DULAGUE (Vincent-François-Jean-Noël)

(Dieppe 24.12.1729 - Rouen 09.09.1805)

LECONS DE NAVIGATION. Seconde Edition augmentée. A Rouen, Chez la veuve Besongne & Fis, Imprimeur-Libraires de Monseigneur le Garde des Sceaux, rue Ganterie. 1775, in-8°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre marron, tranches rouges. Reliure de l'époque.

2 ff.n.ch. (Faux titre et Titre), XVII pp. (Avertissement et Table des matières), 3 pp.n.ch. (Extrait des registres de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen; Fautes à corriger; Additions & Corrections pour la Table de la Différence des Méridiens), 356 pp., 45 pp. (« Abrégé de trigonométrie rectiligne et sphérique, Pour servir de Supplément aux Leçons de Navigation ».), 1 f.n.ch. blanc, 52 pp. (« Recueil de tables astronomiques ») et 8 planches dépliantes hors texte.

Les planches sont signées: « GOÜEL F. ».

- Edition originale parue à Rouen, Vve Besongne et J.-J. Besongne, 1768, in-8°, XVI-318 pp., 45-(3) pp., frontispice gravé, 8 planches dépliantes et 50 pp. pour le « Recueil de tables astronomiques ». Titre, front. et pl. gr. par Goüet.

- Autres éditions:

(Réf: J. Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°; A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°; Catalogue Polak N° 46 de 1992).

Référence Polak:     2867

Il s'agit du cours d'hydrographie que mit au point l'auteur durant les quarante années qu'il enseigna au Collège de Rouen. Dans son avertissement, l'auteur ne cache pas qu'il s'est largement inspiré de l'ouvrage de Bouguer: « Nouveau traité de Navigation » (voir ce livre), revu par l'abbé de La Caille. Le « cinquième livre » de cet ouvrage, qui ne figure pas dans l' édition originale, est consacré à la méthode « De la Détermination de la Longitude en Mer, par la mesure des Distances de la Lune au Soleil et aux Etoiles ».

Le succès de cet ouvrage, clair, précis et solide par ses démonstrations, fut tel que le gouvernement l'adopta pour toutes les écoles d' hydrographie établies en France et chargea l'auteur d'en faire lui même, en 1787, un abrégé (« Principes de navigation, ou Abrégé de la théorie et de la pratique du pilotage » publié à Paris en 1787) qui fut aussi très en vogue. Plusieurs sociétés savantes portèrent sur l'oeuvre de Dulague le jugement le plus flatteur, et les marins lui firent le meilleur accueil. Aussi les éditions se succédèrent rapidement.

Dans son livre, Dulague résout, à l'aide de son quartier sphérique, onze principaux problèmes d'astronomie nautique. Ce quartier sphérique, dérivé de l'astrolabe planisphère a été très employé en Normandie au XVIIIe siècle (voir « Explication et usage d'une partie du cercle universel » de Boissaye du Bocage). En 1787, l'auteur de l'article de l’ « Encyclopédie méthodique » écrivait à son propos: « C'est un instrument collé sur un carton comme le quartier de réduction, au moyen duquel on a prétendu pouvoir résoudre les questions d'astronomie dont la solution importe aux navigateurs. Il ne vaut pas la peine que nous le fassions mieux connaître. Il est entièrement oublié ».

(Réf: A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°).

Dulague est né à Dieppe le 24 décembre 1729. Fils d'un tourneur en ivoire qui mourut en 1730, il avait commencé ses humanités; mais, arrêté par une longue et grave maladie qui mit ses jours en danger, il n'avait pu les continuer. Quand sa santé fut complètement rétablie, il vint à Rouen où un chanoine régulier de Saint-Lô, l'astronome Bouin, le prit en amitié. Découvrant dans son protégé de grandes aptitudes pour les sciences mathématiques, Bouin l'engagea à étudier l'hydrographie. Il fut nommé professeur d'hydrographie au Collège Royal de Rouen le 20 avril 1753 puis, profitant de l'expulsion des Jésuites en 1762 en Normandie, Dulague obtint un poste de professeur d'hydrographie au Collège de Rouen. En février 1763, dans ce même Collège, il occupa la chaire d'hydrographie pour laquelle il avait beaucoup oeuvré à sa création. Les lettres patentes ratifiant l'élection de Dulague à cette fonction ne furent signées par le Roi que le 20 juin 1765 à Versailles. Pendant ses quarante années de professorat à Rouen (il fut remplacé par Mabire en 1791), Dulague fut toujours à la hauteur de sa tâche. Son enseignement se faisait remarquer par l'ordre, la clarté, la précision et la solidité des démonstrations. Pour écrire ses leçons, il s'inspira des meilleurs auteurs de l'époque et particulièrement de Pierre Bouguer. Deux mémoires qu'il avait présentés à l'Académie de Rouen, l'un sur l'hydrographie avec la collaboration de Bouin, l'autre sur l'occultation d'une étoile du Taureau, lui avaient valu l'honneur d'être élu membre de cette société savante le 24 novembre 1756. Il lut aux séances de cette Académie, dont il fut nommé le directeur en 1766, un grand nombre d'études sur des questions d'astronomie. Il fut également membre correspondant de l'Académie des Sciences de Paris. Il mourut à Rouen le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805).

(Réf: A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°).