DU MAITZ DE GOIMPY (François-Louis)

(St Léger des Aubées [Eure et Loire] 10.04.1729 - Billancourt [Somme] 29.12.1807)

TRAITE SUR LA CONSTRUCTION DES VAISSEAUX dédié et présenté au Roi. Paris, Couturier, 1776. ln-4°, veau, dos à 5 nerfs, orné d'ancres et de fleurs de lys, pièce de titre marron, chiffre de Louis XVI au centre des deux plats, tranches rouges. Reliure de l'époque.

2 ff.n.ch. (Faux titre et Titre), XX pp. (Epître au Roi, Préface et Table des chapitres), 211 pp., 1 f.n.ch. (« Correction de la hauteur du point vélique ») et 2 planches dépliantes hors texte.

Les planches sont siqnées par le graveur « de LA GARDETTE ».

Chiffres de la Maison du Roi au centre des plats.

Référence Polak:     2876

Du Maitz de Goimpy était élève du célèbre constructeur Deslauriers. Dans cet ouvrage, entrepris à la demande de Choiseul, ministre de la marine et appuyé sur les travaux de Bouguer, Euler et Bossut, l'auteur tait aussi l'éloge d'un autre constructeur connu: Blaise Ollivier. « C'estt à lui », dit-il, « qu'on doit le changement des formes de la carène et de la distribution des batteries des frégates, changement adopté en Angleterre .

Du Maitz de Goimpy examine successivement le déplacement, le jaugeage, le centre de gravité, la stabilité, le roulis et le tangage des vaisseaux; puis il expose la théorie des vagues, de la résistance des fluides, de la mâture ou des effets de l'eau et du vent combinés ensemble, de la vitesse du bâtiment, de l'agitation de la mer, du maniement du gouvernail, et des navires allant à la rame. Il souligne le danger d'une trop grande stabilité qui fatigue la mâture et rend difficile le service du canon d'un navire soumis au roulis. Dans la dernière partie de son livre, Du Maitz de Goimpy étudie avec détails la construction des frégates.

Voir aussi le commentaire à la description de l'ouvrage « Abrégé du Pilotage » de Coubert, Goimpy et Le Monnier.

(Réf: Abbé Anthiaume, « Le navire, sa construction en France et principalement chez les Normands », Paris, 1922, in-8°).

François-Louis Du Maitz de Goimpy-Feuquières est né à Saint-léger-des-Aubées en 1729. Entré aux gardes de la Marine à Rochefort en janvier 1746, il fit campagne l'année suivante au Canada. Embarqué en 1748 sur le « Magnanime » dans une division envoyée aux Indes, il participa au combat livré le 12 janvier à deux vaisseaux anglais au large d'Ouessant et fut fait prisonnier. Enseigne de vaisseau en mai 1751, s'intéressant aux questions d'astronomie, il embarqua en 1751 sur « l'Amarante » avec Bory, en 1753 sur la « Comète » aux Antilles et profita de ces campagnes pour se livrer à de nombreuses observations astronomiques de sorte qu'il fut associé à la fondation de l'Académie de Marine. Sur « l'Héroine » en 1755 dans l'escadre commandée par Macnemara et Duguay, il fit en 1757 campagne sur le « Superbe » à Louisbourg. Lieutenant de vaisseau en avril 1757, il commanda la « Thétis » en garde-côtes, livra deux combats et prit un corsaire ennemi. Commandant la « Malicieuse », en 1760, il s'empara de deux navires anglais dont une frégate. Passé en 1762 sur le « Défenseur », il participa à la campagne de l'escadre de Blénac aux Antilles. Capitaine de frégate en octobre 1764, il servit en 1766 sur le « Saint Michel » à Saint-Dominque puis resta à Brest où en octobre de la même année, il commandait « l’Hirondelle » et fut chargé d'examiner en mer le fonctionnement de la montre portative N° 3 de Ferdinand Berthoud. Capitaine de vaisseau en février 1772, il commanda « l'Eveillé » en 1777 en escadre d'évolutions. Commandant le « Destin » en 1780 dans l'escadre de Guichen, il participa aux trois combats contre Rodney au large de la Dominique (avril-mai 1780). Passé dans l'escadre de Grasse, il combattit à la bataille de la Chesapeake (5 septembre 1781) et à celle des Saintes (12 avril 1782) et rentra en France en août 1782 en escortant un convoi. Il fut promu chef d'escadre en août 1784.

(Réf: Etienne Taillemite, "Dictionnaire des marins français", Paris, Tallandier, 2002, in-8°).