BOUGUER (Pierre)

(Croisic 10.02.1698 - Paris 15.08.1758)

DE LA METHODE D'OBSERVER EN MER LA DECLINAISON DE LA BOUSSOLE. Pièce qui a remporté le prix proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1731. A Paris, rue S. Jacques chez Claude Jombert, 1731, in-4°, demi-veau, papier gris uni sur les plats, titre sur le premier plat, tranches rouges. Reliure moderne.

2 ff.n.ch. (Titre, Avertissement, Privilège du roi), 67 pp. et 2 planches dépliantes hors texte.

Référence polak:     1049

Pierre Bouguer succéda à son père Jean comme professeur d'hydrographie au Croisic en 1714, bien qu'il n'eût encore que quinze ans, tant ses examens passés à Vannes où il avait commencé ses études, avaient été brillants. En 1727, il remporta le prix de l'Académie des Sciences pour son traité de la « Mâture des vaisseaux », et, deux ans plus tard, il fut également couronné pour sa « Méthode d'observer sur mer les hauteurs des astres ». La même année, il publia son « Essai d'optique ». En 1730, il fut nommé hydrographe royal au Havre. En 1737, il remporta un troisième prix pour sa « Méthode d'observer en mer la déclinaison de la boussole ». Attaché à l'Académie, en qualité d'associé géomètre, et nommé pensionnaire astronome, Bouguer fut envoyé en 1735 au Pérou, avec Godin et La Condamine pour mesurer un degré du méridien sous l'équateur, pendant que Maupertuis, Clairaut, Camus et Lemonnier étaient chargés de la même mission en Laponie. Les trois premiers de ces savants restèrent neuf ans en Amérique; malheureusement, des discussions d'amour-propre qui s'élevèrent entre eux nuisirent au succès de l'expédition. Il est résulté pourtant de leur collaboration une « Théorie de la figure de la terre » qui parut en 1749. Trois ans auparavant, Bouguer avait publié son « Traité du navire ». Enfin, en 1753, il donna son « Traité de navigation », et en 1757, un « Traité de la manoeuvre des vaisseaux ». Il a encore composé plusieurs dissertations pour les Mémoires de l'Académie des Sciences, et une grande quantité d'articles pour le journal des savants. La mort qui le surprit à Paris, le 15 août 1758, l'empêcha de mettre au jour son « Traité d'optique », publié depuis par M. de La Caille. Bouguer a constaté, le premier, la déviation que l'attraction des montagnes fait éprouver au pendule. On lui doit, en outre, l'invention de l'héliomètre, servant à mesurer le diamètre et les distances des corps célestes. Enfin, il est le créateur de la photométrie, partie de la physique qui enseigne à mesurer l'intensité de la lumière. Début décembre 1745, Bouguer avait démissionné de sa fonction de professeur d'hydrographie au Havre pour mieux se consacrer à ses études scientifiques.

(Réf: P. Levot et A. Doneaud, « Les gloires maritimes de la France », Paris, 1866, in-8°).