FORFAIT (Pierre-Alexandre)

(Rouen 02.04.1752 - Paris 08.11.1807)

TRAITE ELEMENTAIRE DE LA MATURE DES VAISSEAUX, à l'usage des élèves de la Marine, composé & publié d'après les ordres de Monseigneur le Maréchal de Castrie, Ministre & secrétaire d'Etat au Département de la Marine. Paris, Clousier, 1788. In-4°, demi veau, papier marbré sur les plats, dos lisse, orné, pièce de titre marron. Reliure de l'époque.

XL pp. (Faux titre, Titre, Préface, Introduction, 294 pp. et 24 planches dépliantes hors texte.

Ex-libris manuscrit « Gravouille, lieutenant de vaisseau » sur la page de faux titre et celle de préface.

Les 23 premières planches sont signées BENARD.

- Édition originale.

- Autres éditions:

(Réf: J. Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4°).

Référence Polak:     3522

Les oeuvres de l'ingénieur normand Forfait sont très nombreuses. Quelques-unes ont été imprimées; un plus grand nombre sont restées manuscrites et sont éparses dans différents dépôts d'archives: Rouen, Paris, Brest.

Cet ouvrage fut écrit à la suite de l'ordre du ministre De Castries qui voulait un traité simple sur la marine. Dans ce livre, qui jouit en son temps d' une réputation bien méritée, l'auteur envisage tout ce qui concerne la construction et la mâture des vaisseaux et propose une nouvelle forme de voilure qui permet de tirer le meilleur parti possible du vent. L'Académie Royale des Sciences jugea si favorablement l'œuvre de Forfait qu'elle lui expédia le titre d'associé correspondant.

Pierre-Alexandre Forfait fit de solides études chez les Jésuites et se distingua très jeune par son goût pour les sciences. Nommé élève-constructeur à Brest en avril 1773, sous ingénieur en 1777, il fut protégé par Groignard et, envoyé à Cadix en 1782 comme ingénieur chargé de l'escadre, il s'y illustra en réparant brillamment plusieurs vaisseaux avariés. Elu membre de l'Académie de marine en 1781, il rédigea son « Traité de la mâture » qui le fit élire en 1789 membre correspondant de l'Académie des sciences. Il s'intéressait alors à la construction de navires marchands, en particulier à celle des premiers paquebots réguliers reliant la France aux Etat-Unis (1786-1787). Directeur des construction au Havre en 1789, il fut envoyé en mission en Angleterre avec Lescallier pour étudier sur place l'organisation des arsenaux et en rapporta des « Observations sur la marine d'Angleterre ». Elu député de la Seine-Inférieure à la Législative, il siégea au Comité de marine, s'occupa uniquement de questions techniques et construisit alors (1793) la « Seine », frégate remarquable par des aménagements très bien étudiés. Arrêté comme suspect pendant la Terreur, il fut libéré et nommé inspecteur général des forêts. En 1794, il étudia et réalisa une péniche à voile, destinée à ravitailler Paris, munie d'une mâture rabattable. Elu en février 1796 membre de l'Institut national, il remit un « Mémoire sur la navigation de la Seine ». L'année suivante, il étudia avec Rosily la possibilité de créer un arsenal à Anvers et réussit à en convaincre Bonaparte. Envoyé en mission à Venise, puis à Toulon, il travailla à la préparation de l'expédition d'Egypte puis revint au Havre pour organiser la flotte d'invasion de l'Angleterre et étudia à cette occasion un nouveau type de canonnière. Ministre de la Marine de novembre 1799 à octobre 1801, il travailla à la reconstitution de la marine désorganisée par la Révolution, réforma les constructions et les travaux maritimes, reconstitua le Conseil des prises, mit sur pied les préfectures maritimes, améliora le recrutement des officiers et dirigea les gigantesques travaux de la flottille de Boulogne. Conseiller d'Etat en 1801, il repoussa en 1804 une attaque anglaise contre Le Havre. Nommé en juin 1805 préfet maritime de Gênes, il fut révoqué, assez injustement, à la suite de la construction d'un vaisseau manqué et mourut à Paris le 8 novembre 1807.

(Réf: Etienne Taillemite, « Dictionnaire des Marins français », Paris, 1982, in-4°).