucune.

Sy c'est dans un lieu de marrée il faut mettre les taquets pendant la basse mer a la moitié de la distance de la quille a la premiere sainte et mesurer en mesme tems les elingues parceque le V.au etant a flot les tonnes se trouvent a fleur d'eau touttes callées a trois ou quatre doigts prest, [.] sy elles etoient tout a fait callées sous l'eau elles se couvroient et on met de chaque costé un nombre egal et d'egalle grosseur voulant tenir ce V.au droit.

Si le vaisseau etoit crevé d'un costé a ne pouvoir porter dessus en sorte qu'il fallut le porter a la bande il faudra du costé endommagé mettre les tonnes toujours a la basse mer et le plus bas que se pourra, il suffira de les mettre de l'autre costé a la hauteur de la ligne du fort pour empescher le V.au de virer et luy aider a soustenir etant aparamment decharger en cas pareil on desagrez un V.au de masts et voilles a moins qu'on ne peut avec la marée ou un vent arriere le conduire en quelque port qui ne fut pas esloigné.

Dans les lieus ou il ny a point de marée on amarre les tonnes de la mesme maniere frappant les taquets les plus bas que l'on peut et pour les saisir a demeuré aux galoches ou taquets, il faut qu'elles soient pleines et les elingues mises en sorte que la bonde soit parée affin de les pouvoir vuider lorsqu'on veut soulager le navirre. Il faudra tant qu'il se pourra les vuider touttes a la fois avec des pompes.

 

Le moyen de tenir droit un V.au neuf qu'on a mis a la mer ses oeuvres achevez et n'ayant point de leste

dedans voulant le conduire, loin de le chantier et n'ayant pas assez d'eau en sorte qu'on y puisse mettre du leste pour le caller, [.] il faut pour cet effet et pour la sureté du V.au icy saisir les deux costez des ras d'eau, autrement appellez ponts de calfats passant des amares par dessous les ras et dans les organnaux des sabords de la p.ere batterie par plusieurs tours d'un sabord a l'autre[.] il faut en amarant les ras faire travailler egallement les amares de deux costez pour tenir le V.au droit,[.] on peut aussy conduire un V.au en sureté sans le caller et sans entrer dedans manoeuvrant sur les rats.

Il est encore plus sur de saisir des bastimens de chaque costé du V.au.

 

La maniere d'amarer un V.au d'un port et dans une rade evittant de mettre le cable en travers de la marée.

Il faut d'abord que le commandant du V.au supposé qu'il en connoisse pas la rade, regarde la scituation de la coste [.] il voit par la scituation des marées et voit lequel des airs de vent est le traversier, [.] on portera d'abord afourchant le navire en mesme scituation que la coste soit en mesme tems comme le cours [ ?] des marées, de maniere que vos deux ancres etant e. [Est] ou o. [Ouest] et la terre au nord le vent de sud sont les traversiers, et lorsqu'il veut que vos deux ancres se trouvent egallement chargées, et s'il vient a venter grand vent et n'ayant pas beaucoup de chasse derriere soit que vous ayez la coste fort prest ou quelque roché ou banc de sable voyant les deux ancres egallement chargées portant tout le fait qu'elles peuvent porter, il faut en pareil cas moüiller une troisiesme ancre, et n'attendre point qu'une des deux premieres vous manque [.] sy vous etes en obligation de moüiller une troisiesme ancre il faut la laisser sous l'avant du V.au et ne la point faire travailler qu'on ne sy voye bien obligé par le gros vent et la grosse mer, [.] il faut toujours qu'on soit prest a lever cette troisieme ancre si on voit venir le moindre calme ou changement de vent craint comme il peut arriver de faire un tour a trois cables dont vous ne pouvez plus disposé ny filer ny virer [.] il est dit cy devant le contraire de tout cecy qui est de ne moüiller jamais qu'une ancre l'une apres l'autre, [.] ces deux raisonemens sont bons et juste selon l'occasion en ce que celuy qui se trouve dans une radde etroitte n'ayant point de chasse ne peut assurer son V.au que par touttes les ancres et celuy qui se trouve a une radde foraine il ne peut perir qu'en moüillant touttes ses ancres[.] en moüillant qu'une simplement et fillant du cable a proportion que le vent et la mer sont gros il peut tenir et ne pas chasser, [.] il faut aussy regarder partout ou l'on se trouve moüillé la quantité des brasses d'eau qu'il y a pour y proportionner le cable, [.] ce raisonnement est fait pour l'occasion ou il y a des courans et des marées, nous ne parlons icy que du gros vent.

Il ne faut point qu'un V.au demeure sans affourcher dans une radde de marée non plus de gros vent que de calme dans des raddes foraines.

 

Maniere d'amarer un V.au dans la mediterannée arrivant dans une radde inconnüe

On mouille la premiere ancre a une distance de terre comme on doit faire a une radde inconnüe et apres l'on sonde sy faire se peut autour du V.au avec une chalouppe[.] sy l'on voit que ce soit une radde a y pouvoir rester l'on regarde la scituation de la coste supposé nettement dont les vents e. [Est] sont les traversiers et l'autre vous reste a l'o. [Ouest] il est du fait du commandant de faire porter son ancre d'afourche droit au nord de la premiere et laissant la grosse ancre au s. qui est l'air de vent d'ou peut venir la grosse mer depuis s. [Sud] jusqu'a l'e. [Est] [.] et si dans le cas d. radde on est pris de gros vent on menage les ancres et les cables comme nous avons dit cy devant [.] il en est de mesme de touttes les scituations des terres, [.] il n'est point necessaire d'avoir eté dans une rade pour bien scavoir y amarer un V.au il ne faut seulement que bien prendre mouillage pour la premiere ancre et la scituation des terres vous fait voir toujours ou vous devez porter l'ancre d'affourche observant de situer les deux ancres comme la coste, [.] ainsy faisant, ils travaillent de tous les vents, les plus dangereux, et vous etes toujours en etat de moüiller une troisiesme ancre s'il est necessaire, et si vos deux ancres chassent vous filez du cable a vostre troisiesme autant comme les deux peuvent chasser[.] vos trois ancres travaillent egalement et forment les trois une patte d'oye [.] pour lors il faut toujours etre attentif au changement de vent pour lever en toutte diligence la troisieme parce qu'en la laissant vous faittes un tour a vos trois cables ce qui est fort dangereux a ne pouvoir plus filer ny virer, [.] les deux ancres chassant on doit craindre qu'il ny en ait une qui aye rompu, [.] ainsy il ne faut plus compter dessus et moüiller un troisiesme filant de la 3.e toüe comme sy on en avoit point d'autre moüillée qu'ayant appris le fond elle ne fit faire teste au V.au les autres ancres continuant a chasser vous donnent moyen a filer de la troisiesme autant que le lieu le peut permettre.

Lorsqu'un V.au est a l'ancre et que le vent est extremement fort il ne faut pas craindre que le mast de beaupré s'engage dans le cable en tangant [.] ainsy on doit elonger la vergue de civadiere mais il la faut remettre en croix lorsque le vent a manqué et que le cable ne fait plus de force, [.] le V.au tangant le beaupré pourroit s'y embarasser si la vergue en croix ne l'empeschoit.

Lorsque le temps est fort mauvais soulagez l'avant en mettant du canon au bas.

Pour empescher l'eau d'entrer par les ecubiers le long des cables il faut mettre au ras des ecubiers en des demis ronds dedans qui se joignent par des entailles qui sont percées avec le bord dedans ce trou on y met une cheville a une ou deux,

On peut aussy garnir le cable au ras de l'ecubier en dedans avec de la garcette et mettre par dehors de l'ecubier les manches de toile faittes a qeüe de rat dont on se sert qu'on remplit d'estouppe et de coüespeaux et autres choses qui se peuvent enfler et par le moyen d'un cordage qui passe dans l'ecubier de dehors en dedans et qui fait la qeüe de rat de la proche [ ?] on l'entre dans l'ecubier a force de bras autant qu'elle peut entrer jusqu'a remplir tout le vuide de l'ecubier.

 

Maniere de faire tenir autant qu'il se peut les ancres dans une rade foraine sans abry ou il y a de la chasse derriere,

Il faut d'abord arrivant dans une radde foraine sy vous voyez apparence de mauvais temps et que du vent qui vous charge le plus a la coste vous ne puissiez pas vous eslever a la voille et parer tous les dangers, il faut moüiller vostre grande toüée et filer suivant la quantité d'eau la grosseur et le vent qu'il y aura, [.] apres quoy il faut travailler a desgarnir le V.au de ses quatre perroquets masts et vergues d'hune, [.] sy on ne le fait, mettre le tous sur le pont, c'est a dire les vergues d'hune, avec leurs perroquets et voilles, les masts d'hune restant de bout le long des grands masts, [.] si vous avez dans le V.au plusieurs ancres estalinguées, il faut encore apres avoir filé vostre grande toüée au bout epissez un cable d'affourche, pourvu qu'il ayt la grosseur des autres et qu'il soit bon a pouvoir confier le vaisseau [.] apres avoir epiée le cable d'affourche et filé, il ne doit plus vous rester qu'une toüée parcequ'on voit par experience qu'un plus grand nombre embarasse pour filer facilement beaucoup de cable et les etablir sur les bittes, [.] il est sur que sy un V.au pouvoit aller a la mer avec deux ancres sur le bord ayant tous leurs cables en deux toüées qu'ils tiendroient dans une mechante radde par le moyen d'une longue toüée et il se sauvera mesme a l'appuy d'une seule ancre plus tot qu'un autre navirre qui se trouvera ayant trois ou quatre ancres moüillez, [.] on ne doit moüiller plusieurs ancres que dans un lieu ou n'ayant pas de chasse on y voit a la coste ne pouvant filer du cable [.] il faut toujours que les cables et ancres du V.au soient egaux de cette maniere on peut episser des cables ensemble tant qu'on veut sur une mesme toüée supposé qu'ils soient comme il est dit cy devant proportionnez au V.au et sy l'on embarque differentes grosseurs de cables et differents poids d'ancres elles ne peuvent jamais assurer le V.au dans une radde [.] il ne faudroit tout au plus que trois grosses ancres, sur le bord et une toüée et le surplus bien paré au fond de calle.

Un vaisseau a d'ordinaire cinq grosses ancres, et deux petites il y en auroit de cette maniere trois au fond de calle et quatre sur le bord [.] il peut arriver a un V.au dans un combat d'avoir ses ancres rompües soit les vergues les pattes ou les jats, [.] au cas pareil celles qui sont au fond de calle sur qui on peut conter pour les premieres raddes ou veut aller apres le combat, et supposé qu'on ne perde point d'ancre par deux coups de canon vous estes aussy en etat ayant trois ancres sur le bord, que s'il y en avoit un plus grand nombre parce que la quantité fait un grand embarras sur les bittes et les ancres acablent le haut du V.au,

Le V.au qui aura 8 cables pour son armement peut les mettre trois a trois epissez ensemble les deux bouts de toüée des trois se doivent etalinguer avec deux ancres du bossoir affin qu'elles soient touttes deux egallement parées, de tout tems, [.] il vous reste deux cables pour la grosse ancre qu'on ne doit point moüiller ordinairement qu'apres la derniere extremité[.] tout le monde conviendra que la quantité d'ancres qu'un V.au moüillera contribüeront a sa perte ayant de quoi filer il est toujours sur de tenir.

 

Maniere dans un gros temps et une grosse mer de l'avant d'empescher un fronteau d'estre enfoncé et de le retablir en cas qu'il le fut

Le V.au qui se trouvera moüillé dans une radde forraine et qui sera acablé d'une grosse mer et risque, en cas de pareil d'avoir le fronteau du gaillard enfoncé, ce qui est arrivé quelque fois [.] il faut pour prevenir ce malheur amenner la vergue de mizaine sur le plat bord sy elle ne l'etoit pas desja et prendre huit barres de cabestan et en pressant le bout d'en haut contre la vergue de mizaine et celuy d'en bas joignant au mast de beaupré dont quatre des d. barres de chaque costé ou le bout d'en bas percé et on passe dans chaque trou de barre un bout de cordage le plus gros qu'il se peut qui les joint touttes ensemble contre le beaupré quatre de chaque costé les amarant bien dans cette scituation et les bouts d'en haut qui seront amarées le long de la vergue separez les uns des autres a egalle distance en sorte qu'elles s'estendent d'un bossoir a l'autre, on les saisit fortement contre la vergue [.] on applique ensuitte sur les barres toutes sortes de planches qui se trouveront dans le bord pour faire en avant un fronteau qui garentisse l'autre mast [.] si par malheur il avoit eté enfoncé il faudroit a l'abry du nouveau fronteau sur lequel on auroit mis une civadiere en double dont on met une des relingues amarées sur le beaupré au mesme endroit ou sont deja amarez les barres [.] il faut ensuitte la cloüer, tout du long de la bordure du tambour en dehors, et de la l'etendant a la longueur du V.au joignant les deux bossoirs on la fait monter jusques sur la vergue de mizaine tout le long des barres a demeuré sur la vergue de mizaine le plus roidit qu'il se peut,

Apres avoir fait cette manoeuvre il faut travailler a restablir le vieux fronteau que nous supposons avoir esté enfoncé et avoir sur les montans rompus le haut tenant encore au bau du gaillard [.] il faut les repousser de l'avant en tout son entier a force de monde on presente une planche de la largeur dudit fronteau contre la quille [.] on applique tous les criqs du navirre a egalle distance a occuper toute la largeur du V.au, on vire sur tous les criqs en mesme tems et par une egalle force jusqu'a remettre tous les pieds des montans a leur premiere scituation [.] s'il se trouvoit que les tenons eussent rompus dans les mortoises il faudra appuyer les d. montans par le moyen d'un taquet a geulle qu'on mettroit par derriere de chaque montant [.] et si l'on voyait qu'il y eut a craindre un pareil accident if faudra laisser le bordage ou planche qui a servy desja a repousser le fronteau a sa place et le cloüer a demeure, l'appuyant par tous les criqs ou par des arboutans, a la moitié de la hauteur du fronteau,

On peut prevenir l'enfoncement du fronteau en l'appuyant haut et bas par des criqs et harbouttans comme il est expliqué,

 

Maniere d'arrester une ancre qui chasse ayant une toüée de trois cables a une grosse ancre et un cable d'affourche a une autre ancre, ou une ancre a toüée et un greslin,

Pour bien faire la manoeuvre cy dessus il faut frapper sur le moindre cable en dehors deux herses en double dans chacune desquelles on passe un bout de greslin dont chacun bout est tenu en double au grand cabestan ou a l'un des grands masts et les ayant fait travailler en filant un peu de cable on amarre une ausiere au bout de ce cable laquelle passe dans une poulie frappée au bout du beaupré [.] par le moyen de cette ausiere on tire le bout du cable de l'ecubier pour l'etalinguer avec .. [ ?] l'etalinguer et semblable cable qui se font aux ancres en l'arrestant avec deux rabans quoyqu'un suffiroit dans un besoin qui seroit le premier [.] outre ces deux on en fait mettre un troisiesme qui fera l'oeüillet ou le neu qui s'embrassent avec le double du p.er cable en sorte que le noeu ou la .. [ ?] ne se puisse serrer et puisse couler jusqu'a l'organneau [.] un noeu de bouline n'est praticable qu'avec un greslin [.] il n'y a qu'une ancre qui chasse apres avoir filé la toüée jusqu'au bout n'ayant qu'une ancre a toüée et un greslin, il faut l'etalinguer sur l'ancre a toüée du costé du vent etant supposé qu'un V.au qui chasse le travers de cette maniere, la petitte ancre ne se rencontrera point avec la grosse [.] des que l'ancre a toüée est prest a etre moüillée, il faut faire un noeu de boullines ou un oeüillet comme il est dit dans le renvoy autour du cable avec le greslin [.] il faut filer avec les mesmes mesures qu'on file un cable et lorsqu'il est filé on laisse aller le noeu qui est fait sur le cable par dehors il court infailliblement au long du cable jusqu'a l'organneau de la grosseur qu'ayant chassé de la longueur de la toüée du greslin se trouve empennelée.

 

Maniere de prolonger le temps et la derive d'un V.au qui est chargé d'un gros vent d'une grande mer et de brume a ne pouvoir voir la terre et a ne se pouvoir elever de la coste,

Il faut passer un greslin par des dogues de la grande amure en cas qu'il y en aye deux faute de quoy par le prochain sabord de l'amure en avant et moüiller vostre ancre quoy qu'il ny aye point de fond et filler le greslin jusqu'au bout, [.] il faut etablir une poulie sur le beaupré entre les deux lieures et y passer une aussiere dont un bout aille s'amarer sur le double du greslin par dehors du navire, et l'autre bout reste dans le bord, [.] cette ausiere sert pour faire venir le V.au au vent quand il arrivera trop, que l'ancre ne trouve pas de fond en haut sur icelle, on pourra ainsy retarder et ralentir la derive par une voille etablie pour cet effet, [.] lorsqu'il sera rallié au plus pres du vent l'aussiere frappée sur le beaupré ne fait plus rien quoy qu'on soit a la cappe a la grande voille et a l'artimon [.] le greslin ne laissera de venir toujours par le travers du V.au mais sy on appareille la mizaine il faudra avoir viré le greslin et l'ancre dedans si tant est que le tems ne permette pas de mettre des voilles [.] la petitte ancre peut sauver le V.au et la vie d'un equipage parce que c'est elle qui trouve le fond [.] en l'ayant trouvé il faudra prendre le greslin par devant, et a la fin devirer plus doucement [.] on doit filer beaucoup de greslin pour que l'ancre chasse plus lentement [.] on doit sonder souvent et sy on ne voit point de terre par la force de l'epaisseur de la brume on moüille une grosse ancre [.] sy on trouve une quantité d'eau convenable on file du cable simplement a ne point faire teste, le navirre chassera doucement, avec ces deux ancres devant, [.] sy on voit que la mer ne fut pas trop grosse il faudroit tacher de faire teste et pour cet effet il faut faire un noeu de boulinne avec le greslin autour du cable en dehors et le laisser aller de cette maniere la petitte ancre servant d'empenelure a la grosse, [.] il ne faut point en pareil cas moüiller plusieurs ancres parce qu'elles feroient perir un V.au [.]selon la quantité d'eau qu'il y avoit il faut seulement filer ce qu'il y a de cable a l'entrée qui est moüillée [.] sy en faisant ..[ ?] il y auroit lieu de craindre un .. [ ?] il faudra laisser chasser le V.au filant un peu de cable, et comme on est de moment a autre en esperance d'un changement de vent il est bon auparavant de prendre le party de faire teste de depasser en mesme tems le mast d'hune et les allonges sur le pont avec les agrez, la grande vergue etant amenée sur le plat bord [.] sy le vent etoit sy violent qu'on craignit de ne pouvoir tenir a l'ancre, ny s'elever sous les basses voilles, il faudroit allonger les vergues le long du navire et coupper les masts [.] quand le coup de vent est passé les masts d'hune qui ont eté depassés servent a ramasser, [.] il faut dans l'extremité dont on vient de parler pour soulager le navirre jetter les canons de l'avant a la mer sy on n'avoit pas le temps de les mettre dans le fond de calle ou l'on doit mettre ceux de l'arriere du grand mast

Sy on etoit reduit a donner a la coste ayant touttes les ancres a la mer pour se mettre vent arriere il faut prendre un greslin par le sabord de l'arriere de la seconde batterie a travers le mast d'artimon du costé du vent mais sy le navirre est debout au vent du costé ou est le cable [.] il faut passer le greslin et y faire une ambosure par dehors le navirre apres quoy il faut coupper les autres cables et lorsqu'il ne reste plus que celuy sur quoy le greslin est frappé on est au choix de la filler par le bout supposé qu'il n'en restat qu'un ply, [.] le greslin doit estre amarré dans le navirre au grand cabestan lequel etant embarassé on l'amarre au grand mast, [.] le cable etant couppé on file, [.] le navirre s'en vient .. [ ?] au vent et debout au greslin qui vient de l'arriere et l'on prend le meilleur party.

Il faut observer auparavant que de couper le cable sy vous avez beaucoup de greslin dans le V.au affin que s'il s'y trouve de greslin ou aussiere suffisament pour conduire le V.au en filant a commencer des que le V.au a le cul au vent de le conduire comme cela jusqu'a terre et des que l'on sent que l'avant du vaisseau touche ou est prest a toucher il faut transporter du canon de l'avant a l'arriere et tenir vostre greslin roidit pour empescher que le V.au ne se traverse a terre, etant immanquable que les vagues le renverseront et le briseront et comme difficilement on traisne du canon de l'avant a l'arriere il faut jetter le canon a la mer.

Sy on est forcé de donner a la coste sous voilles dans les endroits ou il n'y aye de la marée il faut choisir le meilleur terrain de vaze ou de sable pour s'echouer de plaine mer pour mettre le V.au le plus haut que l'on peut l'ayant allegé de l'avant comme il est dit a moins que ce ne fut de ces V.aux qui tirent exraordinairement plus d'eau de l'arriere que de l'avant [.] on en use ainsy affin qu'il touche partout le terrain allant ordinairement en montant il faut en approchant de la, tenir une ancre derriere avec une longue toüée bien etablie a etre filée affin de pouvoir retirer le V.au a flot sy l'occasion s'en presentoit et qu'il eut assez d'eau pour tenir le navirre debout [.] pour lors, et mesme auparavant pour sauver le navire on doit coupper les masts aussy bien ils creveroient le navirre,

Sy le navirre etant echoüé resistoit au coup du ciel il faudroit le crever affin que l'eau, entrant dedans il fut plus ferme et se brise moins par les coups de mer, [.] il seroit encore mieux sy on avoit le tems de faire un sabord a l'eau et plusieurs trous de l'arriere et partout que l'on pust boucher

Sy on etoit obligé de se sauver dans les chalouppes il faudroit tenir le cap a la mer en se laissant deriver la pouppe a terre ayant une amarre sur le V.au a moins qu'on ne fut au large et qu'on pust mettre a la voille [.] il faut toujours tenir des fargues aux chalouppes,

On dit rarement a la mer couper les masts a moins d'avoir des raisons fortes car ils servent de contrepoids et empeschent le navire de se tourmenter [.] s'il fait de l'eau par exces on doit prendre des voilles de rechange ou autres les ayant bardez et estouppés les passer sous le navirre ayant mis dans cette estouppe touttes sortes d'ordures comme coüespeaux cendres, .. [ ?] farine poix .. [ ?] et tout ce qui s'enfle [.]cette voille roidie et etandue par des bons palans vergues et arboutans [.] pour les tenir tendües il faut frapper les pallans aux membres du vibord vis a vis l'endroit ou sera la jointure et l'on fait revenir les ralingues a coups de pallan le plus haut que l'on peut [.] pour lors il faut lasser et ceindre le navirre,

Le navirre, comme il a eté dit il faut avoir des faux dallots [ ?] entre deux ponts et des puis en bas,

 

De quelle maniere on couppe un cable lorsqu'on est moüillé proche d'une terre par un grand coup de vent pour faire abattre le navire, du costé qu'on veut qu'il abatte ne pouvant doubler une pointe de terre qui seroit de l'autre costé

Il faut abosser un greslin sur le cable en dehors du navirre et passer un bout par un sabord de la S.te Barbe du costé qu'on ne veut point abattre le mettant au cabestan pour le bien roidir et lorsque le greslin est abossé il faut filer le cable jusqu'a ce que le navirre commance a s'abattre du costé qu'on veut abattre, [.] pour lors on couppe le cable sur la bitte et le navire etant traversé on couppe le greslin et l'on appareille promptement,

 

Ce qu'on doit faire dans un V.au a la voille qui se trouve chargé d'un traversier a une coste ou il ne connoit point de port ny de moüillage ne pouvant porter d'huniers et etant affallé fort prest de terre a ne se pouvoir elever sans mettre des huniers

Il faut en ce cas regarder laquelle des bordées vous eleve le plus au large pour y etablir en mesme tems sous les deux basses voilles, et l'artimon ne pouvant pas s'elever sans appareiller les huniers, cependant le V.au et le vent vous fait veoir que vous estes en risque de faire naufrage

