BRANCAS (Abbé A. F. de )

EXPLICATION DU FLUX ET REFLUX, Dans leurs veritables circonstances, Qui manifeste avec leur exacte exposition d'après les Mémoires Académique, combien ce phénoméne inexplicable, dans tout autre Systême Cosmographique & Physique que le moderne, en prouve l'exactitude & l'universalité. A Paris, Quay des Augustins, Chez Charles-Antoine Jombert, Libraire du Roi pour l'Artillerie & le Génie, au coin de la rue Gille-Coeur, à l'Image Notre-Dame. 1749, in-4°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

XVI pp. (Titre, Avis de l'éditeur, Table des chapitres), 489 pp., 1 f.n.ch.

Référence Polak:     1187

Voir l'ouvrage de César d'Arcons Sur "Le fux et le reflux de la mer" pour un historique des connaissances acquises sur le phénomène des marées.

De manière pire encore que César d'Arcons, Scalberge Miniere ou Jacques Alexandre, l’abbé Brancas propose ici d'expliquer le phénomène des marées d'une façon aussi farfelue que frivole.

A une époque où les bases de l'astronomie telle que nous la connaissons aujourd'hui sont déjà connues et mathématiquement établies grâce à Copernic, Kepler, Newton..., Brancas, en 1749, croit encore à la rotation du soleil autour de la terre et pense que les étoiles ne sont que des « planètes firmamentaires », pas plus éloignées de nous que de deux fois la distance de Saturne et que si elles brillent tant, c'est à cause de leur « masse et de leur atmosphère plus étendue que les planètes solaires, et plus propre à la reflexion des rayons (solaires), ou du moins de leur disque plus radieux à cause de leur fixité ou stabilité ». Un peu plus loin, il explique la cause « simple et naturelle de tous les mouvements des astres... par la raréfaction et l'électrisation active, qui est produite, d'un côté dans l'ether circonvoisin de leur atmosphère, et dans la condensation et électrisation réactive de cet élement à l'opposite dans l'étendue de leur ombre... ».

D’une manière tout aussi obscure, l'auteur explique que la lune doit avoir une rotation sur son axe, de la même période que sa révolution autour de la terre « . .. parce que la réfléxion reciproque que l'une et l'autre se font des rayons solaires , en produisant sur leur surface des clairs de terre et de lune, doit encore plus causer une inégalité de compression de la part de l'éther circonvoisin et intermédiaire sur leur atmosphère, à raison de l'électricité réactive qui se forme dans l'étendue de leur ombre, et de l'électricité active qui se fait sentir à l’opposite dans l'étendue du cône de leur lumière réfléchie, de sorte qu'il en doit résulter premierement pour la lune, les inégalités remarquées dans la distance géocentrique, par une suite de sa révolution dans une orbite spirale plutôt que circulaire, qui ressemble proprement à une vis sans fin, mais encore une rétrogradation en 18 ans environ dans les noeuds de cette orbite avec le plan de l’ecliptique, et un mouvement direct et périodique dans les points de son apogée et de son périgée en 9 ans à peu près. Secondement sur la terre une inégalité de compression de son atmosphère, qui dérange le niveau et le courant des eaux dans les divisions de mer, en une direction même contraire à sa rotation, à proportion qu'elles deviennent subjacentes à des segmens d'éther, qui compriment inégalement les masses d'air intermédiaires, selon le degré de leur électrisation en l'un ou l'autre genre ... » !.