ANTRECHAUS (Jean de Geoffroy d')

(1693 – Toulon 1762)

RELATION DE LA PESTE dont la ville de Toulon fut affligée en 1721. Avec des observations instructives pour la postérité. A Paris, chez les frères Estienne, 1756. In-8°, veau, dos lisse, orné, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

XXIII pp. (Titre, Épître à Monseigneur de Machault, garde des sceaux de France, Ministre et Secrétaire d'État de la Marine; Avant-propos; Table des chapitres), 1 p.n.ch. (Approbation), 380 pp., 3 pp.n.ch. (Privilège).

- Édition originale.

- Autre édition:

(Réf: catalogue J. Laffitte 46 du printemps 1994, n : 653).

Dans cet ouvrage, Antrechaus met en valeur le rôle et le dévouement des officiers de vaisseaux de Toulon pendant la « contagion » de 1721 qui décima la moitié de la population de la ville.

Fils de Jacques de Geoffroy d'Antrechaus, conseiller du Roi et de Madeleine Dasque, belle-soeur du Comte de Sabran-Beaudinar (1665-1725), capitaine de vaisseau qui était lui même l'oncle du Comte de Sabran-Grammont (1702-1775), lieutenant général des armées navales « ad honores » en 1774, d'Antrechaus fut premier consul de Toulon pendant la terrible épidémie de peste de 1720-1721 qui, partie de Marseille, causa la mort de 120.000 personnes dont 100.000 provençaux et 13.000 toulonnais. Notre auteur y perdit 9 membres de sa famille dont sa mère et sa grand mère. Son dévouement durant cette période est demeuré légendaire et lui valut 1.000 livres de pension sur le trésor royal en 1723.

Il fut fait chevalier de Saint Michel en cette même année 1723. A nouveau premier consul de Toulon de 1729 à 1730, deuxième consul en 1740, premier consul en 1741, troisième consul en 1746, deuxième consul en 1747, premier consul en 1748-1749, troisième consul en 1754-1755, il fut ensuite, une fois retiré, viguier de Toulon pendant plus de deux ans.

Son fils Jean (1693-1762) qui épousa une des filles du capitaine de vaisseau Louis Vincent Grimaudet de Motheux (lui aussi mort de la peste en 1721), fut lui même consul de Toulon tandis que deux de ses petits-fils servirent dans la marine royale comme officiers et que le troisième fut commissaire de marine.

(Réf: M. Vergé-Franceschi: « Les officiers généraux de la marine royale (1715­1774) », Paris, 1990, 7 vol. in-8°).