FURTTENBACH (Joseph)

(Leutkirch, en Souabe 1591 - Ulm 17.01.1667)

ARCHITECTURA NAVALIS, dast ist von dem Schiff, Gebau auff dem Meer und Seekusten zugebrauchen. Und Nemblich in was Form und gestallt Zürserste Ein Galea, Galeazza, Galeotta, Bergantino, Filucca, Fregata, Liudo, Barchetta, Piatta: Zum Andern Ein Nave, Polaca, Tartana, Barcone, Caramuzzala, und ein gemeine Barca, (welche samptlich zu Krieg: und Fries dens Zeitten an fese in den Bornembsten Veer Porten zu finden:)... Ulm. Durch Jonam Saurn,... Anno M. DC. XXIX.

« (ARCHITECTURA NAVALIS Ou de la Construction Des Navires en Usage sur Mer et le Long des Côtes. Ce traité indique d'une manière simple les méthodes infaillibles et certaines qu'il faut employer pour construire les galère, galéasse, galiotte, brigantin, felouque, frégate, liudo, barquette, piatta ainsi que les nef, polacre, tartane, barcone, caramuzzale et une barque ordinaire, que l'on rencontre en temps de guerre et de paix dans les ports de mer. Joseph Furttenbach a vu, écrit et dessiné lui-même et avec un soin extrême, tout ce qui intéresse par plaisir ou par nécessité les praticiens de la navigation, les maîtres de hache et les peintres: il y ajoute un aperçu de la bataille navale considérable et fort grave qui mit aux prises les Chrétiens et les Turcs en l'an 1571; et beaucoup de figures dans le texte et encore 20 gravures sur cuivre dessinées fort sincèrement d'après nature. Imprimé à Ulm, ville du St-Empire Romain par Jonam Saurn avec défense de reproduction pendant 12 ans. MDCXXIX) ».

ln-folio, basane moderne, genre ancien, décorations à froid sur les plats, dos à 5 nerfs, décoré à froid.

9 ff.n.ch. (Titre imprimé en noir et rouge, « Dedicatio », « Dorzede », Table des planches), 1 frontispice gravé sur double page, 134 pp., 21 figures d.l.t. numérotées A à l, K à T, V et X (les figures D et Q sont sur double page) et 20 planches h.t. numérotées 1 à 20 sur double page. Le texte est en gothique allemand.

Le frontispice est signé: « Iacob CAMPANUS Prinxit » et « Iacob CUSTODIS Sculpsit ». Les 20 planches sont signées: « Durch Ioseph FURTTENBACH ».

- Edition originale allemande.

- Autre édition:

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L'ouvrage parut en 1629, mais c'est au tout début du XVIIe siècle que Joseph Furttenbach avait acquis tout son savoir. L'art de la construction navale était alors tout artisanal et les « justes proportions » des secrets de famille jalousement préservées. L'auteur qui a pratiqué les constructeurs et analysé leurs méthodes nous dit tout ce qu'il en sait en s'appuyant sur des tracés géométriques qu'il connaît. C'est son grand mérite car il est un des premiers à avoir donné les « recettes » des constructeurs avec un début d'explication.

La plus grande partie de l'ouvrage concerne les galères (60 pages). Furttenbach présente des méthodes géométriques en essayant d'éviter tout empirisme. Il nous fournit également des détails sur les autres membres de la grande famille des galères: « ... galleota, brigantino, Mluca, fregata... ».

Mis à part quelques manuscrits, il existe très peu d'ouvrages imprimés au XVIIe sur les galères. En France, les deux principaux sont celui d'Hobier (« De la construction d'une gallaire et de Son équipage », Paris, 1622, in-8°) et celui de Morisot (« Orbis maritimi sive rerum in mari et littoribus gestarum genaralis historia », Dijon, 1643, in-folio). Il y en a eut quelques autres, publiés en Italie à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, mais celui de Furttenbach est particulièrement intéressant pour l'étude des méthodes de tracé des formes des galères au début du XVIIe siècle.

L'Architectura Navalis a servi de modèle aux auteurs hollandais de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle, comme Witsen, Van Yk et Allard (voir cet auteur), qui, traitant de construction navale, ont voulu y inclure la galère. Ils ont puisé dans Furttenbach, non seulement le texte lui-même, mais encore les gravures (dans « L'art de bâtir les vaisseaux... » de Allard, on retrouve 2 gravures et 3 pages de texte tirées de Furttenbach).

La seconde partie, plus courte, traite de la nave à travers un modèle choisi aux Pays. Là encore Furttenbach fournit des précisions suffisantes pour qu'un charpentier de l'époque y retrouve ses marques.

L' intérêt de cet ouvrage, compte tenu de sa date de parution, tient dans la démarche qui va rattacher la méthode de construction à la chose dessinée, au trait et à la géométrie. A son époque c'est peu courant mais l'auteur fournit bel et bien des dessins à l’échelle, des coupes et des élévations.

Il termine par un morceau de bravoure en un bref chapitre sur la « Description d'un grand combat naval », il s'agit de Lepante. Les deux dernières planches sont consacrées à cette bataille.

(Réf: René Burlet dans « Autour de livres rares de Marine », in-4°, publié à l'occasion de l'exposition « Fureur de lire » au Musée de la Marine à Paris en 1991; Jacques Imbert, « La galère du XVIIème siècle », Grenoble, J.P. Debbane, 1986, in-4°).

Joseph Furttenbach, fils de magistrat, a passé la majorité de sa vie à Ulm, en Allemagne, mais il a vécu en Italie de 1605 à 1625. A l'âge de quinze ans il est venu à Milan pour apprendre l'italien et il est resté probablement vingt ans en Italie. Il y a étudié le dessin et l’architecture militaire et civile en Toscane, à Milan et à Florence. Il a parcouru une partie de la péninsule à cheval en allant jusqu'à Rome. Il a raconté ses déplacements dans un ouvrage intitulé :"Nouveau voyage d'Italie", publié à Ulm, en 1627. Il s'est probablement initié à la construction navale à Gênes et c'est certainement dans les chantiers navals de ce port qu'il a recueilli les éléments de son livre.

De retour à Ulm, Furttenbach est devenu ingénieur polyvalent. Il a occupé plusieurs fonctions officielles dans plusieurs domaines : architecture, construction de ponts, chimie, cartographie, construction des navires et des orgues. Il était architecte de la ville. Il a décrit dans ses ouvrages plusieurs types de poudre à canon et d’explosifs ainsi que ses expérimentations pyrotechniques.Ulm lui est redevable de plusieurs bâtiments et édifices qui furent construits d'après ses plans. Il y a construit un hôpital et un théâtre de 1000 places : le Kommödienhaus. Il y a construit également sa maison personnelle qui a fait l'objet d'un de ses traités

(Réf: René Burlet dans « Autour de livres rares de Marine », in-4°, publié à l'occasion de l'exposition « Fureur de lire » au Musée de la Marine à Paris en 1991; Jacques Imbert, « La galère du XVIIème siècle », Grenoble, J.P. Debbane, 1986, in-4°; Wikipedia, article « Joseph Furttenbach »).