LISSILOUX (Jean-François)

(Lieubihan 29.11.1766 - )

MANUSCRIT touchant la marine se composant de 12 cahiers écrits entre 1797 et 1816, dont 11 en format in-4° et 1 en format in-8°, recouverts de papier de l'époque, portant tous un titre et quelquefois un résumé du contenu écrit sur un morceau de papier blanc collé sur la couverture.

409 pp.n.ch. manuscrites et 33 plans, cartes ou figures h.t. et d.l.t.

Le détail des cahiers est le suivant:

·          CARTE DE LA BAIE DE FALSE au Cap Bonne Espérance, levée en 1797 par l'ordre du contre-Amiral Pringle. Par Lissiloux, lieutenant de vaisseau. 1 cahier in-4° de 2 pp.n.ch. contenant la carte en double page dessinée à la plume avec de nombreuses sondes, la position des récifs, des principaux amers et des alignements .

·          ESSAI SUR LA NAVIGATION DE LA COTE par Lissiloux, lieutenant de vaisseau. Articles 1 er et 2me. Indispensable nécessité de la pratique de la côte dans toute navigation. Utilité de celle de port en port vulgairement appelée cabotage, difficulté attachée à la pratique de la côte et des ports. Projet d'amélioration dans les moyens employés pour les faciliter et dirigées dans l'objet de la rendre plus sure. Pharres, amers, balises, bouées, cartes de détail, discours descriptif et instructif. Du Lamaneur. Importance d'obtenir et par conséquent d'exiger de lui une connaissance plus détaillée de la manoeuvre des grands bâtiments et des espaces nécessaires pour leurs évolutions. Moyens pour y parvenir. 1798, 1 cahier in-4°, 61 pp.n.ch. manuscrites et 6 figures à la plume dans le texte concernant le balisage.

·          ESSAI SUR LA NAVIGATION DE LA COTE par Lissiloux, lieutenant de vaisseau. Article 3. Du pilote côtier, de ses attributions, de l'importance de son service, du vice de la composition actuelle, du mode d'instruction, d'examen et de l'appel au service public des pilotes côtiers. De l'avantage d'en organiser une nouvelle classe qui présente plus d'instruction, plus d'aptitudes et de goût pour le service des grands vaisseaux de guerre. De l'importance pour l'Etat de se charger de les former, d'entretenir et d'augmenter, par une pratique suivie, leurs connaissances acquises, en organisant pour cet objet un ou plusieurs bâtiments d'exploration, école et exercices. 1798, 1 cahier in-4°, 31 pp.n.ch. manuscrites.

·          ESSAI SUR LA NAVIGATION DE LA COTE par Lissiloux, capitaine de frégate. De l'importance de la partie du cabotage pour une puissance maritime. Essai sur la navigation de la côte, de sa pratique en toute navigation. De l'utilité de celle de port en port appelée cabotage. Difficultés attachées à la pratique des ports en temps de guerre. Proposition d'améliorer les moyens employés pour faciliter cette pratique. Ordre des ports: ports de commerce, ports militaires, petits ports de commerce ou de pêche. Sur les besoins de restituer au Ministre de la Marine, la police, la détermination et la surveillance des travaux maritimes. Nécessité d'une commission spéciale pour l'exécution de ces travaux. Réglemens pour le service et la police des phares de Cordouan. Condition de l'illumination des phares d'Ouessant et St Mathieu ainsi que des réverbères du port de Brest. 1814 et 1815, marché passé par la marine au sieur Le Jeune, négociant à Brest. Des phares, de leur utilité démontrée par l'expérience des siècles. Des feux fixes et des feux à éclipses. La Manche, ses violents courants. Positions générales, Dunkerque, Caïeux, St Valery en Caux, Barfleur, Cap Carteret, Roche Douve, Ouessant. Examen de chaque position de l'Yroise pour se rendre de la Manche dans le golfe de Gascogne. Penmarch, Belle Isle, isle d'Yeu, isle de Ré, isle d'Oléron, Cordouan, cap Feret. 1816 - table de la hauteur actuelle en pieds des phares existant en France tant au dessus du sol de terre qu'au dessus du niveau de la pleine mer. Les amers, les balises, les bouées, motifs de leur construction, emplacemens, entretien etc. De la police de ces etablissements. 1808, revu en 1816. 1 cahier in-4°, 76 pp. n. ch. manuscrites, 1 dessin à la plume en pleine page et 7 figures en marge ou dans le texte sur le balisage et les moyens de navigation.

