GUILLET DE SAINT GEORGE (Georges)

(Thiers 1625 - Paris 1705)

LES ARTS DE L'HOMME D'EPEE, ou le dictionaire du Gentilhomme. Divisé en trois parties, Dont la Première contient l'Art de Monter à Cheval. La Seconde l'Art Militaire. Et la Troisième l'Art de la Navigation. Dédié à Monseigneur de Dauphin. Par le Sieur de Guillet. Suivant la Copie de Paris. A La Haye, Chez Adrian Moetjens, Marchand Libraire à la Cour, au dessous de la Galerie, 1680. ln-12°, veau blond, dos lisse, orné à la grotesque, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

6 ff. dont le 1er et le 6em n.ch. (Titre, Epître « A Monseigneur le Dauphin », Préface), 512 pp. et 3 planches gravées dépl. h.t.

Exemplaire du vétérinaire J. B. Huzard, avec le cachet à l'encre de sa signature au dos du premier feuillet (voir sa biographie dans les commentaires).

La première planche représente un cavalier, la seconde, le plan d'une forteresse et la troisième un « Vaisseau qui a pris Vent devant lorsque le Vent a sauté Ouest ».

- Edition originale parue à Paris, G. Clouzier, 1678, in-12. (BN. V. 22590).

- Autres édition:

- Edition étrangère:

(Réf: Jean et Michèle Polak: « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°; David H. Roberts, « 18th Century Shipbuilding », Rotherfield, 1992, in-4°).

Référence Polak:     4228

La troisième partie (pp.301 à 512) touchant la Marine, comporte le titre: « L'Art de la Navigation, Expliqué par toutes les définitions & les Phrases qui regardent les diverses especes des Bastimens, les parties du Vaisseau, le détail de la Manoeuvre, & les fonctions des Officiers de la Marine, & des Officiers Mariniers ».

Avec ce livre, dont l'édition originale est parue 9 ans avant le « Dictionnaire des termes de marine » de Nicolas Desroches (voir cet auteur), la navigation se trouvait ainsi promue dans la trinité des Arts de l'Homme d'Epée, ce qui confirme l'évolution sociale déjà notée en 1677 par Millet Deschales (voir cet auteur) affirmant que l'Art de Naviger « ne regarde pas seulement les Pilotes et les Matelots; il est très nécessaire aux personnes de qualité, qui sont assez souvent employées à le conduite des Vaisseaux, et qui ne doivent pas exposer leur honneur et leur vie à l'indiscrétion » (dans le sens d'imprudence) « ou à l'ignorance d'un Pilote ».

Pour mener à bien son entreprise « à l'égard de la Marine », Guillet a conféré « avec un grand nombre d'Officiers qui ont servy sur les Vaisseaux du Roy », les contraignant à préciser leur pensée et leur expression. Centré sur la Marine Royale qui intéresse particulièrement le Gentilhomme, ce dictionnaire comporte 1.006 entrées. Si, en 1702, Nicolas Aubin pourra en regretter les lacunes, il louera sans réserve le contenu de l'ouvrage de Guillet, ne cachant pas qu'il l'a « presque tout copié » pour l'intégrer à son propre dictionnaire (voir l'ouvrage de Nicolas Aubin: « Dictionnaire de Marine »).

(Réf: A.P. Ségalen, « Aperçus sur la lexicographie maritime en France avant l'Encyclopédie », dans: « La mer au siècle des encyclopédies », Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1987, in-8°).

Jean-Baptiste HUZARD (Paris 1755 - Paris 1838) fut vétérinaire. Il a contribué au développement de l'enseignement vétérinaire et préparé la jurisprudence actuelle en matière de vices rédhibitoires. Ce fut aussi un bibliophile réputé. Il fut membre de l'Académie des Sciences en 1795.

Guillet de Saint George fut le premier historiographe de l'Académie de peinture, qui l'accueillit en 1682.

(Réf: Larousse en 10 vol.)