SAVERIEN (Alexandre de )

(Arles 1720 – 1805)

TRAITE DES INSTRUMENS propres à observer les astres sur mer; Où l'on donne la Construction & l'Usage d'un nouvel Instrument. Chez Charles-Antoine Jombert, Libraire du Roi pour le Génie, rue Dauphine, à l'Image Notre-Dame, 1752. ln-12°, demi-veau, papier marbré sur les plats, dos lisse, orné, pièce de titre rouge.

60 pp. numérotées i à viii puis 9 à 60 et 1 planche dépliante hors texte.

La planche est signée « Franc » (pour FRANCOIS)

Référence Polak:     8676

La difficulté à calculer la position en mer par l'observation de la lune et des astres du fait du manque de précision des appareils du XVIIe siècle fut à l'origine des recherches pour mettre au point un instrument d'observation de grande précision destiné à remplacer le quartier de Davis, ou quartier anglais alors utilisé dans toutes les marines. Ce fut le début des instruments à réflexion et miroirs tournant qui ouvraient une ère nouvelle pour la navigation astronomique en apportant une précision jamais atteinte jusque-là.

On en doit la première forme à Hooke. En août 1666 il mentionna à la Société Royale de Londres un « nouvel instrument astronomique pour faire des observations des distances des étoiles fixes à la lune, par réfection ». Ainsi Hooke avait découvert le principe consistant à se servir d'un miroir pour ramener la direction d'un objet sur celle d'un autre et permettre de cette manière la mesure d'un angle par une visée unique le long d'un seul de ses côtés.

L'instrument de Hooke n'était pas encore l'octant. En effet, n'ayant qu'un miroir il ne possédait pas la propriété fondamentale qui résulte de l'emploi de deux miroirs; laquelle consiste en ce que le contact une fois établi subsiste malgré les déplacements de l'instrument dans le plan du limbe. Avec un seul miroir il fallait établir et maintenir le contact en un point déterminé du champ, opération quasi impossible à la mer.

C'est Newton qui créa l'octant. Il en écrivit la description très probablement en 1699 dans un papier qu'Halley conserva. Ce papier ne fut connu qu'en 1742 à la mort de Halley et on en donna lecture en séance de la Société Royale de Londres le 28 octobre de cette année. Newton fut le premier à suggérer l'idée de l'emploi de deux miroirs grâce auxquels le contact des deux images étant établi, bien que l'instrument soit secoué par les mouvements du navire, la lune et l'étoile se déplaceraient ensemble comme si elles se touchaient réellement dans le ciel. Halley, non seulement n'avait pas fait connaître l'instrument de Newton, mais il l'avait si bien oublié que le 6 mai 1731, à la Société Royale, il déplora le manque d'un instrument propre à la mesure des distances angulaires lunaires. Or John Hadley était présent à cette séance du 6 et dès la séance suivante, le 13 mai, il présenta deux types d'instruments à réflexion à plusieurs miroirs. Le premier essais de ce qui deviendra l'octant eurent lieu les 30, 31 août et 1er septembre 1732.

Un autre instrument, l'octant de Caleb Smith, fut proposé presque dans le même temps. Le petit miroir y est remplacé par un prisme. En novembre 1732, un instrument semblable à celui de Hadley, imaginé par un vitrier de Philadelphie, du nom de Thomas Godfrey, fut connu à Londres. Godfrey construisit sans aucun doute son instrument en 1730, vers la fin de l'année. Il ne semble pas que Hadley ait entendu parler de cet instrument quant il construisit son propre octant, pourtant très semblable. Enfin, en 1732 encore, de Fouchy construisit un instrument basé sur le principe de celui de Hooke.

Cet ouvrage de Saverien décrit l'octant de Hadley, énumère ses avantages et ses défauts et fait l'historique des améliorations apportées à cet appareil par de Fouchy et Caleb Smith. Il termine par une description de l'usage de l'octant.

(Réf: J. Randier, « L'instrument de Marine », Paris, 1978, in-4°; F. Marquet, « Histoire générale de la navigation du XVe au XXe siècle », Paris, 1931, in-8°).

Alexandre de Savérien fut ingénieur de la marine en 1745.