En pareil cas le party le plus evident est celuy de jetter tous les canons de la seconde batterie de dessous le vent a la mer apres quoy le V.au se trouve portant la voille autant que les masts en peuvent souffrir, et pendant qu'on travaille a jetter les canons de dessous le vent a la mer il faut en mesme tems et avant que de fresler aucun des huniers faire une lieure des haubans et des gallaubans sur les masts d'hune a demy master et apres les avoir liez a la hauteur de la moitié du grand chouquet partageant la distance des grands chouquets, aux barraux des masts d'hune il faut les bien roidir partout et appareiller ensuitte les huniers avec les deux ris pris, observant soigneusement la maniere la plus sure pour conserver ses huniers et ne les point perdre en les appareillant [.] appres avoir appareillé les deux huniers avec touttes les precautions qui se peuvent prendre pour ne rompre ny masts ny vergues, le V.au fait juger a celuy qui le meine de la voilure qu'il y peut souffrir si tant est que vous portiez vos deux huniers les deux ris pris et que la bordée que vous courez ne puisse pas vous elever de la coste, [.] il faut songer qu'au cas qu'il faille virer de bord que vous n'avez des canons que d'un bord et qu'auparavant que de virer il faut les changer et les mettre au vent et s'il falloit que le gros tems ne vous permit pas de changer vos canons parce que la mer peut estre trop grande et trop agitée pour pouvoir disposer du maniement du canon il faut serrer les huniers et carguer la mizaine et demeurer a la cappe a la grande voille et l'artimon, et sitot les huniers serrés la mizaine carguée il n'y a point de tems qui empeschent de changer le canon de la seconde batterie et incessamment apres l'avoir changé il faut virer de bord et se retablir aux deux basses voilles et les huniers l'un apres l'autre comme a la premiere bordée [.] sy on voit que le canon qui est vers le vent ne suffise pour faire porter la voille au V.au on peut detacher un peu de monde de chaque quartier pour travailler en bas a passer du costé du vent tout ce qui se trouvera de mobil pour aider a dresser le V.au. En pareil cas on tient tout ce que l'on a de monde la manoeuvre a la main jusqu'a ce que l'on soit hors de risque. Il faut remarquer que nous disons n'avoir que la moitié de la seconde batterie et que nous avons deja disposé que pour virer il faut mettre a la cappe, [.] il faut faire de mesme a touttes les bordées parce que par ce moyen vous ne courez pas de risque de perdre beaucoup en ce que un V.au derrive fort peu a la cappe sous la grande voille et l'artimon, et qu'il ne faut pas long tems, pour changer le canon,

Sy la chalouppe qui est dans le vaisseau empeschoit le passage des canons il faudroit jetter a la mer ceux qui seroit par son travers sy l'on avoit pas le tems et que la grosse mer ne permit pas de les passer par devant et par derriere de la d. chalouppe [.] quand aux autres qui ne sont point par son travers il faudra les amener dans les sabord du milieu du navirre pour en soulager l'avant et l'arriere, cela s'entend que l'on ait plus d'autre bordée a faire et que la mer le permit,

 

Un vaisseau louvoyant entre deux terres ayant manqué de prendre vent devant et la terre ne luy permettant d'arriver

Sy on voit n'avoir pas d'eau a courir pour faire porter les voilles une seconde fois et qu'on n'aye pas la terre derriere il faut en cette conjoncture voyant que le V.au ne vire point carguer la mizaine et le petit hunier et les autres voilles de l'avant et en mesme tems dresser la barre du gouvernail lever le grand lof et larguer la grande bouline et mettre la grande voille et le grand hunier droit en croix a culler [.] et sy le vent est forcé qu'il y aye a crainde pour les masts et que le V.au ne culle trop loin, on amene le grand hunier et apres avoir passé le danger l'on appareil derechef et l'on moüille sy on le souhaitte, [.] et affin que le gros vent ne fasse point chasser l'ancre lors qu'on aura moüillé en serrant la grande voille qui se serre difficilement et avec bien de longueur il faut en la cargant amener la grande vergue, [.] la voille se serre plus aisement, selon qu'elle est basse prenant moins de vent,

Mais sy on etoit encore entourré de terre a ne pouvoir culler debout au vent, le navirre ayant manqué, il faut moüiller en cargant et serrant les voilles [.] on moüille d'abord pour ne pas donner le temps a un V.au de culler avant que l'ancre ait pris terre,

 

Maniere d'arrester un cable qui fille

Il faut avoir plusieurs estroppes ou herses d'ancres de vieilles relingues dont on frappe dans la fosse deux a la fois sur le cable qui fille et dans le double de chaque herse il faut passer une bosse dont on rapporte les bouts au pied de la bitte ou l'on fait autant de tour que la longueur de la bosse le permet qu'on arreste par une demy clef ou par un amarage, [.] on peut aussy par dehors les ecubiers et par dedans ou le cable ne peut faire mal presenter deux herses dessus dont le mou est empesché de se serrer par un homme pour laisser filer le cable jusqu'a ce qu'on ait passé dans le double de chacune une bout de greslin en noeu d'escoutte dont les doubles sont au mast de mizaine

Pendant qu'on manoeuvre ainsy qu'il est marqué cy dessus le navirre doit faire teste, [.] on travail dans la fosse a passer une eguillette sur le cable qui fille et sur le prochain en guise de genoppe, [.] apres les avoir ainsy genopés on fait une noix ou fuzée sur celuy qui fille en arriere et au ras de la genoppe avec de la fourrure [.] pour que la genoppe ne courre pas plus en bas il faudra en mesme tems bosser dans la fosse celuy qui fille affin que la genoppe n'aille que jusqu'aux bittes.

 

Maniere de passer facillement un cable d'affourche sans chalouppe,

En frappant deux herses sur le cable d'affourche dont on veut depasser en avant les tours appres les avoir hisser sur l'eau par le moyen du croq a trois branches frappées sur le beaupré on passe dans chaque double des herses un bout de greslin amarré, par un noeu d'escoutte [.] on les roidit au cabestan travaillant egallement, [.] apres on fille le bout qu'on fait venir par un petit cordage sur le gaillard

Lorsque le cable d'affourche travaille, il faut pour le depasser mettre une augmentation d'embossure en dehors a l'endroit ou sont frappées les herses pour se tenir, lorsqu'on la fille denouier [ ?] les herses en quantité, sont les meilleurs embossures ayant les bouts de greslin frappées dedans comme cy dessus, [.] lors qu'on vire le cable, le vent et les courans traversent souvent le V.au et que le cable qui vient sous le travers est contraint, il faut avec le gouvernail et les voilles autant qu'il se peut redresser le navire sur le cable ce qui le rend facille a virer, [.] on doit aussy prendre dans la fosse une bosse ou deux lorsqu'il ny a qu'un tiers [ ?] de cable dehors, de crainte que le cable n'echappe ou que les serres bosses ne soient coupées ou que leur capon ne rompe il ne faut point laisser traisner le cable sur le fond doux ou rude,

On doit en fillant placer sous le cable deux barriques vuides bouchées amarées l'une a l'autre par deux bragues ou prendre deux chevrons croisez et amarez sur lesquels le cable s'appuyant avec des fourrures par dehors [.] il faut les saisir ensemble par le bout,

 

Moyen de virer un cable sans cabestan ou n'en ayant qu'un petit,

Il faut etablir deux calliournes dont les poulies a trois roüets soient frappées sur le cable a l'ecubier et les acrocher aux organnaux des deux bots qui sont au fronteau de la Ste Barbe au deuxiesme pont ayant plusieurs bosses frappées aux organnaux le long du pont prest a estandre le cable lorsqu'il faudra reprendre les calliournes, [.] elles servent a virer le cable dedans, les frappant l'une apres l'autre de beau tems pour faire plus de diligence, mais lorsque la mer ou le vent sont grands, on les frappent toujours en mesme tem et lorsqu'on est a piq on les frappent au ras de l'ecubier touttes deux a la fois et on les vire a bras, ou s'il y a un petit cabestan on y en vire une, [.] il faut aussy quelque fois etant a piq l'ancre tenant en frapper une troisiesme en ce cas on se sert de franc funin du canon [.] on doit porter a la mer des cabestans volans,

 

Maniere de virer facillement et promptement le cable,

Il faut dans un gros tems de la precaution mais pour faire dilligence dans un beau tems, il suffit ayant disposé le tournevire de la maniere ordinaire frapper une grosse poulie simple sur le pont au grand mast directement sous le tournevire, passer dans cette poulie une aussiere entiere proportionnée au tournevire et la passer au petit cabestan en tournevire la saisissant sur le tournevire avec des garcettes comme l'on fait sur le cable, [.] cette aussiere se vire sans discontinuation et sans reprise [.] de cette maniere une armée aura appareillé plus tot qu'une autre,

Mais dans un gros temps et dans un fond vazeux ce cable jettant du goudron l'on doit croizer les garcettes sur le cable puis sur le tournevire et les estrindre touttes deux sur le cul des fuzées conduisant les garcettes loing jusqu'au grand mast sans larguer, [.] et lorsqu'il y a danger que le cable ne fille par l'effort de la mer et du vent, il faut prendre de tems en tems des bosses dans la fosse les larguant et repettant plis a plis [.] sy l'on n'avancoit pas il faudra sur le cable vers l'avant un retour au pied du grand mast un palan a itague, et virer en retour dessus au petit cabestan, ou sy l'ancre est proche d'estre a piq et que le tems le permette prenez l'orain dans la chalouppe et la .. [ ?], [.] l'ayant passé par dessus le bossoir on le vire au petit cabestan, et s'yl etoit faible coullez un greslin par un noeu coullant dans lequel on met un cercle et qu'on calle par un petit boullet, [.] lors qu'il a pris la patte on le serre, [.] on ne largue point lors, que le greslin ne fasse force au dedans du vaisseau,

Sy dans un gros vent le fond est de vaze et que le tournevire le morde par le cabestan il faut encore passer un tour et le desecher avec de la cendre passer des coüespeaux et de l'estouppe de vieux ballais entre les dents du cabestan et du tournevire [.] mettre plus de monde au retour du cable avec une bosse prest a etreindre, [.] mettre un coussin d'affut pour le soustenir proche le cabestan et qu'il ne choque, [.] cloüer sur le pont des chevrons et jettez du sable

Lorsque le cable se trouve neuf jettant le goudron ou estant gras par la vaze a ne pouvoir le retenir par les garcettes faisant gros tems il faut ceüillir le double qui vient a l'ecubier dans le grand paneau, [.] si il y a de la place avant de le ceüillir a la fosse ou sur le pont a travers le grand mast, en allongeant deux canons [.] lorsqu'on est a la voille, on remet le cable dans la fosse [.] il faudroit pour cet effet tenir des bosses au fond de calle,

 

De quelle maniere quatre hommes peuvent faire laisser le fond a une grosse ancre,

On frappe sur le cable en avant une grosse poulie dans laquelle on fait passer un pallan a itague dont le dormant est saisy au grand mast et sur le garand de ce pallan a itague, on fait frapper un palan double dont l'autre poulie est saisie sur l'artimon et trois hommes hallant sur le garand de ce pallan,

 

Maniere de se servir d'une ancre qui n'a qu'une patte

Il faut luy estroper une poulie sur la croisure du costé qu'elle n'a point de patte et passer lorsqu'on veut moüiller, l'ancre, une aussiere dedans, et amarer un des bouts de lad. aussiere sur le beaupré, et passer l'autre bout dans une poulie qui sera frappée sur le beaupré au ras du collier d'estay de mizaine, [.] on laissera aller en moüillant ce serre bosse comme il se fait ordinairement, l'autre etant a piquer [ ?] et sur la bosse de bout, il faut haller sur l'aussiere qui est passée dans la poullie qui vient de dessous le beaupré, [.] apres quoy il faut amenner doucement de la bosse de bout et l'ayant depassé de l'organneau laisser tomber l'ancre, [.] il faut filler du cable et de l'aussiere qui est frappée sur la patte en bas, [.] il faut surtout prendre garde que vostre navirre aye auparavant moüiller, parceque si vous moüillez en courant de l'avant vostre navirre tirera vostre ancre dessous.

 

Maniere de rellier et resserer un vaisseau qui largue et ouvre pendant un mauvais temps,

Il faut ayant mis le canon au fond de calle passer dans les organnaux des sabords de vieux greslins ou aussieres en la seconde batterie des deux costez du navirre par les sabords, sur le pont [.] apres avoir arresté les bouts desd. greslins ou aussieres sur le pont par un amarage, il faut mettre des tringues sur le pont entre deux sabords au dessus de chaque bau, et ensuitte arrester touttes les tringues par une seulle tringue en long d'un bout a l'autre qui les empattent touttes au milieu, et cloüer un clou sur chaque bau du V.au  [.] il faut que chaque tringue soit de travers et de la longueur du V.au a un pouce pres de l'endroit ou elle sera employée [.] les ayant ainsy mises, partout, il faut mettre des trevires sur tous les greslins et aussieres en virant sur touttes a la fois aux deux batteries, [.] on verra pour lors en virant les endroits positivement [ ?] ou le V.au ouvre le plus, [.] et si les baux ne touchent au franbord comme il arrive a plusieurs on verra par le demy pouce qui manque a chaque tringue qu'elle ne touche le bord et que le navirre reserrera en ridant en mesme tems on verra ou les baux touchent aux deux franbord que le navirre ne retrissera [ ?] de rien en la tringue qui est appliquée sur le bord joignant aux deux bords apres l'on connoitra que les deux bords du V.au ne peuvent pas entrer apres avoir bien virer partout s'il sy trouve un endroit ou les deux costez du V.au auroit rentrez en dedans, ce sera une marque que les baux n'etoient pas assez long et qu'ils ne joignent au franbord, [.] il faut pour empescher le vaisseau de rouvrir d'avantage mettre des courbes sur chaque bord qui se sera trouvé court il faut qu'elles soient mises sur le bout des baux a pouvoir cheviller la courbe et le bord du V.au a travers et en dedans a cheviller le bot et la courbe du haut en bas, apres quoy le navirre ne doit plus faire comme il faisoit.

 

Maniere de remedier a un V.au qui fait beaucoup d'eau a la mer ayant l'etambot ebranlé soit en mettant des courbes ou par un cable filé qui luy sert de gouvernail

Il faut sy le temps le permet mettre des courbes par dehors les deux costez de l'estambot et le lier, [.] on prend ces courbes, s'il ny en a point de faittes ny de bois pour en faire ou elles servent le moins, [.] sy l'on void par ce moyen ne pouvoir raffermir l'estambot, il faut demonter le gouvernail pour le soulager et passer un cable droit sur l'estambot qui est l'endroit ou passe la barre [.] il faut auparavant de le filler, entierement retenir dans le V.au six brasses de cable mol et en bosser le bout au grand mast et un ply aux organnaux de la S.te Barbe et on fait venir de chaque bord des pallans qu'un homme etably sur le cable qui est au ras de l'estambot en dehors et l'autre bout du pallan aux chaisnes des grands haubans et la poulie double etant ainsy frappée sur le cable et la simple sur les chaisnes d'enbas, [.] comme il a eté dit, le garend vient dans le bord par un sabord du gaillard, [.] cette manoeuvre etant faitte on laisse aller a la mer les plis du cable qui etoit dans le bord dont le bout est amarré au grand mast, [.] on se sert de cable par le moyen de ses palans comme s'il avoit un gouvernail et une barre il faut en ce cas la porter des voilles derriere le moins que l'on pourra et en mettre beaucoup de l'avant et tenir toujours du monde sur le bras et escouttes de mizaine affin de suivre les ellans que le V.au pourra faire,

En arrivant a une coste ou a une radde il faut que les chalouppes aillent de l'avant aider a gouverner crainte que le cable ayant trop peu d'eau ne puisse plus se mouvoir ou aussy que le navirre ne donne de trop grands ellans [.] il faut par touttes sortes de signaux demander du secours,

 

Maniere de racommoder et de faire servir un gouvernail qui est rompu par la teste, sa barre ne servant plus de rien,

La teste du gouvernail etant couppée a la barre presque a moitié il faut prendre la longueur dont on veut que soit l'ampature qui doit estre fort longue, [.] s'il y a du bois prendre les deux pieces des jats d'ancre de rechange que l'on cheville comme sy on le mettoit sur l'ancre et qu'on lie par deux cercles de fer au bas de la mortoise dessus et dessous et en coupper un des bouts a 8 ou 9 pouces pres de l'endroit ou sera la mortoise, [.] s'il y a trop de longueur laissant le bout que l'on veut raporter sur la teste du gouvernail rompu dans toute la force du bois et dans l'epaisseur des deux pieces du jat [.] pour lors on fera transporter le jat derriere a la grande chambre et l'on travaillera a l'ampature du jat semblable a celle que l'on aura fait au derriere du gouvernail [.] ces empattures doivent estre longues et s'endentes comme l'on enpatte deux pieces d'eguilles ou deux pieces d'estambot a queux d'irondelle, [.] la longueur du jat regle la longueur de l'empatture parce qu'il faut laisser le bout qui passe par dessus le gouvernail rompu dans lequel est fait la mortoise et qui donne la mesme longueur qu'auroit le gouvernail en tout son entier [.] apres avoir presenté ses empattures il faut les cheviller par deux chevilles a pointe perdües autrement a fiche ce qu'estant fait il faut de deux costez du gouvernail et du jat raporter deux bordages, qui fortiffient cette empatture [.] ce travail ne se peut faire a la mer qu'en demontant le gouvernail

Apres quoy on se sert de la barre comme auparavant [.] sy l'on avoit point de jat que l'on peut employer on pourroit couper un des pieds de bittes des cables dans le fond de calle supposé en avoir quatre [.] faute de deux on prendroit un bot dans l'endroit le moins necessaire pour faire le travail cy dessus,

Sy la barre n'est qu'a demy coupée on y peut mettre deux gardes pourvu que ce ne soit pas sur le demy cercle et qu'elle ne soit pas couppée entierement [.] on pouroit dans un besoin et dans une belle mer luy mettre des gardes quand elle seroit couppée a demy sur le quart de cercle mais ayant du tem il faut mettre la barre de rechange,

Sy le quart de rond est tout a fait couppé il faut se servir de la vieille barre pour faire un traversin dont les deux bouts sont appuyez sur deux epontilles que l'on met a stribord ou a basbord et une troisiesme au milieu sy on en a besoin apres quoy on sert de celle de rechange et sy on avoit point de traversin on couppera un arbouttant de longueur convenable que l'on traversera sous la barre sur les taquets qui doivent toujours estre a la S.te Barbe,

 

Le moyen de faire servir un gouvernail qui est rompu par la teste sa barre ne servant plus de rien,

Il faut frapper un ou deux organnaux par derriere le gouvernail a la hauteur du soeüillet des sabords de la sainte Barbe et etablir un pallan de chaque bord sur chaque organnau et s'en servir comme il est di cy dessus [.] il faut mettre les d. organnaux lorsque le navirre sort de dessus le chantier,

 

Maniere de demonter et remonter un gouvernail pour le mettre sur le pont,

Ayant couppé les herses qui se tiennent a l'estambot il faut garnir le bout de la brague au cabestan passant par l'ecoutil qui est sur la teste du gouvernail au second pont et l'ayant demonté l'on prend des amarres du V.au par dessus le vent pour amarer sur le gouvernail et le tirer a bord par le travers de l'echelle dont on l'embarque sur le pont [.] et apres l'avoir racommodé voulant le remonter a sa place on le perce a deux endroits le premier trou sera a trois pieds du talon et le plus au haut a deux ou trois pieds par dessus [.] une aussiere en chacune des deux a trois pouces de grosseur tenant les quatre bouts des deux aussieres deux de chaque costé en dehors du V.au au travers la grande amure et lorsque le gouvernail est rendu derriere et suspendu par sa brague droit de bout au dessus des femelots [.] le tangage du V.au et les roullis causeront de la difficulté a joindre le gouvernail a l'estambot a cause de la queste mais par le moyen des deux aussieres susdittes passées dans le gouvernail il est sur qu'on les joindra en hallant egallement sur tous les bouts des aussieres et par ce moyen on peut monter de tout temps un gouvernail

 

Maniere d'entrer un vaisseau dans un port a la voille estant incertain qu'il soit assez large pour pouvoir evitter,

Le V.au qui entrera a la voille vent arriere ou largue ou au plus pres dans un port ou il n'y a que 9 ou 10 pieds d'eau plus que le V.au ne tire mais ou il est incertain s'il y a de l'espace pour evitter lorsqu'il entrera dedans il faut pour plus de sureté detalinguer un des cables et de le depasser de l'ecubier et porter le bout entre les ponts, aux sabords de la S.te Barbe du costé ou est l'ancre qu'on avoit detalinguée et faire courir le bout dudit cable par dehors le V.au jusqu'a l'organneau de la mesme ancre et le retalinguer a toutte diligence [.] vous vous servez de la mesme ancre pour moüiller lorsque vous etes en lieu et dans le dit port, ou l'ayant moüillé de l'avant [.] il faut prendre garde que le navirre courant ne pouvant pas evitter ne fasse point d'eslans du costé qu'on a moüillé l'ancre, de peur d'y passer dessus et d'y toucher avec la fleur du V.au ou la quille qui pourroit rompre la patte s'il ny avoit que la quantité d'eau necessaire et causer d'autres accidents [.] sy dans un cas semblable on se trouve entrer dans un port ou il n'y aura simplement que la quantité d'eau necessaire on se sert de deux ancres a toüée que l'on passe de l'arriere du pont au bout du grand mast un de chaque costé du V.au passant un greslin par chaque sabord de la S.te Barbe allant par dehors le V.au etalinguer chacun a son ancre et lorsqu'on est dans le port et en lieu de moüiller vous moüillez les deux ancres a la fois et par ce moyen vous etablissez l'air de vostre navirre, [.] il faut toujours songer de bonne heure a rompre l'air par la diminution des voilles comme l'on fait d'ordinaire en les serrant autant qu'on en voit d'inutilles [.] il y a des ports ou des marées portent comme la scituation du port [.] pour lors il ny a rien a craindre en serrant touttes les voilles des l'entrée du port supposé que les vents soient arriere ou largue affin d'etablir plus facillement le V.au [.] et sy dans le port il ny avoit pas assez de distance pour evitter le V.au le cap a la mer, il faudra filer beaucoup de cable a l'ancre de derriere jusqu'a ce qu'on puisse moüiller l'ancre de devant [.] l'ayant moüillée au milieu du canal il faut virer sur le cable de derriere et filer celuy de l'avant jusqu'a mettre egallement les deux cables dehors [.] apres quoy il faut ayant mis le navirre en place, porter de chaque costé dud. port un greslin tant de l'arriere que de l'avant amaré a quelque roche ou quelque arbre supposé qu'il y en ait et si il ne se trouve ny roche ny arbre il faut porter des ancres et les enterrer de sorte qu'elles puissent tenir, [.] les ayant portez ainsy qu'il est dit a terre les trois amarres font une patte d'oye, tant de l'avant que de l'arriere sur le cable en dehors etant ainsy amarrez il n'y a point de tems qu'on ny tienne bien,

Quand on est incertain s'il y a de l'espace pour courir et pour evitter il faut toujours moüiller une ancre par derriere et ayant etably le V.au faire sonder des deux costez pour voir sy on peut filer d'avantage et s'il y a de l'evitage [.] il faut luy mettre le cap a l'entrée du port et l'amarer de l'avant par une grosse ancre et une autre derriere, et faire porter des amarres a terre des deux costez pour en former une patte d'oye dont les deux bouts sont amarrez au cable en avant de l'ecubier et les deux autres bouts sur celuy de l'arriere,

 

