LE CORDIER (Samson)

(Le Havre 13.12.1647 - Dieppe 29.03.1709)

INSTRUCTION DES PILOTES. Nouvelle édition, revue & corrigée par M. FOURAY, Hydrographe du Roi, à Dieppe. Au Havre de Grace, Chez P.J.D.G. Faure, Imprimeur de la Marine & de la Ville. 1780, 2 parties en un vol. in-8°, velin, dos lisse avec titre manuscrit à l'encre. Reliure de l'époque.

·         Première partie. Contenant un abrégé de la Sphere, les principes nécessaires pour trouver l'heure de la pleine Mer dans les Ports, le jour & le quantieme du mois auquel doivent arriver les Fêtes mobiles & immobiles, les différentes Tables qui y ont rapport, & enfin plusieurs autres choses curieuses qui conviennent non-seulment aux Navigateurs, mais à toutes sortes de personnes. Avec une Instruction générale sur le Pilotage, en faveur de ceux qui veulent se rendre experts dans cette science, & se mettre aussi au fait des manoeuvres d'un Vaisseau.

·         Seconde partie. Qui contient tout ce qui est nécessaire pour observer exactement la Latitude, ou la hauteur du Pole dans tous les lieux du monde, tant aux Etoiles qu'au Soleil; Avec les Tables de leur Déclinaison & Ascension droite, & de la Latitude & Longitude d'un grand nombre de Lieux, calculées par Mr FOURAY, Hydrographe du Roi, à Dieppe.

179 pp., 3 pp.n.ch. (Table des matières), 1 f.n.ch. (blanc), 212 pp. et figures d.L t.

Ex-Libris: Raymond DECARY et Alain WEISS, ingénieur.

- Edition originale parue au Havre de Grâce, J. Gruchet, 1683, in-8°, 1 vol. en 2 parties, XVI-144 pp. pour la 1ere partie et 151 pp. pour la deuxième partie.

- Autres éditions:

Dans les éditions de 1734 à 1766, chaque partie est précédée d'un « Avertissement ». La première partie,destinée aux élèves de l'école d'hydrographie, présente le texte remanié par Jacques Cordier sous la forme de questions et réponses.

(Réf: J. Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°; A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°; Cat. Rossignol N° 184 d'octobre 1993; Cat. Paul Jammes N° 264, décembre 1993).

Référence polak:     5566

L'hydrographe de Honfleur Guillaume De Glos, avait imprimé au Havre, en 1675, un « Epitome de Navigation ». Samson Le Cordier trouva dans ce volume tant d'erreurs scientifiques qu'il les releva dans une lettre adressée à l'Académie royale des Sciences. De Glos, outré de dépit, profita des observations de Le Cordier pour reprendre son livre en sous-oeuvre et en publier, en 1679, une seconde édition corrigée; mais en même temps, il lançait contre son censeur des injures et des calomnies. Le Cordier dut se défendre de ces attaques dans l'avant-propos des éditions de 1683, 1687 et 1690 où il indique seulement les initiales des prénom et nom de son détracteur, « G. D. G. »

Joseph-Thomas Fouray, baptisé à Saint-Jacques de Dieppe le 3 janvier 1723, obtint, le 1er janvier 1752 le brevet de survivance de maître d'hydrographie à Dieppe. Mais, l'emploi n' étant pas encore vacant (il était occupé par Jacques Le Cordier), le ministre de la marine lui fit entreprendre une campagne sur les vaisseaux du Roi pour parfaire ses connaissance. Il embarqua ainsi sur la frégate la « Seine » comme pilote surnuméraire pour une voyage à Québec. Il devint professeur à Dieppe à la suite de la démission, pour cause de santé, de Le Cordier, le 1er février 1755. Son enseignement ne donna guère satisfaction bien qu'il eut des connaissances astronomiques et hydrographiques très étendues. Admis au mois d'août 1758 comme membre correspondant et en 1766 comme associé-adjoint, à l'Académie des Sciences, Belle-Lettres et Arts de Rouen, il adressa à cette Société quelques mémoires sur des questions d'astronomie et de navigation dont, le 28 juillet 1783, un travail proposant d'établir un nouveau système de signalisation diurne et nocturne à l'entrée des ports pour renseigner les marins sur l'état de la marée. A la fin de 1785, Fouray fut atteint de paralysie, mais il se rétablit de cette attaque, et ce fut seulement le 29 juin 1790 que son fils Marie-Joseph-Victor-Jacques reçut « une commission d'adjoint et de survivancier de son père pour la place de professeur d'hydrographie à Dieppe ». Il mourut à Dieppe le 19 juillet 1790.

(Réf: A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°; A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°).

Né au Havre le 13 décembre 1647, Samson Le Cordier suivit à Dieppe, dont l'école d'hydrographie était plus renommée que celle du Havre, l'enseignement maritime du célèbre abbé Guillaume Denys. Il revint au Havre, navigua beaucoup au service de l'Etat, et devint « premier pilote entretenu au département du Havre-de-Grâce pour la conduite des vaisseaux de Sa Majesté ». En 1681, il figurait comme pilote dans l'équipage de « l'Ecueil », vaisseau de quatrième rang, qui était commandé par le fameux Panetié et qui fit campagne contre les corsaires de Salé. Au cours d'une rencontre navale, il reçut une blessure qui le contraignit à quitter le service actif de la marine. Cet accident le détermina à utiliser son expérience des choses de la mer pour l'instruction des jeunes navigateurs. En 1682, il tenait chez lui une école particulière d'hydrographie, fréquentée par sept ou huit écoliers seulement. Vers cette même époque, il reçut le titre de « hydrographe examinateur des pilotes et jaugeur des navires ».

Le 11 mars 1690, le Roi lui signa le brevet qui nommait Le Cordier professeur d'hydrographie à Dieppe à la place de son ancien maître Guillaume Denys, décédé depuis quatre mois. Il fallait qu'il eût acquis, comme hydrographe, une notoriété bien grande pour qu'on préférât un havrais à un dieppois à cette fonction. Il est fort possible que Le Cordier avait l'estime toute particulière du ministre de la marine qui, le 17 août 1701, écrivait à son sujet ces aimables paroles: « En continuant à bien servir, je luy feray plaisir ». On prêtait du reste au Roi une opinion aussi favorable et des intentions non moins bienveillantes. Il mourut à Dieppe le 29 mars 1709.

Cet hydrographe écrivit pour ses élèves plusieurs ouvrages qui eurent, dès leur apparition, une vogue bien justifiée. On les réimprima jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Il fut aussi l'auteur de deux cartes publiées au Havre: l'une des côtes de la Manche et de l'Atlantique, l'autre de la « Baye de Canads, de la rivière de Kébec, et du banc de Terre Neuve et autres havres ».

Un des ses fils, Jacques Le Cordier (1686 - 1767), lui succéda à l'école d'hydrographie de Dieppe de 1709 à 1755. Il se contenta de revoir et de mettre au point les oeuvres de son père ainsi que de rééditer plusieurs fois à partir de 1727 l'ouvrage de Blondel Saint-Aubin: « Trigonomètrie géométrique, astronomique et maritimes, ... »

(Réf: A. Anthiaume, « Evolution et Enseignement de la Science Nautique... », Paris, 1920, 2 vol. in-8°).