AUBIN (Nicolas)

(Loudun 1665 – Londres)

DICTIONNAIRE DE MARINE contenant les termes de la Navigation et de l'Architecture navale. Avec les règles & proportions qui doivent y être observées. Ouvrage enrichi de figures représentant divers vaisseaux, les principales pièces servant à leur construction, les différents pavillons des Nations, les Instruments de Mathématique, Outils de Charpenterie & Menuiserie concernant la fabrique; avec les diverses fonctions des Officiers. Seconde Edition revûë, corrigée et augmentée. Amsterdam J. Covens et C. Mortier, 1736. In-4°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

7 ff.n.ch. (Titre; Epître dédicatoire en hollandais à Henrik Bicker; Avertissement), 879 pp., frontispice gravé, 24 planches hors texte dont 2 dépliantes et 6 de pavillons (sur double page dont 5 dépliantes). Nombreuses figures dans le texte.

Le frontispice a été dessiné et gravé par LAMS. La vignette d'en-tête de l'épître dédicatoire a été dessinée et gravée par SCHLEY.

Ex-libris manuscrit de la Marquise d'Agoult sur la page de garde.

Edition originale parue avec le même titre à Amsterdam, Pierre BruneI, 1702, in-4°, 7 ff.n.ch., 776 pp. Un frontispice gravé, une planche d'armoiries du baron d'Aldenbourg (dédicataire de l'ouvrage), 18 planches h.t. dont 2 dépliantes, 12 ff. de 88 pavillons, et 126 figures d.l.t. Cet ouvrage est consultavle et téléchargeable en ligne depuis cette page.

- Autres éditions:

NOTA: Le nom de l'auteur apparaît à la signature de la dédicace dans l'édition de 1702. Il ne figure plus dans les éditions de 1736 et 1742.

(Réf: J. Polak, « bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°; Catalogue Bellanger N° 140 de 1987; A.P. Ségalen, « Aperçus sur la lexicographie maritime en France avant l'Encyclopédie » dans « La mer au siècle des Encyclopédies », Paris-Genève, 1987, in-8°).

Référence Polak:     225

Ce dictionnaire était peut-être une commande de libraire. Aubin utilisa les travaux de ses prédécesseurs de langue française, mais aussi les ouvrages hollandais de marine dont il traduit d'abondants extraits. Dans sa préface, Aubin souligne la richesse et l'extrême diversité du vocabulaire maritime en raison de ses variantes provinciales et même locales. Il avoue avoir limité la part du Levant et avoir privilégié les termes « usités dans les livres et dans les Ordonnances », ainsi que le vocabulaire des côtes du pays d' Aunis, de Saintonge et de Gascogne « comme étant les Provinces qui ont le plus d'étendue le long de la mer et où il y a le plus de gens de la Marine ».

Pour son dictionnaire, Aubin s'est beaucoup servi de l’ouvrage du hollandais Nicolas WlTSEN (qu'utilisa aussi abondamment Allard dans son « Art de bâtir les vaisseaux ») qui paru à Amsterdam en 1671 avec le titre: « Aeloud en hedendaegsce scheeps-bouw en bestier... » et dont Aubin dit dans son avertissement: « ... où l'on trouve tout ce qui regarde la Marine des Anciens & celle d'aujourd'hui. Livre qui est devenu si rare & recherché qu'il n'a point de prix, & qui aïant été mis dans la bibliothèque du Louvre, comme une précieuse pierre d'attente, jusques-à-ce qu'on en puisse avoir l'explication, y est l'objet des desirs de tous les curieux, qui ne laissent passer aucune occasion d'en rechercher l'intelligence ».

Les trois dictionnaires de marine français dont s' est inspiré Aubin sont:

·           Le dictionnaire de Georges Guillet de Saint-George intitulé « Les arts de l’homme d'épée ou le dictionnaire du gentilhomme », ouvrage publié à Paris en 1678 et à La Haye en 1680.

·           Le « Dictionnaire des termes de marine » de Desroches, publié à Paris en 1687.

·           Le « Dictionnaire mathématique » de Jacques Ozanam, édité à Paris en 1691.

Nicolas Aubin, né à Loudun en 1655, était pasteur de l'Eglise Réformée quand la Révocation de l'Edit de Nantes le contraignit à chercher refuge en Hollande. Il y travailla plusieurs années avant de gagner l'Angleterre où il mourut à Londres, à une date incertaine. En 1698, il avait traduit en français « La vie de Michel de Ruiter » de G. Brandt (voir cet ouvrage).