DUHAMEL DU MONCEAU (Henri-Louis)

(Paris 1700 - Paris 22.08.1782)

MOYENS DE CONSERVER LA SANTE aux équipage des vaisseaux. Avec la manière de purifier l'air des salles des Hôpitaux et une courte description de l'Hôpital Saint Louis à Paris. Avec figures. A Paris, Chez H.L. Guérin et L.F. Delatour, rue S. Jacques, à S. Thomas d'Aquin. 1759. In-12°, veau, dos lisse, orné, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

XVI pp. (Titre, Dédicace « A Mr ***, Officier de la Marine », Extrait des registres de l'Académie royale des sciences, Privilège du Roi), 252 pp. et 5 planches dépliantes hors texte.

Référence polak:     2861

Parmi les causes des maladies maritimes, outre les maladies tropicales, on connaissait « l'entassement des hommes à bord des vaisseaux », « le défaut d'aération », « l'humidité à bord », « la pourriture de l'eau » dans les tonneaux de bois, et sur le plan alimentaire, plus que la pénurie, « l'altération des vivres » et surtout « l'impossibilité de garder des vivres frais » dont on savait qu'ils combattaient le scorbut (celui-ci ayant des causes alors totalement méconnues).

Les maladies maritimes sévissaient alors avec une particulière violence. En 1746, l'escadre du Duc d'Anville, partie de Cadix pour reprendre Louisbourg, clé du Canada, aux anglais, avait perdu en quelques jours 800 soldats et 1.500 marins matelots à cause d'une épidémie de fièvre typhoïde et du scorbut. Très affaiblie, l'escadre fut alors hors d'état de combattre et rentra sans avoir accompli sa mission. A son retour à Brest, elle avait perdu au total pas moins de 8.000 hommes durant cette expédition désastreuse.

En 1757, une épidémie de typhus se déclara dans l'escadre de Dubois de La Mothe, parti au Canada pour défendre l'île Royale menacée par les anglais. Ce fléau lui interdit de poursuivre les anglais et il dut rentrer à Brest pour y débarquer 5.000 malades qui transmirent la contagion à la ville, provoquant ainsi un vrai désastre sanitaire.

Ces deux catastrophes ne furent pas les seules, loin de là, à décimer toutes les flottes européennes, mais elles décidèrent l'Académie de Marine (créée en 1752) à consacrer une large place aux questions d'hygiène à l'image de ce qui se faisait en Angleterre depuis 1757 sous l'impulsion du docteur James UND qui avait découvert en 1747 l'effet bénéfique du citron sur le scorbut (de 1756 à 1763, la Royal Navy avait perdu 75.000 hommes par maladie).

C'est dans cet esprit que Duhamel du Monceau s'intéressa à ce domaine et écrivit cet ouvrage destiné à prévenir les maladies et non à les guérir. Il y décrit notamment le « ventilateur » de l'anglais Stephen HALES (1677-1761), premier système mécanique à base de soufflets qui avait été testé pour suppléer au grave défaut d'aération naturelle de tous les vaisseaux, faute d' ouvertures suffisantes, de l'impossibilité de naviguer contre le vent et de surpeuplement.

(Réf : A. Carré, « L’hygiène navale... » dans « La mer au siècle des encyclopédies », Paris, Genève, 1987, in-8°).

Voir la biographie de Duhamel du Monceau à la description de l’ouvrage « Elemens de l’architecture navale ».