BOUDRIOT (Jean)

(Dijon 20.03.1921 - Paris 22.02.2015)

LE VAISSEAU DE 74 CANONS. Traité pratique d'art naval. Construction du Vaisseau. 1973-1977, Editions des Quatre Seigneurs, Grenoble. Collection archéologique navale française. 4 vol. in-4°, toile bleue, dos lisse, titre et tomaison sur les premiers plats et les dos. Reliures de l'éditeur.

L'ensemble de l'ouvrage est accompagné de 5 réglettes en carton léger de couleur, graduées aux échelles du 1/36; 1/44; 1/48; 1/72 en pieds pour faciliter la lecture des dimension sur les planches dessinées à ces échelles.

Toutes les planches et figures ont été dessinées par J. Boudriot.

- Edition originale.

- Autre édition:

NOTA: Ouvrage traduit en anglais par David H. Roberts et publié à Paris, Jean Boudriot, Auteur-Editeur, 1985-1988, 4 vol. in-4° avec le titre: « The seventy-four guns ship »

Premier ouvrage de la « Collection d' Archéologie Navale Française » dirigée par Jean Boudriot dont le but est d' apporter un ensemble de référence techniques au plus haut niveau en matière d'architecture navale de la marine à voiles.

Depuis les travaux écrits de l'Amiral Paris (1806 - 1893), forts contestables sur certains points, aucun ouvrage aussi sérieux et complet que « Le vaisseau de 74 canons » n'avait paru en France. Entrepris dès 1960, ce travail énorme va déclencher un puissant mouvement d' intérêt pour l'architecture navale aussi bien en France qu'en Angleterre. L'auteur se glisse dans la peau des concepteurs de l'époque et s'investit comme pour un véritable projet de construction. Le sujet est organisé d'une façon qui suit la logique de la construction avec la description de la charpente puis de celle de l'équipement de la coque en terminant par le gréement. Ces trois étapes majeures correspondent aux trois premiers volumes, le vaisseau étant ainsi entièrement décrit. Le quatrième volume traite plus particulièrement des hommes et de l'utilisation du vaisseau, il présente aussi un glossaire de 1 800 termes spécifiques.

Le vaisseau dit de 74 canons, fut le sommet de la tradition française en architecture navale au XVIIIe siècle.

Fils et petit-fils d'architecte, Jean Boudriot suivra la tradition familiale en consacrant ses études à cette profession, facilité en cela par son orientation naturelle vers le dessin.

Admis aux Beaux-Arts en 1942, il y acquiert une approche scrupuleuse de la netteté et de la précision du dessin, une formation centrée sur la conception et les techniques de construction mais aussi une familiarisation avec l'ingénierie. Il y rencontrera son épouse qui y étudiait alors la sculpture. En 1943, pour échapper au STO et au départ en Allemagne, il choisit de travailler dans une ferme en Bourgogne puis dans une mine de schistes bitumineux près d'Autun, où il est employé à pousser des wagonnets jusqu'en mai 1944. Après l'obtention de son diplôme d'architecture en 1947, il crée une agence avec trois amis des Beaux-Arts. Il a l'opportunité de travailler avec l'architecte Pierre Lejeune, à Paris. La période de l'après-guerre est alors favorable aux reconstructions et le cabinet d'architecture se développe rapidement. Sans véritablement se spécialiser dans un domaine particulier, il travaille pour le logement, les immeubles de bureaux, les constructions collectives, les écoles, etc. On lui doit également la création de plusieurs immeubles de prestige à Paris.

Le métier d'architecte étant très prenant, il éprouve le besoin de trouver un dérivatif pour son temps libre. Collectionneur d'armes anciennes, il remarque, en cherchant à identifier ses acquisitions, qu'il n'existe pas vraiment d'ouvrages spécialisés sur le sujet. Il décide de créer une documentation facilement accessible en regroupant dans un ouvrage les informations disponibles en archives. Il constate alors que ces textes anciens ne sont pas suffisamment explicites et qu'il reste difficile d'identifier les armes par leur seule description écrite. Son goût pour le dessin et sa rigueur intellectuelle vont l'amener à représenter graphiquement les armes dites portatives de façon précise au sein d'une publication qu'il commence en 1961. Ce recueil constitué de quatre volumes est terminé en 1971. Il est depuis devenu un ouvrage de référence auprès des collectionneurs d'armes anciennes et a fait l'objet de deux rééditions (1978 et 1997). Cette activité l'ayant amené à fréquenter de manière assidue le musée de l'Armée, il accepte d'assurer la présidence de son conseil d'administration, fonction qu'il exercera jusqu'en 1981.

