LESCALLIER (Daniel, Baron)

(Lyon 05.11.1743 - Paris 14.05.1822)

TRAITE PRATIQUE DU GREEMENT DES VAISSEAUX et autres Bâtimens de mer: Ouvrage publié par ordre du Roi, pour l'instruction des Elèves de la Marine, sous le ministère de M. De Fleurieu. Avec Planches & Figures. A Paris, Chez Clousier, Imprimeur du Roi, rue de Sorbonne; Firmin Didot, Libraire, rue Dauphine; A Londres, chez P. Elmsly, Libraire, in the Strand; Et à Amsterdam, chez Gabriel Dufour, Libraire. 1791. 2 tomes en 1 vol. in-4°, veau, dentelle dorée encadrant les plats, dos lisse, orné, pièces de titre et de tomaison rouges, tranches marbrées. Reliure de l'époque.

XXIV pp. (Faux titre; Titre; Avant-propos), 488 pp. pour le premier tome; 4 ff.n.ch. (Faux titre; Titre; Avertissement; Avis au relieur; Errata pour le traité du gréement), 83 pp., 23 pp. (Table des chapitres) et 34 planches hors texte dont 7 dépliantes.

Les planches 1, 3, 4, 8, 9, 10, 16, 19, 20, 23, 26, 30, 31 et 33 ont été gravées par N.F.J. MASQUELIER.

Les planches 2, 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15, 17, 18, 22, 27, 28, 29, 32 et 34 ont été gravées par Y. LE GOUAZ.

Les planches 21, 24 et 25 ont été gravées par PETIT.

Elles ont toutes été dessinées par Lescallier.

Les gravures des planches XIX à XXIX et XXXI à XXXIII de certains exemplaires ne comportent pas les noms des navires représentés ni les renvoies aux chapitres du texte.

- Edition originale.

- Autre édition:

Référence Polak:     5883

L'ouvrage de Lescallier se situe à une époque faste pour la Marine française grâce aux efforts du Maréchal de Castries, secrétaire d'état de la Marine d'octobre 1780 à juin 1787 qui, en grand chef et administrateur, poussa activement les opérations navales en Amérique et dans l'océan Indien, améliora la discipline, mit en route de grands travaux dans les ports (Brest, Dunkerque et surtout Cherbourg), rationalisa les constructions navales en limitant à trois les types de vaisseaux (110, 80 et 74 canons), réorganisa complètement la Marine par 12 ordonnances et 11 règlements d'un esprit très moderne parus le 1er janvier 1786, et enfin, supprima en 1787 les compagnies de Gardes de la Marine pour créer les deux collèges maritimes de Vannes et d'Alès. Castries voulait renoncer à l'acquisition dans les écoles d'officiers de connaissances théoriques trop développées et très en honneur dans la Marine. Voulant faire des marins avant tout, il décida de leur faire apprendre le métier en mer et leur ôter cette croyance « que l'on peut bien connaître un ensemble dont on ignore et méprise les détails ». A l'occasion de l'inspection des travaux d'aménagement du port de Cherbourg et d'une grande revue navale devant Louis XVI, en juin 1786, Castries décida , à l'instigation du Chevalier Jean-Charles de Borda, que l'enseignement donné aux élèves par les « maîtres de pratique », devait dorénavant s'appuyer sur des cours et des traités rédigés sur son ordre par les plus grands experts du temps. C'est dans cet esprit que Lescallier fit son « Traité pratique du gréement » et que, de 1787 à 1795, fut publié une magnifique documentation où l'on note en plus de l' oeuvre de Lescallier: le « Traité élémentaire de la construction des vaisseaux » de Vial Vu Clairbois (1787); le « Traité élémentaire de la mâture des vaisseaux » de Forfait (1788); l' « Abrgégé de navigation historique, théorique et pratique » de Lalande (1793); la « Science de l'Homme de mer » de Romme (1795). Cet effort vint sans doute trop tard puisqu'en 1791, l'Assemblée Constituante décida, à l'initiative de Kersaint, d'abroger l'ordonnance de Castries de 1786.

Daniel, Baron Lescallier entra au service en décembre 1765 comme écrivain de la Marine chargé de la comptabilité au Môle Saint-Nicolas à Saint-Domingue. Elève-Commissaire en février 1767, sous Commissaire des ports et arsenaux en février 1770, il fit campagne en 1773 sur le vaisseau le « Languedoc » puis voyagea sur ordre du ministre en Angleterre, en Russie et en Suède pour y faire des recherches sur la marine et de compléter par des embarquements la correspondance du language marin de ces pays avec les nôtres. Le récit de ce voyage fut publié en 1775. Commissaire des ports et arsenaux en janvier 1777, il fut nommé en janvier 1780 commissaire des Colonies à la grenade dont d'Estaing venait de s'emparer, puis, en mai 1782, commissaire à Demerary

(Guyanne anglaise) qui venait d'être occupée par la division de Kersaint. Commissaire général à Cayenne en mai 1785, premier conseiller au Conseil supérieur de cette colonie, il s'efforça de la tirer de sa léthargie et rentra en France en juillet 1788. Lescallier effectua en 1789-1790 un nouveau voyage en Angleterre et en Hollande pour y étudier les techniques de la construction navale. Adjoint au Comité de Marine de l'Assemblée Constituante en août 1790, commissaire civil dans les colonies de l'océan Indien en février 1792, il fut fait prisonnier par les anglais le 22 août 1793 lors de la capitulation de Pondichery et ne rentra en France qu'en 1797. Chef du Bureau des colonies au ministère de la marine en août 1797, conseiller d'Etat en décembre 1799, il fut alors nommé ordonnateur à Corfou mais ne put rejoindre son poste. Préfet colonial de la Guadeloupe en juillet 1801, il revint en France par les Etats-Unis en avril 1804. Préfet maritime de Gênes en février 1806, du Havre de mai 1808 à août 1810, il fut ensuite nommé en octobre 1810 consul général aux Etats-Unis. Pris par les anglais en rejoignant cette affectation, il s'évada, rentra en France à la fin de 1815, quitta alors le service et mourut à Paris en 1822. Membre correspondant de l'Institut National, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la marine.

(Réf: Etienne Taillemite, « Dictionnaire des Marins français », Paris, 1982, in -4°).