Maniere de faire evitter un vaisseau dans un lieu etroit,

Dans le port ou il faudra qu'un navirre moüille l'ancre par derriere comme il a eté dit cy dessus dans l'incertitude d'y trouver assez d'espace pour evitter, si il moüilloit a l'ordinaire une ancre devant s'il ne se trouve que l'espace suffisant il sera necessaire pour evitter le V.au au mesme endroit de porter quatre amares a terre, scavoir deux devant et deux autres derriere, apres quoy une chalouppe se trouve au sabord d'arriere pour ceüillir ce qui reste dans le V.au du cable de l'ancre moüillée par derriere, on fait passer le bout par les mesmes sabords en arriere ou est la double amarre [.] il faut sy c'est un port de marée prendre l'heure de la plaine mer affin de ne pas risquer d'eschouer le V.au et lorsque le cable sera entierrement ceüilly dans la chalouppe, le double etant embossé [pour bossé ?] dans la S.te Barbe [.] pour evitter le V.au on portera le bout avec la chalouppe aux ecubiers et on prendra du dedans du V.au le d. cable par son ecubier ordinaire et on virera dedans tous ce qu'il y a de mol et lorsque le cable sera roidy le bout du greslin qui reste dans le V.au et dont l'autre bout est amarré par derriere a terre, sera passé par le sabord de la S.te Barbe et le double amarré ainsy qu'on a fait au cable et reviendra par la porte du costé ou est le bout du cable dans le V.au [.] Sy c'est a stribord se sera le greslin[.] ayant ainsy dans le bord les bouts du cable et de greslin qui viennent de derriere tout deux du mesme costé, il faut filer l'autre greslin qui vous reste derriere et virer sur l'autre qu'on a passé de l'arriere a l'avant et sur le cable apres avoir largué les bosses frappé dessus a la S.te Barbe jusqu'a ce que le V.au soit debout a son cable [.] il faut aussy filer avec precaution les deux greslins de devant de maniere qu'il empesche le V.au de toucher d'un costé ny d'autre a terre [.] apres avoir ainsy mis le V.au debout a son cable au milieu du canal il faut porter le bout du greslin qui filloit et qui a servy par derriere [.] il faut le porter en avant de sorte que les deux greslins stribord et basbord par devant avec le cable qui est droit devant au milieu du canal forment les trois une patte d'oye et les deux qui ont cy devant servy a l'avant du V.au se trouvent a l'arriere en mesme scituation qu'ils etoient lorsqu'ils etoient en avant [.] et s'il faut moüiller une des grosses ancres il faut porter derriere au milieu du canal par le moyen de la chalouppe ou avec le V.au passant le cable par un des sabords de la S.te Barbe et former avec la d. ancre et les deux greslins qui sont deja amarrez a terre une patte d'oye [.] sy on pouvoit s'amarer par derriere d'un mesme cable les deux bouts a terre il seroit encore plus fort [.] quand le port se trouvera plus large que la longueur d'un cable il faut s'amarer comme nous avons dit par deux greslins et une ancre au canal par derriere et par devant,

Lorsqu'on entre dans une radde sans avoir des grosses ancres a ne pouvoir porter des amarres a terre n'y s'echoüer si il y a des V.aux dans la radde on range le plus gros auquel on donne une aussiere pour s'y amarer et apres un bout de cable pour etalinguer une de ses ancres de rechange s'il veut le recevoir [.] on en uze ainsy pour une seconde ancre et comme elles peuvent estre trop legeres on met des bouts d'orins sur les pattes d'en haut et on y elingue des canons au bout qu'on moüille le p.er pour servir d'enpeinelure, et lorsqu'il travail on moüille l'ancre, [.] sy on a des petittes ancres on les moüillent les unes apres les autres ou bien en laisser tomber une etalinguée a une toüée de greslin [.] s'il y a de la chasse et lorsqu'on en a peu prest au bout de cette toüée et alaingue le bout sur la patte de la seconde ancre et le cable sur l'organneau[.] on fille entierement cette toüée et quand elle appelle on laisse aller la seconde ancre et on file du cable selon qu'on a de besoin et on desagrez le V.au pour ne point tirer de vent

 

Maniere d'entrer et d'amarer un V.au dans un lieu etroit et dont la figure est courbe,

Lorsqu'un port ou une riviere a si peu d'enfoncement et qu'il est d'une figure courbe en sorte qu'on ne peut amarer un V.au par derriere la poupe au vent, pour les raisons cy dessus il faut auparavant que d'entrer dans ce port avoir envoyé greslin a terre par la chalouppe qui l'ayant amaré aportera le bout a bord par la porte du V.au qui cependant s'il y a put sans sera revenu au vent et en ralingue presentant la proüe sur le mol ou la terre ou s'il avoit trop d'air aura mis les voilles sur le mast et mouiller une ancre pour ne point trop caler ou abattre sy la chalouppe tardoit trop a apporter le bout du greslin [.] on amarre pour lors le V.au a quatre amarres du bout de l'entrée du port autant que l'on peut,

 

Maniere de secourir un V.au qui vient de la mer a demy ou tout a fait plain d'eau,

Il faut pour avoir du secours en pareil accident aller au prochain port qui se trouvera a le tenir toujours pres de terre autant que le tems et le V.au le permettront affin d'assurer la vie a l'equipage [.] pendant toutte cette intevalle il faut se servir de touttes les pompes et faire des puis a touttes les escoutilles et des dallots [.] fermez et jetter incessamment l'eau avec des siullons [pour seilleau  ?], [.] prenant dans le port ou l'on arrive des bastimens qui vous conviendront, et s'il ny a que des batteaux on en prend plusieurs soit barques gabares [.] il en faut prendre quatre pour le moins, deux seront a l'arriere du V.au et il faut a chacune des bagares [pour gabares  ?] deux aussieres en elingue passées sur la quille du V.au et par dessus les bastimens deschargez [.] saisissant entierrement les gabares une en avant en travers l'amure et l'autre arriere a travers l'escoutte [.] les deux ainsy amarez on doit charger les gabares egalement a mesure que le V.au veut caller [.] il en faut deux autres en avant saisis par la manoeuvre a travers l'amure du V.au  [.] le millieu du V.au a travers, le grand mast reste libre pour debarquer le canon en toutte diligence, [.] on met en ce cas en uzage touttes sortes de bastimens pour servir a debarquer le canon et autres agrez et ustancils pour alleger le V.au et si l'on voit a ne pouvoir tenir le V.au sur l'eau s'echoüer apres avoir moüillé une ancre au large et filé du cable par derriere choisissant quelle vient [ ?] droit dans led. port ou il ne puisse pas achever de perir, [.] sy c'est par la quille qu'il fait de l'eau il n'en .. [ ?] plus faire et en vuidera toutte l'eau qui est dedans [.] pendant qu'on la jette il faut assembler une grande voille une mizaine et coudre deux des relingues de fer ensemble [.] ces deux voilles assemblées sont plus longues que le V.au  [.] apres avoir franchy l'eau avec les pompes et oster les gabares il faut l'ayant dechoüé presenter par l'avant avec des chalouppes une de chaque bord les deux voilles assemblées pour les faire passer par dessous la quille par le moyen d'une aussiere que l'on met de chaque bord derriere dans la grande chambre qui est frappée sur les pointures de la grande voille et vient en retour dans la grande chambre a stribord [.] l'on fait la mesme manoeuvre en hallant sur les deux egallement [.] on fait passer la grande voille sous la quille jusqu'a ce que la relingue soit hors de l'eau derriere au gouvernail [.] il faut de plus une aussiere au sabord de la S.te Barbe amaré sur l'herse du millieu des pattes des boullines et qui entre dans le navirre d'ou l'on halle dessus [.] ceux qui sont a l'avant laissant aller leurs voilles a proportion qu'on halle derriere et quand a l'arriere on voit en avoir assez ayant comme il est dit les relingues hors de l'eau derriere il faut prendre ce qui reste des voilles dans la chalouppe et les amarer roides au bossoir stribord et basbord, [.] il faut apres cela depuis l'avant jusqu'a l'arriere amarer la voille au costé du V.au tout le long des bastimens stribord et basbord hors de l'eau et faire amasser par quantité de mousses du cotton moüillé de laine de .. [ ?] enfin tout ce qu'on pourra trouver pour jetter sur le fond du V.au par dedans les voilles [.] il en faut mettre quantité et tout autour du V.au affin que les voyes d'eau puissent super de ces .. [ ?] jusqu'a le remplir [.] nous avons dit au commancement qu'il falloit echoüer, mais comme il faut passer les voilles sous la quille il faut mettre une amarre derriere pour le tirer auparavant au large et le mettre en flot pour autant de tems comme il faut pour passer les voilles par dessous [.] ce qu'etant fait il faut le rechoüer a terre tenant toujours l'ancre roide venant du large pour que le V.au ne puisse que simplement toucher au cas que ce fut un fond dur, [.] sy c'est un fond vazeux il n'y a point de risque en s'echoüant ainsy une seconde fois affin que les attraits et ordures que nous avons cy devant jettez dans la voille soient supées par les voyes d'eau et entre les coutures et fassent corps avec le V.au y etant pressez par la voille au dernier echoüage [.] cela etant le V.au a pouvoir entretenir les pompes ord.res et apres avoir ainsy reduit l'eau aux pompes ord.res du V.au il faut travailler incessamment a la manoeuvre de carenne et a decharger le V.au en toutte diligence generallement de tout ce qu'il y a dedans jusqu'a balleyer son fond de calle [.] lorsqu'il est prest a virer l'on met a flot en mettant seulement 7 ou 8 pouces d'eau dessous ou un pied apres quoy on le carenne de la maniere ordinaire [.] un V.au dans cet etat peut se trouver sans aucune ancre entrant dans ce port [.] au cas que cela arrive on a recourt aux chalouppes leur faisant porter des amarres [.] sy l'on voit qu'il ne suffit pas d'une par derriere le V.au on en porte une autre a amener sur la derniere pointe de l'entrée et etant amarrez il faut filer en garente jusqu'a ce que le navirre aye perdu son air [.] pendant que le navirre, court de l'avant il faut incessamment travailler a envoyer des amarres par devant sur quelque V.au en cas qu'il n'y en aye dans le port [.] faute des V.aux dans led. port on amarre a terre a l'endroit qui convient le mieux pour la sureté du V.au mais il est beaucoup mieux s'il se trouve quelque vaisseau dans led. port de s'amarrer et de se saisir mesme dessus jusqu'a ce qu'on puisse se mettre en lieu d'eschoüer [.] au cas qu'on ne puisse pas parvenir a etancher la voye d'eau sans echoüer la jument qui est dans la baye de Plaisance environ, une lieu SSO et N.N.E. de la pointe verte c'est celle que vous laissez a stribord de vous en entrant dans la rade [.] la radde est un mechant sejour la roche est a distance de terre d'une grosse lieüe elle est longue comme un navirre renversé et grosse de mesme il y a douze pieds d'eau dessus a plaine mer et dix aux basses mer, la mer remonte a ce cap la que deux pieds a piq et descend de mesme.

 

Maniere de jetter le canon de la seconde batterie a la mer pendant un gros tems

Il faut presenter sur le süillet du sabord en dehors un bout de bordage qui aille jusqu'a la derniere ceint [.] le bout d'en haut sera percé en deux endroits du niveau pour passer deux estroppes qui le puissent saisir par un cordage aux croqs des sabords en dedans [.] le bordage sert a recevoir le canon qui coulle dessus sans estre arresté ny nuire au bots du V.au  [.] il faut laisser le canon amaré en eguillette sur les palans, [.] on laisse ensuitte tomber la culasse affin de mettre un coüessin sous la vollée [.] apres cela sans demarer le canon on releve la culasse avec des criqs ou anspects [.] on degoupille les plattes bandes et on vire la culasse avec un criq jusqu'a demonter les turillons[.] il faut mettre ensuitte un rouleau de bois par dessous le canon sur les flagues de l'affut [.] laisser aller la vollée le canon s'en va en mesme tems dehors, [.] lorsqu'il est prest a tomber, on oste l'amarage par dessus le bouton s'il ne se depoüilloit pas luy mesme [.] si les soeüillets des sabords ne se trouvent assez haut pour manoeuvrer comme cy dessus il faudra desmonter les deux roües de devant et par ce moyen on donne une pente au canon qui le fait aller plus facillement, a la mer

Sy voulant jetter le canon vers le vent on craignoit qu'estant depoüillé de ses amares il ne vient sous le vent on frappera une poulie simple sur le membre du plat bord, dans laquelle on passera une aussiere dont un bout passera sur le bouton par un oeüillet ou noeud de boulline ou despuissure et l'autre bout sera tenu en garand, [.] par cette manoeuvre on retient la piece et l'on luy ayde a tomber dehors et elle y va,

 

Maniere d'arrester un canon qui a rompu ses croqs et organnaux et qui roulle dans le V.au,

Il faut le saisir par une forte herse et passer dedans une aussiere et estre .. [ ?] a passer un des bouts dans un des organnaux qui sont sur le pont qui le recouvre [.] lorsque le canon en roullant s'approche des ces organnaux on passe un double autour du canon et plusieurs si l'on peut affin de le saisir et contraindre contre cet anneau [.] on met ensuitte des pinces et anspects des deux costez sous le canon pour empescher de travailler l'aneau [.] ensuitte on presentera d'autres amarages au milieu de la vollée a la culasse qu'on passe dans les prochains organnaux soit ceux du pont ou des sabords [.] l'autre bout de l'aussiere est passée en garand a un des croqs des autres sabords [.] on jette des mattelats, des barres et autres choses pour l'arrester [.] on ouvre mesme les panaux s'il y en par son travers,

La plus grande viollance du canon est lorsqu'il est sur son affut sur les roües [.] affin de le desmonter, on regarde ou va son recul et l'on met droit en son chemin une ou plusieurs barres de cabestan portant sur le pont et saisir a deux organnaux qui sont sur les isloires ou clous [.] il arrive de cela que les roües de derriere ou du devant rencontrant la p.re barre l'affut et le canon se renversant sy le roullis est plus grand [.] s'il n'est pas violent le canon et l'affut seront facillement saisis et arrester mais comme le demarage n'advient que dans un gros tems il est sur qu'un roullis jette du p.er coup le canon a la renverse passant par dessus la barre [.] etant ainsy renversé avec son affut on le saisit a tous les organnaux les plus voisins et au mast ce que l'on fait facillement [.] des que le canon est sur le pont on lui oste l'affut et on le saisit jusqu'au premier beau temps aux deux organnaux ou la barre du cabestan etoit saisy par le moyen des eguillettes qu'on met partout on l'environe des chevrons et des taquets,

 

Pour empescher un canon de se desmarer

Il faut outre les amarages ordinaires prendre une aussiere entiere dont un bout est frappé sur un organnau contre le bord, ou une herse mise dans une courbe ou contre le bord entre deux canons, [.] l'autre bout ayant passé dans une autre herse ou anneau double va faire un tour en croix sur le bouton et si l'aussiere est liante on peut y faire deux demy clefs [.] le reste de l'aussiere sert a tranche filer toutte la batterie et affin que le trelingage travaille egallement avec les autres amarages on saisit le tout par une eguillette qui fait plusieurs tours sur le tout [.] on oste ensuitte si on ne l'a fait auparavant touttes les roües de derriere et si le mauvais tems dure il faut les oster touttes [.] il seroit a souhaitter que tous les asfuts fussent garny de demy roües en dedans des roues sur l'essieu, fait pour la navigation ou pour le combat par la facilité que cela donne pour remettre une roüe cassée ou mesme pour desmonter l'autre et continuer a tirer sur les deux roües [.] il faut ensuitte mettre les cabrions,

 

Le moyen de mener du canon de l'avant et de l'arriere d'un V.au au grand panneau sur le premier pont d'en bas pendant un mauvais temps,

Il faut commencer derriere comme le plus eloigné du pannau supposé qu'il y ait assez de place pour l'affut a passer entre le derriere des asfuts qui sont a la serre et les illoires du panneau [.] s'il ny a pas de place pour commancer derriere il faut que la licorne [ ?] commence au canon qui est par son travers du panneau allant l'un a l'autre jusqu'en arriere et de mesme du grand panneau en avant [.] il faut pour cet effet prendre la largeur de dehors des deux essieus et faire juste a cette longueur une coulisse soit avec des barres de cabestan ou des jumelles et enfin le bois qui se trouvera le plus util [.] il faut que la coulisse soit cloüée au pont et que les bords de la coulisse passe par dessus les essieux s'il se peut, [.] et affin d'assujettir l'asfut, il faut avoir demonté les 4 roües et qu'un costé de la coulisse soit en dedans et soit plus court affin de facilliter l'entrée de l'asfut [.] la coulisse faitte il faut introduire le canon dedans par le moyen d'une quantité de pallans [.] quand l'asfut sera longé les roües desmontées il faut mettre par dessus les chevilles des essieux, [.] sy elles ont la pointe en bas un bout de bordage de chaque costé un pied plus long que l'asfut lesquels bordages seront percez par les deux bouts pour mettre dedans ces trous les pointes des chevilles de l'asfut affin qu'elles ne portent point sur le pont et que l'asfut puisse monter dans sa coulisse au moyen d'un pallan qu'on etably sur chacun des bordages ou sont les testes des chevilles [.] si la pointe des chevilles est en haut on n'aura point de besoin de ces cordages,

Le V.au pouvant rouller par ce gros tems on empeschera le canon de virer et de sortir de la coulisse par les trappes qu'on met a basbord et stribord en quantité, [.] et on peut faire au commencement la coulisse depuis la S.te Barbe jusqu'au grand panneau s'il y a de l'espace ou a mesure que les canons seroient rendus soit pour les mettre au fond de calle ou pour les jetter a la mer, [.] il faut a chaque piece que l'on demontra, faire courir la coulisse en avant de la distance qu'il y a d'un canon a l'autre parce que le bout de la coulisse se trouvera par ce moyen pret a loger en le tirant droit a son recul [.] quand on a passé la coulisse jusqu'en avant de degrez en degrez elle se trouve etablie en avant pour recevoir de mesme le canon de l'avant [.] lorsqu'il est au panneau, on frappe le croq de la calliourne sur le franc funin qui saisit le canon qui est toujours assujetty par quatre pallans [.] il faut la piece etant a la serre pour la detourner a l'entrée de la coulisse frappez des pallans aux organnaux du sabord prochain et a celuy du milieu [.] si l'on ne peut faire une coulisse de la longueur cy dessus la largeur du navirre ne le permettant pas on en fait que de longueur de l'asfut ou de la longueur de la barre du cabestan,

 

Moyen de fermer des sabords de la premiere batterie qui auront eté rompus d'un coup de mer ou des coups de canons,

Il faut scier un moyen bordage de .. [ ?] en appliquer les pieces sur les molures du membre comme a fait le mantelet le long du navirre parce que le bois est dans la force et les cloüer par les deux bouts de deux chacun, [.] il faut par dessus cloüer une planche de chesne ou de sap qui remplisse depuis la ceint d'en bas par dehors jusqu'a la prochaine au dessus du sabord et la cloüer tout du long et s'il on a pas de tems de calfatter il faut cloüer un morceau de prelat en taille par dessus en dehors qui couvre tout le sabord,

En cas qu'on fut pressé il faudra une ecoutille la plus convenable et la mettre sur la ceint d'en bas du soeüillet et on la cloüe sur le bord et l'autre partie au ras de la ceint en dessus du sabord on la couppe sy elle est trop longue [.] on cloüe du haut en bas,

 

Maniere de coupper le grand mast du V.au sous voilles ayant le mast d'hune haut,

Il faut en pareil cas sy la derive le permet ayant de l'eau a courir faire arriver le V.au par le moyen d'une civadiere faute de quoy quelques voilles d'etay ou bonnettes qui se peuvent toujours appareiller sur un mast de mizaine supposé que touttes les vergues soient amenées sur le plat bord, [.] l'appareil d'une voille d'estay se fait par le moyen d'un pallan dont la poulie double est etablie a la barre du mast de mizaine et la simple sur la jointure, et pour faciliter et abreger la manoeuvre il faut se servir des cargues fonds du petit hunier pour drisse et pour amure il faut un cordage venant du bossoir vers le vent, et l'amure a joindre au bossoir devers le vent [.] apres l'avoir hissé haut, toutte filée sur de mechant fil de carré vous mettez un pallan pour escoutte qui est frappé la poulie double sur le point de vostre voille d'estay, et la poulie simple sur un des crampons etablis sur le bor le plus arriere du gaillard d'avant [.] sy le V.au a trois poulies, il se trouve des organnaux a pareille distance on peut pour fortiffier la voille d'etay a la testiere et la faire mieux porter y mettre un cordage en maniere d'etay le long duquel la voille se voit hissée, [.] et apres comme il est dit avoir fait arriver le V.au il faut gouverner le cul au vent jusqu'a ce que vous ayez jetté vostre grand mast dehors [.] il faut pour cet effet disposer tout ce que vous avez de hache dans le V.au et les porter aupres du d. mast pour servir a couper les haubans rides et etays.

Lorsque la manoeuvre sera disposée auparavant de rien couper on saisit par dehors les aubans du costé ou l'on veut jetter le mast au moyen d'une barre de cabestan faute de quoy un mast de chalouppe qui les prendra tous par dehors et apres avoir presenté le d. mast ou barre il faut sur chacun des aubans mettre un pallan à foüet la poulie double a la hauteur du plat bord et la poulie simple aux organnaux dessus le pont [.] prenant la barre a travers et palanquer tous les haubans ensemble a toucher au plat bord [.] il ne faut pas perdre un moment a larguer les gallaubans derriere des deux bords et etay du grand mast d'hune et d'abord apres les avoir larguer coupper vos aubans du costé ou vous ne voulez pas que le mast tombe, [.] il faut coupper tous les d. haubans tous a la fois par le moyen d'un homme a chacun avec une hache et deux hommes au grand etay qui ne doivent point coupper l'etay qu'on n'ait couppé les premiers haubans et que le mast ne soit a la mer et pour faire veoir que les haubans doivent etre coupper avant le grand etay,

C'est quil est a remarquer quil vous reste tous les haubans du costé que vous voullez faire tomber le mast vous restant tous jusqu'a ce que le mast soit tombé a la mer[.] il est sur que les haubans qui viennent de derriere empescheront que le mast ne tombe sur l'avant du V.au ny dedans [.] celuy qui travail en pareil cas pour le mesme effet aidera a faire tomber le mast a coup de hache du costé ou l'on a couppé les haubans et le mast ayant tombé a la mer les haubans sous le vent qui ne sont encore couppez vous les trouveés saisis au plat bord du V.au et par mesme moyen vous les couppez facillement n'ayant point d'autre manoeuvre sur le pont a vous embarasser[.] immediatement apres les premiers aubans couppez, le mast tombe sur le plat bord et est emporté a la mer la teste en bas, c'est pour lors qu'il faut en toutte diligence couper l'etay sur le plat bord et ensuitte les haubans sous le vent tous a la fois [.] l'etay etant couppe l'etay prolonge le navire, [.] autrement, le mast tomberait en arriere, [.] on a pretendu dans un semblable cas que cette manoeuvre se pouvait faire plus aisement en coupant les haubans a differens tems mais visiblement on voit le contraire parce qu'il est dit cy devant, et l'observant vous couppez un mast et le jettez a la mer sans risque de perdre un homme ny d'aucun prejudice au V.au parce que comme nous coupons l'etay et les haubans sous le vent nous separons le V.au en mesme tems de son mast, [.] il faut prendre garde qu'aucune manoeuvre ne puisse retenir le mast ny l'engager aux costé du V.au au cas que le demastemment arrivant de nuit,

Il faut aussy expliquer que les coups de haches qu'on donnera doivent toujours estre au dessus du racage qui est tout au ras du porte lof, scachant bien qu'on ne jette pas une grande vergue et qu'on ne fait que simplement l'amarer sur le plat bord.

 

Maniere de coupper le mast d'un V.au etant a l'ancre par un grand vent et grosse mer le mast d'hune etant haut

Il faut passer l'etay du grand mast d'hune et le porter a la hune de mizaine ou il est etably en bas sur le gaillard d'avant et laisser le faux etay en sa place jusqu'a ce qu'on est roidi cet etay sur l'avant du V.au  [.] apres quoy il faut couper la ride du d. faux etay et pour soulager les etay de la force qu'il pouroit faire il n'y a qu'a larguer les gallaubans de derriere [.] supposé que vous n'ayez pas le tems de passer les mast d'hune il faut commencer par le grand mast et saisir par le moyen de pallans scavoir un a chacun des haubans du costé que vous voulez que le grand mast tombe et sitot que vos haubans seront saisis a toucher au plat bord du V.au il faut brusquement coupper tous a la fois les aubans de l'autre bord ce mesme cy devant mast a coup de haches et lorsque vous avez couppé tous les haubans d'un bord il est sur que votre mast tombe a la mer le bout en haut [.] il faut en toutte diligence le voyant aussy coupper l'etay qui le retient et ensuitte tous les haubans que vous avez saisy contre le plat bord du V.au par le moyen d'un pallan [.] faute de pallan il fera facilement la manoeuvre avec un bout d'aussiere d'environ trois pouces plus ou moins passant deux tours sur chacun des haubans et deux haubans saisis par deux tours au membre qui est vis avis avec un bout de cheville de bois ou une autre billette de bois a brusler [.] en etablir une sur chacun des haubans a trevire et virer dessus jusqu'a ce que les haubans touchent au plat bord [.] comme il est dit il faut toujours coupper les haubans du bord qu'on ne veut pas que le mast tombe tant a l'ancre qu'a la voille soit que le navire soit vent arriere ou au plus pres et soit qu'il cargue.

