BURGUES DE MISSIESSY (Edouard-Thomas)

(Quiès [Var] 25.04.1756 - Toulon 24.03.1837)

ARRIMAGE DES VAISSEAUX, publié par ordre du Roi, Sous le Ministère de M. Le Comte de la Luzerne, Ministre & Secrétaire d'Etat, ayant le département de la Marine & des Colonies. A Paris, de l'Imprimerie Royale, 1789, in-4°, demi-veau, papier marbré rose sur les plats, dos lisse, orné, pièce de titre rouge, tranches marbrées. Reliure de l'époque.

2 ff.n.ch. (Faux titre; Titre), 152 pp. et 6 planches dépliantes hors texte.

Cachet ex-libris « Jean Magrin capitaine au long cours » sur la page de faux titre .

La belle planche VI (« Plan de la coupe verticale-longitudinale d'un vaisseau de 74 canons ») est signée « PETIT, Graveur du Roi ».

Référence polak:     1320

Edouard-Thomas de Burgues, comte de Missiessy est né à Quiès dans le var le 25 avril 1756 d'un capitaine de vaisseau anobli par Louis XIV. Il entra dans la marine à l'âge de 10 ans comme volontaire sur « l’Altier » commandé par son père. Il entra aux gardes-marine en novembre 1770 et fit campagne au Levant sur le « Topaze » (1771-1772), sur « l’Engageante » (1773-1775), sur la « Flore » (1775-1776). Enseigne de vaisseau en avril 1777, il servit sur la « Sultane » en mission de protection du commerce contre les Barbaresques. Passé en mars 1778 sur le « Vaillant » dans l'escadre d'Estaing, il participa aux combats de Newport, de Sainte Lucie, de la Grenade et de Savannah (1778-1779). Second sur la « Surveillante » en février 1780, il prit part au combat du 5 juin 1781 contre le vaisseau anglais « Ulysse », frégate à 2 batteries qui laissa le champ de bataille à son adversaire (au large de Saint-Domingue) et fut promu lieutenant de vaisseau en mai 1781. Commandant le « Pygmée » en mars 1782, il fut pris par l'ennemi en juillet. Libéré en septembre, il servit comme second sur le « Réflechi » , puis sur le « Censeur » à Cadix (février 1783) et effectua deux campagnes en Baltique commandant la « Guyanne » (1784) puis la « Durance » (1785). Il travailla ensuite avec Kersaint sur le « Léopard » à la mise au point de divers perfectionnements techniques pour les vaisseaux (1787), élabora un nouveau code de signaux et publia en 1789 son traité de l’ « Arrimage des vaisseaux ». En 1791, nommé au commandement de la « Modeste », il força, sans coup férir, le dey d'Alger d’accorder satisfaction à la France pour insultes faites au pavillon national. Capitaine de vaisseau en janvier 1792, il commanda le « Centaure » dans l'escadre de Truguet et fut promu contre-amiral en janvier 1793. Emprisonné à Toulon comme noble, il réussit à passer en Italie et ne rentra qu'en mai 1795. Acquitté par un conseil d"enquête, il fut alors attaché au Dépôt des cartes et plans et nommé directeur adjoint de l'Ecole des Constructions Navales à Paris. C’est à cette époque qu'il publia son ouvrage sur l’ « Installation des vaisseaux », et son « Mémoire sur les moyens de procurer aux vaisseaux de différents rangs des qualités pareilles et une égale activité dans les manœuvres ». Chef d'état-major de Truguet à Cadix en 1801, il fut chargé en mars 1802 de surveiller tous les travaux relatifs à la flottille de Boulogne. Préfet maritime du Havre en juillet, il commanda en octobre une division de l'escadre de Truguet à Brest puis l'escadre de Rochefort en septembre 1804. Lors du projet de descente en Angleterre de 1805, il passa aux Antilles, ravitailla la Guadeloupe et Santo Domingo, débarqua à Sainte-Lucie et à la Dominique, rançonna les îles anglaises de Montserrat, Nièves et Saint-Christophe, puis rentra à Rochefort sans avoir pu faire sa liaison avec Villeneuve et Ganteaume (juillet 1805) qui devaient partir de Brest pour le rejoindre. A son retour, il demanda inutilement un congé. L’Empereur lui tenait rigueur de n'avoir pas pris le Diamant, îlot de la Martinique, dont s'empara, quelques semaines après, Cosmao-Kerjulien, et lui reprochait injustement d'avoir fait avorter son plan de campagne maritime. La disgrâce de Missiessy dura jusqu'en 1808, époque où il fut investi du commandement de l'escadre de l'Escaut, et peu de temps après avoir été promu vice-amiral. Il établit dans la région d'Anvers des défenses si formidables que lorsque l'ennemi voulut remonter l'Escaut après avoir débarqué à Walcheren, l'opération tourna au désastre. Missiessy prit part également à la défense d'Anvers en 1814 et resta fidèle aux Bourbons pendant les Cent-Jours. Préfet maritime de Toulon en juillet 1815, membre du Conseil d'Amirauté en août 1824, il quitta le service en avril 1832 et mourut à Toulon le 24 mars 1837. Il avait eu deux frères morts avant lui au service. Son nom est gravé sur l'Arc de l'Etoile.

(Réf: Etienne Taillemite, « Dictionnaire des Marins français », Paris, 1982, in -4°; P. Levot et A. Doneaud, « Les gloires maritimes de la France », Paris, 1866, in-8°).