·          MER ADRIATIQUE. Par le Capitaine de frégate Lissiloux. Hydrographie générale. Description des Etats de l'Italie et de l'Autriche. Délimitations. Etudes sur les cartes, appréciations, sur Trieste, Venise, sur les cartes des côtes en Italie. Désignation des environs de Venise tirée du plan des lagunes de 1799. Positions géographiques ou tables des latitudes des principaux lieux de la mer Adriatique et de leur longitude par rapport au méridien de Paris. Des courants. Des vents sur l'Adriatique. Etudes sur les isles, les ports, les côtes de la Turquie, leurs noms, leurs situation, leurs climats, leurs commerce. 1812. 1 cahier in-4°, 93 pp.n.ch. manuscrites.

·          MER MEDITERRANEE. Mer Turc, Pic, Notes diverses, Voyage, Maladies etc. Par le capitaine de frégate Lissiloux. 1 cahier, s.d., in-4°, 28 pp.n.ch. manuscrites. Ce cahier contient des notes d'observations utiles à la navigation côtière en Méditerranée: Liban, Toulon, la Corse, la Sicile, l'Egypte (Aboukir, Alexandrie...), la mer Noire. . .

·          PRINCIPES. Cercle répétiteur astronomique Borda, montres marines, profondeurs. Par le capitaine de frégate Lissiloux. Cercle astronomique, montres marines. Etudes sur le mont Biocova, presqu',île Sabioncello, brouillards, atmosphère. Observations sur les vents, montage Seché, vent nommé Dubiocisa pernicieux à la santé vers la fin de mai. Pluies et vents. Profondeurs, marées pour l'île Dieu. 1 cahier, s.d., in-4°, 20 pp.n.ch. manuscrites, 1 figure à la plume indiquant un point de mouillage à l'île d'Yeu.

·          HYDROGRAPHIE. Commerce maritime. Relations entre nations. Par le capitaine de frégate Lissiloux. 1 cahier s.d., in-4°, 20 pp.n.ch. manuscrites.

·          POSITIONS GEOGRAPHIQUES extraites de la connaissance des tems de 1813. Par le capitaine de frégate Lissiloux. France, canal de la Manche, Espagne, Portugal, Méditerranée, Adriatique. 1 cahier in-4°, 27 pp.n.ch. manuscrites. On y trouve un tableau d'équivalence de 72 mesures de distances utilisées dans le monde entier (du Portugal à la Chine) et la position géographique en latitude et longitude de plus de 350 lieux caractéristiques des côtes de France et d'Europe.

·          VARIATIONS ATMOSPHERIQUES. Par le capitaine de frégate Lissiloux. 1 cahier, s.d., in-4°, 7 pp.n.ch. manuscrites. Ce cahier comprend un tableau donnant la déclinaison magnétique observée pour plus de 200 positions géographiques, aussi bien près des côtes d'Europe, qu'au large, avec la position de ces lieux et l'année d'observation (de 1630 à 1819).

·          CARTES. Par le capitaine de frégate Lissiloux. 1 cahier, s.d., in-4°, 5 pp. manuscrites. Ce cahier comporte 3 cartes et 9 vues finement dessinées à la plume comme Suit :

q       Carte de la rade de Longo Sardo en Sardaigne: format 160 x 228 mm avec sondes, amers et points de mouillage.

q       Carte de la rade de Porto Praia (île du Cap Vert): format 127 x 164 mm avec sondes, amers et points de mouillage.

q       Carte de la rade d'Yvice (Ibiza aux Baléares): format 124 x 184 mm, avec sondes, amers et points de mouillage.

9 vues panoramiques des côtes des îles Baléares, du Cap Vert et des Canaries, montrant depuis le large, la silhouette des côtes et des amers remarquables avec leurs relèvements et distances.

·          CANAL DES DARDANELLES. Par le capitaine de frégate Lissiloux. Description et études sur le détroit des Dardanelles, sur la Turquie, Son climat, ses productions. 1 cahier, s.d., in-4°, 44 pp.n.ch. manuscrites en formats in-8°, in-4° ou in-folio repliées, avec 12 petits plans ou cartes dans le texte représentant des portions de côtes avec sondes et amers.

