JAL (Auguste)

(Lyon 12.04.1795 – Vernon [Eure] 01.04.1873)

ARCHEOLOGIE NAVALE. Publiée par ordre du Roi. Paris, Arthus Bertrand, 1840. 2 volumes in-8°, demi-veau, papier marbré sur les plats, dos à 4 nerfs, ornés, pièces de titre et de tomaison rouges. Reliures de l'époque.

·         Vol. l : 2 ff.n.ch. (Faux titre et Titre), 490 pp., 1 f.n.ch. (Errata), figures dans le texte.

·         Vol. II: 2 ff.n.ch. (Faux titre et titre), 671 pp., 1 p.n.ch. (Note et Errata), figures dans le texte.

Référence Polak:     4650

Les recherches de Jal représentent un aboutissement dans l'étude de l'Archéologie navale pour laquelle il est considéré, un peu à tort (dès 1536, Lazare de Baïf avait publié un livre en latin sur les navires antiques), comme le père de cette discipline et à partir duquel l' expression Archéologie navale est officialisée. Le but de Jal dans cet ouvrage est avant tout d'étudier le matériel nautique ancien. D'octobre 1834 à février 1835, il a voyagé en Italie, visitant les archives, faisant copier des manuscrits, parcourant les musées... pour accumuler près de 3.000 fiches complétées par la suite en France, notamment à Marseille. De ce travail de recherche de sources écrites soigneusement analysées, mais hélas pas toujours très fiables (il a souvent utilisé des copies ou des textes partiellement publiés), Jal a amélioré et complété les travaux de ses prédécesseurs (essentiellement le hollandais Nicolas Witsen au XVIIe siècle et le français Le Roy (voir cet auteur) au XVIIIe siècle). Le livre fut écrit à une époque de grand développement de l'archéologie en général (Napoléon III faisait fouiller en forêt de Compiègne et à Alesia) mais le plus grand reproche qu'on peut faire à son auteur est qu' il considérait l'archéologie comme étant l'étude des sources écrites et iconographiques. Il considérait les restes matériels archéologiques comme de simples preuves de ses théories et non pas comme des sources premières de l'analyse qui permettaient des confrontations avec les sources historiques, écrites et graphiques.

(Réf: E. Rieth, « L'archéologie navale » dans Neptunia N° 148).

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Auguste (ou Augustin) Jal fut admis en 1811 sur le vaisseau-école « Tourville » à Brest comme élève officier, mais n'eut jamais l'occasion de naviguer. Sa seule campagne, à terre, fut sa participation à la défense de Paris en 1815 et il fut placé en 1817 en non-activité pour ses « propos subversifs ». Il devint alors journaliste et publia des articles dans la Revue des Deux Mondes. Il assista en 1830 à la prise d'Alger en qualité de correspondant du « Constitutionnel ».

Attaché en juillet 1831 à la section historique de la marine, il devint historiographe officiel de la Marine puis conservateur des Archives de la Marine en décembre 1852, poste qu'il conserva jusqu'à sa retraite en novembre 1862.

Jal appartient à la génération de ceux qui, au lendemain de l'époque révolutionnaire, s'attachèrent à faire le bilan d'un héritage culturel. Il avait choisi pour emblème une croix formée d'une ancre et d'une plume, et pour devise ce jeu de mots: « l'Ancre nourrit la Plume (Alit ancora Pennam) ».