BREVE RELATION

BRIEFVE RELATION DES VICTOIRES obtenues par Monseigneur le Général des Galères, en son dernier voyage sur Mer, faictes ez mois de Juin, Juillet, & Août dernier. Extraicte d'une lettre de Marseille, du 27 Août 1620. A Lyon par Jean Lautrer, 1620. In-12°, cartonnage recouvert de papier marbré, dos lisse, titre en long. Reliure moderne.

7 pp.

Dans la guerre que se livraient en Méditerranée la France et les barbaresques d'Alger depuis de nombreuses années (de 1613 à 1621, les corsaires d'Alger enlevèrent 936 navires dont 253 sous pavillon français), on en était arrivé le 21 mars 1619, entre la France et Alger, à un énième traité qui devait garantir aux deux contractants la sécurité de la navigation. Tandis que les plénipotentiaires algériens se trouvaient à Marseille pour la ratification du traité, le 14 mars 1620, on apprit l'assassinat de tout l'équipage d'une polacre française par le pirate Regheb Raïs. Dans un élan de fureur contre cette indigne violation de la parole jurée, la population massacra les diplomates algériens, ce qui eut pour corollaire une formidable émeute, le 8 août, à Alger où notre consul faillit être brûlé vif. Il n'en fallait pas plus pour que la guerre reprenne de plus belle.

A la tête de 7 galères, le général des galères Philippe Emmanuel de Gondi quitta Marseille en juin 1620 pour une expédition punitive. Longeant la côte espagnole, il faillit en venir aux mains avec l'amiral espagnol Gabriel de Chave devant l'embouchure de l'Ebre pour s'être vu « marchander » le salut. Le 22 juillet, après relâche à Oran où il fut bien reçu par le vice roi espagnol, Gondi enlevait à l'abordage deux navires corsaires algériens. La semaine suivante , il forçait à la course le pirate Soliman Raïs qui n'eut d'autres ressources que de faire sauter son navire de 48 canons après l'avoir jeté à la côte. Deux autres petits bâtiments furent pris avant que Gondi ne se résigna à abandonner le blocus d'Alger à cause d'une bourrasque. De retour à Marseille en août, les 7 galères ramenaient leurs prises ainsi que 120 chrétiens de toutes nationalités ex captifs et libérés et environ 180 musulmans esclaves. En riposte à cette descente, les algériens répondirent en 1621 par deux attaques près de Porquerolles et de Saint-Tropez. Ils furent sévèrement battus à chaque fois.

(réf: Charles de La Roncière, « Histoire de la Marine française », Paris, 1899-1932, 6 vol. in-8°).