BOUREAU-DESLANDES (André-François)

(Pondichery 1690 - Paris 11.04.1757)

ESSAI SUR LA MARINE ET SUR LE COMMERCE Par Mr. D****. Avec des Remarques Historiques & Critiques de l'Auteur. A Amsterdam, Chez François Changuion, 1743. ln-12°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre rouge. Reliure de l'époque.

XX pp. (Titre, Avertissement, « Lettre à ML le C. de B.C. M***. »), 252 pp. , 6 ff.n.ch. (Catalogue des livres nouveaux qui se trouvent à Amsterdam chez François Changuion).

Vignette gravée sur la page de titre signée « B. Pi... deI et sculp. 1729 »

- Edition originale parue en 1743, S.l., in-8°, 176 pp.

- Autre édition:

- Edition étrangère:

(Réf: Chamonal, cat. de 1988, n° 116 ; Catalogue Sotheby's « Pilot » du 28.07.94, n° 181).

Référence Polak:     1130

L'essai sur la marine et sur le commerce s' arrête à la page 189. Il est suivi d'un « Mémoire historique sur les Indes Braves, Et les Forban François du Golfe de Darien » (titre à la page 191 et texte de la page 193 à 252).

André-François Boureau-Deslandes est né à Pondichery en 1690. Son père, André Boureau-Deslandes joua un rôle très important dans les relations diplomatiques entre la France et le Siam, puis dans les Indes où il fut directeur général du Commerce au Bengale. Revenu en France, il fut envoyé à Saint Domingue comme ordonnateur de la Marine pour les rois de France et d'Espagne, et inspecteur général de « l'Assiente ». Il reçut des lettres de noblesse en 1703 et mourut à Léogane en 1707. Il avait épousé en 1686 Marie-Françoise, fille du célèbre chevalier Martin, gouverneur de Pondichery. Ils avaient eu huit enfants dont six survécurent, parmi lesquels deux ecclésiastiques.

André-François ne vint en France qu'à l'âge de 13 ans. Il entra au service du Roi en octobre 1708 comme contrôleur à Brest, passa à Rochefort l'année suivante et revint à Brest en 1713. Nommé commissaire de la Marine dans ce port en 1716, il fut promu commissaire général en mai 1736 et quitta le service actif en décembre 1746 après une carrière administrative honorable mais sans éclat. C'est comme philosophe qu'il se fit une réputation grâce à des ouvrages qui connurent un certain succès: « L'art de ne point s'ennuyer » (1715); « Histoire critique de la philosophie » (1737); « Pygmalion ou la statue animée » (1741); « De la certitude des connaissances humaines » (1741); « L'optique des mœurs » (1742); « Lettre sur le luxe » (1745); « Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant » (1755).

Philosophe mondain, à tendances épicuriennes, disciple de Pétrone, de Fontenelle et de Saint-Evremond, il fut traité par Voltaire de « bel esprit provincial ». Reçu élève géomètre à l'Académie des Sciences en février 1712, adjoint géomètre en janvier 1716, Boureau-Deslandes participa à de nombreuses études rendues par des Académies ou des Sociétés et collabora à de nombreux journaux savants. Il fut aussi l'auteur de très nombreux ouvrages scientifiques et historiques sur la Marine: « Essai sur la marine des Anciens et particulièrement sur leurs vaisseaux de guerre » (1768); « Recueil des différents traités de physique et d'histoire naturelle propres à perfectionner ces deux sciences » (1736) où il parle notamment de la construction des vaisseaux; « Traité où l'on parle de l'artillerie en général et particulièrement du recul des armes à feu »; « Sur les vers qui rongent le bois des vaisseaux... »; « Nouveau traité des vents »; « Sur les propriétés générales de l'eau salée et de l'eau douce... »; « Traité sur la pêche du saumon »; « Traité sur la pêche des baleines... »; « Lettre critique sur l'histoire navale d'Angleterre » (1752) qui est une critique de l'ouvrage de Lediard...

André-François Boureau-Deslandes, mourut célibataire à Paris le 11 avril 1757.

(Réf: Charles Laurent, « Le commissaire général de la Marine André-François Boureau-Deslandes » dans « La mer au siècle des encyclopédies », Paris-Genève, 1987, in-8°; Etienne Taillemite, « Dictionnaire des marins français », Paris, 1982, in-4°).