PANCKOUCKE (Charles-Joseph)

(Lille 1736 - )

ENCYCLOPEDIE METHODIQUE. Marine, dédiée et présentée à Monseigneur le Maréchal de Castries, Ministre et Secrétaire d'Etat au Département de la Marine, &c. A Paris, Chez Panckoucke, Libraire, hôtel de Thou, rue des Poitevins. A Liège, Chez Plomteux, Imprimeur des Etats. 3 vol. de texte in-4° demi-veau, papier marbré sur les plats, dos lisse, orné, avec titre et tomaison, tranches marbrées. Reliure de l'époque. Et 1 vol. de planches non relié, sous jaquette cartonnée.

·         Vol. l : 1783, 2 ff.n.ch. (faux titre et titre), XII pp. (Discours préliminaire; Tableau analytique), 1 tableau dépliant non numéroté, 712 pp.

·         Vol. II : 1786, 2 ff.n.ch. (faux titre et titre), 784 pp.

·         Vol. III: 1787, 2 ff.n.ch. (Faux titre et titre), 897 pp. et 1 tableau dépliant h.t. (page 66).

·         Vol. de planches: 1783, 175 planches numérotées de 1 à 156 et l à XVI. Les planches 83, 116 et 156 étant doubles.

Ex-Libris « Jacques Volmers » sur les 3 vol. de texte. Le volume de planches ne comporte pas la page de titre.

Les faux titres des 3 volumes de texte portent la mention: « ENCYCLOPEDIE METHODIQUE, ou Par ordre des Matières; par une société de gens de lettres, de savans et d'artistes; Précédée d'un Vocabulaire universel, servant de Table pour tout l'Ouvrage, orné de Portraits de MM. Diderot & D'Alembert, premiers Editeurs de l'Encyclopédie ». Dans la partie Marine de cette encyclopédie, il n'y a pas cette table de vocabulaire ni les portraits.

- Edition originale.

- Autres édition:

(Réf: J. Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4°).

Référence Polak:     3161

Après la sortie de la « Grande Encyclopédie » (1757 à 1766 puis 1779) et la « Description des Arts et Métiers » (1761 à 1789) (voir l'ouvrage « Traité de la construction des vaisseaux » de CHAPMAN), le libraire-éditeur PANCKOUCKE, déjà responsable du supplément de la Grande Encyclopédie (1779), lanca « L'Encyclopédie Méthodique », oeuvre monumentale comportant 166 volumes in-4 ° qui devait concurrencer la Grande Encyclopédie de Diderot envers laquelle il se rependait en critique.

Panckoucke donne une priorité à la Marine puisque le premier volume de texte est publié en 1783 et le troisième et dernier en 1787. Panckoucke obtint de l'Académie de marine (ceci avec d'autant plus de succès que la Compagnie avait renoncé à publier son propre dictionnaire) que la rédaction de la partie marine soit confiée à E.N. BLONDEAU. Celui-ci fut professeur de mathématiques des Gardes de la Marine. Il résidait à Brest depuis 1764 et se voua entièrement à l'Académie dont il était certainement un des membres les plus actifs. Le choix de Panckoucke était donc particulièrement judicieux, l'encyclopédie pouvant ainsi bénéficier de toutes les ressources de l'Académie de marine, ceci n'ayant pas été le cas pour la Grande Encyclopédie. Blondeau s'adjoint un autre membre de l'Académie,l'ingénieur-constructeur VIAL du CLAIRBOIS.

Malheureusement, Blondeau mourut en octobre 1783, à l'âge de 60 ans, d'une « fièvre putride ». Peu avant sa disparition, il avait remis à l'Académie, un exemplaire de la première moitié du Tome l de la partie marine de l'encyclopédie méthodique. A Vial du Clairbois revint la responsabilité de la poursuite de la publication. Celle-ci s'acheva en 1787 et comprit 3 volumes de texte format in-4° et un volume de planches format grand in-4°. L'ensemble est d'importance puisque l'on compte environ 2.400 pages de texte et 175 planches.

Un tel travail effectué en quatre années n'a été possible qu'en incorporant à l'encyclopédie des ouvrages publiés antérieurement. Et si Vial du Clairbois a quelque peu abusé de cette facilité, nous en sommes aujourd'hui bénéficiaires par un « regroupement ne faisant qu'augmenter l'intérêt de l'Encyclopédie Méthodique ». Les principaux « emprunts » ont été effectués dans les ouvrages suivants :

A ceci, s' ajoutent:

Des articles d'auteurs décédés ou vivants tels Nicolas AUBIN; Jacques BELLIN; François de LYONE, Chevalier de LA COUDRAY; Pierre FORFAIT; DUVAL LE ROY.

Les articles de BLONDEAU sont signés « M. » (« B. » pour les planches qui portent un chiffre romain), les articles de VIAL DU CLAIRBOIS sont signés « V », suivis de 2 étoiles s’ils sont entièrement rédigés par lui, suivis d'une seule étoile s' ils ne sont que l'interprétation d'articles d'autres auteurs. Les articles de DUVAL LE ROY sont signés « Y » (hydrographie, astronomie nautique, mouvements et construction de bateaux, mathématiques). Les articles de Nicolas AUBIN sont signés par la lettre « A », ceux de Jacques BELLIN par la lettre « Z », ceux de Jacques BOURDE DE VILLEHUET par la lettre « B », ceux de François de LYONE, Chevalier de LA COUDRAY par la lettre « E », ceux d' Alexandre SAVERIEN par la lettre « S ».

(Réf: Suzanne Tucoo-Chala, « Les collaborateurs maritimes de l'Encyclopédie Méthodique » dans « La mer au siècle des Encyclopédies », Paris-Genève, 1987, in-8° ).

Charles-Joseph panckoucke était le fils d'André Panckoucke, déjà libraire à Lille et alla fonder à Paris, en 1762, une librairie, à laquelle il joignit en 1774 une imprimerie, et acquit avec son beau-frère Suard, le « Mercure de France » (journal hebdomadaire fondé en 1672). Il entreprit, outre l'Encyclopédie Méthodique de 166 volumes, une édition des oeuvres de Voltaire, revue par Beaumarchais et dite « Edition de Kehl » et une édition des oeuvres de Buffon. Il créa également le 24 novembre 1789, le « Moniteur Universel », journal destiné à publier les débats de l'Assemblée Constituante, qui deviendra, en 1799, le véritable « Journal Officiel » pour la publication des actes officiels du gouvernement.