RELATION

RELATION de ce qui s'est passé depuis le départ de la flotte d'Espagne assemblée en la baye d'Alicante, et des glorieux progrés de l'armée du Roy Catholique en la Conquête, ou Recouvrement de la Place d'Oran en Afrique, les 29. 30. juin, premier & 2. Juillet de cette année 1732. Traduite de l'espagnol. A Paris, De l'Imprimerie de Jean-Baptiste Coignard Fils, Imprimeur du Roy, au Livre d'or. 1732, in-4°. Plaquette recouverte de papier marbrée, dos lisse, pièce de titre rouge. Reliure moderne (Lobstein-Laurenchet).

8 pp.

- Autres éditions:

(Réf: Jean et Michèle Polak: « Bibliographie maritime française », Grenoble, 1976, in-4° et supplément, Grenoble, 1983, in-4°).

Référence Polak:     8064

En 1707, profitant de la situation critique où se trouvait l'Espagne pendant la guerre de succession, les Maures s'étaient emparés de la ville d'Oran qui était une possession espagnole depuis mai 1509.

Arrivé sur le trône en 1700, Philippe V (petit fils de Louis XIV), s'attacha personnellement au rétablissement de la marine espagnole laissée à l'abandon par le dernier souverain habsbourgeois. Il fonda l'observatoire astronomique de Cadix, releva le collége de Saint-Telme à Seville, érigea celui de Malaga, institua la direction hydrographique, et dota les principales villes maritimes d'écoles de navigation destinées à former des marins instruits. En 1717, il créa dans le même but, spécialement pour la marine militaire, l'académie des gardes-marine et en donna la direction à don Pedro Manuel Cedillo, auteur du « Compendio del arte de navegar » et de divers ouvrages importants. De nombreux bâtiments furent mis sur les chantiers dans les ports de l'Andalousie, de la Catalogne, de la Galice, et les travaux de construction se poursuivirent avec une telle activité qu'en 1717, cinquante navires purent prendre la mer et forcer les Ottomans à lever le siège de Corfou.

Mise à rude épreuve durant la guerre qui opposa l'Espagne à la coalition franco-anglo-hollando-autrichienne (1716-1719) au sujet de l'Italie dont le premier ministre espagnol Alberoni voulait libérer du joug autrichien, la flotte espagnole subit de sérieux revers au combat du cap Passero (Sicile) le 11 août 1718 contre l'amiral anglais Byng, lors de l'expédition manquée du duc d'Ormond contre l'Angleterre en avril 1719, et lors des attaques franco-anglaises d'avril à septembre 1719 contre les ports de Passage, Santona et Vigo, détruisant de nombreux navires dont des vaisseaux en construction. La signature de la Convention de La Haye, le 17 février 1720, signée par l'Espagne, ne changea rien à la situation. Les tensions demeuraient grandes en Europe, au sujet de la succession des duchés de Parme et de Plaisance que revendiquait l'Espagne. Alors qu'un nouveau conflit généralisé semblait inévitable (siège maritime de Gibraltar par la flotte espagnole en février 1727), la sagesse du cardinal Fleury (principal ministre de Louis XV) parvint heureusement à la conjurer. Le traité de Séville (novembre 1729), et la convention de Vienne (juillet 1731 en vertu de laquelle l'infant don Carlos héritait des duchés de Parme et de Plaisance), mirent un terme aux contestations de l'Espagne avec l'Angleterre et l'Autriche.

La flotte espagnole, libérée des tensions en Europe, s'en prit alors aux Barbaresques, et plus particulièrement à Oran. C'est le récit de cette conquête qui est narré dans cette plaquette.

Forte de 500 navires de transport, 12 vaisseaux de guerre, 2 frégates, 2 galiote à bombes, 6 galères, 18 galiotes à rames et 12 longues barques à rames, la flotte appareilla de la baie d'Alicante le 15 juin 1732. Prise dans une tempête, elle relâcha au cap Palos jusqu'au 24. Elle se trouvait à la hauteur d'Oran le 25, mais à cause d'un vent contraire, n'entra dans la baie que le 28. Le débarquement des troupes sous les ordres du comte de Montemar débuta le 29 juin avec 500 chaloupes et sous la protection des canons des vaisseaux et des galères. La place d'Oran capitula le 2 juillet sans grande résistance. Durant cette conquête, les Espagnols capturèrent 1 grande galiote et 5 brigantins, abandonnés par les Maures.