DESROCHES (Nicolas)

DICTIONNAIRE des termes de marine. Avec les enseignes & les pavillons que chaque nation porte à la mer. Dessinez et blasonnez. Paris, A. Auroy, 1687, petit in-8°, veau, dos à 5 nerfs, orné, tranches mouchetées. Reliure de l'époque.

7 ff.n.ch. (Titre; Epistre au Roy; Epistre à son Altesse Serenissime Monseigneur le Comte de Toulouse; Au lecteur; Extrait du Privilège du Roy), 576 pp., et 21 planches hors texte dont 19 de pavillons.

La vignette de la page de titre est signée « N. GUERARD ».

       - Autre édition:

(Réf: Catalogue CHAMONAL de 1990).

Référence Polak:     2593

Ce premier dictionnaire de marine français est dédié à Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (Versailles 1678 - Rambouillet 1737), troisième fils de Louis XIV et de Mme de Montespan, légitimé en 1681. Le 18 novembre 1683, le Roi lui donna l'amirauté de France rétablie en 1669 et devenue vacante par la mort de son demi-frère le comte de Vermandois. Le comte de Toulouse était alors âgé de 5 ans et conserva cette charge pendant 54 ans. Gouverneur de Guyenne de 1689 à 1695, il devint gouverneur de Bretagne de 1695 à 1737 afin de réunir à sa charge l'amirauté de Bretagne, restée indépendante de celle de France par décision du 12 novembre 1669. Reçu duc et pair de Damville au parlement en 1694, il fut installé dans sa charge d'Amiral quelques jours après (à l'âge de 16 ans). Membre du conseil de Régence et chef du conseil de marine à partir de 1715, Toulouse fut toute Sa vie un personnage considérable mais qui s'éloigna volontairement des intrigues de la Cour.

Conseillé et en partie élevé par Henri du Trousset de Valincour, secrétaire de ses commandements, secrétaire général de la marine et l'auteur d'une large part des textes qui devinrent la grande ordonnance navale de 1689, il dut à ce précepteur distingué, admirateur de Richelieu et collaborateur de Colbert et de Seignelay, un goût prononcé pour la marine. Toutefois, il ne fit que 4 campagnes. En 1702, au début de la guerre de succession d'Espagne, il a 24 ans et se rend à Toulon. Il y embarque et croise à partir du 18 juin sur les côtes d'Italie, sous la conduite du vice-amiral d'Estrées. En 1704, il se rend à Brest. Toujours sous le contrôle d'Estrées, il croise le long des côtes de Catalogne. Le 24 août, il livre le fameux mais trop indécis combat de Velez-Malaga contre l'escadre de l'amiral anglais Rooke. En 1705, il vient à nouveau à Toulon. Il croise en Méditerranée, visite Antibes et plusieurs ports. En 1706, il revient à Toulon, y prend le commandement d'une escadre, croise en Méditerranée, se porte en vain devant Barcelone. Il a alors 28 ans, ne reprendra jamais la mer et ne retournera jamais dans un port, entre 1706 et 1737. En 1723, il épouse une jeune veuve, la marquise d'Antin de Gondrin, née Noailles. Elle lui donna un fils, le duc de Penthièvre qui fut son successeur en l'amirauté de France.

(Réf: « Dictionnaire du grand siècle », sous la direction de François Bluche, Paris, 1990, in-8°, article « Toulouse » par Michel Vergé-Franceschi).

Nicolas Desroches fut lieutenant de vaisseau en 1671 et capitaine de vaisseau en 1693.

(Réf: J. Aman, « Les officiers bleus dans la Marine française au XVIIIe siècle », Genève, 1976, in-8°).