Fils de François-Jacques Lissiloux, capitaine au long cours, Jean-François est né à Lieubihan (Côtes du Nord) le 29 novembre 1766.

De 1781 à 1793, il navigue sur les navires marchands en divers qualités dont celle de capitaine au long cours. En 1784, il effectue deux embarquements dans la marine du Roi, sur la frégate la « Danaé » et le vaisseau le « Refléchi » (commandé par Kersaint) comme aide pilote et fait à cette occasion un voyage aux Antilles. Nommé enseigne de vaisseau non entretenu, le 10 mars 1794, il participe cette année là sur le « Revolutionnaire » aux combats dits de Prairial (28 mai-2 juin) menés par la flotte de Villaret et Joyeuse contre l'escadre de Howe. Combats qui se traduisent par la perte de 8 vaisseaux français mais qui assure l'entrée de Brest au convoi venant d'Amérique qui sauve la France de la famine.

Embarqué en 1794/1795 sur la frégate la « Cocarde » puis sur la corvette le « Mercury », il commande en 1796 une barge chargée de vivres pour Quiberon avant d'être muté sur la frégate la « Fidèle » pour un voyage de Lorient à Brest au cours duquel il évite un échouage dans les îles de Glénan où le navire s'était engagé de nuit.

Nommé enseigne de vaisseau entretenu le 21 mars 1796, il est affecté au service du port sur le vaisseau le « Républicain » puis sur la frégate la « Fidèle » en 1797. Il passe sur la corvette la « Colombe » en 1797/1798 pour des opérations d'escortes en Manche où il a divers engagements avec l'ennemi. Il exécute ensuite la même mission en 1800/1801 sur le lougre « Granville » qu'il commande.

Après avoir été affecté au service du port de Brest en 1801/1802, il effectue du 1er au 26 août 1802 une campagne sur le « Redoutable » en Guadeloupe où il participe à des engagements contre les nègres insurgés. A nouveau au service du port de Brest en 1802, il est ensuite nommé lieutenant de vaisseau le 5 mars 1803.

Du 31 mai 1803 au 29 janvier 1805, il commande « l'Inquiète », chargée de la protection des convois du Nord. Exécute ensuite le même travail sur un autre navire de 1805 à 1808. Au cours de cette période, il est promu capitaine de frégate le 12 juillet 1808. En 1809, il est chargé du détail sur « l'Océan » qui porte successivement les pavillons des généraux Willaumez et l'Allemand. Sur ce vaisseau, il participe au combat du 11 et 12 avril 1809 au cours duquel « l'Océan » s'échoue à l'entrée de la Charente avant d'être canonné par 4 brûlots anglais. Ce combat contre les anglais destiné à débloquer l'escadre de Rochefort, provoqua l'incendie de 3 autres vaisseaux français et la disgrâce moment année de Willaumez.

Après une campagne de 1809 à 1811 sur « l'Austerlitz » en Méditerranée, Lissiloux est affecté à Toulon d'où il rejoint Raguse pour prendre le 1er mai 1811 le commandement de la frégate la « Flore » avec laquelle il fait une campagne dans l'Adriatique avant de s'échouer à l'entrée des lagunes de Venise le 27 novembre 1811.

Transféré sur le « Rivoli », il rejoint Toulon puis la Hollande où il prend le commandement de la frégate la « Vandersserf ». Du 1er mars au 14 décembre 1813, il est intégré dans l'escadre de l'Escaut de Burgues de Missiessy. En 1814, il prend part à la défense d'Anvers en tant que commandant de tous les dépôts de cette place.

Revenu à Dunkerque, il prend le 5 août 1814 le commandement de la frégate la « Perle » avec laquelle il effectue un voyage au Portugal. Fin 1814, il est employé à nouveau au port de Brest. Il quitte le service actif le 1er janvier 1816 et prend sa retraite le 1er novembre 1817.

Jean François Lissiloux fut Chevalier de la Légion d'Honneur le 30 avril 1814 et Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis le 23 septembre 1814 pour sa participation aux opérations militaires d'Anvers de cette année là.