REBOULET (Simon)

MEMOIRES DU COMTE DE FORBIN, Chef d'escadre, Chevalier de l'ordre militaire de Saint Louis. A Amsterdam, Chez François Girardi, Imprimeur et Libraire. 1730, 2 volumes in-12°, veau, dos à 5 nerfs, ornés, pièces de titre rouges, tranches mouchetées. Reliure de l'époque.

Ex-libris manuscrit « De Bachais » sur les pages de titre.

- Edition originale parue à Amsterdam, François Girardi, 1729, 2 vol. in-12°, 1 f.n.ch., 383 pp. et 1 f.n.ch., 343 pp., 1 frontispice (portrait de Forbin) .

- Autres éditions:

(Réf: J. Polak, « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4°).

Référence polak:     7976

Claude, Chevalier puis Comte de Forbin naquit à Gardanne (Bouches-du-Rhône) en 1656. Issu d'une illustre famille provençale qui a donné de nombreux officiers à la Marine et aux galères et qui se distingua dans l'ordre de Malte, il descendait de Palamède de Forbin, amiral du Levant en 1481. Il fut surnommé Forbin Gardanne pour le distinguer de deux autres chevaliers de Forbin de sa famille qui servirent en même temps que lui: Paul-Albert, Chevalier de Malte, capitaine de galère, et Louis, capitaine de Vaisseau, son oncle avec qui il commença sa carrière. Il participa ainsi à la campagne de Sicile comme garde de l'étendard dans l'escadre de Valbelle et combattit au Stromboli et à Agosta (1676). Entré ensuite aux mousquetaires, il fit les campagnes de Franche-Comté et d'Artois (1676) et revint dans la Marine comme enseigne de Vaisseau en janvier 1677. Ayant tué en duel le chevalier de Gourdon, il fut condamné à mort par le Parlement d'Aix, obtint des lettres de rémission et réussit à rester dans la Marine en usurpant l'identité de son frère, lui aussi enseigne, qu'à cause de sa santé on voulait retirer du service. Il fit campagne sur les côtes du Portugal en 1679, aux Antilles en 1680 et se distingua aux bombardements d'Alger de 1682 et 1683. Lieutenant de vaisseau en janvier 1684, il embarqua sur « L'Oiseau » avec le Chevalier de Chaumont en ambassade auprès du roi de Siam qui avait sollicité l'alliance de Louis XIV contre les hollandais. Il plut au roi de ce pays qui le nomma gouverneur de Bangkok, amiral de la flotte siamoise et généralissime. Il y resta 3 ans, mais fatigué, revint en France en juillet 1688. Il commandait la frégate les « Jeux » escortant un convoi en Manche sous les ordres de Jean Bart sur la « Railleuse », lorsque le 22 mai 1689, attaqués par des forces supérieures, ils se sacrifièrent pour sauver le convoi et furent faits prisonniers. Ils s'évadèrent au bout de 11 jours de captivité et regagnèrent la France en traversant la Manche dans un canot.

Nommé en récompense capitaine de Vaisseau en juin 1689 avec Jean Bart, Forbin arma en course et se signala la fin de cette même année 1689 par plusieurs prises. Il commanda le « Fidèle » à la bataille de Béveziers (1690) puis il alla croiser dans la mer du Nord sous les ordres de Relingues. Il commanda la « Perle » en 1692 durant le combat de La Hougue avec Tourville et y fut grièvement blessé au genou. La même année, mais de nouveau sous les ordres de Jean Bart, II fit avec lui cette fameuse campagne de la mer du Nord qui fut si désastreuse pour le commerce anglais et hollandais. En 1693, toujours sur la « Perle », Forbin eut sa part de la brillante affaire de Lagos. Commandant le « Marquis » en 1695, II fit campagne en Méditerranée et à Constantinople puis participa en 1697 à la campagne du Comte d'Estrées en Catalogne et au siège de Barcelone. Il fut promu à cet effet Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.

La guerre de succession d'Espagne lui donna de nouvelles occasions de s'illustrer. Commandant en 1702 une division de trois vaisseaux en Adriatique, II intercepta le commerce vénitien, bombarda Trieste, rançonna Fiume et passa ensuite au Levant pour chasser les corsaires de Flessingue (1703-1704). En juin 1706, II attaqua un convoi anglais et fit sept prises. Le 12 juillet suivant, II s'empara de deux vaisseaux hollandais. Le 28 octobre, lors d'un combat contre un convoi hollandais fortement escorté, II prit trois vaisseaux et en coula un quatrième. Chef d'escadre en mai 1707, commandant le « Mars » et une division, II remonta jusqu'en mer Blanche puis, le 21 octobre, participa avec Duguay-Trouin, qui était sous ses ordres, à la destruction presque totale d'un convoi anglais en route vers le Portugal, 60 navires furent pris sur 80 ainsi que 3 vaisseaux tandis que 2 autres étaient détruits. En 1708, II fut chargé de conduire à Edimbourg le Chevalier de Saint-Georges, fils de Jacques II Stuart et prétendant au trône d'Angleterre. Comme on le rendit responsable de cette opération mal préparée qui échoua, Forbin cessa de naviguer. Il quitta définitivement le service en janvier 1715 et se consacra à rassembler ses mémoires. Il mourut le 4 mars 1733 au château de Saint-Marcel, près de Marseille, où II s'était retiré.

(Réf: P. Levot et A. Doneaud, « Les gloires maritimes de la France », Paris, 1866, ln-8°; Etienne Taillemite, « Dictionnaire des Marins français », Paris, 1982, ln-4°).

Simon Reboulet était secrétaire de Forbin. Il fut chargé par lui de rédiger ses mémoires.