PITOT (Henri)

(Aramon 03.05.1695 - Aramon 27.12.1771)

LA THEORIE DE LA MANOEUVRE DES VAISSEAUX, reduite en pratique. Ou les principes et les règles pour Naviguer le plus avantageusement qu'il est possible. A Paris rue S. Jacques, Chez Claude Jombert, au coin de la ruë des Mathurins, à l'Image Nôtre-Dame. 1731, in-4°, veau, dos à 5 nerfs, orné, pièce de titre rouge, tranches rouges. Reliure de l'époque.

1 frontispice gravé, 10 ff.n.ch. (Titre; Epître à Monseigneur le Comte de Maurepas; Préface; Extrait des registres de l'Académie Royale des Sciences), 119 pp., 17 pp.n.ch. (Table des articles), 12 ff.n.ch. (contenant 21 tables dont 2 dépliantes), 8 planches dépliantes h.t. et 2 ff.n.ch. (Privilège du Roy et Errata).

Le frontispice a été dessiné et gravé par F. ERTINGER. C'est rigoureusement le même (à l'exception du nom et de l'adresse de l'éditeur, en bas de la gravure) que celui qui a servi pour l'ouvrage de RENAU D'ELICAGARAY, « De la manoeuvre des vaisseaux ». On y retrouve les moindres défauts de la plaque de cuivre.

Exemplaire provenant de la vente Sotheby's de Monaco du 12 octobre 1987, lot N° 116.

Référence Po1ak:     7612

Dans sa préface, Pitot précise que pour le calcul mathématique des forces s'exerçants sur les voiles d'un navire, il est arrivé aux même résultats que Daniel Bernouilli dans son ouvrage « Essai sur une nouvelle théorie de la manoeuvre des vaisseaux » (Basle, 1714, in-4°).

Henri Pitot est né à Aramon dans le Languedoc. A l'âge de dix-neuf ans, il s'engagea dans l'armée. Il s'initia tout seul aux différentes branches des mathématiques puis travailla en chimie sous la houlette de Réaumur avant d'obtenir le 14 juin 1724, une place d'adjoint mécanicien à l'Académie des Sciences. Continuant par la suite à travailler avec Réaumur sur le fer fondu, la porcelaine et autres vernis lors d'un voyage en province, il publia en 1725 un mémoire sur les machines mues par l'eau. Devenu associé mécanicien de l'Académie en 1727, il publia en 1731 sa « Théorie de la manoeuvre des Vaisseaux » que le gouvernement français adopta. En 1735 et 1739, il donna sa théorie des pompes hydrauliques qui devint une référence en la matière.

Nommé en 1740, ingénieur en chef des États du Languedoc, il construisit un grand nombre d'ouvrages, notamment l'aqueduc Saint-Clément, à Montpellier. Il fut directeur du canal du Languedoc, aujourd'hui Canal du Midi. On lui doit des recherches sur le rendement des machines hydrauliques et la théorie des pompes, ainsi que le « Tube de Pitot », qui permet de mesurer la pression dans un fluide (1732). Combiné avec une prise de pression statique, ce tube permet de calculer la vitesse de l'écoulement d'un fluide, notamment de l'air ou de l'eau. Ce principe est toujours appliqué de nos jours pour la fabrication de modèles simples de loch utilisés dans l'aviation et la marine (voir l’ouvrage de Savérien : « L’art de mesurer sur mer le sillage du vaisseau ».