CHOISEUL (Etienne-François, duc de)

(28.06.1719 – Paris 08.05.1785)

MEMOIRES DE M. LE DUC DE CHOISEUL, ancien ministre de la marine, de la guerre & des Affaires étrangères. Ecrits par lui-même et imprimés sous ses yeux, dans son cabinet, à Chanteloup, en 1778. A Chanteloup, Et à Paris, Chez Buisson, Libraire, rue Hautefeuille, N° 20. 1790, 2 tomes reliés en un volume in-8°, demi-veau, coins en vélin, papier marbré sur les plats, dos lisse, orné, pièce de titre rouge. Reliure de l'époque.

2 ff.n.ch. (Titre et avertissement de l'éditeur), 271 pp., 1 f.n.ch., 279 pp.

Dans le tome 2, de la page 165 à la page 242 on trouve: « Le royaume d'Arlequinerie, ou Arlequin prince héréditaire, devenu homme d'esprit par amour, Comédie dans le genre héroïque ». Puis de la page 243 à la page 270: « Opuscules De Mad. La Dsse. De C…La Princesse enchantée, Conte » et enfin, de la page 271 à la page 279: « La queue de vache, histoire véritable. Conte Oriental ».

Référence Po1ak:     1723

Les « Mémoires » de Choiseul ont d'abord été imprimés in-4°, à Chanteloup, dans le château du duc, en 1778, par un prote d'imprimerie nommé Le Brun. Cette édition, tirée à très petit nombre, n'était pas destinée au public. C'est d'après un de ces exemplaires que Soulavie a fait imprimer cette première édition publique en 1790.

(Réf: catalogue Joyaux)

Etienne-François, duc d'Amboise et de Choiseul, connu d'abord sous le nom de comte de Stainville, naquit le 28 juin 1719, d'une ancienne famille qui tirait son nom de la terre de Choiseul, en Champagne. Il entra au service dans l'armée de terre, obtint un avancement aussi rapide que mérité, et, à l'âge de quarante ans, était lieutenant général. La faveur de Madame de Pompadour lui valut l'ambassade de Rome (1754-1757) par laquelle il débuta dans la carrière politique, puis il fut envoyé à Vienne (1757) où il conclut l'alliance de la France et de l'Autriche, au début de la guerre de Sept Ans. A son retour, en 1758, il remplaça le cardinal de Bernis aux affaires étrangères. Créé bientôt duc et pair, il prit le portefeuille de la guerre, à la mort du maréchal de Belle-Isle, en 1761, et, laissant les relations extérieures à son cousin le duc de Praslin, il réunit, la même année, les deux ministères de la guerre et de la marine qu'il conserva jusqu'en 1766, époque où il permuta avec le duc de Praslin.

Ministre de la guerre, Choiseul projeta la descente de 1759 que fit avorter le désastre de M. de Conflans, commit la faute d'abandonner le Canada, conclut le Pacte de famille avec les quatre branches de la maison de Bourbon régnant en Europe, et réorganisa l'armée par l'ordonnance de 1762.

Ministre de la Marine, il fit preuve d'une activité souvent brouillonne et s'efforça de réparer les pertes subies pendant la guerre de Sept Ans. Il développa les constructions navales en obtenant des villes ou des provinces le don de sommes destinées à construire des vaisseaux et régénéra le « grand corps » par l'ordonnance de 1765, mais sans pouvoir élever les plébéiens aux grades supérieurs, à cause de la résistance des officiers « rouges ». Il acheta à la compagnie des Indes, tombée en dissolution, Lorient qui devint notre quatrième port de guerre, donna un excellent régime aux Mascareignes et aux Antilles, et fit de Saint-Domingue la plus florissante colonie du globe; mais il échoua complètement dans une tentative de colonisation de l'insalubre Guyane. Le duc de Praslin, qui le remplaça en 1766, continua son oeuvre.

De son côté, Choiseul acheta la Corse aux Génois, et s'empara de l'île en dépit de Paoli et des anglais. C'était en 1768, un an avant la naissance de Napoléon. Les deux ministres tombèrent en 1770 pour n'avoir pas voulu plier devant madame Dubarry. Exilé dans sa terre de Chanteloup, près d'Amboise, Choiseul y reçut, malgré le roi, les témoignages de l'estime publique. Toutefois, Louis XV lui rendit justice quand il s'écria que, si Choiseul était resté au pouvoir, la Pologne n'eût pas été partagée en 1772.

(Réf: P. Levot et A. Doneaud, « Les gloires maritimes de la France », paris, 1866, in-8°).