OZANNE (Pierre)

(Brest 03.12.1737 - Brest 10.02.1813)

RECUEIL DES COMBATS DE JEAN-BART, Chef d'escadre sous Louis XIV, suivis de l'abrégé de sa vie. Paris, Chez M. Legouaz, rue Saint-Hyacinthe, N.o 1. 1806, in-folio, maroquin rouge, décorations dorées aux quatre coins et encadrant les plats, dos lisse, orné. Reliure de l'époque.

Titre avec frontispice gravé, 6 pp. (abrégé de la vie de Jean-Bart), 9 planches comprenant 18 figures gravées numérotées 2 à 19.

Les 19 figures sont dessinées par P. OZANNE et LE GOUAZ et gravées par Le Gouaz.

Référence Polak:     7240

Il y a eu deux tirages de cet ouvrage. L'un de format in-4° oblong comportant un titre, 19 planches (dont un frontispice) et 13 pp. de texte avec sur la page de titre la mention: « Paris, chez Le Gouaz, rue Hyacinte, n°I ». L'autre tirage, in-folio, étant celui décrit ici, dans lequel les gravures sont disposées à 2 par page, l'une au dessus de l'autre, comportant par conséquent une page de frontispice et titre et seulement 6 pp. de texte. Dans les deux types, la composition du texte est exactement la même, les caractères sont identiques et les changements de ligne ont lieu exactement au même endroit.

(Réf: J. Polak , « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°).

Voici le détail des 19 figures dessinées par P. Ozanne et par Le Gouaz et gravées par Le Gouaz:

1.       Frontispice de la page de titre: Vue de l'entrée du Port de Dunkerque telle qu'elle était du temps de J. Bart.

2.       J.B. prend à l'abordage une frégate hollandaise de 18 canons devant le Texel (1675).

3.       J.B. monte un corsaire de 10 canons, prend une frégate hollandaise de 12 (1675).

4.       Avec le même corsaire, croise dans la Baltique, attaque une flotte hollandaise convoyée.

5.       Attaqué par 2 frégates, prend la première à l'abordage, s'empare de l'autre et détruit une parti de la flotte.

6.       Montant « La Palme » et commandant 5 corsaires, s'empare d'une flotte hollandaise, prend une frégate à l'abordage et met en fuite deux autres (1676).

7.       J.B. montant « La Palme » de 18, prend une frégate de 24 et 16 bâtiments marchands (1677).

8.       Montant « La Palme » prend à l'abordage un vaisseau hollandais de 36 et plusieurs bâtiments marchands (1677).

9.       Montant le « Dauphin » de 14, prend un Vaisseau hollandais de 32 (1678).

10.   A la paix de 1678, prend avec une corvette de 14 un corsaire Saltin de 16 canons.

11.   En 1683, prend avec une frégate un vaisseau de guerre portant 350 soldats espagnols.

12.   En 1689, J. Bart et Forbin convoyant une flotte du Hâvre à Brest, rencontrant 2 gros vaisseaux anglais. J.B. pour sauver sa flotte aborde l'ennemi.

13.   Fin du combat du 22 mai 1689. J. Bart et Forbin, quoique démâtés, ne se rendent que quand ils son assurés de la retraite de leur flotte.

14.   J. Bart, Forbin, un Chirurgien Français et 2 mousses s'échappent des prisons d'Angleterre et traversent la Manche à la rame en 1689.

15.   J. Bart, en 1692 descend sur les côtes d'Angleterre, près de Newcastle et met plusieurs villages à contribution.

16.   En 1693, commandant le « Glorieux », brûle six Vaisseaux de guerre hollandais.

17.   En 1694 attaque à l'abordage une escadre hollandaise et reprend une flotte française chargée de grain.

18.   En 1694 rentre dans le port de Dunkerque avec cette flotte chargée de blé ainsi que trois vaisseaux ennemis.

19.   J.B. en 1696, commandant une escadre de sept frégates, un brûlot et trois armateurs, rencontre la flotte hollandaise escortée par cinq vaisseaux de guerre. Il les prend à l'abordage, plus cinq bâtiments marchands. A la fin de ce combat, apprenant l'arrivée d'une escadre, il brûle trente bâtiments marchands et retourne à Dunkerque avec quinze riches prises.

Pierre Ozanne, frère cadet de Nicolas, était déjà connu par la supériorité de ses travaux, quand il fut embarqué, en 1771, comme dessinateur, sur la « Flore », employé sous les ordres de Verdun de La Crenne à une mission scientifique. En 1774, il fit une seconde campagne, comme professeur, sur « l'Hirondelle » commandée par M. de Saint-Césaire. Après un séjour de deux ans à terre, il embarque encore, comme volontaire, en 1777, sur la « Boussole », commandée par Borda. Nommé membre de l'Académie Royale de marine au retour de cette campagne, il fut promu, en 1778, au grade de sous-ingénieur constructeur, et embarqué, en cette qualité, sur le « Languedoc », dans l'escadre du Comte d'Estaing, puis sur la « Boulonnaise », et enfin, sur le « Vautour », commandant M. de Puységur. Appelé ensuite à Versailles, en 1786, pour y être attaché au Dépôt général des cartes et plans, il fut chargé, indépendamment du levé des cartes dans la campagne du « Vautour », de la composition des modèles de sculpture pour les vaisseaux du Roi. La même année, il reçut l'ordre de se rendre à Cherbourg, afin d'y compléter la série de dessins commandée par le ministre pour perpétuer le souvenir du voyage de Louis XVI dans ce port. Nommé ingénieur-constructeur, en 1788, il fut enlevé, quatre ans plus tard, à ces fonctions pour aller remplir celles de sous-chef de l'administration civile au port de Toulon. Parvenu à quitter la ville, le 30 septembre 1793, un mois après l'occupation anglaise, et dirigé sur Cherbourg pour continuer ses services, avec la mission particulière de faire un rapport sur les forêts et les bois du pays, il releva, en 1794, la « Carmagnole », frégate échouée à la pointe de Querqueville. Après avoir été chargé, de 1795 à 1797, de diriger le service des constructions navales à Saint-Malo, il revint à Brest, d'où il fut détaché, à trois reprises, pour opérer le relèvement de plusieurs navires échoués sur les côtes de Bretagne.

En 1798, sa santé, altérée par des travaux multipliés, le força de demander un congé de trois mois qu'il vint passer à Paris, et pendant lequel, sur l'invitation du ministre Bruix, il fit paraître une partie de ses « Ornements de proue » et le « Combat de la Bayonnaise ». Nommé ingénieur de première classe en 1800, et capitaine de vaisseau l'année suivante, en raison de ses quatre années de service à la mer, il continua pourtant d'exercer exclusivement ses fonctions d'ingénieur jusqu'à sa retraite qu'il prit, en 1811, l'année même de la mort de son frère Nicolas. Il est mort peu après, à Brest, le 10 février 1813. Sa réputation d'ingénieur avait été consacrée, en 1802, par la construction de la corvette la « Diligente », une des plus rapides marcheuses de l'époque; celle de dessinateur, indépendamment des travaux déjà cités, se recommande par quantité de dessins et gravures.