 

Maniere de coupper un mast de mizaine et l'empescher de tomber dans le navire,

Il faut luy saisir les haubans au plat bord comme il est dit cy dessus et ne les point coupper du costé ou vous voullez que le mast tombe [.] apres quoy il faut avoir une grosse poullie frappée au tenon du mast de mizaine et y passer une des grosses aussieres du V.au qui passera en retour du pied du mast de mizaine dans la d. poulie qui est au tenon et ira de la s'amarer sur le beaupré ou l'ayant amarré on le roidit au cabestan ou elle servira d'etay [.] ensuitte on couppera la ride de l'etay et faux etay s'il y en a en mesme tems les haubans du costé ou ils ne sont pas saisis et pour aider a mast a rompre plus tot il le faut coupper du costé ou vous couper les haubans, et de cette maniere vostre mast de mizaine tombe a la mer comme il est sur la carlingue parce que les haubans et etay le tiennent en mesme situation [.] et lorsqu'on voit ainsy le mast a la mer vous larguez ou couppez l'aussiere qui vient du bout du beaupré servant d'etay et vostre mast vient du long du costé du Vaisseau [.] et sy vous estes en etat de sauver les agrez il ne vous faut point presser de coupper les haubans qui sont saisis a la lisse mais de depasser les rides et les degarnir de dessus les masts et en cas pareil le tems fait voir ce qui se peut faire [.] en cas que le Vaisseau soit debout au vent il faut faire tomber le mast du costé ou il n'y a point d'ancre pour ne le point casser,

Il n'est pas dit que les deux mast ne se pouvoit pas bien filler derriere le V.au apres les avoir couppez les courants de la mer et l'endroit ou l'on est font voir ce que l'on peut faire, [.] il ne faut point que pour sauver quelque chose vous mettiez le V.au en risque d'aller a la coste.

 

Maniere de coupper le mast de beaupré a l'ancre

Sy vous voulez pour soulager le V.au coupper le beaupré quoyque l'on ne soit point devant etant a l'ancre ainsy il est fort peu d'importance de le coupper parce qu'il vous peut servir dans les fuittes sy vous le pouvez sauver [.] mais suppozé qui le faille absolument jetter a la mer parce que le V.au peut s'ouvrir a la mer par son avant il faut commencer par coupper la soubarbe et passer dans la poulie de bouline de mizaine du costé ou vous voulez jetter le mast une manoeuvre de la grosseur de la bouline au cas qu'elle soit depassée des deux bouts de vostre manoeuvre venant aux portes haubans du V.au du mesme costé[.] un des bouts sera amarré a demeure dans une des chaines d'auban et sur l'autre un pallan a foüet pour pallanquer et l'aider a rompre pendant qu'on coupera le mast [.] on peut frapper une poulie au dessus de l'endroit ou l'on couppe le beaupré et y passer un cordage dont un bout se voit amarré au membre du plat bord et l'autre dans le bord [.] etant a l'eau le long du V.au on pourroit l'embarquer par les deux bouts au ras des lieures de l'autre costé.

 

Maniere de couper le mast de beaupré a la mer

Il faut arriver vent arriere ou largue, lorsque la mer se trouve moins rude degarnissant de touttes choses le beaupré roidissant le faux etay qui passe sous le racage de mizaine qui se doit etablir entre les deux lieures de beaupré et frappant deux herses d'ancre au ras de la lieure au dessus de la plus haute, et un croq de calliourne sur chacune et dans leurs poulies de retour qui sont crochez sur les mesmes herses passeront les garants qui reviennent etant roidies s'amarrer au mast de mizaine,

La manoeuvre de mettre une barre de cabestan traversée et saisie sur le beaupré est trop longue a operer [.] apres quoy il faut larguer la ride de l'etay de mizaine et faire courir le collier au ras de la lieure de beaupré y roidir hissan le d. etay de mizaine [.] il faut en mesme tems prendre le d. etay du petit hunier qui est etably sur le bout de beaupré et le porter a joindre l'etay de mizaine [.] apres quoy on peut coupper le beaupré par dehors le d. etay [.] il seroit encore mieux de passer le petit mast d'hune ou bien de saisir par une eguillette les haubans et gallaubans et etay les ayant larguez pour joindre le mast ou il faut faire une rosture sur le tour, [.] ensuitte on ride le tout [.] on supoze qu'on soit largue ou vent arriere, [.] on prend les deux ris,

C'est toujours l'etay qui rompt toujours le beaupré [.] qui n'en ayant point ne coure point de risque et donne le tems de master un mast d'hune ou un cabre.

 

Maniere de faire tenir un beaupré qui n'a plus d'etay le V.au etant sans mast,

S'il ne reste point de mast assez haut pour mettre un etay ou pallan, il faut faire faire une cabre sur le gaillard devant bien soustenu par des haubans et sur la cabre a la croisure y frapper une bonne poulie simple dans laquelle on passe une aussiere de cinq ou six pouces dont on amarre un bout sur le beaupré a l'endroit ou etoit frappé le collier de l'etay de mizaine et l'autre vient a une poulie de retour au pied de la cabre que l'on garnit et que l'on roidit au petit cabestan [.] elle servira d'etay pour fortiffier d'avantage le beaupré [.] on peut frapper au dessous de la premiere amarre un autre bout d'aussiere qui viendroit passer dans une poullie frappée comme l'autre a la croisure de la cabre.

Et pour se servir des haubans du d. beaupré et le rasseurer en sorte qu'il ne lance point d'un costé ny d'autre il faut frapper un pallan de chaque costé qui viennent du collier d'etay de mizaine aux herpes de la poulerine [ ?] sous le bossoir,

Il y en aura une de chaque bord [.] sy ces etays et haubans ne suffisent point on en augmentera le nombre sur les autres parties du beaupré

Si l'on avoit pas le tems de faire cette cabre, il faudroit frapper la d. aussiere sur les parties du V.au les plus eslevez [.] si elles l'etoient moins que le beaupré il ne faudroit point amarer le bout de l'aussiere sy haut affin que la partie de l'avant de l'etay ou de pallan ne fussent pas plus haut que la poulie de derriere,

 

Maniere de coupper le mast d'artimon

Si ayant couppé tous les masts on voullut coupper celuy d'artimon il faudra le faire tomber dans le V.au la teste en avant et le pied restant a l'arriere du V.au par le moyen de deux pallans qu'on frappe de chaque bord du couronnement venant du tenon en portant l'etay sur le gaillard d'avant avec un pallan dessus pour pallanquer sur l'etay[.] on couppe les rides des haubans de l'arriere des deux costez et on en laisse un de l'avant de chaque bord, [.] le mast etant ainsy depoüillé de ses haubans il ne luy reste que celui de l'avant comme il est dit qui tient toujours ce mast droit[.] on le couppe par le pied au ras du pont [.] il faut avec discretion en couppant le mast pallanquer sur l'etay et filler les deux pallans qui viennent de derriere du couronnement et par ce moyen le mast tombe doucement au milieu du V.au sans rien rompre, le mesme mast peut servir pour faire un beaupré ou un mast de mizaine.

 

Le moyen de remedier a un beaupré qui n'a plus de lieüre

Il faut prendre un greslin qui passe sur le beaupré et sous le taille mer et faire plusieurs tours qu'il faudra arrester les uns apres les autres [.] apres quoy il faudra faire des trevires de tous les garens ensemble et virer sur les trevires que le greslin en pourra souffrir et pour qu'il ne monte en virant le long du taille mer il faudra mettre un taquet de bout par dessous le taille mer par un homme que l'on fait descendre dans une elingue[.] on passe de plus des greslins a plusieurs tours qui embrassent la poulaine et le beaupré venant par les ecubiers roidir au cabestan.

 

Le moyen de tenir un beaupré sans poulaine ny lieüres

Il faut en pareil cas faire arriver le Vaisseau et pendant qu'il arrive faire presenter un des masts d'hune pour servir de bout lof, le pied d'avant par une des portes, au second pont, et apres l'avoir poussé dehors autant, avant que la poulaine l'ait eté cy devant en son entier, il faut saisir le d. mast par le dedans du V.au au pont d'en haut [.] pour baisser le pied autant qu'il se pourra il faut saisir le mast avec tous les organnaux qui se trouveront sur l'estrave, et s'il ne se trouve pas de quoy en dehors le Vaisseau pour saisir le mast suffisamment, il faut prendre des aussieres ou greslins par les deux ecubiers prochains de l'estrave et faire des rostures sur le mast d'hune qui viennent roidir au cabestan, [.] on peut, apres avoir saisi le mast au boutte lof de la maniere qu'il est dit cy devant faire des liüres de beaupré dessus, et etablir les dogues d'amures par dessous le mast, par le moyen de deux taquets a geulle qu'on doit avoir cloüez et lier avant de presenter la mesme distance qui ont eté cy devant sur la poulaine,

 

Maniere de mettre une sousbarbe

Elle se peut etablir par des poulies ou par des caps de mouton, [.] l'une, et l'autre maniere est bonne pourvu qu'on ait toujours le garand de la ride amaré aux lieüres de beaupré affin d'estre le maistre de la pouvoir larguer de tous temps, et roidir, [.] par ce moyen la sousbarbe ne reste que sur la fleche et ne retient point le beaupré,

 

Maniere de demaster un beaupré et de le remaster dans un Vaisseau tout armé et prest a sortir n'ayant pas le tems d'en faire faire

Il faut se servir d'un mast d'hune pour cabre et etablir le pied, au pied du mast de mizaine [.] sy c'est un vaisseau a trois ponts sur le tambour hors du fronteau, s'il est a deux ponts et demy au mesme endroit,

Mais si c'est un vaisseau deux ponts sans gaillard au pied du mast de mizaine et tenir la teste par le clan, par le moyen d'une calliourne qui vient du mast de mizaine frappé au dessous des barres au ras des taquets, [.] il faut que ce mast d'hune soit soutenu encore par les deux endroits partagez a egalle distance en venant du clan en bas sur le mast de mizaine par de pallans et pour soustenir le mast des deux costez on laisse la vergue de mizaine haut et en croix, et on se sert des palans des bouts de vergue[.] on met la poulie double sur la teste du mast d'hune et l'autre simple au bout de la vergue par le moyen d'une herse d'ancre sur quoy l'on croche le croq et les garans passent dans la poulie simple qui est sous la vergue pour passer les drisses de la bonnette en etay et de la vient a la poullie de rechange de cargue point et de la se rendre au pied du mast de mizaine et apres avoir etably les garans des deux pallans au pied du mast on les roidit tous deux egallement de chaque bord tenant la vergue de mizaine droite en croix sur ses barres [.] l'on peut apres cela etablir hardiment deux frans funins au dessus du clan du mast d'hune pour demaster le beaupré rompu et remaster le neuf qu'on vous apportera [.] on laisse l'appareil dont on s'est servy a demaster pour reprendre et remaster un autre beaupré [.] on peut embarquer le beaupré rompu dans le vaisseau mesme par le moyen de pallans et calliournes avec lequel etant suspendu, on l'amenne dans le navirre, [.] cela ne se fait qu'en cas qu'on n'ay point d'attelier qu'on ne puisse le mettre a terre ou en reprendre un autre.

 

Maniere de master un beaupré d'un gros vaisseau sans ponton ny machines en rade ou dans un port

On fait une cabre de deux masts d'hune dont les pieds desquels masts s'etablissent sur le tambour joignant la rambade du gaillard d'avant, [.] on met pour servir d'etay a la cabre deux pallans un de chaque costé des herpes de la poulaine et par derriere on met deux autres pallans a calliournes un peu plus fortes parce qu'il faut que le cabre ayt un peu de pente sur l'avant du V.au  [.] pour mettre la cabre perpendiculaire sur l'estambret du beaupré et tenir le mast en eguillette a pouvoir estre mis facilement dans sa carlingue il faut que les deux palans de derriere viennent du travers du grand mast sur le plat bord a la croizure de la cabre, [.] en venant ainsy de loin, ils sont beaucoup plus surs, [.] il faut sur les cabres a trois distances egalles de moyens pallans au nombre de six sur chaque bigue scavoir trois qui prennent le mast d'hune a trois distances egalles depuis la croisure jusqu'en bas trois sur l'arriere et trois autres sur l'avant et pour virer le mast de beaupré il faut deux calliournes du V.au en cas qu'on le jugea assez fort faute de quoy il faudra se servir du fran funin du canon en la place d'une calliourne [.] lorsqu'on maste le beaupré le premier c'est parce qu'on suppose que le V.au n'a aucun mast,

Cet article est une suitte et une maniere de master un beaupré, il en a été parlé dans l'article precedent auquel il faudra joindre celuy cy, [.] on peut demaster un beaupré avec le mesme appareil et le conduite dans le bord par le moyen des pallans ou des calliournes,

 

Autre maniere de desmaster un beaupré pourry ou rompu

Mai si un V.au se trouve a une radde venant de la mer ou prest a y aller et estre obligé de desmaster le beaupré soit qu'il soit rompu ou pourry il faut se servir de la vergue de mizaine la mettre le long du V.au un bout en avant et la virer a la hauteur ordinaire quelle va, [.] etant a la mer avec un petit mast d'hune que vous luy amarrez dessous pour servir de quille dont le pied du d. mast d'hune qui sert d'eguille sera placé sur le tambour en dehors de la rambade des gaillards les plus proches qui se pourra de l'estambret du beaupré [.] il faut que l'amarage que l'on fait sur le mast d'hune et sur la vergue de mizaine soit positivement a plomb sur l'estambret du beaupré [.] apres quoy vous mettez joignant au dit mast sur la vergue de mizaine les deux francs funins qui vous conviennent dans le V.au pour master et pour tirer la vergue de mizaine de risque et de n'estre forcée ny rompu, [.] vous mettez sur la vergue sa balancinne ordinaire a pallans comme on la porte qui est la mesme dont on se sert toujours et plus vous mettez en dedans a joindre l'amarage de franc funin sur la croisure une calliourne qui vient du chouquet du mast de mizaine [.] on frappe de plus sur la vergue outre la calliourne et la ballancine une grosse poullie simple dans laquelle vous passez l'ecoutte d'hune derriere [.] l'ayant depassée et amarrée le dormant de l'ecoute au chouquet du mast de mizaine et repasse le bout dans une poulie simple frappée sous le chouquet et de la un des roüet de retour de l'ecoute d'hune au pied du mast de mizaine et ayant etably le tout comme il est dit qui font trois ballancines differentes on roidit egallement la calliourne l'ecoute d'hune et la ballancine et apres avoir bien roidi touttes ses manoeuvres il n'y a qu'a affaller les francs funins a joindre ou frapper sur le mast et virer hardiment votre beaupré et le mettre en place

Cette manoeuvre faitte on peut conduire dans le V.au le beaupré etant en l'air par des pallans et calliournes et le remettre avec le mesme appareil

 

Maniere de remaster un V.au de tous masts commencant par le beaupré rompu au ras de la lieure la plus haute

Il ne reste que les deux mast d'hune de rechange qui seront employez pour servir de grand mast et de mizaine et manquant de quoy faire un mast de beaupré on est reduit a se servir de jumelles [.] il en faut mettre deux endentées ou embarquées l'un contre l'autre et les remplir de meche d'arboutant ou du bois le plus convenable, [.] par ce moyen on fait un mast de la grosseur d'un mast d'hune assez fort pour tenir la masture faite par les mats d'hune,

S'il reste une partie considerable du beaupré et que la masture que l'on a demandée qu'on s'en serve, un mast d'hune seul n'etant pas assez fort, on scira le reste du beaupré par la moitié et on joignera, ces deux moitiées les ayant ostez de leur carlingue pour fortiffier en guise de jumelle le mast d'hune qu'on doit faire servir de beaupré sur lequel il y a desja des jumelles qui le fortiffie, [.] ces deux moitiées de beaupré doivent etre mises sur le mast, le bout d'en bas au ras de l'estrave allant en haut dans toutte leur longueur, [.] le beaupré se trouve comme cela fort jusqu'au collier d'etay de mizaine qui est l'endroit ou il travaille le plus,

On peut appareiller une vergue de civadiere comme devant et s'il ny en a point on prendra un arboutan ferré qu'on grossira par le millieu a la grosseur d'une vergue du petit hunier allant en qeüe de rat sur les deux bouts et apres l'avoir fortiffié par des rostures il faut la garnir et oster de la voille ce qu'elle a de trop d'envergure en ostant du milieu ce que la voille a de trop [.] il n'y aura qu'une couture a faire et une epissure aux deux ralingues [.] il faut a un mast qui n'a point la force d'un beaupré proportionné garnir deux haubans de chaque bord qui seront frappez sur le beaupré au ras du collier d'etay de mizaine par deux demy cles et viendront roidir de chaque bord a la premiere chaisne d'hauban de mizaine ou a des organnaux qu'on pourra mettre plus bas que les chaisnes d'haubans [.] il faut tenir ces quatre haubans roides comme ceux des autres masts et comme ces deux haubans viennent de long de chaque costé ils peuvent empescher la mizaine d'aller chercher perpendiculairement son dogue d'amure [.] pour empescher cet inconvenient on prend une eguillette a travers qui prend les haubans deux a deux et les approcher de l'estrave tant qu'on veut[.] Lors qu'il seront au dessus des harpes de la poullaine il faut les y saisir, [.] les ayant saisi ils ne nuisent point a la voille

 

Maniere de faire un mast d'hune pour servir de beaupré

S'il se trouve dans le V.au plusieurs jumelles il faut en mettre deux endentées ou abusquées a l'un contre l'autre et remplir le vuide par le bois qu'on trouve le plus propre dans le V.au et faire les rostures regulieres, [.] on fait un mast de la grosseur que celuy d'hune et sy dans le V.au il n'y a point de jumelles on a recourt a ce qui reste du mast de beaupré qu'on fait scier pour le reduire en jumelles et par ce moyen on grossit le mast d'hune qu'on veut faire servir de beaupré assurant le tout par des bonnes rostures ou gouges, les deux pieces de beaupré sur lequel on couche le mast d'hune,

 

Maniere de master un Vaisseau sur le trone du grand mast etant razé de tout mast par un grand mast d'hune

Il doit rester deux masts d'hune de rechange [.] ainsy pour master le grand mast d'hune sur le trosne du grand mast il faut avec deux boutehors faire une cabre sur le gaillard d'avant et etablir sur la croizure un pallan pour master le mast a demy [.] il faut de plus avoir deux pallans au dessus des barres dudit mast venant tous deux du couronnement de barre [ ?] et prendre de plus un hauban de chaque costé le plus de l'arriere les joignant ensemble aux deux bouts et y crocher un pallan qui vient aussy de l'arriere du V.au  [.] on en fait de mesme aux deux autres haubans suivant, c'est a dire un de chaque costé qu'on noüe pareillement ensemble par le bout d'en bas y accrochant un pallan comme cy dessus et lorsque le mast est a demy masté par la chevre ces pallans frappez sur la teste du mast et ceux qui sont accrochez sur les haubans le masteront tout droit [.] auparavant de pallanquer dessus il faut master le pied dans sa carlingue par le moyen de leviers et de trevire et mesme a force de bras ce qu'etant fait on le saisit par une trevire qu'on passe dans le trou de la clef affin qu'aucun roullis ne puisse le demonter de sa carlingue [.] auparavant que de commencer a le master il faut le garnir de ses haubans et etay, barres et chouquet ensuite on mettra sur chaque hauban qui reste des deux costez un pallan a foüet sur lequel on halle a mesure qu'on le maste debout avec les deux pallans et haubans de derriere [.] on laisse deux hommes qui fillent l'etay en garan [.] il faut au mesme temps etablir les pallans qui sont frappez sur les haubans du membre du V.au ou au chaisne au travers du porte hauban,[.] etablir une poullie de retour pour chacun des pallans ce qu'etant fait les masts se trouvent debout et asseuré, [.] on etablit un cap de mouton sur les haubans roidi a l'ordinaire les aubans etant tenus pendant ce tems par le pallan dont il a eté parlé, [.] sy le trosne du grand mast eclatté d'une maniere a ne pouvoir le gouger par l'avant on le pourra faire par derriere et mettre le pied du mast d'hune comme celuy de l'avant, [.] on mettroit la cabre sur le gaillard de l'arriere ou sur l'estambret de l'artimon et les pallans sur bossoir, et au lieu des haubans de l'arriere on se serviroit de ceux de l'avant des grands haubans pour apres les avoir joints pallanquer dessus, [.] il faut prendre garde en coupant le trone du grand mast pour y placer le pied du mast d'hune et luy laisser la hauteur qu'il faut pour que le grand hunier ayt toutte sa chutte et qu'on puisse l'appareiller, [.] on pouroit mettre dessus un mast de perroquet,

 

Maniere de master un petit mast d'hune sur le trosne d'une mast de mizaine

La maniere est semblable a celle du grand mast d'hune excepté qu'il faut mettre le pied du mast d'hune derriere le trosne qui reste au mast [.] le master a demy, par le moyen d'une cabre etablie entre la grande amure et le gaillard d'avant [.] apres cela on frappe au deux tiers du mast deux pallans double qui viendront de chaque bossoir avec un etay a pallan qu'il faut etablir dessus le mast par dessus les barres et sur le bout qui reste du beaupré [.] s'il n'en restoit pas il faudra le frapper sur la teste du lyon embrassant toutte la fleche et s'il n'avoit ny beaupré ny poullaine il faudroit faire un beaupré comme il est dit cy dessus et en montant vostre mast sur les deux pallans double et sur celuy qui sert d'etay[.] il faut aussy avoir un pallan sur chacun des haubans comme il est dit a l'article du grand mast d'hune [.] on peut appareiller un petit hunier pour mizaine sans avoir de beaupré en portant l'etay autant de l'avant qu'il se pourra avec un perroquet dessus mais il faut travailler a mettre un beaupré,

On doit pour master facillement le petit mast d'hune, frapper les pallans au deux tiers et non tout au haut du mast parcequ'il ny a point d'endroit ny assez d'eloignemment pour le prendre par la teste, le mast auroit trop de bricolles [.] on peut facilement avoir un pallan pour luy tenir la teste affin qu'elle ne lance point qui servira d'etay le mast etant droit,

 

Maniere de remaster un artimon et d'en refaire un avec une vergue

On en fait d'une vergue n'ayant point de mast ou mesme de la vergue d'artimon sy on l'a sauvée le coupant de longueur et la grossissant par les jumelles sy on a point d'autre mast[.] on fait une cabre sur son estambret y frappant un palan double sur la croizure [.] on le prend en suspend au millieu tant qu'on peut dans son equilibre et l'on le retient par des haubans et pallans [.] l'ayant garny de ses haubans on luy fait une vergue d'un harboutant et une voille d'une grande voille d'etay ou deux s'il en a de besoin,

On maste ordinairement un mast d'artimon en prolongeant la grande vergue et la piquant [.] l'ayant fait passer en dedans des haubans sous le bout de la quille on met pour appareil une calliourne qui suspend le mast, ayant fortiffié la vergue par des amarages ainsy qu'il est porté cy dessus mais il vaut mieux se servir de la vergue mesme d'artimon saisy à celuy du grand mast le pied etant appuyé par deux taquets frappez sur le beau a la teste de la d. vergue a plomb sur l'estambret soutenües au grand mast par plusieurs pallans le long de la vergue ou simplement en pallan [ ?] [.] sy c'estoit un grand navirre dont l'artimon fut pezant on soustiendroit la teste par un cabre amarré dessus, [.] faute des pallans on se serviroit de plusieurs [poulies] simples le long de la vergue et du mast dans lesquelles on passeroit une aussiere qu'on feroit de ce seul garand ou trelingage venant s'amarer au pied du grand mast [.] il faut toujours de quelque maniere dont on mette la vergue pour master l'artimon se servir d'une cabre qu'on fait de deux vergues d'hune pour soustenir la vergue qui est longue ou prolongée,

