BORDA (Jean-Charles, Chevalier de)

(Dax 04.05.1733 - Paris 19.02.1799)

DESCRIPTION ET USAGE DU CERCLE DE REFLEXION, avec différentes méthodes pour calculer les observations nautiques. A Paris, chez Didot fils aîné et Jombert jeune, 1787.

88 pp., 1 p.n.ch. (Extrait des registres de l'Académie Royale des Sciences), 33 pp. de tables de navigation et de logarithmes et 3 planches hors texte. Est relié à la suite:

DU BOURGUET (J.B.E.) : L'ART DU CALCUL ASTRONOMIQUE DES NAVIGATEURS, porté à un plus haut degré d'exactitude que celui auquel il était déjà parvenu, quoique souvent simplifié, et démontré de manière à être fort aisément compris par tous ceux qui ont quelques notions des mathématiques et de l'astronomie. A Paris, chez Firmin Didot, an X (1801).

2 ff.n.ch. (Faux-titre et Titre), 75 pp., 1 p.n.ch. (Extrait du catalogue des livres de fonds et d'assortiment de Firmin Didot...) et 1 planche hors texte.

Deux ouvrages reliés en un volume in-4°, demi-veau, papier marbré rose sur les plats, dos lisse, orné, pièce de titre marron. Reliure début XIXe siècle.

Cachet de Joseph CAFFARELLI du FALGA sur les pages de titre de chaque ouvrage et signature manuscrite du même sur la page de titre de Borda (Voir la biographie résumée de Caffarelli du Falga à l'ouvrage « Journal du Voyage » de LA CONDAMINE).

Les 4 planches de ces 2 ouvrages ont été gravées par GAITTE.

- Edition originale de l'ouvrage de Borda.

- Autres éditions (Borda):

(Réf: Jean et Michèle Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°).

Référence            Polak:  971

L'ouvrage de Borda est également disponible sous fichiers informatiques (format "pdf") depuis le site de la BnF. Il suffit de cliquer ici et de choisir ensuite l'option "Télécharger" ou de choisir le N° de la page à consulter.

Le cercle de réflexion est un instrument d'observation pour mesurer des angles jusqu'à 720° constitué d'un cercle gradué monté sur une poignée et de deux alidades. Il améliorait sensiblement la précision des mesures faites jusqu'alors avec des octants ou des sextants grâce au principe de la « répétition des angles » qui réduisait considérablement les erreurs de division. Ce principe est attribué à l'anglais Tobie Mayer qui l'utilisa le premier en 1752 en faisant des travaux de géodésie en Allemagne. Son appareil fut testé en mer mais malgré ses qualités et sa précision, il fut vite oublié car jugé de trop petite taille et trop lourd. Borda reprit le principe et exécuta en 1775 un nouveau cercle de réflexion désormais connu sous le nom de cercle de Borda tant les améliorations par rapport au prototype anglais étaient conséquentes. Ce nouvel appareil permettait de recevoir l'image du point réfléchi par les miroirs indifféremment par la droite ou par la gauche de la lunette de visée de telle sorte qu'en combinant les deux manières d'observer, on supprimait l'obligation du parallélisme des miroirs (source fréquente d'erreurs avec les octants et les sextants) tout en mesurant le double de l'angle à déterminer, ce qui réduisait l'erreur de division par 2. Cet ouvrage qui est l'édition originale, publié 12 ans après l'invention de Borda, décrit cet appareil et son utilisation.

L'ouvrage de DU BOURGUET relié à la suite décrit une méthode d'utilisation du cercle de réflexion de Borda, plus spécialement destinée aux marins. Dans son avant-propos, l'auteur recommande fortement aux lecteurs d'avoir sous la main l'ouvrage de Borda auquel il se rapporte très souvent.

Jean-Charles, Chevalier de Borda commença sa carrière comme officier du Génie. Ses travaux sur l'hydraulique le firent admettre à l'Académie Royale des Sciences en juin 1756 et il s'intéressa alors aux problèmes nautiques. Il débuta sa carrière dans la Marine en 1767 après avoir été nommé lieutenant de port à Brest où il s'occupa surtout de construction navale. Sur la réputation qu'il s'était fait, Borda fut chargé par l'Académie d'examiner les comptes rendus de Fleurieu et Pingré à bord de « l’Isis » après l'expédition de 1768-1769. En 1771, il fut désigné pour participer au voyage scientifique de Verdun de La Crenne et en 1776, il dirigea une importante campagne hydrographique aux Canaries. Capitaine de vaisseau en 1779, il servit dans l'escadre de d'Estaing durant la guerre d'indépendance américaine comme major général. Fait prisonnier par les anglais en 1782 au large de la Martinique après un violent combat au cours duquel il commandait le vaisseau le « Solitaire », il fut relâché sur parole et se remit à ses études. C'est alors qu'il créa son cercle de réflexion. Borda termina sa carrière comme Inspecteur des constructions navales (il mit au point les plans types des vaisseaux de 110, 80 et 74 canons) et directeur de l'école des constructions navales de Paris (1783). Membre de l'Académie de Marine, du Bureau des Longitudes, il fit partie de la commission qui élabora le système métrique. Borda peut être considéré comme étant l'un de ceux qui ont le plus contribué aux progrès de l'Art Nautique.