Parallèlement à ses travaux sur l'armement portatif, Jean Boudriot s'intéresse à l'artillerie et en particulier à l'artillerie navale. Par un enchaînement de rencontres fortuites, il est mis en contact avec le commandant Vichot alors directeur du musée de la Marine. De cette rencontre naîtra une riche collaboration et ce dernier lui ouvrira sans restriction les portes du musée et de ses réserves pour étudier l'armement de la Marine. Au cours des années soixante, ses recherches sur l'artillerie navale vont l'amener à s'intéresser aux navires qui portaient cette artillerie et plus précisément à ceux de la période qui s'étend de 1650 à 1850, période qu'il qualifiera de « classique » en référence à l'architecture terrestre. Il va donc étudier les grands traités de construction comme celui de Duhamel du Monceau, de Vial de Clairbois et de bien d'autres auteurs afin d'acquérir des connaissances approfondies en architecture navale de l'époque. Il fréquente aussi assidûment les Archives nationales, le Service historique de la Marine et consulte les nombreux manuscrits disponibles à la Bibliothèque nationale ou dans les archives des ports.

Jean Boudriot constate rapidement que la majorité de ses lecteurs sont des modélistes à la recherche de documents rigoureux et fiables. Il décide alors de poursuivre ses travaux sur l'archéologie navale, ouvrant ses recherches à d'autres bâtiments en proposant des ouvrages complémentaires. Les informations disponibles dans "Le vaisseau de 74 canons" sont des références, il s'appuie donc sur ces sources en détaillant les particularités des autres bâtiments. Ces monographies sont constituées d'un livret qui décrit le navire choisi qui est replacé dans son contexte historique et d'un jeu de plans détaillés et tirés à part qui illustrent la construction. Ces jeux de plans qui présentent, dans la plupart des monographies, toute la charpente, sont la base de travail du modélisme d'arsenal. Toutes ces publications s'appuient sur des informations de première main, recueillies, comme pour Le Vaisseau de 74 canons dans des documents d'époque en écartant systématiquement les sources modernes. Il faut noter que ces travaux ne sont pas des ouvrages de modélisme mais bien la représentation rigoureuse de véritables bâtiments. Cette série de dix-sept monographies regroupées sous le nom de "Collection archéologique navale française" illustre une grande partie des catégories de navires existants dans la marine française de la période classique. Elles valorisent le sujet par l'apport de nombreuses connaissances sur l'archéologie navale qu'elles contiennent et qui, jusqu'alors, avaient été un peu oubliées. Par ailleurs, d'autres auteurs comme Gérard Delacroix, Jean-Claude Lemineur et Jacques Fichant apportent leurs travaux à cette collection en complétant l'éventail des navires proposés. À ces publications se sont ajoutés cinq ouvrages historiques de référence sur la Marine traitant de façon plus générale des frégates et des vaisseaux, de l’artillerie de mer et des uniformes de la Marine royale. Enfin deux ouvrages présentent, par de nombreuses photographies généreusement commentées, les modèles conservés dans les musées nationaux français. Pour publier ces monographies, Jean Boudriot s'associe en 1979 à Hubert Berti, un de ses fidèles lecteurs, et tous deux vont créer la société des Éditions ANCRE (pour Architecture Navale Classique Recherche Édition). Des traductions en anglais sont mises au point par David Roberts. D'autres traductions voient le jour (italien, espagnol, allemand). Parallèlement, J. Boudriot et H. Berti créent les Éditions Oméga spécialisées dans la réédition d'ouvrages anciens sur la marine. Cette dernière structure est intégrée à ANCRE quelques années plus tard. "Le Vaisseau de 74 canons" et les monographies ont permis le renouveau d'un mouvement appelé modélisme d'arsenal ainsi nommé par référence aux modèles conservés dans les musées et provenant des arsenaux du pays. Ce type de modélisme s'attache à reproduire de façon la plus rigoureuse la construction des navires.

(Réf: Wikipedia)