 

Maniere de suspendre un grand mast ayant les vergues et masts tout au haut pour en oster quatre ou cinq pieds qui se trouvent pourris depuis la carlingue

Il faut absolument rogner par le pied jusqu'a l'endroit ou il se trouvera bon pour reffaire une autre meche [.] en cas semblable on percera le premier pont en dehors des isloires de stribord a toucher les deux baux prochains du mast faisant deux demy clefs sur le mast au dessus du mat au milieu de chaque aussiere dont les deux bouts doivent venir passer dans les trous fait pour cet effet et faire un noeuf plat, [.] c'est ycy la demonstration d'une des suspentes au d. mast dont il en faut faire quatre au premier pont,

Scavoir une sur chaque bau a stribord et deux autres semblables a basbord au dehors et au ras des isloires des deux costez de chaque bau et tout contre et touttes les quatre suspentes etant passées et mises a demeure sur le pied du mast au dessus du mat et arresté semblablement sur les deux [baux] [.] il faut de chaque bord prendre une barre de cabestan et assembler en virant la suspente qui vient du bau de l'avant du mast a celle qui vient du bau de derriere et en virant egallement des deux bords vous suspendez vostre mast, [.] lorsqu'il est ainsy suspendu vous cloüez trois grosses tringles d'un pouce et demy des poids [pour d'épaisseur ?] qui sont cloüez a egalle distance sur le mast depuis le p.er jusqu'au second pont, apres quoy vous faittes sur ces tringles une rosture de quelque vieille aussiere de cinq a six pouces de grosseur [.] lorsqu'on aura osté le bout du mast pourry, et que la meche du grand mast sera faitte a sa grosseur ordinaire en degrossissant le bout du mast on pourra amener le mast a sa carlingue,[.] il faut cloüer du long du navire deux bordages sur l'estambret du d. mast a toucher de chaque costé aux tringles qui sont cloüées sur le mast, les deux bordages qui joignent au mast empeschent avec les suspentes que vous avez au fond de calle que vostre mast ne puisse caller qu'a mesure que vous devirez les trevires qui sont sur les suspentes et en devirant vous deffaitte tour a tour par en bas la rosture que vous avez faitte sur le mast qui va du premier au second pont[.] en callant le mast vostre rosture porte toujours sur les deux bordages qui sont cloüez comme il est dit cy devant a joindre au mast et sy a la premiere devirée le pied de vostre mast ne portoit pas sur la carlingue il faut faire un appareil de quatre suspentes a trevires qui viennent au premier pont aux baux du second pont tous semblable a celuy qu'on a fait au fond de calle du deuxiesme pont a troisiesme et s'il ny a point trois pont on le fait au gaillard [.] s'il joint le mast, le second appareil vous sert de suspente en attendant que vous repreniez celle du fond de calle et apres avoir remonté les deux demy clefs frappées sur le mast de la longueur qu'il faut que le mast calle pour porter sur la carlingue sans toucher aux bouts qui sont sur les baux on roidit le mol par des barres [.] vous les devirez touttes deux a la fois jusqu'a ce que vostre mast porte sur sa carlingue [.] cette manoeuvre se fait sans larguer les haubans ny etay aux conditions qu'il ny ait pas plus de trois a quatre pieds a rogner du grand mast et s'il falloit qu'il y eut plus de quatre pieds comme il est dit outre la manoeuvre cy dessus il faut presenter au grand mast ou au mast de mizaine sy pareil cas arrive, et les deux mats d'hune en faire une cabre sur laquelle vous etablissez deux calliournes ou franc funin qui vous servent pour suspendre et amener surtout sy c'est un lieu ou il y ayt de la mer [.] sy c'est pour le grand mast il faut les deux grands masts d'hune et sy c'est le mast de mizaine les deux petits masts d'hune,

 

Le moyen de redresser et sauver un grand mast rompu aux deux tiers

Il faut faire arriver le navirre pour trouver la mer la plus douce [.] amennant la vergue en defaisant et coupant le racage on callera le mast d'hune sur le pont [.] on y descendera tous les agrez et vergues d'hune, [.] le mast etant ainsy callé il faut elever plusieurs echaffaux le plus haut sera a la place du racage et l'autre au dessus de la rosture quatre a cinq pieds et le troisiesme au dessus de la rosture a la même distance je croy que la quatriesme rosture le peut faire sur le pont, [.] les rostures dont nous parlons se font sans beaucoup de facon et facile a deffaire en ce qu'elles ne doivent servir que pour tenir les deux masts assemblez pendant peu de tems [.] les rostures se serrent a trevires avec des barres de cabestan, [.] ce qu'etant fait il faut se servir d'une calliourne sur la teste du grand mast pour le caller de l'avant la poulie d'en bas etant etably au pied du mast de mizaine [.] virant toujours avec des barres de cabestan sur les rostures a mesure que le mast se redresse les haubans de derriere empeschant le mast de se remettre il faut se souvenir de frapper sur leur garand des rides des pallans a foüet frappez en haut des haubans comme si on vouloit les roidir ou mollir ses pallans a mesure que le mast se redresse virant toujours sur la calliourne frappée sur la teste du mast [.] cependant on travail a gouger un mast d'hune de rechange environ trois ou quatre pouces et on en couppe le petit bout pour qu'il soit au dessous, c'est a dire a la noüée [.] apres qu'il est en etat d'etre presenté il faut le master au long du grand mast a costé de l'autre tout joignant se saisissant sur le grand mast par en bas et par en haut faisant passer les rostures entre l'autre mast d'hune et le grand mast, elles se font comme les autres et les joignant par dessus et par dessous affin qu'on puisse facillement deffaire les premieres que l'on devire doucement pour separer le mast d'hune du grand mast et pour les eloigner en glissant de la jumelle que l'on fera pareillement glisser autour du grand mast jusqu'a ce qu'elle soit en place du mast d'hune en chassant a coup de masses des coins entre elles et le mast amolissant s'il le faut les trevires qui se tiennent saisis contre le grand mast apres quoy on ressere les rostures on largue ou on depasse les premieres [.] sy on se trouvoit affallé a une coste en obligation de porter la voille il faut se contenter d'avoir amenné le mast d'hune sur le pont se faisant servir de jumelles par des rostures comme il est dit a des coings de sap a remplir le vuide entre les deux masts [.] la jumelle goujée etant en place et les haubans et etays etant riddées on adjoute trois jumelles d'une pareille longueur au mast d'hune s'il s'en trouve dont on mettra et adjoutera la plus forte derriere et les deux autres de chaque costé que l'on cloüera de distance en distance [.] faute de jumelle on se servira du mast d'hune de rechange qui reste apres quoy on monte trois echaffaux pour faire a la fois trois rostures a trevires, la plus haute sur le bout des jumelles et la seconde quatre ou cinq pieds au dessus de la rosture et la troisiesme autant de dessous, et pendant qu'on fait ces trois rostures on en fait une quatriesme au pied du mast sans echaffau [.] ces quatre etant achevez on en fait quatre autres au millieu des premieres [.] il se peut faire que dans un V.au on ne trouve pas de cordages assez propres, en ce cas si on est seul et sans secours on prend les manoeuvres courantes qui sont hors de service et autres [.] quan pareille chose arrive au mast de mizaine, on frappe au bout du beaupré sa calliourne [.] sy on craignoit d'aller a la coste ou qu'on fut en crainte des ennemis il suffiroit d'avoir callé le mast d'hune et de l'avoir bien rosturé

 

Maniere de restablir un grand mast qui est rompu entre la garniture et le racage

Il faut amenner la grande vergue et caller le mast d'hune jusqu'a cinq ou six pieds au dessus de la rosture y mettant de gros coings de sap a remplir le vuide entre les deux masts affin de faire travailler les rostures [.] pendant ce temps on reprend les haubans et gallaubans etays d'hune et les ris des voilles, [.] on pourroit voyant le mast assez fort remettre la grande vergue aussy haute qu'auparavant par le moyen d'un racage adossé

Si cette manoeuvre ne rend pas le mast assez fort il faut appliquer des deux costez et derriere trois bouts de jumelles coupées de longueur en guise d'ottereaux et on saisit le tout ensemble par les mesmes rostures [.] il faut ayant callé le mast et apres ces mesures luy faire une mortoise pour la clef, et le soustenir par une suspente

 

Maniere de depasser le mast d'hune qui est plus long et qui passe au dessous des barres,

Il faut conduire le pied par l'ecubier sur le p.er pont sy c'est un V.au a deux ponts sur le deuxiesme, sy c'est un V.au a trois ponts et l'autre bout le long du chasteau de l'arriere apres l'avoir depassé des barres et pour celuy d'avant il faut lorsqu'il est a certaine hauteur au dessus du pont conduire le pied par dessus le fronteau d'avant jusque sur le collet et l'autre bout comme le premier,

Il seroit util que les grands masts fussent plus long et les masts d'hune plus courts a cause que les longs masts d'hune travaillent la teste du grand mast, et que la charge des agrez est plus grande qu'il en faudroit [.] des que le pied seroit amenné, on peut depasser le bout etant au dessous des barres, [.] il faudroit pour qu'il passa par dessus la grande vergue, que la barre d'hune fut plus en avant grossissant le pied du mast par une piece raportée qu'on defferoit

 

Maniere d'agréer de nouveau un grand mast qui est rompu entre les grands haubans et le racage le mast restant nud la grande vergue etant venüe en bas

Il est d'importance de sauver les grands haubans et tous les agrez qui en dependent, [.] il faut sur le reste du d. mast par le moyen des jats d'ancre de rechange et quelques uns des plus forts bordages refaire un chouquet et le faire de maniere qu'il serve de lieüre a la teste du mast et pour cet effet il faut qu'il soit percé au travers, en sorte que la teste du mast y puisse passer ayant un collet pour passer le mast d'hune, et comme on a plus de grande hune, il faut etablir des barres d'hune faittes de jats d'ancres ou gros bordages qui seront pris a quelqu'endroit du V.au que ce soit [.] ces barres seront quatre ou cinq pieds au dessous du chouquet avec quantité de bons taquets pour les soustenir, entaillez de deux pouces chacune dans le mast et cloüez et chevillez dessus [.] apres quoy il faut garnir le mast de ses haubans et etays sy on les a sauvez et sy on a perdu la garniture de grand mast on doit toujours avoir dans le V.au des rechanges ou des aussieres, greslins et itagues et tournevires proportionnez a la grosseur, [.] apres il faut pour hisser une grande vergue, percer le grand mast et y faire deux mortoises goujées tirées en deux roüets comme un clan de mast d'hune laissant entre les deux mortoises cinq a six pouces de bord [.] il faut a l'avant du mast au dessous des mortoises tout au ras un gros taquet de sap ou un semblable, par derriere pour adoucir et faciliter le guindage de la grande vergue, [.] pendant qu'on fait ses mortoises, ayant mis la hune de beaupré ou autre dessus la garniture sur les barres susdittes il faut mettre le grand mast d'hune et luy roidir l'etay, haubans et gallaubans [.] apres cela il faut mettre la grande vergue haute par le moyen de deux calliournes qui viennent du tenon, [.] on peut appareiller la grande voille et le grand hunier [.] les mortoises etant finies on passera les itagues dedans, et on etablira les bouts sur la vergue et on se servira de la grande drisse en ostant les calliournes [.] sy on ne pouvoit pas garnir le mast d'hune en son entier il faudra le rogner par le petit bout d'autant de pied comme le grand mast est racourcy parce que les barres qui servent de hune comme sy on avoit une grande hune, [.] on se sert en pareil cas de la hune de beaupré que l'on met sur les barres qui ont eté faittes de jats d'ancres [.] on n'y peut mettre que trois haubans de chaque bord, mais on adjoute deux gallaubans de plus, de chaque bord [.] par ce moyen le mast d'hune se touve plus fort etant racourcy par l'endroit le plus faible et pour aider aux barres qui sont plus faibles qu'elles n'etoient cy devant il faut soustenir le mast d'hune par une souspente en double qui passera dans une goujure sous le pied du mast d'hune et ira de la s'amarer un bout de chaque costé sur la goujure du chouquet et ensuitte on joindra ensemble ces deux doubles qui sont passez sur le chouquet par une eguillette depuis les barres jusqu'au chouquet jusqu'a ce que l'on voye qu'elle fasse assez de force, [.] il faut apres cela pour le soulagement des barres faire une rosture qui prenne le tenon du grand mast au ras des haubans et le pied du mast d'hune jusqu'a toucher le chouquet avec quantité de coins possez a coup de masses pour roidir les rostures et que les deux masts ne fassent qu'une mesme force [.] il faut reprendre de tems en tems les trevires faittes par l'eguillette cy dessus sur la souspente parce que le cordage allonge travaillant beaucoup,

Le grand mast etant nud comme nous l'avons dit n'ayant ny haubans ny etays il aura fallu auparavant pour envoyer un homme en haut commencer par etablir une poullie a chaque barre du petit mast d'hune et deux autres aux barres du perroquet d'artimon passant deux aussieres de deux a trois pouces un bout dans chaque poullie portant les bouts qui passent dans les poullies du petit mast d'hune au pied du mast de mizaine en retour a quelque poullie frappée au pied du d. mast et les deux autres bouts qui passent dans les poullies qui sont aux barraux du perroquet d'artimon [.] il faut aussy leur mettre les bouts en garand au pied du mast d'artimon passée dans les poulies [.] ces deux vaviens doivent avoir le double au pied du grand mast, sur le pont une a stribord et l'autre a basbord du grand mast pour servir a envoyer du monde en haut des deux costez en hissant sur les bouts qui viennent du mast de mizaine et de l'artimon.

Un vavient se fait par une poulie simple estropée pour capeller sur la teste du mast, [.] dans la d. poullie on passe un cordage qui sert a hisser le monde en pesant sur un des bouts, [.] ces hommes sont saisis a mast par le moyen d'un raban qui fait le tour du mast passant dans 7 ou 8 pommes de racle [.] il faut que le premier mattelot que l'on hisse en haut par cette manoeuvre aye un vavient pour mettre sur la teste du mast retenant sur le pont le bout du vavient et par celuy que ce mattelot emporte avec luy qui est garny sur teste on en envoye par un bout un second vavient que l'on met encore sur la teste du mast garnissant un de chaque bord et apres avoir et ainsy etably deux on en met autant qu'il en est necessaire pour faire des echaffaux et etablir a faire tout ce que l'on voudra

 

Maniere de rasserer un grand mast, ou de mizaine dont les haubans sont trop mols dans un roullis ayant eté roidis par des pallans de trelingage

Il faut employer des greslins aussieres ou itagues de la grosseur des haubans ou tant soit peu plus gros qui ayent travaillé, [.] on les prend de la longueur qui convient pour en faire de faux haubans qu'on frappe par deux demy clefs sur le mast environ un pied ou deux sous le grand racage, [.] on en passe les bouts par les sabords de la seconde batterie ceux de l'avant passeront au deuxiesme sabord de la seconde batterie et ceux de l'arriere au troisiesme sabord de l'arriere du mast allant s'amarer au grand mast, [.] il faudra eschanger les faux sabords par le coin d'en haut de la grosseur du greslin, [.] on pourroit les amarer autour des sabords, mais ils empescheroient de les fermer, [.] apres les avoir ainsy bien roidy au grand mast on les roidit en dehors par des pallans a foüet ou a croq qu'on frappe d'un faux hauban et l'autre le faisant approcher et les roidissant comme un trelingage a force de monde et mesme que les mouvements du V.au les fait travailler et allonger, on le roidit en pallanquant et s'il en est besoin on met d'avantage de faux haubans, les frappant dessus le racage comme dessous le premier amarage,

 

Maniere de reparer la perte des chaisnes d'haubans qui sont rompües

Sy par hazard les chaisnes d'haubans sont rompües au ras de la cheville en sorte qu'il ne soit point resté de maille et qu'on ne trouve point a repousser la cheville par dedans on en fait qui ayent des chaisnes d'haubans de rechange [.] il faudra percer le bord vis a vis les chevilles d'haubans au dessous et chercher le vuide entre deux membres pour passer par dessus un membre, la collant d'une estroppe de son cordage de 5 a 6 pouces de la longueur des chaisnes qui vont au dessus du porte hauban et les garnir des caps de mouton et de roidir les haubans en mesme temps comme auparavant [.] il faut auparavant de se servir du cordage pour y mettre un cap de mouton avoir employé touttes les chevilles et chaisnes d'haubans

S'il a resté des d. chaisnes une des mailles en son entier il faudra y crocher des chaisnes a croq et passer des rides comme auparavant [.] il faudroit que dans le rechange des chaisnes d'haubans le tiers ou la moitié fut a croq,

 

Maniere de changer les barres du grand mast sans depasser le mast d'hune sy elle est de deux pieces

Il faut avant touttes choses, bien larguer et depasser les rides des etays et des haubans amarez sur le grand mast a la hauteur du racage de chaque coste les deux poullies des pentures des pallans du grand mast, [.] les ayant frappez de dessus leurs pentures par une eguillette de chacune en maniere de rosture l'ayant passé dans les estroppes des poullies ensuite on passe les itagues des d. pallans dans leurs poullies frappées comme il a eté dit et l'on amarre de chaque costé les bouts des itagues aux chaisnes des haubans a la quatriesme ou cinquiesme partie du grand mast et apres on croche les poullies des pallans sur une chaisne plus de l'arriere de chaque bord que l'itague et l'on roidit les deux pallans ensemble faisant servir ces deux pallans des haubans et l'on fait servir pour faux etay une des calliournes qu'on frappe dessus son pendeur [ ?] [.] l'on amarre la poullie a trois sur le mast a joindre les deux poullies d'itagues des pallans cy dessus ensuitte l'on crochera la poullie a deux roüets sur l'avant avec la poullie de retour sur la mesme herse pour faire plus de force [.] l'on roidit ensuitte le garand de la calliourne a discretion

Ces precautions etant prises sy la hune est de deux pieces, il ne faudra depasser que les gambes d'hune mais sy elle est entiere, il faut desenverguer l'hunier et amener a moitié le mast d'hune mettant la vergue d'hune en croix et fortiffiant les ballancines par les deux pallanquins du mast, [.] on frappe ensuitte un pallan de chaque bord sur la vergue d'hune, un pied ou deux en dehors des cargues points en sorte que les pallanquins soient joints a ces derniers pallans qui servent a suspendre tous les haubans sur lesquels est frappé une barre de chaque costé trois ou quatre pieds au dessus du marchepied des gambes d'hune sur lesquelles barres sont frappées les autres poullies desd. pallans qui sont frappez sur la vergue d'hune dont les garans viennent au pied du mast [.] l'on peut par ce moyen suspendre tous les grands haubans a la fois ayant depassé les rides, [.] il faut en mesme tems suspendre le grand etay par le moyen d'un gros vavient frappé sur le grand chouquet amarrant un bout sur la noix de l'oeüillet de l'etay, et les hissant ainsy a joindre aux barres on amarre cet oeüillet d'etay par derriere a joindre au chouquet avec un raban, [.] ensuitte la hune etant d'une piece pour le hisser il faudra etablir quatre poulies simples au grand chouquet une de chaque costé et deux derriere et devant dans lesquelles on passe un vavient amarrant un bout a la piece de chaque poullie sur la hune et les autres bouts dans les poullies de retour [.] hissant sur les quatre ensemble on suspend, une hune, la conduisant droite sur le vavient jusqu'a joindre sy l'on vient les poullies [.] apres quoy l'on garnit au cabestan les garans des pallans que l'on a dit estre frappez sur la vergue d'hune et sur les barres amarrez sur les grands haubans virant egallement sur les deux a mesure que les oeüillets des haubans ont du mol sur le tenon, [.] il faut que deux hommes les fassent courir en haut et les amarrent au chouquet les ayant tous joint ensemble en haut, [.] il se trouve que les barres sur lesquelles les haubans sont amarrez sont eloignez du mast d'environ 5 ou 6 pieds dont l'on a la commodité de placer les eschaffaux entre eux et le mast, pour travailler a repousser des chevilles des barres et les demonter et changer s'il en est besoin,

 

Maniere d'amener un mast d'hune a la voille dans un mauvais tems par le moyen de la guinderesse,

Il faut apres avoir garny la guinderesse au cabestan frapper un pallan a foüet sur l'etay par dessus la poullie d'en haut et crocher la poullie d'en bas sur l'organnau mesme ou la poullie d'en bas du pallan de la ridde de l'etay parce que le pallan en fait la fonction le tenant amarré en garand aux taquets, [.] il faut un semblable pallan sur chaque gallauban a 25 pieds au dessus du porte hauban et apres les avoir frappez on les roidit par cinq ou six hommes et on y met les garans faisant un tour au plat bord du V.au laissant un homme sur chacun pour les filler lorsqu'il faudra, [.] on peut apres en virant larguer un garan a la fois et touttes les riddes des haubans et gallaubans dans la hune et virer en mesme tems sur la guinderesse et lorsque la guinderesse fait force il faut larguer tout a la fois un pied des garans des pallans, qui sont sur les gallaubans et sur l'etay [.] ce pied de garan de pallan etant largué doit faire assez de mol pour suspendre le mast [.] un demy pouce suffit pour oster la clef laquelle etant osté on fait bosser la guinderesse faisant un tour au sep de drisse [.] on doit ensuite amenner et pallanquer egallement sur tous les pallans des gallaubans et de l'etay les tenant toujours roides, [.] on tient par ce moyen un mast hors de risque lorsqu'il est a demy bas [.] les poullies des pallans se joignant mais elles ne sont plus necessaires [.] le mast etant dans sa force on saisit le pied au grand mast l'ayant amenné et mettant quelques oeüillets entre les deux, [.] s'il falloit apres l'avoir amenné, appareiller la grande voille, il faudroit depasser les itagues au grand hunier et allonger le mast sur le pont, [.] la guinderesse ne fait de force que lorsqu'on vire dessus pour hisser le mast [.] pour en virer la clef on doit pour la soulager en cas qu'on craigne que la guinderesse rompit mettre une suspente dessous le pied du mast,

 

Maniere d'etablir une suspente

On met une suspente sous le mast dont le dormant est toujours a demeuré au tenon du mast par dessus tous les haubans et l'autre bout lorsqu'on le met en itague, est passé sous le pied du mast d'hune ou il doit y avoir une goujure entre deux taquets a geulle et revient par l'autre costé du mast par dehors les barres, dans une poullie amarrée au chouquet joignant la poullie de guinderesse et en garan sous les barres [.] on frappe dessus un pallan double pour faire plus de force,

 

Maniere de hisser un mast d'hune a la voille et a l'ancre avec la guinderesse,

Voulant hisser le mast d'hune avec precaution contre un gros vent et une grosse mer, il faut quand on la vire aux deux tiers mettre un pallan sur chaque gallauban a ras de la lisse et un autre sur l'etay a la moitié de la hauteur du pont a la hune et l'autre poullie a ce dernier pallan sur l'organnau qui sert a la ridde ordinaire de l'etay sur le pont [.] lorsqu'on contraindra pour la guinderesse surtout au temps de pluye, il faut apres avoir passé comme nous l'avons dit, la suspente dans le poullie amarrée au chouquet frapper un pallan sur le bout qui passe dans cette poullie et crocher la poullie d'en bas du pallan a un des organnaux au pied du grand mast et hisser sur le pallan a force comme sy on avoit point de guinderesse qui est soulagée par cette manoeuvre sy bien que sy elle rompoit le mast n'en amenneroit pas un pouce et donneroit le temps d'en remettre un autre [.] il y a une bosse frappée au sep de drisse qui doit estre sur la guinderesse preste a servir s'il arrivoit quelque accident et que la guinderesse se rompit entre ce sep et le cabestan,

