GICQUEL DES TOUCHES (Pierre-Guillaume)

(Saint-Enogat [Ille et Vilaine] 20.04.1770 - Saint-Malo 17.12.1824)

TRAITE DES MANOEUVRES COURANTES ET DORMANTES Composant le gréement des bâtimens marchands de différentes espèces, de trente-quatre à quinze pieds de largeur; Précédé de plusieurs tables relatives au système de mâture convenable à ces bâtimens. Suivi de plusieurs autres tables nécessaires à la marine, et d'un vocabulaire des termes de marine en français, anglais, espagnol et hollandais, relatifs à ce traité. A Paris, Chez Simonet, Libraire, Quai des Augustins, N°. 27 et Causette, Libraire, Quai des Augustins, N°. 35. 1818, in-8°, veau, dos lisse, orné, pièce de titre rouge, tranches marbrées. Reliure de l'époque.

3 ff.n.ch. (Faux titre, Titre, Avis de l'éditeur), VII pp. (Extrait des registres de la société de littérature, sciences et arts de Rochefort), 31 pp. (Introduction), 209 pp. (« Tables du Traité des manoeuvres courantes et dormantes des Bâtimens marchands »).

Cachet ex-libris en parti effacé de « Jean Magrin, capitaine au long cours » sur la page de faux titre et pièce ex-libris rouge « Lecraic » sur le dos du volume.

Référence Polak:     3876

Frère d'Auguste-Marie, Pierre-Guillaume Gicquel des Touches commença à naviguer au cabotage sur les bateaux de son père dès l'âge de six ans, fit une campagne comme pilotin sur un navire de Saint-Malo en 1784 et une autre sur « l'Atlas », du Havre, sur les côtes de Guinée de 1785 à 1787. Il entra dans la Marine royale en 1788 et fit campagne aux Antilles et en Amérique du Nord (1788-1790). Aide-pilote à Brest sur les « Deux-Frères », puis volontaire sur le « Duguay-Trouin » en 1791 pour une nouvelle mission aux Antilles, il embarqua comme second pilote sur la « Recherche » dans l'expédition de d'Entrecasteaux à la recherche de Lapérouse et fut associé aux travaux d'hydrographie et d'astronomie menés par les savants du bord. Débarqué au retour à l'île de France, il passa sur le « Coureur » et participa à un combat contre deux vaisseaux anglais le 22 décembre 1794. Rentré en France sur le « Leger », il apprit qu'il avait été nommé enseigne de vaisseau en février 1793 et embarqua en novembre 1795 sur la « Régénérée » commandée par Willaumez dans la division de Sercey opérant dans l'Océan Indien. Il prit ainsi part aux combats du 7 septembre 1796 contre deux vaisseaux anglais dans le détroit de Malacca et du 26 juillet 1798 contre une frégate au large des Canaries. En novembre 1798, il passa sur le « Tyrannicide » dans l'escadre de Bruix et fut promu lieutenant de vaisseau en juin 1799. Embarqué en août 1800 sur le « Naturaliste » commandé par Hamelin, il fut transféré en septembre sur le « Géographe » de Baudin pendant son expédition aux terres australes mais dut débarquer malade à l'île de France en avril 1801 et rentra en France en janvier 1802 sur le « Voyageur », apportant les premiers résultats scientifiques du voyage de Baudin.

Gicquel des Touches donna alors sa démission et navigua au commerce de 1802 à 1807 dans l'Atlantique sud et l'Océan Indien. Il se trouvait à Buenos Aires en 1806 et participa aux combats qui marquèrent la reprise de la ville un moment occupée par les anglais. Commandant la « Virginie » en septembre 1807, à Sainte-Croix de Téneriffe, il y rencontra le maréchal Daendels nommé gouverneur général des Indes hollandaises, qui le prit comme aide de camp et qu'il conduisit à son poste à Java où il arriva en janvier 1808. Nommé alors capitaine de vaisseau et adjudant général de la marine hollandaise, il développa la flotte locale en construisant sur ses plans des chaloupes canonnières avec lesquelles, en avril, il détruisit après cinq heures de combat onze navires pirates. Fait prisonnier le 17 septembre 1811 lors de la capitulation de Java, il ne fut libéré qu'en juin 1814. Gicquel des Touches avait à plusieurs reprises sollicité vainement de Decrès sa réintégration dans la Marine française. Il n'obtint satisfaction qu'après la chute de l'Empire, servit à terre à Paris et à Rochefort et quitta le service actif en juillet 1816. Retiré à Saint-Malo, il commanda encore plusieurs bâtiments de commerce jusqu'à sa mort le 17 décembre 1824.

(Réf: Etienne Taillemite, « Dictionnaire des Marins français », Paris, 1982, in-4°).