BOUGUER (Pierre)

(Croisic 10.02.1698 - Paris 15.08.1758)

NOUVEAU TRAITE DE NAVIGATION, contenant la théorie et la Pratique du Pilotage. Par M. Bouguer, de l'Académie Royale des Sciences, de la Société Royale de Londres, & Honoraire de l'Académie de Marine, ci-devant Hydrographe du Roi au Port du Croisic & au Havre-de-Grace. Revu & abrégé par M. l'Abbé DE LA CAILLE de la même Académie Royale des Sciences, &c. Avec figures en taille-douce. A Paris, Chez H.L. Guerin & L.F. Delatour, rue S. Jacques, à S. Thomas d'Aquin. 1760, in-8°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre marron, tranches rouges. Reliure de l'époque.

XXXII pp. (Faux titre; Titre; Avertissement; Table des matières; Fautes à corriger; Extrait des registres de l'Académie Royale des Sciences; Privilège du Roi et Avis au relieur), 352 pp., 1 f.n.ch. (Titre: « Recueil des tables dressées à l'usage de la navigation ») et 23 pp. de tables, 1 p.n.ch. (« Remarques sur la table suivante »), 47 ff.n.ch. de tables (dont la première page porte le titre: « Table de logarithmes pour les Sinus et Tangentes de toutes les minutes du Quart de Cercle, & pour tous les nombres naturels depuis 1 jusqu'à 9000 »), et 13 planches dépliantes hors texte dont 11 numérotées.

Ex-libris manuscrit « B. Dumertot » sur la page de faux titre et à la page XXXII; et cachet « Jean Magrin, capitaine au long cours » sur la page de faux titre.

Les deux planches non numérotées (cartes de l'hémisphère boréal et austral) ont été dessinées et gravées par DHEULLAND.

- Edition originale: A Paris, Chez Hippolyte-Louis Guerin, & Louis-François Delatour, rue S. Jacques, à Saint Thomas d'Aquin. 1753, in-4°, XXIV pp. (Faux titre; Titre; Préface; Table des chapitres; Errata; Extrait des registres de l'Académie Royale des Sciences; Privilège du Roi), 442 pp. et 13 planches dépliantes hors texte (voir l'ouvrage précédent).

- Autres édition:

(Réf: Jean Polak: « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4°).

Référence Polak:     1055

Le « Nouveau Traité de Navigation » de Pierre Bouguer, publié en 1753 (voir cet ouvrage), était composé plutôt pour les savants que pour les simples pilotes. Voulant le rendre accessible à la majorité des jeunes marins qui préparaient leur examen de capitaine au long Cours, l'abbé de La Caille y apporta quelques modifications.

(Réf: A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°).

Voir la biographie de Jean Bouguer à la description de l’ouvrage « De la méthode d’observer en mer la déclinaison de la boussole ».

Nicolas Louis de La Caille est né le 15 janvier 1713 à Rumigny, près de Reims, d'une famille de petite noblesse, fils d'un officier militaire qui s'illustra dans les armées de Condé. Orphelin en 1730, il fut protégé du duc de Bourbon qui le fit entrer au collège de Lisieux à Paris. Il entra dans les ordres, mais souhaita toujours rester diacre, pour rester libre de ses recherches scientifiques. Sa discipline favorite était l'astronomie, même s'il enseignait les mathématiques et appréciait l'optique en général. D'avril 1739 à la fin de 1740, il vérifia, à la demande de Cassini, les calculs de la méridienne de Paris. En 1740, il devint professeur de mathématique, puis de mécanique, d'astronomie géométrique et physique et enfin d'optique au collège Mazarin. Il publia également de nombreux ouvrages scientifiques dont il ne tira aucun profit, allant même jusqu'à en financer l'impression afin que ses élèves puissent les acheter à moitié prix. En 1741, à l'âge de 28 ans seulement, il fut nommé membre de l'Académie des Sciences et à compter de 1743, il assuma la direction des "Éphémérides des mouvements célestes" dont il s'occupa jusqu'à sa mort et à qui il donna une orientation plus technique. Il fut chargé en 1750 d'une mission d'observation du ciel austral au cap de Bonne Espérance.

Il embarqua à cet effet de Lorient le 21 novembre 1750 et arriva au Cap le 30 mars de l'année suivante. Ce voyage lui permit de recenser plus de 10.000 étoiles, dont le catalogue fut dressé par son ami Maraldi, et baptisa quatorze nouvelle constellations. La mesure de la parallaxe lunaire, exécutée également durant ce voyage, fut effectuée en parallèle avec le jeune Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande à Berlin, sur le même méridien que la ville du Cap. C'était l'occasion d'utiliser la plus grand base possible sur Terre pour obtenir une meilleure précision dans la détermination de la distance Terre Lune.

Reparti du Cap le 8 mars 1753, La Caille passa à l'Île de France, où il observa l'éclipse du 3 mai 1753, puis à l'Île Bourbon et à l'Île de l'Ascension. Le temps mort de la navigation fut mis à profit pour inventer une méthode originale et simple de calcul de la longitude en mer.

Il fut élu membre de la "Royal Society" de Londres le 17 mars 1760.

Il était connu pour sa modestie, hésitant à publier ses travaux selon lui imparfaits, ainsi que pour son honnêteté et son désintéressement. Ce fut sans doute l'un des meilleurs scientifiques français de son temps. Il fit son testament le 17 mars 1762, laissant une bonne part de ses documents scientifiques à l'Académie des Sciences, d'autres à Maraldi. A sa mort, le 21 mars 1762, il fut enterré dans la chapelle du Collège Mazarin, et ses restes furent dispersés au moment de la Révolution.

(Réf: Pierre Poix dans "Ciel et espace" de mai 2003. Site Internet de la Sorbonne).