On a aussy attention aux essieux et aux poullies ayant de cette maniere mis le mast d'hune sur sa clef qu'on doit amenner crainte qu'elle ne sorte il faut toujours le tenir droit par le moyen de ses gallaubans et de l'etay qu'on tient roide sur les pallans apres quoy on ridde les haubans et gallaubans sur les rides ordinaires ce qu'etant fait il faut d'abord travailler a faire deux rostures sur le tenon du grand mast et le pied du mast d'hune au ras de l'oeüillet des grands haubans, et l'autre en haut le plus pres du chouquet qu'il se poura [.] sy ces rostures ne se pouvaient faire assez roides on les croise a trevires entre les masts d'hune et le grand mast par le moyen des eguillettes qui est un cordage [qui a] un peu plus de lien que celuy des rostures [.] sy apres cela on voyt qu'elles ne fussent point encore assez roides il les faut faire roidir avec des coins [.] la force de cette rosture assemble celles des deux masts en sorte qu'il est impossible qu'il manque par la,

 

Maniere d'amener un mast d'hune qui n'a ny roüet ny guinderesse

Il faut etablir deux poullies de calliournes a trois roüets sur le grand chouquet ou bien dessous, des deux costez et les saisir avec des estroppes courtes affin qu'il y ait plus de guindage entre les deux poullies hautes et basses [.] ensuitte etablir les deux autres a deux roüets qui sont les deux autres poullies de calliourne sur les mats d'hune au ras et au dessus de la mortoise de la clef et pour mieux faire tenir le d.er appareil et aussy pour empescher le mast de passer on doit mettre trois taquets forts, au millieu des deux costés du mast faits en coins la pointe en bas, [.] ensuitte ayant fait passer une aussiere dans ces poulies qui deviennent deux pallans a calliournes, et dont les bouts passent en retour dans chaque poullie frappée en bas et se mettant aux deux cabestans ou bien faire aller a bras par l'equipage s'il est fort, et s'il etoit faible on frapperoit sur les garands ou aussiere un pallan double dont les garans se pourroient mettre au cabestan pour hisser le mast a pouvoir oster la clef [.] et par l'effort de deux calliournes, on deffait l'amarage de la plus basse qui refrappe quatre pieds plus haut ayant mis des coins dessous comme cy dessus, et on a soin de tenir le mast pendant qu'on frappe l'autre qui est plus bas et on oste les coins qui ont eté mis les p.er affin de pouvoir amenner le mast jusqu'a quatre a cinq pieds, et que le trou de la clef soit par dessus les barres du grand mast, [.] sy on craint qu'une seule calliourne ne puisse soustenir le mast on pourroit se servir d'une suspente pour lors on se sert de la mesme calliourne qu'on vient de frapper la derniere pour frapper dans la mortoise de la clef et y faire un amarage et par le moyen des deux calliournes, on amenne facilement le mast dans le mast [.] ou il y a deux clefs cette manoeuvre se fait plus facillement et plus vite parceque les mortoises exceptent de mettre des taquets,

Il faut toujours se servir des suspentes ordinaires sous le pied du mast d'hune, crainte d'accident,

 

Maniere de rider en haut un mast d'hune qui n'a ny roüet ny clan ny mortoise dans laquelle passe une guinderesse ayant seulement le trou de la clef

Il faut prendre une aussiere un peu plus grosse que la guinderesse ord.re et la couper de longueur, sy l'on voit, etre obligé de s'en servir on continue de prendre la guinderesse, il faut apres avoir masté le mast d'hune debout, le long du grand mast et passer dans les barres et chouquet par le moyen des pallans dont on se sert ordinairement, [.] on doit partager egallement l'aussiere et mettre le millieu sous la goujure du pied du grand mast d'hune [.] on porte les deux bouts dans des poullies amarrées au grand chouquet, une de chaque costé, [.] les ayant passées et roidis on fait un oeüillet au ras des poulies cy dessus sur chaque bout au double et l'on met dans l'oeüillet une cosse pour crocher un pallan sur chacune qui s'acroche en bas aux organnaux qui sont au sep de drisse une de chaque costé [.] l'on passe les deux garens de pallan dans pallans de retour au pied du d. sep et on les roidit a bras egallement, [.] on les garni apres, tous deux au cabestan et on vire comme sur une guinderesse, [.] on ne peut adjouter autre precaution ou force que la suspente ordinaire, dont il a eté parlé, [.] on met des poullies au mast qui n'auroient point de clan ainsy on peut se servir dans un besoin d'un mast sans aucune proportion achevée [.] on .. [ ?] la suspente qui est dans la goujure du pied de mast par le moyen d'un taquet a geulle de chaque costé sur le pied qui empesche la suspente de glisser,

Pendant qu'on halle sur les garans des pallans frappez dans la cosse cy dessus il faudroit haller ou virer sur les bouts des aussieres ainsy la force seroit augmentée mais il n'est point necessaire de laisser l'aussiere longue,

 

Maniere d'empescher les secousses en hissant la grande vergue ou etant hissée ou amennée

Il faut defrapper le pallan dessous le vent du grand mast avec son itague [.] laissant la poulie sur la suspente on frappe ce pallan entre les taquets des barres du grand mast et la place ordinaire du grand racage par deux demys clefs sur le mast que l'on fait avec l'itague [.] apres quoy on porte le reste de l'itague dans la hune passant entre les barres et les masts et on l'amarre la plus roide qur l'on peut au tenon du grand mast, [.] c'est pour empescher les deux demy clefs de courir en bas lorsque le pallan travaille a rendre l'amarage plus fort [.] il faut ensuite frapper la poullie simple a la moitié de la distance du bout de la vergue ou cargue bouline, [.] l'herse sur quoy on acroche le pallan sera une herse d'ancre qui n'est pas sujette a courir et serré a mesure qu'elle travaille [.] il faut en ce cas n'embrasser que la vergue avec l'herse sans saisir la voille qu'on couperoit, [.] on etablira le retour du pallan au pied du grand mast dans la poulie de retour, et on embarquera le mol du pallan a mesure qu'on hissera la vergue au cabestan [.] pour empescher le mouvement, il faut un semblable pallan par dessous la vergue et etablir la poullie double au dessous de la vergue et du mesme endroit ou est la simple du p.er pallan et la poullie simple sur le mast au dessus du bourrelet qui est a 8 pieds au dessus de la lisse avec une autre poullie de retour au pied du mast par ou passe le garan qui sert a filler un garand a mesure qu'on hisse sur l'autre et que l'on vire la vergue,

 

Maniere de frapper les faux etays du racage de mizaine,

Il faut frapper un bout au tenon du mast de mizaine au dessus des haubans par un oeüillet fait dans le bout d'en haut de l'etay pour y passer l'autre bout et le serrer pour l'exempter de faire d'autre amarages sur le tenon[.] le bout d'en bas qui a eté passé dans l'oeüillet repasse entre le racage, la vergue et le mast au dessous de la vergue environ un pied dans lequel endroit on fait une rosture platte semblable a celle du mast qui n'empesche point la vergue d'etre amennée et que le racage passe par dessous cette rosture assujettissant le faux etay que l'on etabli en cet etat par le moyen de deux poullies de calliournes [.] celle de dessus le beaupré est entre les lieüres les plus hautes l'autre poullie est etablie sur le bout du faux etay et lors qu'on est a la mer ou a l'ancre, on s'en sert des que la mer est grosse et de l'avant [.] le faux etay se roidit par un garand passé a calliourne et le retour au pied du mast de mizaine on les roidit au petit cabestan [.] il faut rendre cette manoeuvre aisée a larguer et a roidir parcequ'il arrive des contre tems etant sous voilles qui sont de consequence a le roidir promptement et pour le larguer il y en a qui s'etablisse au dessous du racage, [.] la maniere est mauvaise parce que l'oeüillet coulle en travaillant et sy l'on y met des taquets ce que plusieurs font le racage ne sauroit passer ce qui peut causer de grands inconveniens

 

Maniere de roidir un grand etay qui a molly soit que l'etay fut neuf ou que les haubans de l'arriere ayent larguez,

S'il fait gros temps a ne pouvoir se roidir par la ride ordinaire il ne faudra point y toucher mais il faut en ce cas frapper un pallan sur le grand etay au travers l'amure et frapper sur le pont a un des bouts qui se trouvera perpendiculairement sous les pallans, l'autre poullie du d. pallan avec la poullie de retour sur le mesme bout au millieu et au mesme endroit [.] on roidit ensuitte sur le d. pallan autant que le grand etay a de mol et sy l'on voit que l'amarage fait sur l'etay par une herse d'ancre puisse couller en bas a tangage du V.au par la pente de l'etay il faut pour l'empescher faire une pomme de fils de carre ou de bistord au dessous de l'herse [.] on ne touche point aux riddes etant au plus pres prenant la mer debout, mais sy l'endroit ou l'on est le permet il faudra arriver vent arriere et mettre les calliournes du grand mast sur le barbotin du fronteau ou sur l'estrave [.] par des fortes herses on frappe deux embossures sur la moitié de l'etay virant de l'estrave dont le bout va passer dans une poullie de retour et de la au cabestan apres quoy on peut larguer la ridde du grand etay et la roidir par deux pallans un a chaque bord de ridde apres quoy on remet la ridde a l'ordinaire, [.] ce cas fait voir que les etays etant neufs de ne laisser les deux mocques trop pres, parce qu'il faut un trop grand tems pour les reprendre il est mesme dangereux de le risquer a moins que le temps ne soit fort beau,

 

Maniere de rider les grands haubans en mesme tems par un pallan servant a deux haubans un de chaque costé

Il faut frapper une poullie simple au dessus du marchepied environ un pied sur chaque hauban de chaque costé et passer une aussiere dans les deux poulies les deux bouts allant frapper sur chaque ridde et le milieu de l'aussiere entre les deux poullies, [.] sur le millieu de l'aussiere on frappe un bon pallan a itague dont le bout de l'itague est frappé en bas sur le pont et le retour des pallans le long du sep de drisse viréé au cabestan, [.] les anglois passent leurs aussieres dans les poullies des pentures et frappant les bouts des deux costez sur les riddes ce qui ne fait que travailler la ridde et la penture [.] la plupart dans les V.aux du Roy se contente de frapper la calliourne sur la ridde ce qui ne vaut rien [.] il faut frapper les pallans sur les haubans et sur la ridde qui pour lors ne travaille point l'effort etant sur l'hauban [.] cette maniere est la plus aisée quoy qu'elle soit plus longue, en ce que l'on ne romp point de ridde et qu'on ridde mieux les haubans,

 

Maniere de ridder les haubans d'hune tous a la fois en mesme tems a l'ancre,

Il faut frapper une poullie simple qui est garnie d'une estroppe semblable a celluy d'une bosse sur chacun des haubans d'hune a deux tiers de la hauteur d'un mast, d'en bas en haut [.] il faut apres passer dans chacune des d. poullies frappées sur les haubans une seulle aussiere de la grosseur des riddes et apres avoir frappé cette aussiere sur les riddes on frappe sur le double qui est entre les poulies des deux bouts qui se fait comme un trelingage une poulie double a pallan prenant sur le millieu tous les garans ensemble avec un raban sur son estroppe et la poullie simple du d. pallan crochée sur le pont avec une poullie de retour pour ce garand qui se passe au cabestan

 

Maniere de faire servir promptement une grande vergue rompue par un bout et une voille,

On y peut remedier que par la voille et deverguer ce qui reste sur le bout rompu commenceant par larguer la voille et l'hunier s'il est de hosse [ ?] et raporter la poullie des cottés d'hune sur le bout de la vergue du costé rompu qui reste et renverguer la voille la plissant depuis l'itague jusqu'au bout rompu qui sera la pointure [.] comme la vergue ne permet point de l'alonger, la voille n'appareille plus sy bien mais toujours on peut envoyer et aller au plus pres en cas qu'on soit engagé a une coste [.] cette manoeuvre peut sauver un vaisseau plutot qu'en amennant une vergue pour l'accommoder ou changer puisque selon le lieu ou l'on se voit le V.au seroit a la coste auparavant que la vergue fut changée ou racommodée,

 

Maniere de faire servir une vergue coupée a moitié ou au deux tiers de coup de canon ou autrement n'ayant ny le temps ny n'etant en lieu de la changer

Il faut prendre sans amenner la vergue ny desenverguer la voille une jumelle et un harbouttant fourré et s'il ny en avoit point de longueur, on prendra un boutte hors et on appliquera les deux sur la vergue et hauban de la voille et par dessus les itagues c'est a dire la jumelle sur le mal et l'arbouttant sur l'autre costé et pendant que l'une et l'autre sont tenus par le millieu par des pallans qui viennent du chouquet du grand mast il faut faire une rosture a trevire sur chaque bout de la jumelle et de l'arboutant et la vergue autant que l'itague et autres cordages le permettent lesquels etant tenus par les deux bouts [.] il faut larguer les pallans du millieu et commencer a faire deux rostures a demeure sur la d. vergue jumelle et harbouttant le plus pres qu'il se pourra de l'itague de cinq pieds en cinq pieds allant sur les bouts deffaisant la premiere a mesure qu'il y a une rosture de faitte [.] il faut avoir des coins de l'epaisseur de la jumelle et de l'arboutant et forcer dans les vuides de rostures a coups de masse affin de faire travailler ce qui reste de bois a la vergue egallement avec la jumelle et l'arbouttant [.] dans un cas pareil on ne doit point desfrapper les itagues parce qu'inmancablement la vergue tomberoit par morceaux sur le pont etant rompu en plusieurs endroits [.] il ne faut mettre a travailler dessus la vergue que peu de monde de crainte qu'elle ne rompe,

 

Autre maniere de racommoder une vergue rompüe par la moitié sans la racourcir

Apres avoir mis les deux extremittez des bouts rompus il faut en scier un en long de longueur suffisant pour faire une bonne et seure enpatture et scier de mesme a l'autre bout rompu une moitié de l'autre enpatture, [.] pour lors on joindra les deux bouts de vergue sciez et l'on presentera la plus longue empatture qui a eté levée dessus le bout a qui on aura enlevé que la moitié du bout, [.] cette longue piece empattera sur la rosture considerablement et l'autre partie de bois moitié vuide par ce bout qu'on a enlevé [.] on a soin de cloüer ces pieces enpattées et les ayant enveloppées de jumelle et de rosture la vergue doit estre forte et dans sa longueur,

 

Le moyen de retablir une vergue qui se trouve pourrie par un bout ou rompue a plusieurs endroits vers le millieu n'ayant rien d'assez long ny gros pour en faire une moitié dont l'empatture soit suffisament longue c'est par un mast d'hune,

Sy c'est la grande vergue il faut la mettre sur le pont et la goujer, luy ostant ce qu'elle a de bois rompu prenant garde de ne point affaiblir ce qu'il y a de bois en entier pour le pied du mast d'hune dont l'on peut scier la partie de l'avant du mast jusqu'au ras des mortoises a deux pouces et demy pres, [.] l'on gardera soigneusement la piece de bois qui aura eté sciée et tirée par un coup de ligne affin de la pouvoir remettre en sa place des que l'on aura fait une autre vergue [.] de cette maniere le mast sera plus leger et plus aisé a empatter et le travail moins gros [.] ce travail parrois difforme, mais il est bon et peut estre utille, [.] on remplit les vuides qui se trouvent des deux costez et on la roidit par le moyen des bouts hors, des vergues et des coins poussés a force pour faire travailler les rostures, [.] on en uze de mesme pour la vergue de mizaine,

On se sert du mast affin d'avoir de quoy faire la vergue assez longue et l'empatture aussy suffisament longue

 

Le moyen d'ajouter une grande vergue rompue par le millieu les petits bouts faisant le millieu

Il faut que les deux bouts du millieu qui sont rompus servent de petits bouts a la vergue et les petits bouts fassent le milieu de la vergue, [.] pour cela il faut dégrossir les deux gros bouts par le moyen de trois traits de ligne qu'il faut tirer a trois pans et laisser au millieu des trois pans la grosseur qu'il faut au petit bout de la vergue [.] apres en avoir emporté les trois pieces par trois coups de scie cela vous fait six jumelles qui vous servent a arrondir le millieu [.] il faut prendre la vergue et assembler les deux bouts qui ont servy en dehors et les mettre au millieu bout a bout, [.] il faut apres cela chercher de gros bois dans le V.au  [.] sy vous etes a la mer comme une barre de gouvernail de rechange comme aussy des barres de cabestan et bouttehors et quelques pinces de fer dans le vuide et les empatter sur le milieu de cette vergue [.] quand vous l'avez fourny d'assez de bois, observant que les deux bouts du millieu se joignent bien sur le chantier [.] lorsque vous croirez que le bois qui sera rapporté la rendra aussy forte qu'elle etoit auparavant y joignant les six jumelles qui ont eté mises de dessus les gros tours [ ?] qui la rendent aussy forte et aussy arrondie qu'elle etoit auparavant observant de mettre sur la fracture le millieu de quatre jumelles, tous les gros bouts seront l'un au contraire de l'autre c'est a dire deux gros bouts presentant d'un costé, et les deux autres gros de l'autre faisant par ce moyen la queüe de rat, de la vergue qui est d'aller en diminuant vers le bout [.] sy l'assemblage des jumelles etant faitte il se trouve quelques vuides on les remplie par le moyen des tringles qui restent des jumelles mesme, ce qu'etant fait on s'appliquera a faire les meilleures rostures que l'on pourra

 

Le moyen de restablir la voillure d'un vaisseau qui a perdu la grande vergue,

Il faut pour appareiller la grande voille prendre la vergue de mizaine et la porter au grand mast pour servir de grande vergue, [.] il faut auparavant desagréer la mizaine de sa place et commencer par rendre la vergue d'artimon et la grossir par du bois rapporté comme harbouttant jumelles et bouttehors de vergues pour la faire servir de vergue de mizaine et apres l'avoir fournie de bois suffisans et de rostures, il faut la transporter en avant, [.] on prendra pour servir de vergue d'artimon celle du grand hunier que l'on peut facillement allonger affin d'y pouvoir enverguer l'artimon en son entier, [.] sy l'on etoit pressé d'appareiller l'artimon dans le temps ou pourroit enverguer sans allonger la vergue faisant les ris [.] sy dans le V.au il n'y avoit qu'une vergue de grand hunier qui est deja employée pour artimon on la remplace de la vergue de civadiere et l'on met pour vergue de civadiere la vergue de fougue apres l'avoir fortiffiée, vous appareillé la civadiere dessus ayant la mesme longueur, [.] on peut faire une vergue de fougue avec des harbouttans en les fortiffiant par le millieu, [.] on feroit servir une vergue de grand hunier ou de petit avec les voilles pour mizaine etant pressé

 

Maniere de mettre une grande voille sur la vergue de mizaine etant pressé

Il faut s'il a beaucoup de vergues porter leur taquets sur le bout autant qu'il se pourra apres quoy on envergue la grande voille qui a encore quelques pieces de plus que la vergue [.] ainsy il faut que ce qu'elle a de plus se trouve insensiblement froncée par la testiere observant de mettre toujours le millieu de la vergue la froncant egallement des deux costez avec des rabans [.] on met d'abord un petit hunier au lieu du grand jusqu'a ce qu'on luy ait osté deux lezes dans son millieu ce qui etant fait on renvergue le grand hunier affin de s'accommoder aux bordures du petit hunier

 

Maniere d'appareiller un grand hunier a la place d'une grande voille dont la grande vergue est rompue

Il faut desenverguer la grande voille et allonger les bouts de la grande vergue sur le pont et travailler a la racommoder, [.] il faut en attendant ce travail prendre un grand hunier avec la grande vergue d'hune de rechange l'enverguer et luy faire son racage [.] sur le grand mast il faut la hisser avec une des calliournes que l'on fait expres en prenant des pieces de rechange, une poulie a trois pour mettre au tenon du grand mast et celle a deux sur la vergue a y passer une aussiere proportionnée pour drisse en garant, [.] apres quoy on hisse la vergue a toucher en haut, la voille ayant de la chute de reste, il faudra sur l'hunier etablir autant de cargues que sur la grande voille, [.] cette manoeuvre empeschera le navirre de tomber a la derive et fait faire la boutte [ ?] au navirre [.] on prend sy l'on veut une des calliournes [.] l'on pourroit encore faire la manoeuvre cy dessus en cas que l'on craignit que le grand mast ne put porter la grande voille

On uze pareillement au mast de mizaine dans un besoin, [.] on peut faire de deux voilles d'artimon une grande voille ou une mizaine et deux voilles d'etay une voille d'artimon, [.] on fait la grande voille en joignant les deux envergures des deux artimons ensemble, [.] etant ainsy construit, cela fait une voille carrée, [.] on peut faire servir pour artimon une grande voille d'etay [.] si l'on etoit pas bien pressé on pourroit y rapporter quelque leze d'augmentation affin de luy donner la bordure necessaire,

 

Maniere de prendre dans un coup de vent un ris a la grande voille dont la vergue est haute

Il faut la larguer et mettre a chaque bout de la grande vergue une poullie a y passer du cordage de deux a trois pouces dont un bout sera sur l'herse de la bande de ris, [.] on hisse en mesme tems la bande de ris, le monde hallant en bas sur l'autre bout du cordage passé dans la poullie cy dessus[.] on hisse la bande de ris a joindre la vergue apres quoy on amarre pareillement la pointure vers le vent, tout le monde ayant poussé la voille au vent et ensuitte sous le vent, [.] le vent etant forcé, il faut commencer a amarrer les garcettes au vent depuis le bout de la vergue jusqu'au mast [.] on en uze ainsy sous le vent [.] il faut tenir autant qu'il se pourra le bout de la vergue brassée de pointe au vent en faisant de cette maniere un ris, [.] on le fera avec la moitié moins de monde, [.] moins il y en a et moins il y a de risque pour les hommes, [.] on doit choisir les meilleurs mattelots, [.] il faut mettre une cargue entre le cargue fond et la cargue boulline pour carguer plus facillement la voille, et haller d'en bas sur le garan du pallan de ris

 

Maniere de prendre les fanons d'une basse voille dont on a pris les ris la vergue etant sur le plat bord,

Il faut serer [ ?] la voille depuis les deux bouts jusqu'au cargues points, ce qui s'appelle les fanons [.] apres quoy on met de la fourrure sur le point pour empescher la garcette qu'on doit remettre de coupper la voille, [.] ensuitte on fait plusieurs tours de garcettes de cables ou de cordages ou sangles, dont un bout est amarré a la vergue ou dormant en dehors le cargue point, en sorte qu'il ne reste que le fond de la voille qu'on aura eu soin de carguer, [.] sy elle empesche de faire la manoeuvre cy dessus, on pourroit mettre des sangles pour fortiffier le fond sy elles ne mangeoient point la voille,

 

Moyen de faire virer vent devant pendant une grosse mer et du vent

Ayant pris le party de virer il faut avant de mettre la barre sous le vent faire rallier le V.au le plus prest du vent qu'il se pourra, tenant la barre droite et sitot que l'on voit le V.au rallié au plus pres il faut tout a la fois pousser la barre sous le vent et en mesme tems larguer l'ecoutte de mizaine entierrement, et brasser au vent le petit hunier ayant largué celluy de dessous le vent, [.] les voilles d'avant se trouvent tout d'un coup en rallingue et avec le peu d'air que le V.au a encore a courir de l'avant il met le vent sous les voilles d'avant [.] les voyant coiffez sur le mast il faut a mesure que le V.au vient au vent suivre le vent avec les bras et ne boujeant aucune boulline autant que l'on pourra parcequ'en les larguant, les voilles font un saq a culler se trouvant presque en croix sur le mast, ce qui fait qu'un V.au peut se rabattre en cullant et manquer de virer, [.] au lieu que ne larguant point les boullines et brassant le petit hunier sous le vent les voilles d'avant sont tout a fait traversées par ce moyen le V.au prend et vire tout cour sans culler et pour le faciliter,

S'il y a une chalouppe derriere on porte son amarre au bossoir du vent et s'il ny a personne dans la chalouppe ou peu de monde on halle du bord sur la ditte aussiere du costé qu'on veut virer faisant lancer au largue, [.] on se sert ainsy du grand hunier de la maniere qui a eté dit ailleurs et s'il y a du monde dans la chalouppe on la fait nager comme sy elle vouloit s'esloigner du V.au

Sy le V.au a perdu son air il faut larguer la boulline du grand hunier et la bien brasser au vent qui donnant dessus poussera l'arriere du V.au et fera venir l'avant au vent,

 

Maniere de faire arriver un V.au desmasté du mast de mizaine et du beaupré ne pouvant appareiller aucune voille d'avant

