TRAITES

TRAITE de Paix entre le Roi, la Ville & le Roiaume de Tunis, fait à la Baye de la Goulette le 28. Iuin 1672. par le Marquis de Martel Lieutenant General des Armées Navales de sa Majesté au Levant. S.l.n.d., in-4°. Plaquette recouverte de papier marbré, sans titre. Reliure moderne.

4 pp.

Au lendemain de la chute de Candie aux mains des Turcs (septembre 1669), les relations entre la Sublime Porte et la France étaient particulièrement tendues. En 1670, le marquis de Nointel était envoyé à Constantinople pour tâcher d'assainir la situation, mais la tension de nos rapports avec les Barbaresques, vassaux de la Porte, ne lui facilitait pas la tâche. L'expédition de Candie les avait en effet encouragés à reprendre la lutte et s’il suffit d'une menace de l'escadre de Vivonne en 1669 pour calmer Alger, il n'en fut pas de même pour les Tunisiens (avec qui le dernier traité de paix datait du 25 novembre 1665) qui refusèrent de se soumettre malgré une expédition maritime du marquis de Martel en 1670 devant Tunis et Porto Farina.

En 1671, le chef d'escadre d'Almeras prit la mer à son tour pour un coup de force (auquel participaient Tourville et Preuilly d'Humières) contre Tripoli et Sousse où armaient les Barbaresques de Tunis, mais ce fut un échec complet car on y perdit un brûlot sans parvenir à détruire un seul navire ennemi. La même année, le vice-amiral d'Estrées bombarda Salé en juillet, sans avoir pu incendier un seul des 6 vaisseaux barbaresques de la rade.

Le lieutenant général marquis de Martel voulut en finir avec la flotte tunisienne. En 1672, il fit relâche à Alger avec 8 vaisseaux et donna rendez-vous aux galères de La Brossardière devant Porto Farina pour une attaque qui se devait être définitive. Mais les galères arrivèrent au rendez-vous avec 12 jours de retard, réduisant ainsi à néant l'objectif de l'expédition. Ces échecs répétés qui désolaient Louis XIV, avaient quand même eu pour conséquence le blocus de La Goulette, Bizerte et Porto Farina pendant 2 années et c'est cette menace quasi permanente qui persuada les Tunisiens à signer cette paix du 28 juin 1672 qui mit un terme provisoire à nos expéditions en Afrique.

(Réf: La Roncière, « Histoire de la Marine française », Paris, Plon, 1909-1934, 6 vol. in-8°; P. Masson, « Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècle », Paris, Hachette, 1896, in-8°).

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TRAITE fait du consentement du Tres Puissant Empereur de France; Entre Nous les tres illustres Bacha, Divan & Milice d'Alger, & le Sieur Denis Dusault, pour le rétablissement du Negoce & Pesche de Corail. Du onzième Mars 1679. S.l.n.d., in-4°. Plaquette recouverte de papier marbré, sans titre. Reliure moderne.

4 pp.

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TRAITE fait du consentement du Tres Puissant Empereur de France; Entre Nous les tres illustres Bacha, Divan & Milice d'Alger, & le Sieur Denis Dusault, auquel nous avons donné permission de s'aller établir au Bastion de France en Barbarie. Du vingt-troisième Avril 1684. S.l.n.d., in-4°. Plaquette recouverte de papier marbré, sans titre. Reliure moderne.

4 pp.

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ARTICLES DE LA PAIX accordée par le Chevalier de Tourville au nom du Roy, au Bacha, Dey, Divan, et Milice d'Alger. Signez le vingt-cinquiéme Avril 1684. (A la fin:) De l'Imprimerie de Frederic Leonard, Premier Imprimeur ordinaire du Roy, & seul pour les Finances. 1689. In-4°. Plaquette recouverte de papier marbré, sans titre. Reliure moderne.

8 pp.

Cette paix intervenait après les bombardements d' Alger effectués en 1682 et 1683 par Duquesne.

Alors que la campagne navale de 1684 avait déjà été fixée contre Gênes, Tourville fut envoyé à Alger afin d'y obtenir une paix qui permettait aux Français de délaisser le front barbaresque pour s'occuper des génois. Voici ce qu'en dit A. Jal: « ... Tourville arriva devant la ville (Alger) le 2 avril 1684; il y jeta l' ancre et reçut tout de suite, à bord du « Ferme » la visite de M. Dusault (gouverneur du Bastion de France), agent français, intelligent intermédiaire des parties, qui se rapprochèrent, pour les négociations à mener à bonne fin et dans le plus bref délai possible. Le Dey, le Divan et la milice envoyèrent le lendemain dix reïs pour rendre une visite de civilité aux négociateurs français. M. de Tourville les accueillit avec politesse, et à leur départ les fit saluer de sept coups de canon, ce qui flatta très-fort ces capitaines. Ils ne devaient point s'attendre à un tel honneur. Deux personnes du vaisseau le « Ferme » allèrent, le 5 avril, complimenter le Dey d'Alger qui, aussitôt, écrivit au Lieutenant général pour lui demander quelles conditions l'Empereur de France mettait à la paix. M. de Tourville les lui fit bientôt connaître. On discuta pendant six jours, et le septième le traité fut conclu et signé... » .

Ce traité du 23 avril 1684 nous remettait notamment en possession des places du Bastion de France (voir traité du 23 avril 1684, ci-dessus). Il était signé pour cent ans, mais dès 1687, la guerre repartit de plus belle contre les Barbaresques d'Alger.

(Réf: A. Jal, « Abraham Duquesne et la Marine de son temps », Paris, Plon, 1873, 2 vol. in-8°).