CORDEY (Jean)

CORRESPONDANCE DE LOUIS-VICTOR DE ROCHECHOUART, COMTE DE VIVONNE, Général des Galères de France, pour l'année 1671. Paris, Librairie Honoré Champion, Editeur, 5, quai Malaquais. 1911, in-8°, demi-basane à coins, papier marbré sur les plats, dos à 5 nerfs. Reliure moderne.

XV pp. (Faux titre; Titre; Introduction), 136 pp.

Référence Polak:     1975

Louis-Victor de Rochechouart, duc de Mortemart, comte puis duc de Vivonne, est né à Paris le 25 août 1636, fils du duc Gabriel de Mortemart, général des galères, frère aîné de Madame de Montes pan. Capitaine au Royal-Cavalerie en 1653 sous les ordres de Bussy-Rabutin, il servit en Flandre et en Artois avec Turenne jusqu'en 1657 (sièges de Landrecies, Condé et Valenciennes). Colonel du Royal-Etranger, il fit deux campagnes en Italie puis demanda à passer dans la marine et fut mis en 1659 à la disposition de Beaufort, grand maître de la Navigation. Il embarqua en 1663 sur « l'Hercule » avec le chevalier Paul et participa l'année suivante à la malheureuse expédition de Djidjelli (voir l'ouvrage anonyme « Relation véritable... »). Général des galères par intérim en avril 1665, il effectua plusieurs missions en Méditerranée et conduisit en 1668 la négociation d'un traité avec le dey d' Alger. Général des galères à titre définitif en mars 1669, il commanda l'escadre de 15 bâtiments à rames envoyée à Candie au secours des Vénitiens assiégés par les Turcs.

Après la mort de Beaufort (25 juin), Vivonne tenta de poursuivre la lutte. Blessé lors du combat du 24 juillet, il constata l'impossibilité de forcer les lignes turques et ramena la flotte à Toulon le 28 octobre. Il servit à terre au début de la guerre de Hollande, fut blessé au passage du Rhin en 1672 et nommé gouverneur de Champagne en 1674. L'année suivante, Louis XIV l'envoya au secours des Messinois révoltés contre les Espagnols avec le titre de vice-roi de Sicile (voir l'ouvrage anonyme: « Relation de Sicile »). Il réussit, grâce à Valbelle, à faire parvenir des secours à la ville et fut promu maréchal de France. Il continua à commander nominalement l'escadre de Sicile mais ne joua pratiquement aucun rôle militaire et tout le mérite de la campagne (Agosta, Palerme) revint à Duquesne, Tourville, Valbelle, etc. Rentré en France en 1678, il cessa de servir sur mer. Premier gentilhomme de la Chambre du Roi, bel esprit, cultivé, Vivonne était lié avec Molière, Boileau, La Fontaine et représente assez bien le type de ce que les vrais marins du temps appelaient dédaigneusement les « bâtards du cotillon ». Il mourut à Paris le 15 septembre 1688.

La correspondance militaire et navale du duc de Vivonne étaient (en 1911) conservée en sept registres in-folio dans les archives du duc de Polignac, au château de Saint-Jean-du-Cardonay, en Normandie, et à la Bibliothèque nationale.

En 1671, alors que Colbert s'occupe à renforcer notre marine, Vivonne commande à une flotte de 18 galères et 3 galiotes, dont Marseille est le port d'attache. En outre, le Roi a pris à son service dès 1669 un génois, le marquis de Centurion, dont l'escadre de 3 galères est réunie à Toulon, et cela, non sans problème de hiérarchie entre les 2 hommes. Dans sa correspondance de 1671, Vivonne nous apparaît comme un officier actif, entreprenant, très soucieux de remplir tous les devoirs de sa charge et de n'abandonner les difficultés de sa tâche à personne. Il se conduit en très bon serviteur du Roi, comme un excellent subordonné de Colbert, et un aussi bon collaborateur de Nicolas Arnoul (intendant des galères à Marseille), recherchant des améliorations, des réformes, ayant à coeur de tenir les galères toujours disponibles pour le service. Il se préoccupe notamment de la discipline, de la chiourme, mais aussi de la manoeuvre des galères pour lesquelles il apporte des modifications dans le gréement pour faciliter le déploiement des voiles. En 1671, Vivonne fut chargé de croiser le long des côtes de Provence à la poursuite des pirates barbaresques. Son courrier nous conte cette sortie qui fut écourtée pour causes de vents contraires et de la maladie de Vivonne. Sa correspondance nous donne aussi des renseignements sur lui-même et la famille Mortemart.