Il faut en ce cas tenter ce que l'on a toujours pratiqué qui est de serrer l'artimon et amenner la vergue sur le pont, [.] l'on met ensuitte la barre vers le vent et l'on file de la grande ecoutte a mesure que le V.au arrive, [.] quelques navires arriveront par cette manoeuvre et prendront lof pour lof mais celuy qui ne pourra arriver par ce moyen il faut border la grande voille a toucher au plus pres, haller les bras de boulline, appareiller l'artimon hissant la vergue tout haut et l'ayant bordé tout plat le V.au doit venir au plus pres jusqu'a la rallingue, [.] pour lors il perd entierement son air de venir au vent et commence a s'abattre[.] On doit dans ce tems carguer l'artimon et amenner la vergue mettant sa barre a arriver et filer de la grande ecoutte et du bras sur le vent ayant filé en garand sa boullinne brassé au vent a mesure que le V.au arrive laissant toujours porter la voille sans bouger le lof jusqu'a ce que la poupe soit au vent,

 

Maniere de faire arriver un V.au avec une voille etablie pour tenir contre la derive,

Sy l'on voit que les expedients cy dessus ne reussissent pas on peut moüiller du V.au a travers l'amure une voille garnie et etablie pour soustenir la derive [.] l'ayant jettée a la mer, toutte appareillée il faut porter l'aussiere qui sert de toüée a la voille sur l'arriere du V.au apres en avoir filé une quantité convenable pour l'esloigner du bord [.] on amarre l'aussiere a l'endroit le plus aisé pour retenir le V.au ce qui fait arriver,

Sy on a point de voille on saisit des cages chargées et autres choses capables de faire resistance au bout d'une aussiere qu'on porte sur l'arriere du V.au et ayant filé une quantité convenable on prend aussy l'aussiere par derriere par le sabord mais cette manoeuvre ne doit point faire tant d'effet que la premiere,

 

Maniere de faire arriver un V.au avec une voille d'etay

L'appareil d'une voille d'etay pour faire arriver le V.au se fait par le moyen d'un pallan dont la poullie double s'establie aux barros du mast de mizaine et la simple sur la pointure et pour faciliter et abreger la manoeuvre il faut se servir d'un cargue fond du petit hunier pour drisse et pour amure, [.] il faut prendre un cordage venant du bossoir vers le vent et l'amarer a joindre au bossoir vers le vent, [.] apres l'avoir hissé tout haut freslé sur de mechant fil de caret on met pour ecoutte un palan dont la poullie double est frappée sur le point de la voille d'etay, et la simple sur un des crampons etablis sur le bau le plus arriere du gaillard d'avant,

 

Le moyen d'eteindre le feu qui auroit pris dans la fosse aux cables ou ailleurs,

Sy le feu se met dans la fosse aux cables ou ailleurs il faut tacher de l'etouffer avec des hardes ou voilles moüillées en coupant en avant et en arriere ou il peut gagner, et presentant le bout du V.au et le costé le plus favorablement[.] il faut carguer apres cela les voilles, [.] mais si le feu presse, dans la fosse ou ailleurs a cause du goudron et cordage on laisse tomber les ancres et filer les cables, ce qui peut oster la matiere au feu pendant qu'on jette quantité d'eau, [.] sy le feu est ailleurs sans le pouvoir eteindre il faut moüiller les poudres pour esloigner le feu et s'il ny a point de resource, couper les masts pour les jetter a la mer et les voilles, jetter les caillebotis des panneaux plancher et autres choses

Il faudroit auparavant de filler les cables oster les ancres et les laisser suspendües par la serre bosse ou candelette et mettre des canons et des boulets a deux testes, et autres fardeaux attachez au bout des cables pour les aider a filler plus vite par ce moyen on en pourroit sauver les cables et les ancres le feu etant eteint, [.] ce moyen n'est pas bon [Commentaire à posteriori de l’auteur ?]

 

Estat des ustencils de rechange pour les V.aux de chaque rang qui ne se donnent point a l'arsenal

Les V.aux du premier rang

Second

Troisiesme

Et quatriesme rang

Il faut deux rouets a chaque pied de mast

Il est a remarquer que les deux rouets des pieds de masts d'hune sont plus essentiels et necessaires pour rechange que ceux du clan d'autant plus qu'un coup de canon peut coupper les deux roüets qui sont au pied du mast d'hune et qu'on pretend qu'ils servent pour le mast de rechange, de maniere qu'ayant un coup de canon au pied d'un de vos masts d'hune et qui vous rompe les deux roüets comme il arrive plutot qu'a ceux du clan vous vous trouvez ayant les deux roüets du pied du mast d'hune rompu, n'avoir plus rien pour garnir le mast d'hune de rechange, et vous ne sauriez sans peine le mettre en place sans les roüets des pieds, et sy ceux du clan etoient rompus par un coup de canon ou perdu en demastant du mast d'hune on a toujours recours a deux poullies simples que vous avez a roüets de gayac estroppées pour chaque mast au cas que pareil malheur vous arrive, [.] cela n'empesche pas qu'autant que les magazins pourront fournir quatre roüets pour chaque mast d'hune il ne soient entierement necessaire

Il ne faut jamais oublier quatre essieux de rechange pour les d. masts d'hune scavoir deux pour le pied et deux pour le clan de chacun, il faut avoir quatre essieux de rechange pour les roüets des masts d'hune deux pour le clan de chaque mast et deux pour le pied,

 

Pour le sep de grande drisse un essieux de rechange ce que l'on a pas donné ordinairement pour le sep de drisse de mizaine [.] pareillement pour les deux bossoirs soit qu'ils soient garnis de fer ou de fonte un essieux de rechange pour chacun

 

Jumelles

Un Vaisseau du premier rang qui n'a point assez de quatre jumelles de rechange, vu que dans un combat vous pouvez avoir quatre masts osfencez a ne pouvoir les renforcer et mettre en etat de servir que par deux jumelles de renfort a chacun, [.] il ne parle point desmatage parce que lors que vous avez desmatté il n'est plus besoin de jumelles, mais lors d'un combat il en faut une proportionnée pour le mast de beaupré deux pour les vergues qui soient proportionnées qui puissent servir en cas qu'on en ayt pas besoin

 

Pour les poullies de drisse un essieux de fer de rechange, a chacune,

Pour les poullies de guinderesse un essieux de rechange a chacune,

Pour les poullies de cappon un essieux de rechange a chacune,

 

Pour le premier rang les agrez et ustencils de rechange

Scavoir

Il n'est ordonné par les estats de la cour que deux roüets pour le clan de chaque mast d'hune,

Le P.er rang deux pompes de rechange qu'on met, le Vaisseau faisant de l'eau au grand panneau le pied sur la carlingue

Le second, troisiesme et quatriesme rang une a chaque navirre, une demy grande vergue, un cabestan de poste

Une piece de cordage entiere pour itague et fausse itague proportionnée au rang du V.au

Quattre poullies de guinderesse et les raisons qu'il y a de ne point retrancher les quatre poullies de guinderesse de rechange c'est que par le moyen des d. poullies jointes ensemble, vous pouvez former un sep de drisse au cas qu'un des seps des grandes drisses fut rompu par des coups de canon [.] on le peut par le moyen des chevilles a organnaux ou a boucles que vous mettez sur le bau ou est etably le sep de drisse l'ayant percé a travers et goupiller comme on fait a touttes les chevilles qui travaillent

Pour un V.au de trois ponts et demy cinq criqs, un pour chaque batterie et un pour chacun des gaillards plus forts qu'on les fait,

Pour les V.aux de trois ponts quatre criqs, deux pour la premiere batterie et un pour chacune des autres,

Pour les V.aux de deux ponts et demy trois criqs

 

Pour les voilles

Il seroit fort necessaire d'avoir egard a la quantité de fil de caret qui s'employe pour garcettes de ris et combien cela peze sur le mast, [.] pour diminuer de la moitié du poids il seroit d'importance de se servir de quarantenniers pour rabans de ris d'egalle grosseur a ceux des envergures, on soulageroit le mast de beaupré, s'il est a remarquer qu'un petit poids parroist bien grand sur un mast d'hune surtout lorsqu'il vente [ ?] il seroit bon de le soulager, sy on se servoit de quarantenniers,

 

Etablissemen pour un combat

Il faut au gouvernail de chaque V.au au niveau du seüillet des sabords de la sainte barbe deux organnaux un de chaque costé ou en arriere sur lequel on etably deux pallans au cas qu'on ait la teste du gouvernail ou la barre rompue pendant le combat

L'etablissement de ses pallans se fait ordinairement dans la S.te barbe, mais comme la S.te barbe est un lieu fort occupé par le canon et que mesme, le commandant du V.au ne sauroit estre a son poste, commander ny se faire entendre aux gens qui sont etablis sur les pallans du gouvernail dans la S.te barbe soit pour l'eloignement, soit pour le bruit qu'un equipage fait lors d'un combat il est plus a propos d'etablir les pallans par dehors le costé du V.au venant du gouvernail au dessus de la premiere batterie et au dessous de la seconde et par consequent ils ne peuvent embarasser ny l'une ny l'autre des batteries,

Il faut pour cet effet mettre un cordage d'environ 5 a 6 pouces bien fourré, d'un bout a l'autre, un des bouts sur le gouvernail et passer l'autre dans un taquet a geulle qu'il faut frapper au bout de la barre d'arcasse au dessus du sabord de la premiere batterie et sur le bout qui passe dans le taquet il faut espisser une cosse pour y crocher le pallan et l'autre poullie du d. pallan il faut l'accrocher a une des chaisnes des grands haubans present [ ?] le garand sur le pont d'en haut un de chaque bord, [.] c'est la l'endroit d'ou le commandant du V.au voit toujours l'effet de son gouvernail et est au lieu de commander le monde qui est sur les pallans les ayant des deux costez aupres de luy

Nous avons dit icy de crocher une poullie des pallans aux chaisnes des grands haubans, c'est parce que nous n'avons pas mis en usage la manoeuvre cy dessus[.] celuy qui voudra s'en servir fera etablir un organneau de chaque bord a quatorze ou quinze pieds de l'arcasse allant en avant au milieu de la premiere et seconde batterie et par ce moyen le pallan ne courre pas tant de risque d'estre couppé ne venant point de sy loing.

 

La maniere d'establir les manoeuvres de rechange pendant le combat

Pour la vergue d'artimon une suspente etablie par deux demy clefs au tenon du mast et au dessus des haubans et les deux bouts etablis sur la vergue par un tour mort ou deux demy clefs, un des bouts a l'arriere du mast et l'autre en avant, travaillant tous deux egallement tenant la vergue a la scituation qu'elle est lorsque l'artimon est appareillé [.] on place la suspente de la maniere qu'il est dit cy dessus parcequ'un V.au s'abattant, un seul coup de canon ne s'auroit coupper la suspente et la drisse en mesme tems,

 

La maniere d'establir le corps d'un V.au par dehors et par dedans pour un combat,

Il faut regarder tout autour du V.au par dehors qu'il ny ait ny estouppes gaudronnez ny autrement ny prelats gaudronnez ny voilles de chalouppes ny de canots ny autres hardes que les equipages pourroient avoir laissez ny faux sabords garnis de toille le tout est dangereux aux feu des ennemis soit par un vallet de canon allumé ou par un boulet creux plain d'artiffice qui viendra crever sur le bord qui ne manqueroit pas s'il trouvoit des embarras comme il est dit cy devant de mettre le feu, et lorsqu'il ny a que le corps du V.au on est exempt de ses risques,

Il faut pendant un combat avoir une piece de cordage sur le pont ou gaillard de chaque espece [ ?] de rechange joint a cela partager au pied de chaque mast une quantité de quarentenniers merlins et bistords affin de n'estre pas obligé d'en aller chercher a la fosse aux lions, [.] pendant un combat il faut observer les mesmes precautions pour les espissoirs, haches, sceaux de cuir et de bois faubert a main de manches de cordes,

Il faut aussy mettre en usage des poullies plattes ou demy poullies n'ayant qu'un roüet qui soit attaché aux harpes de la poulaine pour pouvoir amurer la mizaine en deux endroits parce qu'un seul coup de canon peut coupper les deux dogues d'amures

Le vaisseau qui n'aura pas de poullies pourra estropper des poullies proportionnées a pouvoir passer les ecoutes et les mettre en place auparavant le combat en cas qu'il y en ayt besoin,

Il faut pour rechange a la grande voille quand on l'appareillera pendant le combat une fausse amure a mettre en place d'abord que la voille est amurée [.] la fausse amure se fait par le moyen d'un bout de cordage de quatre a cinq pouces ou l'on episse a chaque bout un croq pour en crocher un sur l'herse la plus proche du point a la relingue du fez et l'autre pareillement a la prochaine herse du point sur la relingue du fond, [.] le double de ce cordage fait une brotague ou estroppe simple en frappant un cordage ou une fausse amure sur le double de cette bretague qui doit venir aussy bas que le point de la grande voille passant la fausse amure par le prochain sabord [.] supposé qu'il n'y ait qu'une dogue d'amure il doit y en avoir deux dans tous les V.aux pour plusieurs raisons et l'autre p. y amurer une mizaine et aussy pour despasser l'escoüet de la grande voille et le mettre dans le plus prochain du grand mast allant vent arriere ou largue,

 

Article des poulies de rechange qui doivent estre estroppées des la sortye du port et partagées lorsqu'on se prepare pour un combat,

Scavoir

Au pied du grand mast pour les calliournes deux

Pour les palans du grand mast, une double et une simple

Pour la drisse du grand hunier une double et une simple

Pour les pentures des grands bras deux poulies de bout de vergues

Pour les ecouttes d'hune deux poullies de cargue fond ou de chaque boulline quatre,

Poullies de cargue fond du grand hunier deux,

Pour ballancines du grand hunier deux

Poullies d'itague et faux itague une,

Il n'y a qu'a remarquer ce qui est cy devant tout pour le grand mast [.] il en faut pareil nombre et mesme quantité pour le mast de mizaine et pour le petit hunier,

 

Maniere d'assurer une grande vergue sur les itagues et suspentes pendant un combat,

On met ordinairement un gros boullet sur le grand mast au dessous du racage environ un pied et joignant au boulet par dessous une garcette faitte expres qui est approchant de la grosseur de celle dont l'on fourre les cables avec une quantité de tours suffisant pour empescher le boulet de glisser et tomber en bas [.] on met par dessous tout cela quelques vieux orins ou aussiere approchant de la mesme grosseur faisant deux demy clefs sur le mast droit au millieu du mast par derriere apres les demy clefs faittes et bien serrées a toucher la garcette qui joint ce boulet,

On porte les deux bouts de l'orin ou aussiere au tenon du mast et on les amarre tous deux le plus roide que l'on peut, [.] cette manoeuvre la est bonne, [.] quand les itagues et suspentes seroient touttes couppées, cela vous tiendra une journée entiere, une vergue a sa place, [.] on met dessus la grande vergue trois suspentes scavoir une double entre les deux itagues passant dans une estroppe qui est frappée sur la vergue ou il a eté dit, et ces deux bouts s'amarent au tenon du mast au dessus des haubans [.] les deux autres sont en simple dont le double est aussy au tenon du mast venant un bout de chaque bord par dehors les barres du grand mast se joindre a deux estroppes qui sont etablies expres sur la vergue de distance environ d'un pied de chaque bord des itagues

Il faut encore deux autres qu'on ne met pas d'ordinaire, [.] il faut que ce soit une aussiere de sept a huit pouces et d'environ 25 brasses [.] la marquer par le millieu et porter le millieu sur le grand mast d'hune par dessus le grand chouquet et la frapper par deux demy clefs [.] il faut apres cela porter un bout de chaque costé sur la grande vergue tout aupres des poullies de chaque point en dehors environ deux pieds [.] il ne faut pas que les suspentes soient plus esloignées du mast l'une que l'autre [.] il faut aussy prendre garde en amarant les bouts et les mettre egallement roides avec ce qu'il leur faut de mol pour amurer la grande voille et a pareille distance du mast [.] ces deux suspentes ne sont pas ordinairement mises, mais elles se peuvent trouver les plus utilles d'autant que touttes les autres etant sy pres comme elles sont etablies les unes des autres un mesme coup de canon les peut coupper touttes et celles cy etablies en dehors du cargue point de la grande voille allant sur le grand chouquet peut estre garanties par l'esloignement qu'il y a a touttes les autres et comme cela, a moins qu'un coup de canon ne vous couppe la vergue d'artimon ou le grand mast par le pied ce qui n'arrive pas a de gros V.aux vous ne sauriez estre desemparez de cette maniere, [.] cette derniere manoeuvre peut aussy soustenir une grande vergue couppée et donner le tems d'y travailler

Il faut pour les grandes itagues une bosse a deux qeux tout au ras et par dessus les barres en avant amarrez sur les deux itagues a un demy pied au dessus des barres [.] il en faut une semblable par derriere au ras des barres aux itagues par dessous en sorte que les barres soient entre deux bosses, [.] les deux bosses suspendront la vergue quand les itagues seroient couppez en arriere depuis les barres jusqu'a la poullie de drisse et en avant entre les barres et le chouquet [.] en avant l'itague etant couppée entre la hune et le chouquet la bosse d'en avant etant chargée du poids de vergue avec les autres suspentes tombent couppée, au dessous de la bosse qui monte [ ?] a joindre aux barres par derriere et travail avec l'autre, [.] les bosses sont liées aux itagues par derriere et par devant un demy pied au dessus et au dessous des barres et pour empescher que les bouts d'itagues coupez par derriere depuis les barres ne tombent sur le pont sur le monde il faut les suspendre par le moyen de deux pallanquins qu'on frappe sur les barres en arriere ce qui servent [ ?] ordinairement de calle bas au grand racage pour amenner et hisser,

On etablit pour autant de tems comme le combat dure un pallan qui sert ordinairement de calle au grand raccage et par le moyen de ce pallan frappé sur les itagues supposé que vos itagues et drisses soient couppez, elles demeureront suspendües sur ce pallan a ne point tomber sur le pont comme il pourroit faire a estropier du monde,

Autrement une poullie de ces deux pallanquins qui serre de calle doit estre frappé sur les barres et toucher le mast par derriere et l'autre poullie du mesme pallanquin sur le cul de la poullie de drisse,

On etablit l'autre pallanquin dont la poullie d'en haut est presqu'au bout des barres en arriere et son autre poullie paralelle avec l'autre sur les itagues, [.] on en uze ainsy pour la vergue de mizaine,

 

Maniere d'empescher les garands de drisse de s'eschapper et de les arrestez etant couppez

Les garands de la grande drisse pouvant estre couppez [.] pour les arrester on met des cabillots couppez de la longueur et goujez a la grosseur du diametre de la grande drisse et une goujure pour chaque garand et ayant goujé et adjouté les cabillots on les amarre tous quatre, scavoir deux au ras de la poullie de drisse une sur les garants de devant et l'autre sur le garand de derriere qui sont ammarez de plusieurs tours de lignes ou bistord et croizez sur chaque garand avec des petites pommes de fil de caret pour empescher de depasser leurs amarages en cas que la drisse fut couppée

L'etablissement des deux autres cabillots sont au ras du sep de drisse avec les mesmes precautions des deux premieres,

Mesme chose se pratique pour les manoeuvres de drisse et itague de mizaine

 

Bosses pour la vergue du grand hunier a chaque point pour le bout des vergues

Il faut sur la ralingue du grand hunier deux herses de la grosseur de deux pouces et demy a trois pouces frappez sur une ralingue du fond a quatre pieds du point et l'autre sur la ralingue du fez a pareille distance [.] on frappe dessus chaque herse d'une bosse extraordinaire dont l'etablissement de ses deux bosses sont sur le bout de la grande vergue une en dedans de la pointure de la grande voille pour frapper sur la ralingue du fond du grand hunier et celle de la ralingue du fez a son etablissement sur la grande vergue par dehors toutte la garniture [.] il y a au millieu de touttes ces deux bosses une troisiesme de laquelle on s'est servy de tout tems qu'on frappe sur le point du hunier

 

Maniere de larguer les bosses en cas qu'il fallut carguer les huniers

Il faut envoyer des hommes pour larguer des bosses, brasser cependant le hunier sur le mast

Pour bosser les escouttes d'hune il faut deux bosses qui soient a foüet par un bout et ronde par l'autre le gros bout etably sur le grand racage a le joindre et le foüet sur l'escoutte d'hune par dehors la poullie sous vergue a deux pieds, [.] ces bosses roidissent autant qu'on peut en les etablissant sur les escouttes d'hune on en pourroit mettre plus d'une, et qui allat plus en dehors que la premiere,

 

Etablissement des manoeuvres de combat de rechange pour le grand hunier

L'on met un mast ou bourelet avec un morceau de toille envelopant le mast et une moyenne garcette faitte expres a mettre par dessous et pour fausse drisse une poulie a trois pour calliourne au tenon du mast d'hune une autre poulie a deux roüets sur la vergue frappée entre les deux itagues a une aussiere toutte entiere de quatre pouces et demy [.] sy c'est un grand navirre, passez dans les deux poullies comme une calliourne le garand venant au pied du grand mast a un des roüets du sep de drisse s'il y en a un de vuide, fautte de quoi une poulie de retour etablie au mesme endroit au pied du mast, courant de la a une autre poullie de retour qui s'etablit au mast d'artimon, et de la au pied du cabestan et si la fausse drisse n'est necessaire que pour hisser ou amenner la vergue elle est toujours en etat de la faire et apres l'avoir bien etably comme il est dit sans embarasser le canon ny les gens qui le servent parce qu'elle n'occuppe que les caillebotis,

Pour des faux bras et pour les faux bras ordinaires du grand hunier en simple passé dans une poullie frappée sur les haubans d'artimon etablis en haut aupres du marchepied des gambes du perroquet d'artimon passant de la au bout de la vergue frappée par deux demy clefs il faut sur le pont a chacun des faux bras une poulie de retour

 

Autre maniere d'etablir des faux bras qui peuvent servir de boulline

On peut de plus a un grand hunier etablir deux faux bras par devant les etablissant en dehors de toutte garniture par deux demy clefs de chaque costé laissant assez de bout pour estre facillement amarrez sur l'herse du millieu des pattes de boullines les autres bouts passant dans deux poullies frappées sur l'etay du grand hunier au dessus des barres et faux bras du petit hunier, [.] hallant sur ces bouts on brasse le bras de l'hunier, mais sy on n'avoit point besoin des faux bras et que les boullines ordinaires fussent couppées en envoyant un homme sur le bout de la vergue de faire les deux demy clefs de ces faux bras il servira de boulline en hallant sur le bout de dessus le pont [.] il faut que les garands passent dans deux poullies frappées sur le tenon du mast de mizaine et de la en retour sur le gaillard d'avant pour amarer aux taquets de boullines du grand hunier jusqu'a ce que vous vous soyez retably et apres s'estre servy de la manoeuvre comme il est dit et ayant retably les boullines ordinaires, il faut comme cy devant rapporter le double du faux bras au bout de la vergue, [.] cette manoeuvre se peut appeller faux bras d'autant que de la maniere qu'elle est etablie elle en peut faire les fonctions ayant tous les bras et faux bras de derriere couppez comme l'on a deja vu ceux de devant vous servent dans ce tems la, [.] sy les bras et faux bras de derriere ne sont point couppez, ils sont toujours en etat de vous servir en cas de besoin comme il est dit cy devant

Les deux faux bras de devant du petit hunier s'etablissent comme au grand et servent pareillement de boullines par deux poullies et retour a la courbe du beaupré venant amarré au lissage du fronteau

 

Autres manieres de boulliner pour le combat

Il faut couper un cordage a quatre tourrons de la grosseur des boullines qui soient frappées en avant des huniers d'une ralingue a l'autre sur la patte du millieu passer un oeüil de boeuf autrement dit une moque de boulline sur laquelle moque l'on episse la fausse boulline celle du grand hunier vient par une poullie de retour frappée au chouquet du mast de mizaine, [.] celle du petit hunier s'etablit comme celle cy dessus, la poullie de retour a la courbe de beaupré le garand venant sur le pont d'avant,

 

Maniere de saisir les ancres pendant un combat

Sy on est en lieu de moüiller il faut laisser les deux ancres de devant parées en cas de besoin avec leurs bosses et serre bosses ordinaires la patte hors le bord et au millieu de la vergue une des chaisnes de vergues sur chacune [.] les deux ancres de derriere doivent avoir les pattes dans le V.au autant qu'on le pourra en mettant d'augmentation au millieu des vergues une serre bosse sur chaque ancre [.] il faut aussy garnir de garcettes de cables ou de toilles de fourrure la partye des jats qui passent par dessus le bord pour empescher les eclats il faudra mettre sur le cable quelqu'unes des bosses qui sont en avant des bittes et quelques bosses dans la fosse aux cables,

 

Maniere de placer les voilles de rechange pendant un combat,

Lorsque se fera un corps d'armée qu'on aura le tems de se preparer il faut mettre une mizaine et un petit hunier dans la fosse aux cables amarez a travers le V.au entre les deux baux sur des taquets de fer qu'il y faut etablir expres,

Il faut aussy en mesme temps mettre un grand hunier dans la grande calle entre deux baux le plus pres qu'il se pourra du grand panneau, [.] vous vuidez par ce moyen une chambre a voilles a une civadiere et un artimon pres que vous pouvez mettre encore a la fosse aux cables, et l'artimon dans la grande calle, [.] vous pouvez apres avoir tiré comme il est dit touttes vos voilles de leur chambre mettre au fond de la d.te chambre tous les faux sabords a plat et ensuitte des boeufs vaches et moutons et autres bestiaux dont le V.au peut estre embarassé autant qu'elle en pourra contenir, [.] les faux sabords peuvent etre necessaires a fermer des sabords de la premiere batterie ainsy ils ne peuvent estre dans la chambre aux voilles,

On employe pour les echaffaux des malades et blessez qui surviennent pendant le combat depuis le grand panneau a la chambre aux voilles des planches ou bordages qu'on met uniment sur les faux baux au cas que le d. faux pont ne soit pas entierrement fait, partant de chantier tous les mattelas qu'on a et fautte d'une assez grande quantité de matellas on menage la vieille voille pour fourrure et les bonnettes en etay en bonnettes.

 

Maniere de faire servir les haubans gallaubans etant couppez dans un combat

Il faut avoir des bosses qui soient a gauche a foüet et a bouttons tout ensemble touttes preparées de la grosseur des haubans et longues de deux brasses et demy [.] on frappera une de ses bosses sur le bout d'en haut du hauban couppé et on accrochera un pallan dans la gense [ ?] de la bosse puis on saisira l'autre poullie de pallan dont l'herse ou estroppe est a foüet sur l'autre bout du hauban et sur le garand de ce pallan on frappera le pallan de candelette et on hallera dessus avec force et lorsque la bosse sera bien roide par la force du pallan qui est accroché dans la ganse [ ?] il faut frapper le bout de la bosse a foüet d'en bas sur le hauban par dessus la poullie du pallan qui le tient roide et lorsque cette bosse est bien prise l'on largue les pallans et les haubans et aussy roide que ceux qui n'ont point eté couppez on en uze ainsy les etay [.] sy l'on avoit des pallans a foüet en nombre, on pourroit les laisser sur les haubans au lieu de bosse ce qui seroit encore plus prompt [.] il faut toujours trois douzaines de pallans faits, devant d'aller a la mer au sortir du port,

 

La maniere d'etablir et porter les gens destinez pour le canon

On met a une premiere batterie de 36 ordinairement quatorze hommes [.] il est d'importance d'abord qu'un V.au est armé d'instruire les equipages les mattelots et soldats destinez pour le canon par le moyen de l'exercice jusqu'a ce qu'on les voye assez capables [.] il est toujours censé pour chaque canon un canonnier que l'on appelle maistre de la piece [.] il faut pendant ces exercices qui se feront on remarque celuy qui est le plus capable, pour remplir la place du p.er en cas de maladie ou blessure, [.] le second qui sera choisy il faut qu'il fasse de mesme et qu'il fasse choix d'un des plus capables au dessous de luy de maniere qui se trouvera trois hommes a chaque canon capables de commander et de le servir pendant le combat et de le saisir soit a la serre et aux sabords [.] il faut que l'officier commandant la batterie ordonne qu'il soit observé venant une occasion etant sous voilles que par un seul commandement toutte la p.ere batterie d'un bord soit dehors et pareillement quand il faudra la mettre dedans comme on y peut estre obligé pour virer de bord ou par une mer trop grosse a prendre de l'eau par les sabords [.] le V.au qui se battera et qui sera au vent de son ennemy tenant le vent au plus pres il doit commencer d'ouvrir vers le vent quoy que ce ne soit point du costé ou sont les ennemis qui soient sous le vent et le sujet de mettre le canon vers le vent dehors le p.er c'est pour dresser le vaisseau et le tenir en son equilibre et en mettant le canon dehors comme il est dit vous voyez si vous pouvez vous servir de la premiere batterie [.] quand vous ne pouvez pas souffrir la p.re batterie ouverte vers le vent vous ne pouvez pas l'ouvrir sous le vent sans courir de risque parce que le canon etant sous le vent aux sabords vous met a la bande a ne pouvoir pas etre redressé et par consequent sujet a remplir un V.au par ces sabords, [.] en ce cas il faut venir au vent en ralingue pour dresser le Vaisseau et sy cela ne suffit pas, il faut larguer les voilles et mettre le feu au canon pour le tirer dedans l'arrestant par des pallans de retenüe et mettant des pinces en avant des roües

 

La maniere de partager quatorze hommes qui sont destinez supposé les avoir a une piece,

Lorsqu'il faudra se battre de deux bords nous avons deja dit a l'article precedent que le cannonnier sensé pour commander la piece, en instruiront deux autres et le choix en seroit fait pour commander la piece tout comme luy et pour se battre des deux bords on partage les chefs des pieces un de chaque bord et le troisiesme que nous appellons jey [ ?] est au millieu du V.au pour agir luy mesme et faire agir les six hommes qu'il y a sur chaque canon [.] comme il se trouve que les canons ne tirent pas tout a la fois, ce troisiesme chef de piece doit toujours veiller sur ces deux canons et voir lequel des deux a plus besoin de gens et prendre d'un bord pour envoyer a l'autre soit pour mettre dehors le canon ou dedans [.] l'occasion fait voir ce qu'il y a a faire de maniere qu'il faut que de quatorze hommes il y en aye huit a touttes mains et qu'il y en aye trois censez pour servir la piece et ne la pas abandonner dont un des chefs est a chacune,

Il en est de mesme en pareille occasion a la seconde batterie et troisiesme proportionellement au nombre des gens qui sont pour chaque piece

La seconde batterie armée d'onze hommes par piece ayant partagé les trois chefs comme il est dit qu'il faut faire trois hommes a chaque piece qui ne doivent point l'abandonner pour les deux hommes qui ne bougent point de leur poste et ainsy il vous reste pour aller au nombre de onze hommes cinq hommes que vous avez a toutte main pour servir les deux pieces de sorte que celle qui a besoin de plus de monde peut toujours compter sur huit hommes qui suffisent toujours pour le maniement d'une piece vu que vous ne courrez aucun risque par les sabords d'une seconde batterie

La troisiesme batterie a sept hommes par piece il faut la mesme instruction de trois chefs de pieces qui etant portées se partagent les deux p.ers un de chaque bord et le troisiesme au millieu, il faut que chacun des chefs qui servent a la piece ayant simplement un homme pour charger et amarer les pallans sur le canon quand il est au sabord ayant ainsy deux hommes a chaque piece il en reste trois au millieu comme nous avons dit a toutte mains pour agir a servir la piece la plus pressée [.] on doit employer au canon les soldats de la mousquetterie a moins qu'on ne soit fort proche

 

Precaution que doit avoir un officier commandant la premiere batterie

Le vaisseau etant sous voille et ouvrant une p.re batterie il faut en l'ouvrant mettre le canon dehors egallement sy le vent est faible de deux costez, [.] mais sy vous estes au plus pres du vent et sous le vent d'un ennemy et que vous puissiez vers le vent ouvrir toutte la batterie, le vent qu'il fait et toutte la voillure que vous portez vous fait voir sy vous pouvez ouvrir des sabords sous le vent en pareil cas [.] quand c'est en corps d'armée qu'on n'est point sujet a virer vent devant ny vent arriere il ne peut jamais y avoir de surprise, [.] c'est la ou il faut avoir egallement de canon dehors pour tenir le V.au en equilibre mais lors d'une rencontre de V.au a V.au le cas n'est plus semblable en ce que celluy qui est le plus fort, il ne fera pas de mouvement que comme il luy semblera bon et s'il se trouve que le plus fort des deux vaisseaux aille le mieux, le plus faible ne peut echapper que par quelque ruse comme cela, [.] etant pres a l'aborder dessous le vent celuy qui est au vent n'a de resource que celle de virer vent devant et sy lorsqu'il donne vent devant ce navirre a sa premiere batterie ouverte et le canon au sabord il est en pareil cas bien a propos de fermer la batterie avant que de virer vent devant et, si le vent n'est pas grand, et que la mer soit unie, on laisse toujours une batterie dehors [.] c'est cependant toujours courir un risque fort grand et la perte du V.au et de l'equipage, [.] c'est ce qui est arrivé a un V.au de quarente quatre pieces de canons le S.t Joseph de Venize se battant contre une algerien sur le cap blanc 1669.

 

Moyen d'empescher dans le temps d'un combat un grand mast qui est rompu de tomber n'ayant point de jumelles,

Il faut caller le mast d'hune sur le pont et en coupper tout ce qui depasse les grandes barres d'hune et faire plusieurs rostures tout au long du grand mast et celuy d'hune apres quoy il faudra fourrer dans les vuides des coins de sap entre les deux masts affin de les faire egallement travailler [.] il s'y peut apres garnir quelque mast de perroquet ou bien quelque mast d'hune au dessus de ses proportions

Le mast d'hune etant couppé par le petit bout on doit le caller jusqu'a ce que le bout soit au ras du chouquet de mizaine pour y frapper des taquets ou demy roüets pour soustenir des poullies qu'il faut mettre sur le dit mast passer les itagues apres luy avoir fait un tenon il faut mettre par dessus les estroppes des poullies les haubans et etay comme auparavant apres quoy on doit virer le mast et reprendre les haubans et etay et les roidir en mesme temps

Le mast d'hune etant en risque de tomber des coups de canon qu'il aura recu dans un combat il faudra le fortiffier avec des pieces rentrées dans le mast avec des liens de fin cordage ouvrant le racage puis mettant des pallans a foüet au dessus de la brisure bien ridée qui seront prest a larguer [.] au besoin le mast pourroit soustenir quelque tems s'il faisoit beau et que la mer fut calme [.] s'il est difficil de faire cette manoeuvre le mast restant haut il seroit aussy bon de saisir les haubans contre le mast au dessus de la brisure

On peut redresser une hune en double en frappant des deux costez de la brisure des crampons dans lesquelles on passe des pinces de fer

Les portes haubans etant couppez ou en double on se sert des courbattons en mettant dessus et dessous sinon il faudra entamer [ ?] dans le bord a deux pieds au dessus du porte hauban et de mesme dans le d. porte hauban puis on appuye de force et on engage dans ces entamures [ ?] par les deux bouts diverses pieces de chaisnes couppées de long

 

Un vaisseau qui aura pendant le combat tous les grands haubans couppez d'un coup de canon ou boullet a deux testes tout d'un bord et de l'avant a l'arriere ou autrement,

Il faut en tel cas master un grand mast d'hune de rechange ou vergue pour servir d'esguille du costé ou reste les haubans entiers et luy mettre le clan en haut et le pied sur le pont du mesme costé de faire sur le mast une bonne rosture semblable a celle d'une eguille le plus pres des barres qu'il se pourra et surtout par dessus le grand racage affin de pouvoir toujours amenner la vergue [.] le d. mast d'hune sera mis par derriere, le grand mast peut etre toujours en liberté d'amener le mast d'hune qui est en haut [.] sy dans un cas pareil on peut mettre au vent le bord ou sont tous les haubans entiers il faut commencer par la parce que la voillure sert d'hauban sous le vent

Les grandes barres etant rompües et n'ayant pas le tems d'en remettre d'autre il faut appliquer dessus le bordage et saisir le mast d'hune contre le grand mast avec une eguillette et le soustenir par une suspente

 

Un V.au ayant recu quelques coups de canon bien avant a l'eau pendant un combat

Il faut sy le coup est sous le vent qu'il vire vent devant apres avoir fermé la premiere batterie [.] il faut laisser touttes les voilles sur le mast pour faire larguer le V.au et sy le vent n'est pas assez fort pour que les voilles puissent faire tout l'effet pour larguer il faut aider par le canon du gaillard et seconde batterie s'il en est besoin et apres avoir bouché le coup de canon on reprend son poste, [.] sy le coup de canon estoit du costé du vent il faut le faire courir par un autre V.au mettant touttes les voilles sur le mast a passer du canon sous le vent jusqu'a decouvrir le coup pendant cette intervalle le V.au tombe sous le vent et hors de la ligne mais etant rappareillé on peut s'y mettre,

Sy pendant qu'on fait ce travail il etoit calme il faudroit ayant fermé les sabords dessous le vent faire passer tout le canon pour mettre le navire a la bande

Il est eprouvé que tous les V.au de guerre doivent estre mis assez a la bande par leur seconde et p.re batterie pour trouver un coup de canon un boullet n'y passant point au travers d'un costé de navirre qui ayt deux pieds ou trois et demy dans l'eau [.] il ne faut point oublier de bien saisir le canon de la premiere batterie du costé du vent et du monde attentif a le redresser en cas qu'il y eut apparence de vent il faut qu'en pareil cas un V.au soit gardé par quelque fregatte ou barque longue capable d'enlever un brulot et l'equipage s'il ne pouvoit l'empescher de couller bas,

 

Moyen de sauver un V.au qui remplit d'eau par plusieurs coups de canon,

Il faut que le chef de division qui se trouvera le plus prest de celuy qui fera connoistre que son V.au est incommode detache deux des plus forts bastimens de charge qui se trouveront a portée faute de quoy il faudra detacher des fregattes ou des brulots qui doivent l'aborder de chaque bord et le saisir par des greslins ou aussieres le d. V.au de guerre sur le d. bastiment passant par les sabords de la premiere batterie du V.au et par ceux d'en haut des bastimens de charges plusieurs tours de greslin [.] cependant on doit travailler a alleger le V.au et decharger sur les d. bastimens le canon, la moitié dans chacun [.] sy l'on voyoit qu'ils ne fussent pas assez forts pour porter tout l'armement du V.au il faudra jetter ce qu'ils ont dans le fond de calle jusqu'a lever [ pour enlever ?] le leste pour y mettre l'armement du d. V.au

Sy l'on voit apres y avoir mis tous les canons, armes, boullets, voilles, cordages et cables, ancre poudre et autres ustencils comme mast d'hune, vergues grandes vergues, celle d'artimon de civadiere et tous les agrez comme les roüets et seps de poullies, cappons, on peut avoir le tems de sauver tout ce qui est remarqué cy dessus n'etant point a craindre que le V.au coulle bas l'ayant allegé de tous ses plus grands fardeaux [.] sy l'on voit ensuitte ne le pouvoir conduire dans quelque port ayant pris l'equipage, on l'abandonne ou l'on le brusle [.] sy pareil accident arivoit en vüe de quelque port aussy ayant le vent fort bon et la mer belle il ne faudroit point l'abandonner [.] il faudra faire appareiller les bastimens sur quoy le V.au est saisy et faire route au p.er port [.] fautte de vent il seroit necessaire de se faire remorquer par quelques bastimens de rang accompagnez de V.aux de guerre,

 

Maniere de faire servir les grandes escouttes d'escoüets et d'escoutte pendant un combat ou en louvoyant en un canal etroit de beau tems ou le simple suffit

Il faut d'effrapper les deux escouttes de dessus le point de la grande voille et partager ensuitte la grande escoutte en trois parties egalles sans rien coupper et frapper par un noeu d'ecoutte sur le point de la grande voille la troisiesme partie de l'ecoutte pour servir d'escoüet et les deux autres parties pour servir d'ecoutte en simple, [.] on manoeuvre facillement par ce moyen pendant un beau tems [.] on en fait de mesme de la mizaine hors qu'il faut partager l'ecoutte de mizaine egallement le millieu sur le point de la mizaine par un noeu d'ecoutte

 

Pour le combat

Les charpentiers et calfats sont en nombre de neuf hommes, a scavoir un homme destiné pour l'archipompe a tout moment, passe parolle pour avertir le maistre calfat sy l'eau augmente

Cinq charpentiers ou calfat [.] leur poste est a fond de calle pour se faire faire de la place pour pouvoir faire le tour le long de la gallerie pour remedier aux inconveniens qui peuvent arriver,

Trois charpentiers ou calfat se mettent au premier pont pour mettre tout proche le grand mast les platines de plomb, plaques de bois, tapons et boullets de suif, ferrements et cloutterie,

 

Maniere d'evitter un combat inegal contre un V.au qui est sous le vent et qui est fort pres

Sy le V.au que nous disons plus fort se trouve sous le vent tenant au plus pres et qu'il aille mieux a la voille que le petit V.au il faut que le petit laisse venir le gros le plus pres de luy qu'il pourra pourvu qu'il ne soit pas en etat d'estre demasté [.] s'il se voit canonné et qu'il ne puisse pas par son artillerie resister, il faut manoeuvrer de sorte que le gros V.au ne puisse pas connoitre par la manoeuvre que vous faitte que vous voulez vous mettre sous le vent, [.] il faut en pareil cas preparer les perroquets bonnetes et etay sans rien desfresler, et tout ce que l'on peut appareiller de voilles, pour courir vent arriere et apres l'estre ainsy preparé, il faut mettre la premiere batterie dedans et fermer les sabords et virer vent devant et apres que le V.au aura pris vent devant il faut auparavant de changer aucune voille laisser abattre le V.au jusqu'a ce qu'il ayt le vent a travers apres quoy vous changer les voilles du grand mast et vous amurez votre grande voille comme sy vous voulliez revenir au plus pres du vent et mettre vos voilles d'avant en croix et gouverner le cul au vent sans carguer l'artimon et par ce moyen vous vous trouvez tout d'un coup sous le vent auparavant que le V.au ennemy connoisse ce que vous voulez faire, et comme il vous voit un artimon bordé il croit que vous voullez revenir au vent et sy vous ne venez pas assez tot il croira que c'est faute de manoeuvre ou q'on ne sait ce qu'on fait, soit par la peur, ou manque de scavoir, [.] ainsy, d'abord que vous avez fait cette manoeuvre et que votre ennemy est au vent de vous, il faut en toutte diligence appareiller touttes vos voilles qui peuvent porter vent arriere et mettre votre ennemy le plus tot que vous pouvez droit a l'air de vent qui vient derriere, et vous pouvez pendant ce tems la passer du canon de l'arriere a S.te barbe et dans touttes les chambres ou il s'en pourra mettre [.] s'il ny a pas de sabords, il en faut faire et d'abord que votre canon est estably il faut tirer incessamment, tant que le vaisseau ennemy sera a la portée du canon parce que le feu de votre canon vous couvre le V.au  [.] il est mesme constant qu'il contribue un peu au sillage et sy le V.au ennemy tire par l'avant comme il est naturel a un V.au qui donne chasse de tascher de s'emparer le V.au qu'il poursuit cela luy retarde son sillage et pour peu qu'il tire vous vous en appercevez bientot, [.] vous le laissez de l'arriere et vous laissant tant qu'il vous reste a la porter il ne peut pas vous pointer un canon juste ny sur le corps du V.au ny sur la masture parce que vous estes toujours couvert de vostre fumée, [.] on a vu souvent tant pour prendre chasse que pour la donner des V.aux ayent touttes les hardes des equipages dans les fillets, n'aller pas sy bien que comme lorsqu'elles sont a leurs postes, [.] cette remarque doit estre faitte par celuy qui fuit et s'il appercoit que les hardes qui sont dans les fillets fassent tort a son sillage il faut les mettre au fond de cal a l'endroit ou ils embarassent le moins et pour couvrir l'equipage il faut mettre a la place des hardes sur les lisses les .. [ ?] ou bonnettes emaillées ou quelque autres voilles qui se trouveront dans le V.au propres pour cela, [.] il y a aussy des V.aux qui demandent que les canons ne soient pas saisis, [.] je croy qu'il faudroit mieux feindre de vouloir aborder le V.au sous le vent en arrivant sur luy et le passer de l'arriere,

 

Maniere de faire lever une grosse ancre par une chalouppe dans laquelle il n'y a personne,

On fait frapper une grosse poullie sur une herse longue de deux brasses et amarer cette herse en maniere d'orin sur la croisure de l'ancre qu'on veut moüiller [.] on fait ensuitte passer une aussiere dans la poullie de cette herse et on fait saisir les deux bouts de l'un a l'autre costé du V.au pour en empescher les tours, [.] cette manoeuvre etant frappée de cette maniere, on fait moüiller l'ancre d'affourche comme on la fait moüiller ordinairement en fillant l'aussiere en double avec le cable, et lorsqu'on veut la lever on fait saisir un des bouts en dormant sur le roüet qui est en arriere de touttes les chalouppes, et ainsy dans une poullie qu'on fait mettre proche et vis a vis du roüet, ce mesme garand passe dans une semblable poullie frappée en avant de la chalouppe, [.] ce garand passe dans les d. poullies empesche la chalouppe de s'entraverser, [.] les mattelots hallant du bord sur cette aussiere, la chalouppe courre toutte seule la poupe la premiere et vient a piq sur l'ancre avec tant de force qu'elle la leve plutot que les mattelots, hallant sur l'aussiere ne s'en apperçoivent, [.] on la fait haller sur le bossoir et faisant virer sur le cable pour la rembarquer la chalouppe apporte l'ancre suspendüe a son arriere et on la caponne promptement,

 

Precaution qu'on doit observer allant a la voille canonner une place ou des V.aux a une coste

Lorsqu'on doit aller canonner une place a la voille ou des navirres a une coste si le V.au ne porte pas bien tout a fait la voille et que sa batterie ne soit pas fort haute il ne faudra pas mettre la batterie basse dehors a moins d'une grande apparence de beau tems et belle mer, [.] il faudra mettre celle du vent en mesme tems pour conserver l'equilibre et la tenir bien saisie etant difficille, le navirre cargant beaucoup de remettre le canon dedans,

Allant canonner une place a la voille ayant lieu de craindre d'y trouver un gros vent en revenant au plus pres ou qu'il ne vienne plus de l'avant, il faut tenir la grande voille amurée et la misaine quoy qu'on aille sur la place vent largue ou arriere affin que revenant au plus pres on n'aye qu'a les border de cette maniere on est en etat de tenir le vent et de s'elever de la coste,

Sy par la grosse mer on etoit obligé de mettre les canons du vent dedans pour fermer les sabords il faudroit commencer par ceux de dessous le vent autrement le V.au viendroit a la bande [.] il faut toujours que ceux du vent soient saisis,

Un vaisseau carguant trop a une coste le moyen le plus prompt est de retirer les canons dedans c'est a les faire tirer s'ils sont chargés tenant du monde prest a amarer les pallans de retenüe et a mettre des anspects pinces en avant des roües de l'arriere et de l'avant ostant les gros coussins affin que la culasse baissant la vollée retourne a la serre, [.] en cas qu'on arresta point le canon il faut aussy faire venir les voilles tout a fait en rallingue pour dresser le navire,

S'il est a l'ancre et que l'on canonne on peut mettre les canons dehors des deux sabords [.] il est bon d'avoir quelque V.au moüillé au large avec deux grosses ancres et les V.aux destinez a canonner auront des aussieres ou greslins frappez dessus pour se retirer, en cas de calme ou de vent contraire

Si le degorgeoir est cassé dans la lumiere on doit charger le canon d'un quart de poudre bien fourré et y mettre le feu par la bouche avec un cordon [ ?] filé frotté de souffre ou de poudre,

Sy un boullet etoit engagé dans la piece il faut baisser la culasse et jetter du vinaigre dedans, et quelques tems apres repousser le boullet, et sy on etoit obligé de le tirer on doit amortir la poudre avec de l'eau douce pour la lumiere,

Pour enclouer un canon il faut pousser un clou ou autre chose entre le boullet et l'ame du canon[.] On pousse aussy dans la lumiere des clous faits exprés qui sont triangulaires.